Édouard Thirionet

| Président Lès Rèlîs Namurwès | |
|---|---|
| - | |
Charles Camberlin (d) |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 38 ans) Auvelais |
| Sépulture |
Cimetière de Jambes (d) |
| Pseudonymes |
Maulair, Djan Kirît |
| Activité |
| Distinctions |
Cocâde ( et ) |
|---|
Édouard Thirionet, né à Jambes le et mort à Auvelais le , est un écrivain belge de langue wallonne. Il est l'un des premiers membres du cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès, de même que son président de 1924 à 1930.
Il est principalement connu pour avoir coécrit le roman Les Crwès dins les bruwères.
Biographie
Enfance et activités avant la Première Guerre mondiale
Édouard Thirionet nait le à Jambes, où sa famille est installée de longue date[1]. Il fréquente l'Athénée royal de Namur — où il devient ami avec François Bovesse —, puis effectue son service militaire dans l'artillerie, au fort de Cognelée. Il obtient le grade de brigadier[1].
Avant la Première Guerre mondiale, il est employé à l'Administration des Finances[1]. Ses parents ont déménagé dans le quartier du Grognon et tiennent une buvette et un débit de tabacs au coin de la rue Notre Dame[2].
Il rejoint en 1910 le cercle littéraire dialectal Lès Rèlîs Namurwès, fondé l'année précédente par des élèves de l'athénée. Il est un collaborateur assidu du journal Li Couarneû (« Le Corneur »)[3]. De 1910 à 1912, il est l'un des principaux contributeurs de l'hebdomadaire wallon Li Ban Cloke (« La Cloche du Ban »), qui sert d'organe de diffusion au groupe des Rèlîs. Il y signe des pseudonymes Maulaîr (« individu peu recommandable ») et Djan Kirît (« Jean qui rit »)[1],[4].
En février 1911, il reçoit la toute première cocâde (« cocarde »[note 1]). En février 1914, il est désigné « Premier Membre » du comité de lecture du cercle[7].
Il est notamment l'auteur d'études descriptives. En 1911, ses œuvres Li kèyeû (« L'ouvrier verrier ») et Mariadje dimande mwinnadje (« Mariage demande ménage ») lui valent une mention honorable au concours de la Société de langue et de littérature wallonnes[8].
Captivité

