Éditions Gedalge

Les éditions Gedalge sont une maison d'édition française fondée à Paris en 1852 et disparue en 1973.

Histoire

Mathieu Fournier, Le Vocabulaire des petits (couverture, 1914).
Une édition des Quatre Fils Aymon (1929), ill. de bois gravés par Germaine Chénin-Moselly.

Cette maison est fondée sous le nom de « Papeterie Gedalge » en 1852 à Paris[1] au 13 rue Charlot par Élias Jonas Guédalia[2], un Polonais de confession juive, né le à Breslau (aujourd’hui Wrocław) en Silésie, fils de médecin[3], et qui prend le nom d’Émile Gedalge. Sous le nom de « Gedalge Jeune », elle s'installe ensuite en 1862 au 9 rue Malher, fusionnant avec la librairie A. Alexandre, grâce au mariage d'Émile avec la fille du libraire[4] ; le couple aura six enfants, dont le musicien André Gedalge. Enfin, en 1875, le siège définitif passe au 75 rue des Saints-Pères[3], devenant la « Librairie Gedalge », qui propose depuis 1865, des livres de prix pour récompenser les élèves et des manuels scolaires destinés surtout à l’enseignement primaire des écoles publiques[5]. En 1872, est lancé L'Ami des enfants, un périodique illustré destiné à la jeunesse[6].

Émile Gedalge, le fondateur, meurt le [7]. Des méthodes de solfèges sont publiées sous le nom d'André Gedalge[8]. Seule, l'une des filles du fondateur, Marguerite Gedalge, reprend la direction éditoriale de l'entreprise[3].

Dès avant 1914, Gedalge produit des livres de jeunesse et des albums illustrés par des artistes, sous reliures et cartonnages à couvertures rouges, se fournissant entre autres auprès de l'entreprise de l'imprimeur-photograveur Louis Geisler ; de tels ouvrages perdurent jusque dans les années 1950.

En , formée en société à responsabilité limitée, la société est réorganisée entre les divers actionnaires, tous liés à la famille Gedalge, le capital est porté à 425 000 francs, et est nommé gérant Alfred-Eugène Pépin[9]. Le , le nouvel éditeur-gérant, Manuel Jandelle, meurt[7].

Durant l'Occupation, entre 1940 et 1944, la maison est aryanisée[10] ; Jacques de Carrère est nommé administrateur-gérant. En , l'ancien directeur commercial de l'imprimerie Fimin-Didot, Antonin Wast[11], est nommé gérant ; quelques semaines plus tard il rachète la maison, en sous-main pour la famille Gedalge, en exil[7].

Restituée à ses propriétaires, la maison d'édition reprend ses publications. En 1950, elle prend pour raison sociale « Ancienne librairie Gedalge, A. Wast & Cie » : le capital, d'un montant de 4,25 millions de francs, est majoritairement aux mains d'Antonin Wast, le reste réparti entre les différents héritiers Gedalge[12]. Le , Camille Gedalge, petit-fils du fondateur, meurt ; son neveu, André II Gedalge, devient président[3]. La maison reste indépendante jusqu'en 1973, elle publie en avril de cette année là le premier Guide du routard portant sur la « route des Indes », cosigné par Michel Duval et Philippe Gloaguen[13]. Mais Antonin Wast, le dernier président de la maison, meurt dans la foulée, en décembre, à la suite d'un accident de bus. La maison d'édition disparaît avec lui[7].

Collections

Les collections se déclinent sous les titres suivants[14] : « Bibliothèque illustrée de l'Ami des enfants »[15], « Aurore », « La Bibliothèque des petits enfants », « Bibliothèque Regina » , « Les Loisirs de la jeunesse », « La Comète », la collection documentaire « Grand Pavois » et la petite collection de livres-disques « Juvénilia ».

Notes et références

  1. Marc Soriano et Françoise Guérard, « Le point de vue des éditeurs », in: Enfance, 1956, 9-3, p. 35 — sur Persée.
  2. Almanach-Bottin du commerce de Paris, 1853, p. 255 — sur Gallica.
  3. Édith Mora, « Éditeurs, qui êtes-vous ? », in: Les Nouvelles Littéraires, Paris, 13 août 1953, p. 4 — sur Gallica.
  4. Les ouvriers illustres, Paris, 1863 — sur Gallica.
  5. La Libraire Gedalge, éditrice de livres pour la jeunesse (1), site de Raymond Perrin.
  6. Le Courrier de la Lozère, 15 août 1872, annonce, p. 4 — sur Gallica.
  7. Pascal Fouché, Chronologie de l'édition français depuis 1900, moteur de recherches en ligne.
  8. (BNF 47521362).
  9. Archives commerciales de la France, Paris, 19 avril 1935, p. 1727-1729 — sur Gallica.
  10. Jean-Yves Mollier, « L'édition française dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale », in: Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, 2011/4, no 112, p. 127-138 — sur Cairn Info.
  11. Notice, base Léonore, Archives nationales de France.
  12. Archives commerciales de France, Paris, 3 février 1950, p. 639 — sur Gallica.
  13. « Le premier Guide du routard », notice objet du catalogue numérisé de Paris Bibliothèques.
  14. Gedalge, éditeur de livres pour la jeunesse (2) , site de Raymond Perrin.
  15. (BNF 34293405).

Liens externes

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