Église Notre-Dame-de-l'Assomption de Quimperlé
| Type | |
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| Style |
Gothique flamboyant (en) |
| Patrimonialité |
| Adresse |
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| Coordonnées |
47° 52′ 16″ N, 3° 32′ 53″ O |
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L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est un édifice gothique située sur la place Saint-Michel à Quimperlé, dans le département du Finistère. Sa construction a été commencée au XIIe siècle, mais le chœur, les porches latéraux ainsi que la tour datent du XVe siècle.
Histoire
D’une chapelle de la communauté des bourgeois à une église paroissiale
Située en haute ville de Quimperlé, l’église Notre-Dame-de-l'Assomption domine la place Saint-Michel. Cette place, connue dès le Moyen Âge pour ses foires et marchés, abritent une forte densité d’édifices religieux : l’église Saint-Michel et la chapelle Saint-Laurent, toutes deux disparues, ainsi que le couvent des Ursulines et la chapelle Saint-Eutrope de l’hôpital Frémeur dont on peut encore admirer l’architecture aujourd’hui. Un cimetière entourait l’église jusqu’aux années 1830. Notre-Dame-de-l’Assomption était une chapelle à l’origine. Elle devient l’église de la paroisse de la haute ville en 1773 lors de la destruction de l’église paroissiale Saint-Michel[1].
Deux périodes de construction
On ignore la date précise de l’édification de l’église. La nef est la partie la plus ancienne, elle date de la fin du XIIIe siècle. Ce premier édifice sert de chapelle pour la communauté des bourgeois de la ville. Jean Ier le Roux (1237-1286) fait réaliser d'importants travaux de fortifications dans la ville et fonde le couvent des dominicains, appelé « l'abbaye blanche ». On ne sait pas jusqu’où s’étendait ce premier édifice, la partie orientale ayant été détruite au cours de la guerre de Succession de Bretagne qui toucha la ville au milieu du XIVe siècle[2]. On trouve une mention de l’église en 1383 lorsque le Pape accorde des indulgences à ceux qui aideraient à la restauration de l’édifice. Les travaux commencent au tout début du XVe siècle[3].
Un mécénat ducal et local
Les travaux de reconstruction du XVe siècle débutant par la reconstruction du porche sud, mais au cours du chantier, une rentrée d’argent importante va modifier le projet initial en donnant une ampleur nouvelle à la restauration. En 1418, à la naissance de son fils, le duc de Bretagne Jean V décide d’accorder une rente de cent sous d’or pour les travaux de la chapelle, pendant toute la vie de son fils. Il s’agit d’un geste politique très fort. Par ce geste, le duc de Bretagne remercie la ville d’avoir soutenu son camp pendant la guerre de Succession. Notre-Dame de l’Assomption devient alors l’un des premiers grands chantiers importants en Cornouailles à bénéficier du mécénat ducal. L’édifice conserve de nombreux témoins de ce mécénat : statue de Jean V sur le porche nord, armes et blasons sculptés à l’extérieur comme à l’intérieur de l’église[4].
L'église au XIXe siècle
Dès le XIXe siècle, les voyageurs et les peintres venus en Bretagne font de l’église Notre-Dame de l’Assomption un de leurs sujets favoris. Véritable exercice de composition, ils représentent la ville depuis les quais, en passant par l’étagement des maisons jusqu’au sommet du clocher : Maurice Denis, Henri Le Sidaner, Louis-Marie Désiré-Lucas et quantité d’autres, pour certains moins célèbres, qui montrent que la ville était connue dans le monde de la peinture, en France comme à l’étranger[1].
L'église au XXe et XXIe siècles
Classé monument historique en 1915[5], l’édifice construit au début du XIIIe siècle, est un chef-d’œuvre de l’art gothique en Bretagne[5]. Le marché hebdomadaire situé au pied de l'église a encore lieu aujourd'hui le vendredi. Entre 2011 et 2013, d’importants travaux de restauration ont été réalisés dans la nef, permettant de redécouvrir de magnifiques sablières sculptées, sans doute les plus anciennes de Bretagne. L’année 2020 voit l’aboutissement d’un projet imaginé il y a plusieurs années : l’installation d’un orgue[1].
