Église Sainte-Agathe de Ris

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Paroisse Saint-Nicolas-sur-Dore-Allier (d) |
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Commune |
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| Commune |
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45° 59′ 56″ N, 3° 30′ 24″ E |
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L'église Sainte-Agathe, ou plutôt église Sainte-Croix, est une église catholique située à Ris, dans le Puy-de-Dôme en France[1].
Localisation
L'église est située dans le département français du Puy-de-Dôme, sur la commune de Ris.
Dénomination

Il semble que le véritable nom de l'église soit Sainte-Croix (église consacrée à l'exaltation de la Sainte-Croix), mais elle figure dans la base Mérimée sous le nom d'église Sainte-Agathe, à partir de quoi ce nom s'est répandu. Cette dénomination vient sans doute de la présence dans le narthex d'une peinture murale représentant le martyre de sainte Agathe[2]. L'église fait aujourd'hui partie de la paroisse Saint-Nicolas-sur-Dore.
Description
L'église de Ris est une église romane dont les parties les plus anciennes remontent au Xe siècle. L'église a connu plusieurs phases de construction et d'agrandissement. La première phase de construction date de 979 à 985 et comprend notamment le vaisseau voûté en berceau ainsi que le porche à l'ouest surmonté d'un étage et d'un clocher. Sous l'abbatiat d'Odilon de Cluny (994-1049), l'église est agrandie et voit sa nef s'ouvrir sur le chœur rectangulaire par un arc en plein cintre. Ce chœur se termine à l'est par une abside en cul-de-four[3]. La sacristie est quant à elle plus tardive.
L'église de Ris se distingue par ses peintures à la détrempe datant des XIVe et XVe siècles, dont certaines sont toujours conservées et présentes sur les murs intérieurs de l'église[3]. Si l'ensemble a été quelque peu endommagé par le temps et l'humidité, des scènes bibliques ou figurant des saints sont encore bien visibles. Sur le second pilier septentrional du bas de la nef, une Visitation (visite de Marie à Élisabeth) est représentée ; les deux personnages sont nimbés et Marie relève son manteau dévoilant ainsi sa grossesse à sa cousine. Sur le troisième pilier septentrional, Amblard de Thiers, fondateur du monastère, est représenté vêtu d'une chasuble ornée d'une croix. Le martyre de sainte Agathe est également figuré dans le narthex.
Une Vierge en majesté (noyer peint et sculpté) datant du XIIe siècle et aujourd'hui conservée au musée du Louvre, provient très probablement de l'église de Ris[4]. Spécialité de l'art auvergnat du Moyen Âge, le type de la Vierge en majesté consiste en la représentation de Marie (Vierge et mère de Dieu), assise sur un trône, tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux[5]. Le trône de Marie formé d'arcades superposées, renvoie à la Jérusalem céleste. Du fait de sa cavité, la sculpture polychrome a dû servir de reliquaire et devait être placée sur l'autel, au fond de l'abside.
Historique
L'église est construite conjointement à un monastère clunisien à la fin du Xe siècle. L'archevêque de Lyon, Amblard de Thiers, donne une charte en 978, (année de sa mort) qui fonde un monastère à Ris[6]. Celle-ci énumère les biens fonciers situés dans la région de Thiers et dans la viguerie de la Dore (Puy-de-Dôme) donnés à l'abbaye de Cluny. Est notamment offerte parmi ces nombreux biens, la "villa" Nimsiacus (ou Misiaco), grande propriété située dans l'actuelle Ris :
"In primo donat Misiacum villam cum omnibus appenditiis suis, campis, pratis, vineis, silvis, pascuis, aquis aquarumve decursibus et quidquid ibi visus fuerat habere usque in Exquisitum […]" (« En premier lieu il fait don du domaine de Misiaco avec toutes ses dépendances, champs, prés, pâturages, sources et cours d'eau et tout ce qu'il apparaît posséder là […] »[7].
