Église Sainte-Foy de Morlaàs

Église Sainte-Foy de Morlaàs
Image illustrative de l’article Église Sainte-Foy de Morlaàs
Présentation
Culte Catholique romain
Dédicataire Sainte Foy
Type Église
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style dominant Roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1979)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Ville Morlaàs
Coordonnées 43° 20′ 40″ nord, 0° 15′ 47″ ouest

L’église Sainte-Foy se situe sur la commune de Morlaàs, dans le département français des Pyrénées-Atlantiques. Construite à la fin du XIe siècle, elle témoigne de nos jours de la grandeur passée de Morlaàs, capitale du Béarn - à la suite de Lescar détruite au IXe siècle.

L'église est dédiée à Sainte Foy, martyre du IIIe siècle et l'une des saintes les plus vénérées au Moyen Âge. Sa statue reliquaire se trouve dans l'abbatiale Sainte Foy de Conques (Aveyron).

L’église est construite initialement dans un style roman de fin du XIe siècle bien que le reste de l’édifice daterait du XVIe. Lors des grandes restaurations qui ont lieu au XIXe siècle, l'église est rénovée selon un style romano-byzantin. Pendant près d’un millénaire d’existence, elle a subi de nombreuses constructions, destructions et restaurations — dont la dernière en date est la rénovation extérieure de 2010.

Elle est classée monument historique le [1].

Présentation

Historique

Cet édifice religieux est bâti au centre du Bourg-Mayou par Centulle V, vicomte de Béarn et d’Oloron, entre 1079 et 1088, à la suite du scandale de son union avec Gisla, dont les liens de parentés sont considérés trop rapprochés au regard des lois canoniques - dans un contexte de réforme grégorienne[2]. L’écho de ce mariage arrive jusqu’à Grégoire VII ce qui entraîne l’annulation de l’union et la fondation de l’église comme témoignage de la soumission de Centulle à Rome : la Charta Morlanensus sous le nom de « Saincte Foi » en consécration à Dieu et Saint-Pierre l’Apôtre.

La datation exacte du début de sa construction porte toujours à débats puisque aucun document à ce jour n’atteste d’une date précise. Les historiens et archéologues du XIXe qui s’y sont intéressés proposent 1078, 1079, 1080 ou bien 1089 mais il est certain que les fondations de l’édifice soient creusés du vivant de Centulle V donc antérieurement à 1088[2].

En 1079, Centulle V fait don de l’église en construction à l’abbaye de Cluny[3].

Le comte Gaston IV, fruit de l’union de Centulle V et Gisla, assigne des dîmes à l’église pour obtenir des droits de la fabrication de monnaies. Il prononce l’affranchissement de la ville et confirme solennellement le For de Morlaàs, à l’origine des Fors ou coutumes du Béarn, sur l’autel de Sainte-Foy – accompagné de sa femme Talèse et leurs fils Centulle[4].

En décembre 1343, les notables de la ville se réunissent en l’église de Sainte-Foy pour prêter serment de fidélité à Gaston-Phoebus, de passage à Morlaàs avec sa mère Aliénor de Comminges, qui jure en échange de maintenir les habitants de la ville dans leur privilèges[5].

Le XVIe siècle

Au XVIe siècle, l’édifice est victime d’une destruction presque en entier du corps principal liée conjointement aux ravages du temps et aux guerres de Religion où elle subit des dégradations considérables : incendies successifs, dévastations…[5]

En 1520, l’église est victime d’un premier gros incendie, suivi par de grosses réparations de l’église après que toute la façade ouest soit endommagé et l'ancienne tour soit démolie[2].

En 1569, l’église est incendié une seconde fois au cours des guerres de Religion entre protestants et catholiques. Selon une tradition locale recueillie par Antoine de Salinis, archevêque d’Auch, Jeanne d'Albret aurait fait dresser et allumer en sa présence le bûcher tout en se « réjouissant » du spectacle[2].

À cette période, à Morlaàs, il existe trois églises : Sainte-Foy, Saint-André et l’église des Commandeurs ainsi que deux couvents. La Réforme fait disparaître les bâtiments monastiques mais l'église de Sainte Foy est épargnée et devient un temple protestant [3].

De 1570 à 1620, l’accès de l’église est interdit aux catholiques par ordre des autorités protestantes. Bien que les rois Henri IV et Louis XIII, lors de son passage à Pau, ordonnent de rétablir le culte catholique à Morlaàs, l’application de leur demande se confronte à la résistance des protestants. C’est à la Toussaint 1620 qu’un accord entre catholique et protestants est acquis ce qui permet aux catholiques de récupérer la basilique tandis que les protestants choisissent un emplacement pour construire un temple[2]. Dans les faits ce n'est qu'en 1636 que l'église est retournée aux catholiques.

Laissée une soixantaine d’années, l’église est alors en état de délabrement. Ce n’est qu’en 1724 que les travaux indispensables pour sa reconstruction ne soient finis mais l'intérieur reste nu[5].

Période révolutionnaire et XIXe siècle

Durant la période révolutionnaire, l’église ne subit pas de destruction et devient un lieu de réunion des membres de la Société républicaine, qui vont demander l’arrêt des cloches, jusqu’au 1er vendémiaire an III (). Les catholiques récupèrent la basilique grâce à un arrêté municipal qui fait suite à une pétition des habitants de Morlaàs[2].

Au XIXe siècle, l’église devient un chantier de restauration d’abord par les habitants et l’administration de Morlaàs qui continuent les réparations nécessaires dont la restauration du chœur - sa mosaïque est exécutée par un artiste de la ville M. Incamps d’après les dessins de l’architecte M. Lafollye. Une chapelle est érigée en l’honneur du Bienheureux Bernard — ayant vécu au XIIIe à Morlaàs[5].

En 1841, le portail de l’église est classé parmi les monuments historiques[2].

Entre 1866 et 1867, les grandes restaurations tant attendues de l’église, dont le proche, débutent et sont dirigés par M. Lafollye alors nommé aux fonctions d’architecte des travaux à exécuter sous la direction d'Émile Boeswillwald. Il est dit que Viollet-le-Duc aurait porté un intérêt particulier à la restauration du porche de la basilique et aurait donné des conseils aux travailleurs sur le chantier. Le , la première pierre est posée et bénie par M. Lasserre, curé-doyen de Morlaàs[2].

Jusqu'au 5 avril 1902, date de signature de la réception définitive des travaux, l'avancement des travaux de restauration est sous la haute surveillance de M. Boeswillwald, sous la direction de M. Serres architecte et exécutés par l’artiste sculpteur M. Bouey[2].

Descriptif

Église Ste-Foy côté chevet.

L’église Sainte-Foy de Morlaàs présente un portail du plus grand intérêt : œuvre romane avec un tympan sculpté de type languedocien. La statuaire représente le Christ en majesté entouré des 24 vieillards de l'Apocalypse et des Apôtres dans les ébrasements du portail.

On peut aussi noter une crypte romane sous le chœur.

Galerie

Notes et références

  1. ↑ « Classement de l'église Sainte-Foy de Morlaàs », notice no PA00084454, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Charles Carrié, Notre église : Ste Foy de Morlaàs, Bruxelles, G. VAN OEST & Cie, .
  3. Inventaire général des monuments et richesses artistiques de la France, .
  4. ↑ Le Cœur, Promenades archéologiques aux environ de Pau, .
  5. Bordenave d'Albère, Morlaàs et sa basilique, .

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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