Ángeles Flórez Peón

| Présidente d'honneur (d) Jeunesses socialistes des Asturies | |
|---|---|
| à partir du |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 105 ans) Gijón |
| Sépulture |
Pozo Funeres (d) |
| Nom de naissance |
Ángeles Flórez Peón |
| Pseudonyme |
Maricuela |
| Nationalité | |
| Allégeance | |
| Domiciles | |
| Activités |
Femme politique, employé de magasin, écrivaine, militante, militaire, infirmière, candidate électorale |
| Conjoint |
Graciano Rozada Vallina (de à ) |
| Partis politiques | |
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| Membre de | |
| Conflits | |
| Lieux de détention |
Ángeles Flórez Peón, connue également sous le surnom de Maricuela, née le à San Martín del Rey Aurelio (Asturies) et morte le à Gijón (Asturies), est une infirmière, femme politique et écrivaine républicaine espagnole, engagée pour les droits des femmes en Espagne.
Morte centenaire et réputée dernière milicienne de la guerre d'Espagne[1], exilée en France sous le franquisme, elle est considérée comme l'un des grands témoins de l'histoire contemporaine européenne[2].
Biographie
Famille
Ángeles Flórez Peón naît dans les Asturies à Blimea, dans la commune de San Martín del Rey Aurelio[3].
Issue d'une famille dont les parents sont séparés, elle commence à travailler à l'âge de neuf ans en tant que femme de ménage. À l'âge de seize ans, elle perd son frère aîné Antonio, assassiné avec 23 camarades (épisode des Martyrs de Carbayín[4]), lors de la répression qui suit la Révolution de 1934, ce qui l'encourage à adhérer aux Jeunesses socialistes en 1936[5].
Guerre d'Espagne
Après le soulèvement nationaliste de 1936, Ángeles Flórez Peón devient milicienne dans les rangs républicains, avec sa sœur Argentina[6].
Elle est également infirmière dans un hôpital de campagne à Gijón[7]. Elle se fait appeler Maricuela[8], du nom de la protagoniste de la pièce de théâtre ¡Arriba los pobres del mundo! de Jacinto Sánchez publiée en 1934 : elle interprète ce rôle à l'âge de 17 ans, lorsqu'éclate la Guerre d'Espagne[9].

Elle est arrêtée en et condamnée à 15 ans de réclusion. En , elle est déplacée à la prison de Saturraran dans la Guipuscoa, au Pays basque. Elle en sort en .
Elle vit pendant un moment à Barakaldo, où réside l'une de ses sœurs, puis emménage plus tard à Oviedo où elle travaille dans une pharmacie[10].
Dictature franquiste et exil
En 1946, Ángeles Flórez Peón épouse Graciano Rozada Vallina (1913-2003), ancien capitaine de l'Armée populaire de la République espagnole, qui participe à la réorganisation du PSOE et de l'UGT dans les Asturies[11]. Mais le couple, menacé par la Terreur blanche, doit s'exiler en France en .
Son implication politique reste importante dans l'exil républicain et elle participe activement au 6e Congrès du PSOE de 1958[12].
Elle tente de revenir en l'Espagne en 1960 pour voir sa famille, mais est arrêtée à la frontière. Elle et son mari s'installent dans la localité de Saint-Éloy-les-Mines, dans le Puy-de-Dôme[13].
Espagne démocratique
Ángeles Flórez Peón revient définitivement dans les Asturies en 2004, un an après la mort de son mari, et s'établit à Gijón. Début 2013, elle y rejoint les Jeunesses socialistes des Asturies (JSA)[7], dont elle devient présidente[14].
En 2014, à 95 ans, elle commence à partager ses idées et opinions politiques en utilisant le réseau social Facebook ainsi que YouTube[15]. Elle y popularise ses luttes et ses combats auprès des jeunes générations, notamment le droit de l'avortement[16]. En parallèle, elle publie ses mémoires[17].
À partir de 2015, elle est présidente d'honneur des Jeunesses socialistes des Asturies[18].
Plus que centenaire[19], elle figure symboliquement en dernière position sur les listes de la Fédération socialiste asturienne lors des élections à la Junte générale de la principauté des Asturies de 2019 et de 2023[20],[21].
Elle est considérée comme l'un des derniers grands témoins[22],[23] de la guerre d'Espagne et présentée en 2023 comme la dernière milicienne vivante[8],[17],[24].
Décès à l'âge de 105 ans
Ángeles Flórez Peón décède le à Gijón dans les Asturies[25] à l'âge de 105 ans[26]. La cérémonie a lieu le [27] au funérarium de Gijón-Cabueñes[28].
Distinctions
En , le Club de las 25 lui rend hommage avec un prix dédié à « sa défense de la liberté et de la démocratie », qu'elle reçoit des mains de la directrice du Diario 16, la journaliste Cristina Fallarás[29]. Ce prix a été décerné cette année-là à d'autres grandes personnalités féminines d'Espagne, comme la journaliste Pepa Bueno ou l'écrivaine Almudena Grandes[30].
Postérité
Le , les restes d'Ángeles Flórez Peón sont inhumés aux côtés de ceux de son mari, Graciano Rozada Vallina, au Pozo Funeres[31], le lieu du massacre où 22 mineurs socialistes ont été ensevelis après avoir été assassinés en 1948 sous l'Espagne franquiste[32].
Œuvres littéraires
- Memorias de Ángeles Flórez Peón : Maricuela, Oviedo, Fundación José Barreiro, , 335 p..
- Las sorpresas de Maricuela, Gijón, Ediciones Trea, , 104 p. (ISBN 9788497047104).