Architecture extérieure
Depuis l’extérieur, on peut lire les deux parties de l’édifice. La construction originelle correspond à la nef. De plan rectangulaire et composée d’un vaisseau unique, elle date de la fin du XIIIe siècle. Dans les années 1420, lors de la deuxième campagne de construction, on y ajoute deux porches latéraux, au nord et au sud, et on construit un chœur monumental surmonté d’une puissante tour. Les deux campagnes de construction sont bien visibles, en particulier au niveau de la jonction de la nef et du porche sud où l’on distingue des pierres d’arrachement, des pierres saillantes permettant la liaison entre deux portions de murs édifiés à des époques différentes.
Une nef datant du début du gothique
La nef est la partie la plus ancienne, représentative des constructions de la fin du XIIIe siècle. La décoration des contreforts et des baies est très sobre. Seule une baie a conservé son remplage d’origine. À l’origine, une ouverture à l’ouest permettait l’entrée dans l’édifice. Mais avec la restauration du XVe siècle et la création d’un porche nord monumental, cette entrée ouest est condamnée et une construction vient s’appuyer sur sa façade. Un oculus inséré dans le pignon de cette maison témoigne peut-être d’un porche primitif[1].
Une église, deux porches
Dans le prolongement de la nef, au nord comme au sud, deux porches permettent l’entrée dans l’édifice. Le porche méridional est tapissé à l'intérieur de niches ornées. Le porche nord est divisé par deux arcades jumelles appuyées sur un pilier qui soutient un bénitier et que couronne un dais. Les porches sud et nord sont surmontés d'une chambre accessible par un escalier latéral[5]. Ces deux porches sont surmontés d’une pièce, servant de maison commune et de lieu de réunion du clergé, qui communiquait avec l’intérieur de l’église. Le porche sud date du début du XVe siècle. C’est la première partie du monument à être reconstruite, sans doute à l’emplacement d’un porche plus ancien. Le choix d´établir le porche majeur au nord est rare en Bretagne[1].
Le chœur et la tour
La partie orientale de l’édifice est conçue suivant un plan carré s’organisant autour d’une tour. Le transept est non saillant, ce qui est assez rare dans les églises bretonnes de cette époque mais s’explique par l’environnement urbain qui ne permet pas une grande extension de l’édifice. Le terrain en forte déclivité nécessite également la mise en place de contreforts puissants ainsi que la création de deux arcs-boutants accolés aux maisons voisines[1].
Chevet
Le chevet plat, dominant la rue Savary qui descend vers la basse ville présente une immense maîtresse-vitre. Au niveau du chevet, une petite sacristie à étage, date de la fin du XVIIIe siècle. Tout comme le porche nord, le reste de la décoration extérieure est typique de l’art du 15e siècle : armoiries (martelées à la Révolution), corniches ornées de créatures fantastiques, angelots, pinacles, ainsi que deux niches à dais finement sculptées. Au nord comme au sud on retrouve la présence de petites portes murées de style flamboyant.
Bas-relief
Côté nord, on distingue un bas-relief original représentant une sirène ainsi qu’une femme pouvant être Ève ou Dahut, personnage central de la légende de la ville d’Ys. Détail intéressant, sur la maison à pans de bois en face de ces deux personnages féminins, on retrouve une autre sculpture de femme dans une poutre.
Galerie
S’inspirant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, la tour de Notre-Dame-de-l’Assomption est surmontée d’une galerie ajourée et cantonnée de quatre clochetons.
Flèche
En 1623, elle est surmontée d’une flèche en bois recouverte de feuilles de plomb. Cette flèche fut démolie en 1793 pour en récupérer le plomb. Un mini clocher en pierre analogue au précédent fut reconstruit ensuite[6].
