Éditions Armiane
| Éditions Fortin-Armiane | |
| Repères historiques | |
|---|---|
| Création | (Éditions Fortin) |
| Dates clés | : admission à la SACEM ; acquisition des fonds Ondet et Delormel : acquisition du fonds Aubert : acquisition du fonds Vincent Scotto (800 titres) : reprise par Marie-Ange Multrier Fortin : intégration du catalogue Armiane, naissance de Fortin-Armiane |
| Fondée par | Michel Fortin |
| Fiche d’identité | |
| Statut | Éditeur indépendant |
| Siège social | Paris (France) |
| Dirigée par | Marie-Ange Multrier Fortin |
| Spécialités | Chanson française historique et variétés Musique classique contemporaine Musique vocale et chorale Pédagogie instrumentale |
| Collections | Éveil Musical Tireli |
| Titres phares | Les Crayons (1945) et C'est l'piston (1947) de Bourvil Œuvres de Mel Bonis Répertoire de Vincent Scotto (Sous les ponts de Paris, La Java bleue) |
| Langues de publication | Français |
| Site web | www.fortin-armiane.fr |
Les Éditions Armiane, également désignées sous le nom Éditions Fortin-Armiane, constituent une maison d'édition musicale française indépendante dont les racines remontent à la fondation des Éditions Fortin en 1934.
Spécialisées à l'origine dans la chanson de variétés et dans la diffusion d'un vaste patrimoine chansonnier, elles développent à partir de 2006 un catalogue classique et pédagogique sous le nom d'Armiane, donnant naissance à l'entité combinée Fortin-Armiane. Leur catalogue couvre aujourd'hui la chanson française historique, la musique classique contemporaine, la musique vocale et chorale ainsi que la pédagogie instrumentale. Les éditions accordent une place particulière à la redécouverte et à la diffusion de l'œuvre de la compositrice Mel Bonis ( – ).
Histoire
Fondation des Éditions Fortin (1934)
En 1934, Michel Fortin fonde sa maison d'édition musicale à Paris, en parallèle de la société familiale consacrée à la lutherie et à la facture d'orgues[1]. Dès ses débuts, Michel Fortin noue des collaborations avec des figures majeures du music-hall parisien : il travaille notamment avec Henri Varna, directeur du Casino de Paris, pour les grandes revues de cette salle emblématique[1].
Il publie également les chansons de paroliers reconnus de l'époque, contribuant ainsi à la diffusion d'un répertoire de variétés largement populaire[1].
En 1938, Michel Fortin est admis comme sociétaire définitif à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM)[1]. La même année, les Éditions Fortin acquièrent deux fonds d'une valeur patrimoniale considérable : le fonds Ondet et le fonds Delormel (voir la section consacrée aux fonds patrimoniaux).
Michel Fortin travaille également dans le domaine de la musique de film, publiant les œuvres de compositeurs tels que Georges van Parys et Marcel Landowski, en lien avec des réalisateurs comme Julien Duvivier[1].
Acquisition du fonds Aubert et du fonds Scotto (1951 et 1953)
En 1951, la maison intègre le fonds Aubert, catalogue comprenant des œuvres classiques pour piano et pour voix[1]. Deux ans plus tard, en 1953, un nouveau fonds de grande importance entre dans le catalogue : le fonds Vincent Scotto, qui rassemble plus de 800 titres de ce prolifique compositeur[1]. Ces acquisitions successives consolident la position des Éditions Fortin comme un acteur de référence dans la conservation et la diffusion du patrimoine musical populaire français.
Collaboration avec Bourvil
L'un des épisodes les plus notables de l'histoire des Éditions Fortin est la collaboration avec Bourvil. Michel Fortin cherche à l'époque un interprète capable de renouveler la tradition du comique troupier en France[2]. Bourvil saisit l'occasion de présenter ses propres textes à l'éditeur et une collaboration s'engage aussitôt[2]. Les Éditions Fortin publient ses premiers succès, dont Les Crayons () et C'est l'piston (), deux chansons qui jouent un rôle déterminant dans le lancement de la carrière de l'artiste[2].