En 1914, Édouard Thirionet est mobilisé et, lors du siège de Namur, il participe en tant qu'artilleur à la défense du fort de Cognelée contre les assauts de la Garde prussienne. Il est capturé par l'assaillant le et emmené en Allemagne, où il passe quatre années en captivité[9]. Il séjourne d'abord au camp de Munster[10].
Arrivé avant Noël 1914 au camp de Soltau[10], il y retrouve à la mi- trois de ses confrères Rèlîs Namurwès — Gustave Arnould, Fernand Danhaive et Edmond Wartique. Les amis décident alors de fonder un chapitre indépendant du cercle, les Rèlîs Namurwès Prîjnîs (« Rèlîs Namurwès Prisonniers »). La séance inaugurale se tient le dans les « latrines de la baraque 69 A ». Édouard Thirionet occupe la fonction de président[11].
Le groupe des Rèlîs Namurwès Prîjnîs parvient à tenir trois séances avant que ses membres ne se trouvent à nouveau séparés. Thirionet est alors détenu en 1915-1916 à Diepholzer Moor, avant d'être évacué vers la Suisse en raison de la détérioration de son état de santé. Il est à Interlaken en septembre 1918 et à Genève le mois suivant[10]. Malgré l'éloignement de ses compagnons, il continue d'écrire en wallon : au début de l'année 1919, il revient de ses années de captivité avec neuf textes[12].
En 1916, la cocâde des Rèlîs Namurwès est décernée collectivement aux six membres ayant pris directement part à la guerre. Édouard Thirionet la reçoit le , en compagnie des quatre autres récipiendaires survivants[13].
Activités après la guerre
À son retour de captivité, Édouard Thirionet devient contrôleur des contributions à Auvelais[1]. Il est reconnu comme invalide de guerre[10].
Toujours actif au sein des Rèlîs Namurwès — notamment dans leur comité de lecture —, il devient vice-président du cercle en 1922[4], puis président en avril 1924, à la mort de Charles Camberlin[7]. Il occupe cette fonction jusqu'à sa mort[4].
Il est également actif dans d'autres associations, telles que la Fédération wallonne littéraire et dramatique de la Province de Namur, l'Association des écrivains wallons anciens combattants, le Comité de la Wallonie[Quoi ?], la Frairie Espère en Mieulx… En 1924, il participe à la fondation de la revue Le Guetteur wallon[7].
Édouard Thirionet participe toujours aux concours de la Société de langue et de littérature wallonnes. En 1920, il obtient à nouveau une mention honorable au concours de l'étude descriptive, avec une œuvre intitulée Fèye di cabaret (« Fille de cabaret »)[14].
Il entreprend d'écrire ses souvenirs de captivité, en collaboration avec Edmond Wartique, mais meurt le , à la suite d'une maladie contractée durant la guerre[1]. Il est enterré au cimetière de Jambes[15]. Le récit Les crwès dins les bruwères est achevé par Wartique. Il obtient le deuxième prix du Centenaire et parait en 1932, avec des illustrations de Joseph Gillain[16].
Œuvres
- (wa) « Li kèyeû et Mariadje dimande mwinnadje », Bulletin de la Société de littérature wallonne, t. 56, , p. 8-19 (lire en ligne
[PDF]). - (wa) « Fèye di cabaret », Bulletin de la Société de littérature wallonne, t. 58, , p. 189-194 (lire en ligne
[PDF]). - (wa) « Numéro spécial consacré à Édouard Thirionet, R. N. », Les Cahiers wallons, 2e série nos 2-3, , p. 17-64 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). - (wa) Les Crwès dins les bruwères (ill. Joseph Gillain, coécrit avec Edmond Wartique), Gembloux, J. Duculot, , 216 p.
- (wa) Œuvres de captivité : édition critique (avec une traduction française) dans Joseph Dewez et al., Les Kriegscayès : La Grande Guerre des Rèlîs Namurwès, Namur, Société archéologique de Namur, coll. « Namur. Histoire et Patrimoine », (ISBN 978-2-87502-055-0), p. 261-283.
Distinctions
Notes et références
Notes
- ↑ Récompense attribuée annuellement par Lès Rèlîs Namurwès au membre « ayant fourni le travail le plus méritoire au cours de l'exercice écoulé »[5],[6].
Références
- Dewez et al. 2015, p. 84.
- ↑ Maréchal 1962, p. 18.
- ↑ Maréchal 1962, p. 19.
- « † THIRIONET Edouard (Maulaîr, Djan Kirît) (Namur) », Les Cahiers wallons, 2e série nos 7-8-9, , p. 211 (lire en ligne
).
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 15.
- ↑ Joseph Selvais, « Le centenaire du cercle dialectal Lès Rèlîs Namurwès », dans Li quauteron dès cint-z-ans : Choix de textes contemporains publiés à l'occasion du centenaire des Rèlîs Namurwès, Namur, Lès Rèlîs Namurwès, , p. 4
- Dewez et al. 2015, p. 85.
- ↑ « Étude descriptive - 18e concours de 1911 : Rapport », Bulletin de la Société de littérature wallonne, t. 56, , p. 7 (lire en ligne
[PDF]).
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 85-86.
- Dewez et al. 2015, p. 86.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 29.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 32.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 34.
- ↑ « Étude descriptive - 18e concours de 1920 : Rapport », Bulletin de la Société de littérature wallonne, t. 58, , p. 177-178 (lire en ligne
[PDF]).
- ↑ Maréchal 1962, p. 22.
- ↑ Dewez et al. 2015, p. 88.
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- F. A. [Fernand Andernack], « Ceux qui s'en vont… : Edouard Thirionet », Le Guetteur wallon, 7e année nos 1-2, , p. 10 (lire en ligne
). - (wa) « Nos scrigeus : Ed. Thirionnet [sic] » (rubrique « Tapans one divisse »), Vers l'Avenir, , p. 5 (lire en ligne
). - Paul Coppe et Léon Pirsoul (préf. Désiré Denuit), Dictionnaire bio-bibliographique des littérateurs d'expression wallonne : 1662 à 1950, Gembloux, Imprimerie J. Duculot, , 415 p.
- Lucien Maréchal, « Edouard Thirionet : 1891-1930 », Les Cahiers wallons, 2e série nos 2-3, , p. 17-22 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). 
- Joseph Dewez, Bernard Louis et Axel Tixhon, Les Kriegscayès : La Grande Guerre des Rèlîs Namurwès, Namur, Société archéologique de Namur, coll. « Namur. Histoire et Patrimoine », , 448 p. (ISBN 978-2-87502-055-0).

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