Architecture intérieure
Un décor sculpté exceptionnel sur la charpente de la nef
Restaurée au XVe siècle, lors de la seconde campagne de construction, la charpente de la nef, lambrissée en berceau est abondamment sculptée. Les sablières portent la date de 1430, ce qui en fait les plus anciennes sablières sculptées datées de Bretagne[6]. Fort répandues en particulier en Basse-Bretagne et tout à fait rares dans le reste de l’Europe, les sablières sculptées sont une spécialité bretonne. Sur la partie la plus proche du chœur, il y a davantage de marques du pouvoir ducal. Plus on s’en éloigne, plus les sujets sont vulgaires.
Le chœur
Le chœur présente un plan carré, ce qui est assez rare pour les églises de cette époque qui présentent en général un transept saillant. Cette particularité s’explique par les contraintes de l’environnement urbain. Commencé au XVe siècle, l’ensemble du chœur est achevé vers 1435, à l’exception du couvrement des voûtes d’ogives terminées un siècle plus tard. Le chœur s’ouvre sur la nef par un grand arc d’ogive. À l’origine, un grand jubé séparait la nef de la croisée du transept[5]. Quatre piliers soutiennent la croisée et la tour. Très massifs et de conception différente, ils présentent à l’ouest une forme carrée et sont flanqués de colonnettes surmontées de chapiteaux aux motifs végétaux alors qu’à l’est ils sont de forme cylindrique et dépourvus de chapiteaux. Deux niches à dais élégamment sculptées, typiques de l’art du gothique flamboyant, sont présentes dans les piliers de la croisée ainsi que dans le mur du chevet.
Mobilier
La statuaire
Dédiée à Notre-Dame, l’église conserve deux statues de Vierge à l’enfant[7]. La première est Notre-Dame de Botscao, une œuvre en bois réalisée vers 1400 qui est une représentation de la Vierge assise tenant l’Enfant debout sur son genou gauche. La seconde est Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, une statue en bois datant probablement du début du XVIe siècle. L’église Notre-Dame de l’Assomption conserve une troisième Vierge à l’Enfant, avec la Vierge représentée allaitant l'Enfant, qui est installée dans une niche à l’extérieur de l’édifice, près du contrefort nord. De part et d’autre de la maîtresse-vitre, on peut admirer une œuvre du peintre parisien Charles-Victor-Eugène Lefebvre réalisée en 1842. Élève de Delacroix, l’artiste est un habitué des commandes officielles de l’État pour des églises. On retrouve ses œuvres dans des églises parisiennes et dans de nombreuses églises dans toute la France.
L’installation d’un orgue à Notre-Dame
En 2020, un orgue est installé dans la nef. Cet orgue datant de 1962 provient de Mülheim en Allemagne. Le buffet de l’orgue, meuble qui cache et protège l’instrument, a été réalisé spécifiquement pour intégrer l’église Notre-Dame de l’Assomption, l’ancien buffet étant trop endommagé pour être restauré. Quimperlé retrouve ainsi un orgue. La ville en était en effet dépourvue depuis 1862 quand le clocher de l’église de Sainte-Croix s’écroula en détruisant presque entièrement l’édifice. L’installation de l’instrument à Notre-Dame de l’Assomption a une vocation religieuse mais également pédagogique, notamment auprès de la classe d’orgue du conservatoire de musique et de danse[1].
Notes et références
- « FOCUS ÉGLISE NOTRE-DAME DE L’ASSOMPTION DE QUIMPERLÉ », sur Quimperlé Communauté
- ↑ KERVRAN Marcel, D’Anaurot à Quimperlé 1500 ans d’histoire,
- ↑ « Eglise Notre Dame de l’Assomption – Quimperlé - Quimperlé les Rias | Quimperlé les Rias », (consulté le )
- ↑ BELLANCOURT Yves, Notre-Dame de Quimperlé,
- « Eglise Notre-Dame-de-l'Assomption ou de Saint-Michel », notice no PA00090380, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 26 septembre 2025
- Justine Brichard, « Quimperlé. À la découverte de Notre-Dame de l’Assomption », Ouest-France, (lire en ligne)
- ↑ Hamon André-Jean Marie, Notre -Dame de France, ou Histoire du culte de la sainte Vierge en France depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours,
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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- Notice no IA29000481, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, fiche de l'inventaire général
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