Église Notre-Dame-au-Bois

Église Notre-Dame-au-Bois
La façade occidentale de style baroque.
La façade occidentale de style baroque.
Présentation
Nom local Bedevaartkerk Onze-Lieve-Vrouw
Culte catholique
Type église
Début de la construction 1650
Fin des travaux 1714
Style dominant baroque
Protection 1944
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région flamande Région flamande
Province Drapeau du Brabant flamand Province du Brabant flamand
Commune Overijse
Section Notre-Dame-au-Bois
(Jezus-Eik)
Coordonnées 50° 47′ 36″ nord, 4° 28′ 58″ est
Géolocalisation sur la carte : Brabant flamand
(Voir situation sur carte : Brabant flamand)
Église Notre-Dame-au-Bois
Géolocalisation sur la carte : Belgique
(Voir situation sur carte : Belgique)
Église Notre-Dame-au-Bois

L'église Notre-Dame-au-Bois est une église de pèlerinage de style baroque située à Notre-Dame-au-Bois (Jezus-Eik en néerlandais), village de la commune belge d'Overijse, en Brabant flamand.

Historique

Les origines de l'église sont liées à une légende racontant l'histoire d'un chêne (eik en néerlandais) menaçant connu sous le nom de « chêne du Diable » dans la forêt de Soignes[1],[2]. Sur son lit de mort, le boucher bruxellois Peeter van de Kerckhove exprime comme dernière volonté qu'une statue de la Vierge Marie soit accrochée au vieux chêne afin de rompre cette mauvaise réputation, un vœu que son fils exauce en 1636[1],[2].

Par la suite, plusieurs guérisons miraculeuses sont attribuées à l'intercession de Notre-Dame, ce qui donne naissance à un lieu de pèlerinage[1].

Une première chapelle est construite en bois en 1642[3] puis, en 1650, face au nombre croissant de pèlerins, l'abbé Jan Maes de l'abbaye de Parc à Heverlee commande à l'architecte bruxellois Jacob Francart (1583-1651)[4] la conception d'une église de pèlerinage baroque en briques[1],[5].

L'architecte Francart meurt peu après le début des travaux en 1651[1]. La construction de la nef débute vers 1663, le pavement est réalisé en 1672, les vitraux sont installés en 1680 et le maître-autel, les autels latéraux et les boiseries du chœur sont achevés en 1714[1].

La création de la chaussée de Bruxelles à Overijse en 1726 facilite l'accès au hameau où fleurissent alors cafés et restaurants et l'endroit devient le point de départ des promeneurs bruxellois en forêt de Soignes[3].

En 1868, la façade baroque est remplacée par un pignon néogothique surmonté d'une tour mais cette rénovation est critiquée dès 1924 et l'intérieur est alors restauré par Paul Saintenoy : les murs, les autels et les boiseries du chœur sont entièrement repeints[1],[5].

La façade s'étant effondrée, l'architecte Simon Brigode restitue à la façade son aspect baroque d'origine lors de la restauration de 1966-1969[1],[5].

Une dernière restauration a lieu au début du XXIe siècle sous la direction de l'architecte Denise Debrouwer[1].

Statut patrimonial

L'église et la cure attenante font l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le sous la référence 837[6] et figurent à l'inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande (Inventaris Onroerend Erfgoed) sous la référence 40481[1].

Architecture extérieure

L'édifice est une église baroque à nef unique (église-halle) qui abrite sous son maître-autel les restes du chêne et de la petite chapelle d'origine[2].

La façade occidentale

L'église présente une façade baroque datant de la restauration de 1970, édifiée en briques orange et rehaussée d'éléments en pierre de Gobertange, utilisés pour cloisonner la façade en de multiples compartiments[1].

Le registre inférieur de la façade est composé de trois travées. La travée centrale est percée d'un portail encadré de deux pilastres toscans portant un arc en plein cintre surmonté d'un larmier et d'un grand cartouche en pierre arborant la mention « IN HONOREM / B. MARIÆ VIRG. / ÆDIF. MDCLXVII / REST. MCMLXX » qui fait référence à l'année de construction de l'église (1667) et à l'année de reconstruction de la façade occidentale (1970)[1]. Chacune des deux travées latérales est ornée d'une niche aveugle et vide[1] dont l'encadrement en pierre comporte des piédroits harpés surmontés d'impostes portant un arc à clé saillante.

Le registre médian de la façade est constitué d'une dizaine de panneaux de briques encadrés de pierre de taille. La partie centrale de ce registre est percée d'une grande fenêtre en plein cintre surmontée de deux étroites volutes et d'un grand oculus[1]

La façade se termine par un pignon à volutes orné de pots à feu et sommé d'un fronton triangulaire sans retour[1].

