Écran à main


L’écran à main, ou écran de visage ou écran à feu, est un accessoire domestique permettant à celui ou à celle qui se tient près d'une cheminée de se protéger le visage de l'ardeur du feu. Il est ainsi une sorte de complément portatif de l'écran de cheminée, meuble posé devant le foyer.
Usage
Son usage se développe en Europe en parallèle de l'éventail dont il est une variante. Constitué de matériaux naturels comme la paille tressée, sa fabrication devient particulièrement importante en France dès le xviie siècle car il s'avère beaucoup plus maniable que l'écran de cheminée traditionnel. Sa forme est ronde, la plupart du temps, et l'écran, où plusieurs cartouches lui sont associés, tourne sur un axe pour faire défiler texte et images[1]. Des dessinateurs, des graveurs, aussi célèbres que Abraham Bosse, Jean Le Pautre ou François Chauveau[2], des éditeurs et des marchands d'estampes contribuent à son succès par la qualité des ornements qu'ils proposent[3]. Au xviiie siècle, il perd son principe de rotation sur un axe ; il est composé d'une plaque de carton cloué sur un manche ; il se pare de sujets gouachés ou de gravures. Certains éditeurs se distinguent comme Petit, à l'Image notre-Dame, rue du Petit-Pont à Paris, qui produit quantité d'écrans à main dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Mais aussi les éditeurs Lattré, Desnos ou Gabriel Huquier.
Iconographie
L'iconographie est vaste, avec notamment des sujets de la fable, de géographie ou d'histoire mais aussi des sujets empruntés au théâtre et en particulier à l'opéra-comique.
Cette très riche thématique illustre les liens entre écrans à main et éducation puisque ces objets pouvaient servir de supports d'enseignement. Madame de Genlis évoque ainsi dans ses mémoires l'utilité des écrans à main dans l'éducation des jeunes enfants. Les informations qu'ils diffusaient servaient à lancer une conservation. Les extraits de pièce de théâtre ou les refrains à la mode comme les ariettes offraient également un divertissement apprécié.
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Le Déserteur n°3 face -

Le Déserteur n°3 dos -

Le Déserteur n°5 face -

Le Déserteur n°5 dos
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Le Déserteur n°6 face -

