Église catholique en Inde

Mausolée du saint et missionnaire catholique François Xavier, l'apôtre des Indes, à la basilique du Bon-Jésus de Goa.

Le catholicisme en Inde rassemble plus de dix-sept millions de fidèles, soit moins de 2 % de la population totale du pays, dont elle est la plus grande dénomination chrétienne[1]. Des missionnaires et des religieux catholiques y œuvrent de manière continue depuis le XVIe siècle. La conférence épiscopale de l'Inde a été fondée en 1944[2].

Les catholiques indiens pratiquent selon trois rites liturgique : le rite latin, majoritaire, le rite syro-malabare et le rite syro-malankare. Le rite romain régit près de 80 % des croyants, les rites orientaux sont suivis par les 20 % restants.

Histoire

Selon la tradition, le christianisme aurait été introduit en Inde du Sud par l'apôtre Thomas en 52 après Jésus-Christ[3]. Une diffusion très ancienne de cette religion en Inde est attestée au moins depuis l'Antiquité tardive. Elle s'est toutefois circonscrite à la partie sud-ouest du pays, seule région où elle s'est maintenue jusqu'à l'arrivée des missions occidentales, et s'inscrit pleinement dans la tradition syriaque du christianisme oriental.

Les premiers missionnaires catholiques sont attestés au XIIIe siècle. Le franciscain Jean de Montecorvino arrive dans le sud de l'Inde en 1291. Il y prêche quelques mois et administre le baptême à quelques personnes[4]. Un dominicain français, Jourdain de Séverac, débarque en 1321/1322, à peu près à la même époque qu'Odoric de Pordenone. Sous l'action de de Séverac, les premières communautés catholiques émergent le long de la côte occidentale de l'Inde, surtout dans le Malabar méridional, où est établi le premier évêché de la chrétienté romaine à Quilon, par le pape Jean XXII en 1329. Cette église pionnière semble néanmoins s'éteindre progressivement au cours du XIVe siècle, en raison des difficultés croissantes de communication avec la papauté, dans le contexte du déclin de la Pax Mongolica.

L'arrivée de l’expédition maritime portugaise conduite par Vasco de Gama sur les rivages de l’Inde en 1498 inaugure l'établissement durable de l'Église catholique dans le sous-continent. Il s'agit d'un véritable renouveau de l'Église plutôt que d'un retour. Les Européens mettent en effet un certain temps à se défaire des représentations de l'Inde héritées du Moyen Âge et à les dissocier de ses réalités, notamment du mythe du royaume du prêtre Jean ou de l'idée d'une chrétienté locale importante et conforme aux modèles latins. Le missionariat constitue dès lors une composante majeure des activités de l'empire portugais naissant dans les Indes orientales.

Église et société

l'Église catholique indienne est composée en 2022 à 65 % de Dalits ou « intouchable », mais ceux-ci sont sous-représentés dans le Haut clergé et font face à des discriminations au sein de l'Église[5],[6].

Au départ les missionnaires évangélisaient principalement les élites de la caste des Brahmanes, espérant atteindre ainsi les autres castes, ce qui n'a pas eu lieu. Depuis la fin du XIXe siècle, elle accueille des Dalits qui forment depuis la majorité des catholiques[7].

Bien que largement composée de personnes indiennes, l'Église catholique est toujours considérée comme une religion étrangère en 2004[7].

Comme les autres confessions chrétiennes et la minorité musulmane, les catholiques sont confrontés à des persécutions associées à l'essor de l'Hindutva, une idéologie nationaliste hindoue[8]. Toutefois, l'Église catholique tend à être moins exposée à la violence des fondamentalistes hindous que les Églises de mouvance évangélique, notamment dans les États où elle bénéficie d'un ancrage historique ancien.

Diocèses

Les provinces et diocèses de rite latin de l'Église catholique en Inde.

Notes et références

  1. (en) Factfile: Roman Catholics around the world, BBC News, 1er avril 2005.
  2. (en) Church in India (C. B. C. I.), Origin and Aims
  3. (en) Mar Thoma: The Apostolic Foundation of the Assyrian Church and the Christians of St. Thomas in India, Stephen Andrew Missick.
  4. Le christianisme en Chine, du Moyen Âge à l'époque moderne, « Le franciscain Montecorvino et l'archevêché de Khanbaliq », Jean-Pierre Duteil.
  5. (en) Anto Akkara, « From ‘Untouchable’ to Cardinal: Archbishop Anthony Poola Embodies Pope’s ‘Call to Reach Out to the Peripheries’ », sur ncregister.com, .
  6. (en) « Meet the first “untouchable” cardinal: Anthony Poola was born a Dalit in India », sur aleteia.org, .
  7. Bernard Jouanno, « L'Eglise catholique en Inde », sur la-croix.com, .
  8. Pierre Jova, « En Inde, les musulmans et chrétiens sous le rouleau compresseur du nationalisme hindou », sur lavie.fr, .

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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