Cette donation particulièrement riche permet aux moines de Cluny d'installer leur communauté et de construire un monastère et une église en l'honneur de saint Pierre et de saint Benoît. Comme la charte est datée de 978, il est vraisemblable que le chantier commence au printemps de l'année suivante et se termine environ cinq ans plus tard, vers 985. Dès l'abbatiat d'Odilon de Mercoeur (994-1049), abbé de Cluny, le monastère de Ris est compris dans la grande réforme de clunisienne et l'église voit son choeur agrandi[3]. Le prieuré devient l'un des quatre grands feudataires auvergnats de Cluny avec Sauxillanges (Puy-de-Dôme), La Volte (Haute-Loire) et Souvigny (Allier) et versait un cens annuel à l'abbaye en signe d'allégeance. Nommé ou proposé par l'abbé de Cluny, le prieur était à la tête du prieuré et se rendait chaque année à la réunion du chapitre général de Cluny. Il détenait des pouvoirs importants comme celui de nommer les curés des neuf paroisses aux alentours (Jussat, Beaumont-les-Randan, Châteldon, Ris, Lachaux, Ferrières, Cheval-Rigon, Molles, Lussat), de percevoir la dîme et de d'avoir les droits de haute, moyenne et basse justice à Ris[8]. D'abord appelé prieuré de Saint-Pierre, le prieuré passe dès la réforme clunisienne sous le vocable de la Bienheureuse Marie. Ce dernier comptait environ une vingtaine de moines sur un vaste domaine[9]. En 1287, l'église de Ris est à la fois abbatiale et paroissiale ; la petite ville étant placée dans l'archiprêtré de Cusset (Allier) au sein du diocèse de Clermont. À partir de la fin du XIVe siècle, en particulier dans le contexte de la Guerre de Cent Ans, l'effectif des moines se réduit et passe à 11 en 1446[10]. À partir de ce moment, le prieuré périclite progressivement. En 1676, on compte environ 8 moines puis en 1702, seulement 6. Le prieuré ferme en 1788. À la Révolution, les cinq cloches de l'église de Ris sont fondues à Chamalières (Puy-de-Dôme) et en 1791 les édifices formant le prieuré sont vendus comme biens nationaux[11]. Le rapport estimatif du énumère les différentes possessions des religieux et permet de fait d'avoir un aperçu sur l'ensemble des biens du prieuré de Ris au moment de sa vente. Les biens comprennent alors la maison du prieur, la maison conventuelle, les bâtiments de la chambrerie et du doyenné, ceux de l'aumônerie, de la sacristie, du presbytère, du cuvage et de la grange aux dîmes ainsi que les nombreux domaines (Charnat, Bancherel, Pelletier, Lachaux) et les dizaines d'hectares de vignes[11].
L'édifice est classé au titre des monuments historiques en 1995[1].
Notes et références
- « Église Sainte-Agathe », notice no PA00092327, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Notice no PM63000800, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.
- M. H. Du Ranquet, « Église de Ris », Bulletin Monumental, vol. Tome 97, no N°1, , p. 29-48 (lire en ligne)
- ↑ Musée du Louvre, « Vierge en majesté »
- ↑ « Une Vierge en majesté conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon a les mêmes caractéristiques de celle de Ris. »
- ↑ Vin Brigitte, Histoire de Ris 952-1918, Vichy, Presses numériques de Numéli, , 81 p. (ISBN 978-2-9582961-0-0), p. 7-8
- ↑ Gallia Christiania, IV, Ecclesia Lugdunensis, in fine, Instrumenta, col. 5 D, et col. 6. A. B. C. D., Charta Amblardi archiepiscopi Lugdunensis in fundatione S. Petri de Misiaco propre Thiernum in pago Arvernico.
- ↑ Vin Brigitte, Histoire de Ris 952-1918, Vichy, Presses numériques de Numéli, , 81 p., p. 12-14
- ↑ « Ris (F-Puy-de-Dôme) », sur Sites Clunisiens Fédération Européenne (consulté le )
- ↑ Vin Brigitte, Histoire de Ris 952-1918, Vichy, Presses numériques de Numéli, , 81 p., p. 37
- Vin Brigitte, Histoire de Ris 952-1918, Vichy, Presses numériques de Numéli, , 81 p., p. 45
Annexes
Articles connexes
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