Échelle de somnolence d'Epworth

L'échelle de somnolence d'Epworth est un questionnaire qui mesure la somnolence diurne[1],[2]. Elle a été à l'origine inventée pour évaluer l'efficacité des traitements contre l'apnée du sommeil[3].

Description du questionnaire

La probabilité de s’endormir est cotée de 0 à 3 selon le risque d’assoupissement :

  • 0 = jamais d’assoupissement : "cela ne m'arrive jamais";
  • 1 = risque faible d’assoupissement : "il y a un petit risque que cela m'arrive";
  • 2 = risque modéré d’assoupissement : "il m'arrive de somnoler dans ces circonstances";
  • 3 = risque élevé d’assoupissement : "je somnole à chaque fois dans cette situation".

Elle est évaluée pour huit situations différentes :

  • Assis en train de lire ;
  • En regardant la télévision ;
  • Assis, inactif, dans un lieu public ;
  • Comme passager dans une voiture roulant pendant 1 heure sans s'arrêter ; ou en bus, train, métro ou avion ;
  • Allongé pour se reposer l’après-midi quand les circonstances le permettent ;
  • Assis en train de parler à quelqu'un en face-face ou au téléphone;
  • Assis calmement à table ou dans un fauteuil après un repas sans alcool ;
  • Au volant d'une voiture immobilisée quelques minutes dans un encombrement.

Le total est noté sur 24 :

  • score de 0 à 6 : Bon sommeil ;
  • score de 7 à 8 : Moyenne ;
  • score > 9 : Risque de somnolence pathologique. Il est recommandé de consulter un médecin pour déterminer si vous souffrez d'un trouble du sommeil[4].

Étalonnage

[5]L’échelle de somnolence d’Epworth a été validée principalement dans l’apnée obstructive du sommeil, mais elle s’est également révélée efficace pour la détection de la narcolepsie et de l’hypersomnie idiopathique[1]. Elle est utilisée pour mesurer l’excès de somnolence diurne et est répétée après l’administration d’un traitement (par exemple la PPC/CPAP) afin de documenter l’amélioration des symptômes.[6] Dans la narcolepsie, l’échelle de somnolence d’Epworth présente à la fois une spécificité élevée (100 %) et une sensibilité importante (93,5 %).

L’échelle a été utilisée pour comparer la sensibilité et la spécificité d’autres mesures similaires de la qualité du sommeil. L’indice de qualité du sommeil de Pittsburgh constitue un outil connexe pour évaluer la qualité du sommeil. Les deux scores présentent une forte reproductibilité interne.

Le test comporte toutefois des limites susceptibles d’affecter sa précision. Il repose sur la subjectivité et peut donc être influencé par différents facteurs tels que la perception qu’a la personne de son propre sommeil, le regard d’autrui sur sa somnolence, son niveau d’éducation, entre autres. Le test peut également être biaisé si les résultats sont discutés à l’avance, ce qui peut influencer les réponses fournies au moment de son administration.

Références

  1. (en) Murray W. Johns, « A New Method for Measuring Daytime Sleepiness: The Epworth Sleepiness Scale », Sleep, vol. 14, no 6,‎ , p. 540–545 (ISSN 0161-8105 et 1550-9109, DOI 10.1093/sleep/14.6.540, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ A. Besset, « Exploration de la somnolence », Médecine du Sommeil, la somnolence, vol. 1, no 2,‎ , p. 15–21 (ISSN 1769-4493, DOI 10.1016/S1769-4493(04)70172-7, lire en ligne, consulté le )
  3. ↑ M. Riachy, G. Juvelikian, G. Sleilaty et T. Bazarbachi, « Validation de la version arabe de l’échelle de somnolence d’Epworth : étude multicentrique », Revue des Maladies Respiratoires, vol. 29, no 5,‎ , p. 697–704 (ISSN 0761-8425, DOI 10.1016/j.rmr.2011.12.017, lire en ligne, consulté le )
  4. ↑ C. Konin, B. Boka, A. Adoubi et R. N’guetta, « Présomption d’apnées du sommeil dans une population d’hypertendus Noirs africains : intérêt de l’échelle de somnolence diurne d’Epworth dans l’approche diagnostique », Annales de Cardiologie et d'Angéiologie, vol. 64, no 4,‎ , p. 268–272 (ISSN 0003-3928, DOI 10.1016/j.ancard.2015.02.001, lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ (en) Murray W. Johns, « Sensitivity and specificity of the multiple sleep latency test (MSLT), the maintenance of wakefulness test and the Epworth sleepiness scale: Failure of the MSLT as a gold standard », Journal of Sleep Research, vol. 9, no 1,‎ , p. 5–11 (ISSN 0962-1105 et 1365-2869, DOI 10.1046/j.1365-2869.2000.00177.x, lire en ligne, consulté le )

Article connexe

  • icône décorative Portail de la médecine
  • icône décorative Portail du sommeil et du rêve