Reprise par Marie-Ange Multrier Fortin (1990)
En 1990, Marie-Ange Multrier Fortin, fille du fondateur, reprend la direction de la maison[1]. Son action s'inscrit dans la continuité de l'identité éditoriale de la maison, tout en l'orientant vers le répertoire de musique classique et la pédagogie musicale.
Intégration du catalogue Armiane et naissance de Fortin-Armiane (2006)
En 2006, Marie-Ange Multrier Fortin intègre le catalogue Armiane aux Éditions Fortin, donnant naissance à la dénomination Éditions Fortin-Armiane[1]. Cette intégration enrichit considérablement le catalogue par l'ajout de partitions pour petites ou grandes formations instrumentales, d'un répertoire vocal et choral, ainsi que par la création d'un département consacré aux méthodes et recueils pédagogiques : éveil musical, œuvres pour conservatoires, apprentissage des instruments et formation musicale[1]. Le catalogue Armiane porte notamment les œuvres de compositeurs tels que Mel Bonis, Antoine Tisné, Mirana Tutuianu et Piotr Moss[1].
Catalogue
Chanson française et variétés
Le volet « variétés » des Éditions Fortin-Armiane rassemble plusieurs décennies de production chansonnière française. Ce pan du catalogue comprend des partitions individuelles, des chansons de cabaret, des chansons comiques et des œuvres pour revue de music-hall. Il regroupe notamment les centaines de titres issus des fonds patrimoniaux Ondet, Delormel et Scotto, couvrant une période allant de la fin du XIXe siècle aux années 1950[1].
Musique classique
Le catalogue de musique classique couvre un large spectre de formations : piano, orgue, violoncelle, violon, guitare, flûte, hautbois, cuivres et ensembles de chambre. Les Éditions Fortin-Armiane accordent une place particulière à la musique vocale — mélodies, chœurs religieux et profanes — ainsi qu'aux œuvres orchestrales. Une boutique thématique entièrement dédiée à Mel Bonis propose l'intégralité des œuvres de la compositrice disponibles à la vente[3].
Pédagogie musicale
Le département pédagogique constitue un axe central des Éditions Fortin-Armiane. Il rassemble des méthodes d'apprentissage pour de nombreux instruments — piano, guitare, violoncelle, alto, flûte de pan — ainsi que des recueils de formation musicale et des partitions pour spectacles scolaires sous forme de comédies musicales. La collection « Éveil Musical Tireli » s'adresse spécifiquement aux jeunes enfants[1].
Artistes et compositeurs représentés
Mel Bonis

Les Éditions Armiane jouent un rôle central dans la redécouverte de l'œuvre de Mel Bonis ( – ), compositrice post-romantique française longtemps méconnue. Les premières rééditions par Armiane remontent à la fin des années 1990 : l'Étude en sol bémol majeur (op. 136) paraît en 1998[4], l'Ophélie (op. 165) la même année[4], et l'Impromptu (op. 1) en 2001[4].
Le catalogue publié par les Éditions Fortin-Armiane couvre l'ensemble des genres pratiqués par la compositrice : pièces pour piano seul, œuvres pour orgue, mélodies et chœurs (religieux et profanes), musique de chambre, et œuvres pour orchestre. Sur les trente-neuf mélodies de Mel Bonis publiées dans ce catalogue, dix-sept sont restées inédites du vivant de la compositrice[5]. Les poètes dont les textes ont inspiré les mélodies éditées par Armiane sont principalement Amédée Hettich, Édouard Guinand et Maurice Bouchor[5].
Le site de l'Association Mel Bonis précise que sa boutique de partitions est désormais prise en charge par les Éditions Fortin[6].
Vincent Scotto
L'intégration du fonds Vincent Scotto ( – ) en 1953 apporte à la maison plus de 800 titres de cet auteur prolifique, considéré comme l'une des figures majeures de la chanson populaire française du XXe siècle[1]. Compositeur autodidacte, Vincent Scotto est crédité d'environ 4 000 chansons, d'une soixantaine d'opérettes et de quelque 200 musiques de films[7]. Parmi ses interprètes les plus célèbres figurent Fréhel, Maurice Chevalier, Tino Rossi et Joséphine Baker[7].
