Àngel Almazán

Ángel Almazán
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Biographie
Naissance
Décès
(à 18 ans)
Madrid
Nationalité
Domicile
Activités
Commis, étudiant, employé ou employée de bureau
Autres informations
Idéologie

Ángel Almazán Luna, né le à Madrid et mort dans cette même ville le , est un militant antifasciste espagnol.

Il est mort à l'âge de dix-huit ans à la suite des coups de la police après avoir participé à une manifestation convoquée par le Parti du Travail d'Espagne (PTE) le contre la Loi pour la réforme politique, votée lors du référendum pour la Réforme Politique ce même jour.

Biographie

Ángel Almazán est le fils de Tomasa et Àngel et grandit dans une famille de trois enfants dans l'arrondissement de Puente de Vallecas[1]. À la fin de sa scolarité, il suit une formation professionnelle de la branche d'Administration que, vers la fin des études, il commence à mener de front avec un travail de bureau. Il acquiert petit à petit un engagement politique, sans pour autant adhérer à aucun parti, bien qu'il ait fait partie de l'Association de voisins Doña Carlota-Puente de Vallecas[2].

Après la mort du dictateur Franco, le a lieu le référendum franquiste de la Réforme politique. Le Parti du Travail d'Espagne (PTE), alors encore illégal, convoque une manifestation sur la Place de Callao de Madrid pour demander l'abstention, à laquelle Almazán participe. C'est au cours de celle-ci qu'il est frappé par la police et est emmené à l'hôpital Universitaire La Paz où il est décédé cinq jours plus tard.

Les obsèques ont lieu le , dans l'église du Dulce Nombre de María. Plus de trois mille personnes y assistent, réunies par l'Association de voisins; après la cérémonie, elles font un parcours de protestation dans les rues du quartier. L'Association de voisins publie un communiqué le dans lequel elle demande l'éclaircissement des faits, que soient déterminées les responsabilités et elle dénonce la tentative de dissimuler les faits de la part du gouvernement[3].

Dans le rapport d'autopsie, il est indiqué que la mort a été causée par une hémorragie cérébrale traumatique consécutive à une fracture du crâne et que le cadavre présentait aussi divers coups. La famille est allée déposer plainte au tribunal. Pendant l'instruction, le juge, après avoir pris la déclaration des divers témoins, transmet le dossier à la juridiction militaire parce qu'il y a des membres de la Police Armée concernés. À partir de ce moment, il ne pouvait plus y avoir d'avocats civils et la famille se retrouve sans défense. En quelques jours, le dossier est fermé faute d'avoir pu démontrer qui avait causé les lésions mortelles, puisque les policiers interrogés, Francisco Zambrano García, Tomás González Cid et Leoncio Domínguez Rubio, sous les ordres du capitaine José González Pagliery, ont nié avoir frappé Almazán et ont déclaré l'avoir trouvé étendu au sol[4]. En 1977, la Loi d'Amnistie empêche la famille de suivre la voie judiciaire[5].

Le , la Loi de Solidarité avec les Victimes du Terrorisme entre en vigueur et Javier Almazán, frère d'Àngel, avec Saturnino Peña, l'un de ses amis, chargent l'avocat Teodoro Mota Truncet de présenter une demande pour qu'Àngel soit reconnu comme victime, mais cette demande est déboutée. Il fait appel de cette résolution jusqu'à avoir épuisé toutes les possibilités, mais le résultat n'a pas changé[6].

En 2007, la Loi de Mémoire Historique 52/2007 du est publiée, loi par laquelle sont reconnus et élargis les droits et établies des mesures en faveur de ceux qui ont subi des persécutions ou des violences pendant la guerre civile et la dictature et qui, en plus, comprend la reconnaissance des personnes mortes en défense de la démocratie depuis le et le , date d'entrée en vigueur de la Loi d'Amnistie. Une demande est déposée à nouveau, et aboutit cette fois à une reconnaissance de la condition de victime d'Ángel Almazán, avec une déclaration dans les termes suivants:

« Étant établi que D. ANGEL ALMAZÁN LUNA a subi persécution et violence pour des raisons politiques et idéologiques, décédant le 15 décembre 1976 par suite des blessures infligées lors d'une manifestation organisée dans l'exercice de la liberté d'expression, qui fut violemment réprimée par la police, sans qu'une enquête soit correctement menée sur les faits, et VU que D. ÁNGEL ALMAZÁN LUNA a droit à obtenir la réparation morale envisagée par la Loi 52/2007, du 26 décembre, par laquelle la Démocratie Espagnole rend honneur à ceux qui ont subi injustement persécution ou violence pendant la guerre civile et la dictature, DÉLIVRE en sa faveur la présente DÉCLARATION DE RÉPARATION ET RECONNAISSANCE PERSONNELLE, en vertu des dispositions du paragraphe 1 de l'article 4 de la Loi mentionnée. »

Ce document de réparation ne déclare pas qui a causé la mort d'Ángel Almazán Luna[7],[8].