Voir aussi
- Guerre d'Espagne
- Terreur blanche
- Plage de Saturraran
- Prison centrale de Saturraran
- Condition des femmes en Espagne
- Massacre du pozo Funeres
Liens externes
- En complément, propos d’Ángeles Flórez Peón recueillis en guise de mémoires par Javier Morán, du journal La Nueva España :
- (es) « Aprendí democracia con padres socialistas, hermano comunista y hermana católica », La Nueva España, Oviedo, Editorial Prensa Asturiana, S.A., (ISSN 1131-8279, lire en ligne) & « Mi hermano Antonio fue uno de los "mártires de Carbayín" y mi madre decidió ir a vivir cerca de su tumba », La Nueva España, (lire en ligne).
Références
- ↑ (en-US) Adam Nossiter, « Ángeles Flórez Peón, Spanish Civil War’s Last Militiawoman, Dies at 105 », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
- ↑ (en) « Ángeles Flórez Peón, “Maricuela”, made sure Spain did not forget its history », The Economist, (ISSN 0013-0613, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) « ÁNGELES FLÓREZ PEÓN », sur Intxorta 1937 Kultur Elkartea
- ↑ (es) « Ángeles Flórez Peón, "Maricuela", mujer del mes en la iniciativa 12 MESES / 12 MUJERES | Onda Cero Radio », sur www.ondacero.es, (consulté le )
- ↑ (es) « Flórez Peón, Ángeles », sur Fundación Pablo Iglesias, (consulté le )
- ↑ (es) « Las verdaderas milicianas asturianas », sur Nortes | Centradas en la periferia,
- (es) Fundación Pablo Iglesias, « Flórez Peón, Ángeles - Fundación Pablo Iglesias », www.fpabloiglesias.es (consulté le ).
- (es) Iban Gorriti, « «Maricuela»: La última miliciana viva no conoció el miedo en el frente », sur www.naiz.eus, (consulté le ).
- ↑ (es) Jacinto Sánchez, Teatro proletario: ¡Arriba los Pobres del Mundo!, (lire en ligne).
- ↑ (es) Herritar Berri SLU, « «Maricuela»: La última miliciana viva no conoció el miedo en el frente », sur 7K revista dominical, (consulté le )
- ↑ « Rozada Vallina, Graciano · Censo de Represaliados de la UGT · Censo de Represaliados y Víctimas de la UGT », sur censorepresaliadosugt.es
- ↑ (es) « Ángeles Flórez Peón, miliciana durante la Guerra Civil y exiliada en Francia | Foro por la Memoria - Federación Estatal de Foros por la Memoria ».
- ↑ (es) « Ángeles Flórez Peón, "Maricuela", mujer del mes en la iniciativa 12 MESES / 12 MUJERES | Onda Cero Radio », sur www.ondacero.es, (consulté le ).
- ↑ (es) Marta Nebot, « Maricuela, la última miliciana socialista: "Necesitamos una izquierda unida" », sur publico.es, .
- ↑ (es) « ÁNGELES FLÓREZ PEÓN » (consulté le ).
- ↑ La rédaction d'infoLibre, Elena Herrera, « J’ai vu des femmes mourir d’un avortement clandestin. Les Espagnoles ne peuvent pas revoir ça », sur Mediapart (consulté le )
- (es) G. Cuesta, « "Maricuela" sopla 104 velas con los suyos », sur La Nueva España, (consulté le ).
- ↑ (es) « Juventudes Socialistas de Asturias nombra presidenta de honor a Ãngeles Flórez – Juventudes Socialistas de Asturias ».
- ↑ (es) « Maricuela cumple 103 años », sur La Voz de Asturias, (consulté le ).
- ↑ (es) « Esta es la lista definitiva del PSOE de Asturias para el 28M », sur La Voz de Asturias, (consulté le ).
- ↑ (es) « Candidatura centenaria, por La Mirilla », sur lavanguardia.com, (consulté le ).
- ↑ (es) Sheila Vaca, « La salvaguarda de la memoria como ejemplo en la búsqueda del progreso », sur El Comercio: Diario de Asturias, (consulté le )
- ↑ (es) Memoria histórica, « Maricuela, una de las últimas milicianas vivas: "Luchábamos para defender la República y nos la robaron" », eldiario.es (consulté le ).
- ↑ (es) Luisa Carcedo, « De la ilusión de Ángeles Flórez Peón a las penalidades de Maricuela », sur La Nueva España, (consulté le )
- ↑ (es) « Fallece en Gijón a los 105 años Maricuela, histórica del PSOE asturiano », (consulté le )
- ↑ (es) Leticia Quintanal, « El socialismo llora la muerte de 'Maricuela', la última miliciana viva y símbolo de la resistencia », (consulté le )
- ↑ (es) Ramón Muñiz, «Se murió Ángeles Flórez Peón, que era mi madre, pero queda 'Maricuela'», sur El Comercio: Diario de Asturias, (consulté le )
- ↑ « Esquela de Doña María Ángeles Flórez Peón », sur esquelasdeasturias.com (consulté le )
- ↑ (es) « El Club de las 25 entrega sus premios anuales a la lucha femenina y la defensa de la igualdad », La Vanguardia, 26 de octubre de 2016 (consulté le ).
- ↑ (es) Alejandra de la Fuente, « El Club de las 25 premia a Pepa Bueno, Almudena Grandes y Maricuela, entre otras », Diario16, 25 de octubre de 2016 (consulté le ).
- ↑ (es) Nieves Yagüe Fernández, « Inhumación de los restos mortales de Maricuela en el Pozo Funeres », sur Fundación Pablo Iglesias, (consulté le )
- ↑ (es) « Inhumación de los restos mortales de Maricuela en el Pozo Funeres » (consulté le )
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