Dominique de Williencourt
Le violoncelliste et compositeur Dominique de Williencourt figure parmi les artistes les plus représentés dans le catalogue actuel des Éditions Fortin-Armiane. Professeur au conservatoire à rayonnement régional de Paris depuis 1984, il est l'auteur de nombreuses œuvres publiées par Armiane, dont plusieurs concertos pour violoncelle[8]. Chevalier de l'ordre du Mérite et lauréat du Grand Prix de l'Académie du disque[8], il reçoit également le soutien de l'Académie des beaux-arts pour la commande d'œuvres symphoniques[8].
Fonds patrimoniaux
Fonds Ondet
Acquis en 1938, le fonds Ondet représente l'une des acquisitions patrimoniales les plus significatives de l'histoire des Éditions Fortin[1]. Georges Ondet (1862-1925) avait constitué un catalogue étroitement lié à l'univers du cabaret et de la Belle Époque, en particulier au Chat Noir[9]. L'éditeur était établi au no 83 de la rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris.
Ce fonds rassemble une grande partie du répertoire de chansonniers emblématiques tels que Léon Xanrof, dont les chansons créées par Yvette Guilbert contribuent à définir l'esthétique du cabaret montmartrois de la fin du XIXe siècle[1]. Le catalogue Ondet comprend également des œuvres de Gaston Couté et de Théodore Botrel[1]. Les interprètes associés au fonds incluent des personnalités majeures du music-hall français telles que Théresa, Damia, Fréhel, Yvette Guilbert, Polin et Paulus[1].
Une part importante des couvertures de partitions en petit format du fonds Ondet est illustrée par des artistes tels que Henri de Toulouse-Lautrec, Steinlen et Henri-Gabriel Ibels[1].
Fonds Delormel
Acquis conjointement au fonds Ondet en 1938, le fonds Delormel complète le catalogue dans le domaine du répertoire chansonnier de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle[1]. Delormel était un parolier dont les œuvres figurent dans le répertoire d'Yvette Guilbert et d'autres grandes interprètes de l'époque[10].
Fonds Aubert
Intégré en 1951, le fonds Aubert constitue un catalogue classique composé d'œuvres pour piano et pour voix[1].
Fonds Scotto
L'acquisition du fonds Vincent Scotto en 1953 enrichit le catalogue de la maison de plus de 800 titres du compositeur[1], dont de nombreuses chansons devenues des classiques du répertoire populaire français telles que Sous les ponts de Paris, La Java bleue ou Le Plus beau tango du monde[7].
Références
- « Notre histoire », sur fortin-armiane.fr (consulté le )
- « Bourvil — Biographie », sur universalmusic.fr (consulté le )
- ↑ « Boutique Mel Bonis — Éditions Fortin-Armiane », sur fortin-armiane.fr (consulté le )
- « Mel Bonis — Catalogue des œuvres », sur musimem.com (consulté le )
- Christine Géliot, « Mel Bonis — Présentation », sur fortin-armiane.fr (consulté le )
- ↑ « Boutique de partitions de Mel Bonis », sur mel-bonis.com (consulté le )
- « Vincent Scotto — compositeur de musique de films », sur cadenceinfo.com (consulté le )
- « Dominique de Williencourt — Présentation », sur fortin-armiane.fr (consulté le )
- ↑ Éliane Daphy, « Catalogue Ondet — Collection Léon Xanrof », sur HAL (archive ouverte), (consulté le )
- ↑ « Yvette Guilbert chante Xanrof, Boukay, Lassaïgues, Delormel, Marinier, Birec… », sur BnF Catalogue général (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
- Édition musicale
- Mel Bonis
- Bourvil
- Vincent Scotto
- Le Chat noir
- Yvette Guilbert
- Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique
- Casino de Paris
- Chanson française
Liens externes
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