Inclusion du cas dans la plainte argentine contre les crimes du franquisme

Le , au soixante-troisième anniversaire de la naissance d'Ángel Almazán, Javier Almazán, accompagné d'avocats de la Coordination d'État de Soutien à la Plainte Argentine Contre les Crimes du Franquisme (CEAQUA), présente devant les Tribunaux d'Instruction de la Place de Castille à Madrid une plainte pour crimes contre l'humanité et meurtre contre les membres de la Police Armée qui avaient déposé lors des procédures judiciaires et contre le ministre de l'intérieur du moment où se sont produits les faits, Rodolfo Martín Villa[9].

En , Javier Almazán Luna s'adresse au Tribunal Fédéral N°1 de Buenos Aires, dirigé par la juge María Servini, pour déposer dans le cadre de l'affaire qui enquête sur les crimes du franquisme et du début de la transition en Espagne, dans le contexte de la plainte argentine contre les crimes du franquisme[10],[11].

Hommages

Le , le collectif La Comuna, association de prisonniers et victimes de représailles de la dictature franquiste et le Collectif pour les Oubliés de la Transition (COT) ont organisé, rue Garganta de Aisa, dans le quartier de Vallecas où a habité Ángel Almazán Luna, une cérémonie d'hommage pendant laquelle une plaque commémorative a été placée sur la façade de ce qui avait été sa maison. Son frère Javier et des membres des collectifs organisateurs y ont pris la parole. La cérémonie s'est terminée au siège de la Confédération Générale du Travail (CGT) avec la projection du documentaire Punto final: memorias de la transición 1969-82) (Madrid: segunda parte), qui contient des témoignages sur l'assassinat d'Almazán[12],[13],[14].

Le , au Palais de la Presse de Madrid, a eu lieu la première du documentaire Las armas no borrarán tu sonrisa (Les armes n'effaceront pas ton sourire), réalisé par Adolfo Dufour, à l'initiative de Manuel Ruiz, frère d'Arturo Ruiz, et produit par le collectif Les Oubliés de la Transition (COT) et Atrapasueños Cinema. Le documentaire, dont l'objectif est de faire connaître quelques-uns des crimes qui ont eu lieu pendant la Transition et d'éviter que les victimes tombent dans l'oubli, reprend le témoignage de son frère Javier[15],[16],[17],[18].

Références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Ángel Almazán » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ (es) Natalia Junquera, « "A mi hermano lo mató la policía de Franco" », El País,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ (es) « ¡Ángel Almazán, hermano, no te olvidamos! », Verdad Justicia Reparación, (consulté le )
  3. ↑ « Referendum ensangrentado. Joven asesinado por la policía en Madrid. », El Correo del Pueblo, no 73,‎ , p.12 (lire en ligne)
  4. ↑ Europa Press, « La familia de un fallecido en una protesta en 1976 se querella contra el exministro Martín Villa », www.europapress.es, (consulté le )
  5. ↑ « Nueva querella contra Martín Villa y la Policía franquista: el asesinato de un joven que ensangrentó el referéndum de 1976 », www.publico.es, (consulté le )
  6. ↑ VV.AA., Teodoro Mota Truncer. La defensa de los Derechos Humanos [1956-2020] (lire en ligne)
  7. ↑ (es) « Los grandes olvidados de la Transición española », ELMUNDO, (consulté le )
  8. ↑ « La reparación moral no llena a las víctimas de la Transición », www.publico.es, (consulté le )
  9. ↑ (es) Olga Rodríguez, « Rodolfo Martín Villa y cuatro policías del franquismo, objeto de una querella por la muerte de un joven en 1976 », elDiario.es, (consulté le )
  10. ↑ (es) « Justicia argentina toma declaración a españoles por crímenes del franquismo », infobae (consulté le )
  11. ↑ (es-AR) TÉLAM, « Querellantes por crímenes del franquismo insisten en que son delitos de lesa humanidad » [archive du 7 de diciembre de 2023], www.telam.com.ar (consulté le )
  12. ↑ (es) por CGT-LKN EuskaL Herria, « Homenaje a Angel Almazán Luna – CGT-LKN Euskal Herria », (consulté le )
  13. ↑ (es) LQSomos, « Transición sangrienta: Ángel Almazán ya tiene una placa en su recuerdo », LoQueSomos, (consulté le )
  14. ↑ (en-GB) « Punto Final: Memorias de la Transición: 1969-82. Una serie documental – In the global war between rich and poor, » (consulté le )
  15. ↑ (es) Guillermo Martínez, « Los olvidados de la Transición llevan su lucha a las pantallas », ctxt.es | Contexto y Acción (consulté le )
  16. ↑ (es) « “Las armas no borrarán tu sonrisa”: Un estremecedor viaje al pasado para iluminar la verdad oculta de la transición española - Diario Red », (consulté le )
  17. ↑ (es) Mundo Obrero Redacción, « «Las armas no borrarán tu sonrisa», el documental sobre Arturo Ruiz y los muertos olvidados de la Transición », Mundo Obrero (consulté le )
  18. ↑ (es) « 'Las armas no borrarán tu sonrisa': verdad y memoria para los asesinados olvidados en la Transición », Los Replicantes, (consulté le )
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