Église Notre-Dame de Champ-le-Duc

Église de l'Assomption-de-Notre-Dame
Image illustrative de l’article Église Notre-Dame de Champ-le-Duc
L'église et le cimetière attenant.
Présentation
Nom local Église Notre-Dame
Culte catholique romain
Type église paroissiale
Style dominant roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1908)
Géographie
Pays France
Région Lorraine
Département Vosges
Ville Champ-le-Duc
Coordonnées 48° 11′ 29″ nord, 6° 43′ 19″ est[1]
Géolocalisation sur la carte : Vosges
(Voir situation sur carte : Vosges)
Église de l'Assomption-de-Notre-Dame
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Église de l'Assomption-de-Notre-Dame

L’église de l'Assomption-de-Notre-Dame de Champ-le-Duc est un édifice de style roman construite au XIIe siècle (peut-être au XIe siècle mais sans aucune preuve) sur le site d'une prétendue villa du IXe siècle dont on attribue la fondation à l'empereur Charlemagne lui-même, qui aurait eu l'habitude de venir chasser dans les environs[2]. L'église a connu plusieurs restaurations, au XVIIIe siècle surtout, après la Seconde Guerre mondiale, puis à la fin du XXe siècle à la suite d'un incendie. L'édifice fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [3].

L'orgue, attribué à Nicolas Dupont, construit en 1781, puis transformé par Jacquot Jeanpierre en 1871 a été classé au titre objet des monuments historiques (pour sa partie instrumentale) le [4],[5].

Histoire

Construite vraisemblablement dans le 3e quart du XIIe siècle[6], l'église est une des premières et la plus importante de la vallée de la Vologne, tout comme le village qui l'entoure, puisqu'il préexistait à la ville de Bruyères. Il était le cœur d'une paroisse qui a compté jusqu'à 34 villages ou communautés et 7 églises annexes ou succursales. Son importance vient également de ce qu'elle fut accordée par le pape comme principauté ecclésiastique à Jean-Claude Sommier, archevêque de Césarée.

Architecture

L'église Notre-Dame de Champ-le-Duc, du XIIe siècle, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 7 . Revue et corrigée au XVIIIe siècle, l'église a fait l'objet de grandes restaurations après la Seconde Guerre mondiale qui ont permis à l'intérieur de retrouver son aspect du XVIIIe siècle. L'édifice est un vaste et bel ensemble roman. Les murs de la nef ont été entièrement refaits depuis les fondations de 1722 à1725, avec trois grandes fenêtres de chaque côté remplaçant les six petites baies romanes, avec des vitraux  « en beau verre blanc de la verrie de Porcieux »[7]. Le pignon (façade) occidental fût également rebâti. Un peu plus tard, en 1727, les arcatures intérieures pesant sur la façade, on décida de construire deux arcs boutants de quatre pieds d’épaisseur contre le pignon, qui encadrent le porche actuel. La toiture fut entièrement refaite à deux versants (auparavant, il y avait deux versants sur la nef et deux appentis sur chaque bas-côté, comme à Relanges).Une restauration du chœur et de l’abside a aussi eu lieu en 1912 sans dénaturation.

L’essentiel de l’église est de l’époque romane. La construction, toute en grès, est soignée. Tous les arcs sont en plein cintre. Elle comprend une nef non voûtée, flanquée de bas-côtés également dépourvus de voûtes, un transept dont le carré est surmonté du clocher, une travée de chœur, une abside semi-circulaire, flanquée de deux absidioles (comme à Vomécourt-sur-Madon et Relanges), mais dont les courburses ont été tronquées lors de grands travaux au XVIIIe siècle (de 1722 à 1725; le célèbre Jean Claude Sommier était alors curé de la paroisse); on en voit les traces de l'extérieur, et deux baies ont été ouvertes. La longueur de l’église est de 35 m, la largeur de 16 m, dont 7,5 m pour le vaisseau central, la largeur du transept 22 m. La hauteur sous la nef est d'un dizaine de mètres.

Par suite de la pente du terrain, le transept est élevé de cinq marches au-dessus de la nef, et le chœur, de quatre marches plus haut. La nef est à piliers et à colonnes alternés comprenant trois travées principales formées par des grandes arcades reposant sur les piliers, chacune ayant deux arcs reposant sur une colonne. L'abside est voûtée en cul-de-four. Seul le carré du transept, sur lequel s'élève le clocher, est couvert d'une voûte sur croisée d’ogives (probablement une des plus anciennes de la région). Le chœur et les croisillons du transept ont des voûtes d'arêtes. Le carré du clocher est un peu plus petit que la largeur de la nef; pour cela, deux arcs doubleaux supplémentaires ont été construits vers l'intérieur de la nef.