La façade méridionale et le clocher

La façade méridionale est percée de six grandes fenêtres cintrées dont cinq correspondent aux travées de la nef et la sixième à la travée de chœur, plus large.

Elle est soutenue par de hauts contreforts en briques dont les chaînages d'angle renforcent la verticalité. Ces contreforts sont surmontés d'un couronnement en forme de volute.

L'église, couverte d'ardoises, possède un petit clocher octogonal surmonté d'une toiture en cloche surmontée d'un petit bulbe.

Le chevet et la cure

L'église Notre-Dame-au-Bois possède un chevet plat édifié en briques et strié de bandes horizontales en pierre. Ce chevet, peu visible à cause de la cure, est percé en hauteur de deux oculi et d'une niche abritant une statue de la Vierge.

Masquant en grande partie le chevet, la cure prolonge l'église à l'est.

Elle est édifiée en briques et striée de bandes horizontales en pierre, comme le chevet, et est percée de nombreuses fenêtres à meneaux.

Architecture intérieure et décoration

La nef et le chœur.

L'intérieur, typiquement baroque, présente une nef unique avec voûte en berceau.

Précédé d'un arc triomphal de style baroque, le sanctuaire abrite un maître-autel encadré d'une paire de colonnes et de deux paires de pilastres à chapiteaux corinthiens dorés. Ces chapiteaux supportent un entablement qui porte la mention Ave Gratia Plena et est sommé d'un couronnement baroque à volutes couronné d'un dais garni de tentures soutenues par des angelots dorés. Ce couronnement est encadré de deux petits pots à feu à flamme dorée. Au-dessus du maître-autel de 1714 est accrochée l'Annonciation de Marie, un tableau offert par le peintre anversois Andries de Licht en remerciement pour la guérison de sa fille[5],[2]. Les autels latéraux sont ornés respectivement du tableau « L'Assomption de Marie », au nord, et « Notre-Dame remet à Norbert l'habit blanc de l'Ordre » au sud : les deux autels datent de 1714 environ et les deux tableaux de l'école flamande de 1670 environ[5].

Les fonts baptismaux en pierre bleue de 1756 sont recouverts d'un couvercle en laiton et ornés sur leur pied d'un relief de Notre-Dame à l’Enfant[1],[2].

Les deux confessionnaux datent de 1650-1675, la chaire de vérité de 1763 et les fonts baptismaux de 1756[5].

Plus de quarante peintures votives et ex-voto, parmi lesquels 13 portraits d'enfants, sont conservés dans l'église et dans la cure[1],[2]. Ces peintures furent réalisées en signe de gratitude pour une guérison ou pour une faveur obtenue, ou pour perpétuer le souvenir d'un enfant[2]. Certains de ces tableaux ont pu être datés entre 1642 et 1883, le plus ancien étant la scène de la guérison d'Anna Gorist, vers 1642[1]. La moitié environ de ces peintures votives ont été intégrées lors de la restauration de 1924 dans des lambris en chêne qui relient entre eux les confessionnaux baroques[1].

Les vitraux réalisés en 1924 par le Bruxellois Édouard Steyaert retracent l'histoire du lieu de pèlerinage de Jesus-Eik, notamment le couronnement de la statue de la Vierge Marie par le cardinal Mercier[5],[7].

Références

  1. (nl) Katrien Verwinnen, « Bedevaartkerk Onze-Lieve-Vrouw - bouwkundig element », sur Inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande (Inventaris Onroerend Erfgoed) (consulté le ).
  2. « Onze-Lieve-Vrouw », sur openchurches.eu (consulté le ).
  3. Amis de la forêt de Soignes, La Forêt de Soignes: Connaissances nouvelles pour un patrimoine d'avenir, Pierre Mardaga éditeur, , 131 p. (ISBN 978-2-8047-0030-0, lire en ligne), p. 70.
  4. ↑ Édouard de Moreau, Histoire de l'église en Belgique: L'église des Pays-Bas, 1559-1633, L'Édition universelle, , p. 453.
  5. (nl) Omer Vandeputte, Gids voor Vlaanderen : toeristische en culturele gids voor alle steden en dorpen in Vlaanderen, Éditions Lannoo et VTB/VAB, Tielt, , 1390 p. (ISBN 978-90-209-59635, lire en ligne), p. 958.
  6. ↑ (nl) « Bedevaartkerk Onze-Lieve-Vrouw met pastorie - Beschermd monument van 04-04-1944 tot heden », sur Inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande (Inventaris Onroerend Erfgoed) (consulté le ).
  7. ↑ (nl) « Jezus-Eik - Het interieur van de kerk », sur jezus-eik.be (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (nl) Omer Vandeputte, Gids voor Vlaanderen : toeristische en culturele gids voor alle steden en dorpen in Vlaanderen, Éditions Lannoo et VTB/VAB, Tielt, , 1390 p. (ISBN 978-90-209-59635, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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