Le Déserteur n°6 dos -

Les Moissonneurs face -

Les Moissonneurs dos
Des écrans existaient aussi en cuir, ou en soie ;d'autres étaient éphémères, comme l'éventail distribué à l'entrée du Teatre de la Naturalesa, lors de la représentation de la pièce La Viola d'or d'Enric Morera, le .
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Écran en cuir de chèvre, musée Horniman. -
Écran en soie verte et broderies en paille, Musée d'Art du comté de Los Angeles. -
Éventail pour la viola d'or d'Enric Morera.
Notes et références
- ↑ Cornuaille, « Histoire du meunier à l'anneau ».
- ↑ Philippe Cornuaille, « L'histoire d'Antoine et de Cléopâtre sur deux écrans à feu inédits du XVIIe siècle », dans Sydney Hervé Aufrère et Anaïs Michel (éditeurs), Cléopâtre en abyme, aux frontières de la mythistoire et de la littérature (actes de la journée d'étude Cléopâtre : personnage historique, personnage littéraire, Aix-en-Provence, 7 juin 2014), Paris, L’Harmattan, coll. « Kubaba », .
- ↑ Philippe Cornuaille, L’Écran de feu à main au XVIIe siècle (Mémoire de Master 2 en Histoire de l'art (2 volumes)), Paris, Université Paris 4, , 227 et 170 p.
Bibliographie
- Philippe Cornuaille, « L'écran rond de feu à main du XVIIe siècle », Bulletin du Vieux Papier, fasc. 416, , p. 443-453 et fasc. 417, , p. 516-524.
- Philippe Cornuaille, « Histoire du meunier à l'anneau », Nouvelles de l'estampe, no 250, , p. 22-39.
- Philippe Cornuaille et Pascale Cugy, « Le triomphe du libraire ambulant, entre estampes et écrans », Nouvelles de l'estampe, no 252, , p. 68-91.
- Daniel Crépin, « Les vues de l'abbaye de Port-Royal des Champs gravées par Madeleine Hortemels », Bulletin du Vieux Papier, fasc. 383, , p. 2-13.
- Daniel Crépin, « Une promenade au Palais-Royal à la fin du règne de Louis XVI », Versalia, no 11, , p. 41-53.
- Daniel Crépin et Georgina Letourmy-Bordier, « L'écran à main à Paris au XVIIIe siècle. Son iconographie et ses artisans », Bulletin du Vieux Papier, 10 articles, fasc. 403 à 412, de à .
- Georgina Letourmy, « The porcelain Trianon in the park of Versailles », Bulletin du Fan Circle International, hiver 2002.
- Alberto Milano, « Prints for fans », Print Quarterly, vol. IV, no 1, .
- Alberto Milano, « De Brueghel et Callot aux écrans à main : les ventole italiennes », L'image ne meurt jamais ?, rencontres du musée de l'Image, Epinal, 2013.
- Corinne Pré, « L'opéra-comique, littérature populaire », Bulletin du Vieux Papier, fasc. 413, .
- Nathalie Rizzoni, « Écrans à main pour célébrer la naissance du Dauphin (1781) », dans Catriona Seth et Élisabeth Maisonnier (dir.), catalogue de l’exposition Marie-Antoinette, femme réelle, femme mythique (-), Paris /Versailles, Bibliothèque municipale de Versailles / Magellan et Cie, 2006, p. 111-115.
- Nathalie Rizzoni, « De la scène à l'écran au XVIIIe siècle : Les Petits comédiens de Charles-François Pannard », dans Gilles Declercq et Jean de Guardia (dir.), Iconographie théâtrale et genre dramatique, mélanges en l’honneur de Martine de Rougemont, Paris, Presses de l'Université de la Sorbonne Nouvelle, 2008, p. 65-95.
- Nathalie Rizzoni, « Quand les arts décoratifs s’invitent au Parnasse : le rhizome de Fanfan et Colas, de l’abbé Aubert à Voltaire », dans Luc Fraisse (dir.), Séries et variations. Études littéraires offertes à Sylvain Menant, Paris, PUPS, « Lettres françaises », (ISBN 978-2-8405-0727-7), p. 617-632.
- Nathalie Rizzoni, « Grands succès sur petits écrans au XVIIIe siècle : "Les Deux Chasseurs" et "La Laitière" d’Anseaume et Duni (d’après La Fontaine) », dans Gérard Ferreyrolles et Laurent Versini (dir.), Le Livre du monde, le monde des livres. Mélanges en l'honneur de François Moureau, Paris, PUPS, (ISBN 978-2-84050-877-9, SUDOC 165641304), p. 353-396.
- Nathalie Rizzoni, « Каминные экраны XVIII века в семье Шереметевых. На стыке истории костюмированных представлений, декоративного искусства и культуры », « 300 лет усадьбе графов Шереметевых «Фонтанный дом». Материалы Международной научно-практической конференции», Санкт-Петербург, Санкт-Петербургское государственное бюджетное учреждение культуры « Санкт-Петербургский государственный музей театрального и музыкального искусства », 2012, с. 171-178. [« Les Écrans à main du XVIIIe siècle de la famille Cheremetiev, au croisement de l’histoire des spectacles, des arts décoratifs et de l’histoire culturelle », 300e anniversaire du palais Fontanka des comtes Cheremetiev, Saint-Pétersbourg, musée national du Théâtre et de la Musique de Saint-Pétersbourg, 2012, p. 171-178.]
- Nathalie Rizzoni, « Les écrans à main et l'éventail de Blaise et Babet (1783) », Actes du colloque CESAR/Clark Art Institute, Williamstown, Mass., sur www.collectiana.org, Fondation Collectiana, .
- Nathalie Rizzoni, « La Fontaine et l’Écran. Un média inédit au service du poète aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles », Le Fablier, Revue des Amis de Jean de La Fontaine, n° 26, 2015, p. 97-172 (dont 32 planches noir et blanc et 28 planches couleur).
- Nathalie Rizzoni, « From archive boxes to cardboard screens: the diffusion of French theatre in Russia at the end of the eighteenth century », dans Pierre-Yves Beaurepaire, Philippe Bourdin et Charlotta Wolff (dir.), Moving scenes, the circulation of music and theatre in Europe, 1750-1815, Oxford, Voltaire Foundation et University of Oxford, « Oxford University Studies in the Enlightenment: 02 », 2018, p. 217-239.
- Nathalie Rizzoni, « L’actualité dramatique à l’écran au XVIIIe siècle », dans Olivier Belin et Florence Ferran (dir.), Les Éphémères et l’événement, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, « 54/histoire », 2018, p. 161-179.
- Nathalie Rizzoni, « On embellit mon corps pour l’exposer aux flammes / Et souvent on le peint de diverse couleur (l’écran à main) », Dix-huitième siècle (La Couleur des Lumières, dossier thématique dirigé par Aurélia Gaillard et Catherine Lanoë), n° 51, 2019, p. 49-61 (illustrations dans le cahier en couleur, p. II-VI).
- Nathalie Rizzoni, « Huit écrans à main français du XVIIIe siècle. Une révélation du récolement décennal au musée des Beaux-Arts de Rouen », Le Temps des collections, Réunion des Musées Métropolitains Rouen Normandie, hors-série, 2021, p. 18-42 (37 illustrations).
- Nathalie Rizzoni, « Les cartes de géographie qu’on peut appeler morales », dans Constance Cagnat-Deboeuf, Laurence Plazenet, Anne Régent-Susini (dir.), « Je ne vois qu’infini ». Littérature et théologie à l’âge classique, Mélanges l’honneur de Gérard Ferreyrolles, Paris, Éditions Honoré Champion, « Colloques, congrès et conférences sur le Classicisme ; 24 », 2022, p. 477-493, précédées d’un cahier de 15 illustrations.
- Nathalie Rizzoni, « Les écrans révolutionnaires de Claude-Louis Desrais », dans Renaud Bret-Vitoz, Michel Delon, Sophie Marchand (dir.), Les Lumières du théâtre. Avec Pierre Frantz, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres ; 543, série Le dix-huitième siècle », 2022, p. 137-155, dont 8 figures.
- Nathalie Rizzoni, « Écrans nouveaux et petite Poste de Paris au début des années 1760 », Épistolaire, revue de l’Association Interdisciplinaire de Recherches sur l’Épistolaire, Épistolaire et biographie, n° 48, 2022, p. 107-128, puis cahier couleur de 4 pages.
- Nathalie Rizzoni, « Un étonnant exemple de la vogue des objets d’art français à l’étranger au XVIIIe siècle : les écrans à main », Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, année 2015, 2023, p. 86-119.
- Nathalie Rizzoni, « De l’impact positif des écrans sur le développement et la vie des enfants... au XVIIIe siècle », dans Jennifer Ruimi (dir.), De la marge et du centre, mélanges en l’honneur de Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval, Paris, Éditions Garnier, « Rencontres », 2024, p. 37-59.
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