Le clocher comprend deux étages au-dessus du transept. Seul le second étage a des baies sur trois faces, deux baies accolées divisées en trois arcs reposant sur deux colonnettes. L’ensemble du monument est décoré de frises, corniches, billettes, modillons.

On ne connait pas les carrières qui ont servi d'approvisionnements en pierres pour la construction de l'église, mais on pense qu'elles étaient dans le proche voisinage, c'est-à-dire à deux à trois kilomètres en raison des contraintes de transport. Ceci est assez général pour les églises romanes des Vosges. Pour les travaux de restauration de l'église Notre-Dame en 1723, les pierres furent réemployées en partie et les autres venaient de "la carrière au-dessus de Fisménil"[7] (il pourrait s'agir du lieu-dit "La pierre" sur les cartes d'état-major 1820-1866, actuellement lieu-dit "Pierre Rambeau"), c'est-à-dire le village d'à côté, à un peu plus de deux kilomètres.

Une description très détaillée avec plans et nombreuses photos est disponible dans Églises romanes des Vosges[8] ainsi que dans les articles Monographie architecturale de l'église de Champ-le-Duc[9]et Notice sur l'église de Champ-le-Duc[10]. Pour les modifications faites au XVIIIe siècle, on consultera Le devenir d’une église romane au XVIIIe siècle : l’exemple de Champ-le-Duc (Vosges)[7]. Nombreuses photos couleur de l’extérieur de l’église sur le site Patrimoine-de-Lorraine et de l’intérieur et de l’extérieur sur le site La Lorraine [archive].

Liste de curés de Champ-le-Duc

  • Jean Perpignan
  • Jean Genaz (- )
  • Jean Philbert Estienne (-)
  • Jean-Claude Sommier (-1737)
  • Claude Joseph, baron de La Marre (1737-1756)
  • Charles Melchior Mathiot (1756-1772)
  • Lambert Flageollet (1772-1782)
  • Dominique de Saint-Privé (1782-1797)
  • Lucien Foucher
  • René Simon (1910-1923)
  • Albert Mercier (1925-1945)
  • Villaume
  • Pierre Delagoutte

Mobilier

L'église abrite du mobilier protégé au titre des monuments historiques remontant principalement au XVIIIe siècle[11], en particulier l'orgue de tribune de 1781 de Nicolas Dupont, restauré en 1990 par Bernard Dargassies et qui fait l'objet d'un classement monument historique au titre objet depuis le (partie instrumentale) et le (buffet)[5].

L'autel tombeau en forme de console pleine orné au centre d'un médaillon et le tabernacle, qui datent du XVIIIe siècle, font l'objet d'un classement au titre immeuble depuis 1840[12].

Les fonts baptismaux du XVIe siècle font l’objet d’un classement au titre objet des monuments historiques depuis le [13].

Voir aussi

Bibliographie

  • Jean-Claude Sommier, État de la cure de Champs, Annales de la Société d’Émulation du département des Vosges,
  • Georges Durand, Eglises romanes des Vosges, Paris, Champion, 1913, 396 p.[1]

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. ↑ Géoportail et Google Maps.
  2. ↑ Ann. Ehinardi & Ann. Mettensis : « ad locum qui dicitur Campus ».
  3. ↑ Notice no PA00107102, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. ↑ Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 167 à 172.
  5. « Fiche sur l'orgue », notice no PM88001128, et plus particulièrement sur la « partie instrumentale », notice no PM88001129 et le « buffet », notice no PM88000108, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  6. ↑ Suzanne BRAUN, L'art roman en Lorraine, Metz, Editions Serpenoise, 2005.
  7. Raphaël Tassin, « Le devenir d’une église romane au XVIIIe siècle : l’exemple de Champ-le-Duc (Vosges) », Bulletin Monumental, vol. 168, no 4,‎ , p. 323-333 (lire en ligne)
  8. ↑ Georges Durand, Églises romanes des Vosges, Paris, Champion, , 396 p. (lire en ligne), p. 155-167
  9. ↑ François de Liocourt, « Monographie architecturale de l'église deChamp-le-Duc », Bulletin de la Société philomatique vosgienne,‎ 1904-1905, p. 99-128 (lire en ligne)
  10. ↑ Auguste Digot, « Notice sur l’église de Champ-le-Duc », Mémoires de la Société d'archéologie lorraine,‎ , p. 261-179 (lire en ligne)
  11. ↑ « Liste des objets protégés de l'église », notice no PA00107102, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  12. ↑ Notice no PM88001028, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. ↑ Notice no PM88001027, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
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