Églises catholiques indépendantes
Les Églises catholiques indépendantes sont des communautés chrétiennes qui s'identifient comme catholiques, revendiquent une succession apostolique et ne font pas partie de l'Église catholique romaine. Elles incluent notamment les Églises vieilles-catholiques, l’Église catholique libérale et l’Église catholique œcuménique.
Bernard Vignot et Frédéric Luz utilisent le terme d'Église parallèle pour parler du phénomène plus large du mouvement sacramentel indépendant (en)[1].
Églises vieilles-catholiques
En 1710, l'Église catholique des Pays-Bas n'a plus d'évêques. Les jansénistes de Port-Royal exilés par Louis XIV trouvèrent refuge aux Pays-Bas. Touché par « l'état d'abandon » de l'Église des Pays-Bas, Dominique-Marie Varlet, un évêque consacré par Bossuet, « confirme des centaines de fidèles et consacre trois évêques port-royaliens ». Le Saint-Siège désapprouva cette action, ce qui valut à Varlet d'être puni d'une suspense [2].
En 1723, l'Église d'Utrecht est créée. Son premier archevêque est Corneille Steenoven qui fut consacré évêque par Varlet le . Bien que l'Église d'Utrecht eût accueilli un grand nombre de jansénistes, elle n'est elle-même pas janséniste. L'Église d'Utrecht a rejeté la bulle Unigenitus. Elle reconnut le pape comme chef de leur Église, mais le Saint-Siège ne reconnaissait pas cette Église[2].
Avec l'excommunication d'Ignace von Dollinger le , « [l]es Vieux-Catholiques qui se considéraient comme les authentiques représentants du catholicisme furent ainsi conduits à la rupture avec Rome »[2].
Des Églises vieilles-catholiques s'implantent par la suite sur le territoire de l'ancien Saint-Empire romain, en Suisse et en Autriche[2].
En 1889, une union de ces Églises est établie lors d'une conférence épiscopale à Utrecht sous le nom d'Union d'Utrecht. Cette union regroupa d'abord les Églises vieilles-catholiques des Pays-Bas, d'Allemagne et de Suisse. Par la suite, les Églises vieilles-catholiques d'Autriche, puis de Pologne, de Croatie et de Tchéquie. La communauté gallicane fondée par Hyacinthe Loyson en 1878 se rattacha en 1899 à l'union[2].
Église catholique libérale internationale
L'Église catholique libérale est fondée en 1917 aux États-Unis par James Ingall Wedgwood, prêtre de l'Église vieille-catholique du Royaume-Uni[3].
Église catholique œcuménique
L’Église catholique œcuménique est fondée en 1987 a été fondée à Santa Ana (Californie) en 1987 par Mark Steven Shirilau, ancien membre de l'Église évangélique luthérienne en Amérique et de l’Église communautaire métropolitaine, et Jeffrey Michael Lau, ancien membre de l'Église épiscopale et de l’Église communautaire métropolitaine [4].
Personnes notoires
- Petrus Codde (1648-1710)
- Dominique-Marie Varlet (1678-1742)
- Corneille Stevens (1747-1828)
- Bernard-Raymond Fabré-Palaprat (1773-1838)
- Ferdinand François Châtel (1795-1857)
- Hyacinthe Loyson (1827-1912)
- Ernest Houssay dit l'Abbé Julio (1844-1912)
- Joseph-René Vilatte (1854-1929)
- Arnold Mathew (1852-1919)
- Louis-Charles Winnaert (1880-1937)
- Michel Collin [Clément XV] (1905-1974)
- Maurice Cantor (1921-2016)
- Mario Cornejo (1927-2015)
- Rómulo Antonio Braschi (en) (1941-), Les sept du Danube (sept femmes ordonnées prêtres sur un bateau sur le Danube en 2002)
- Clemente Domínguez y Gómez [Grégoire XVII] (1946-2005), fondateur de l'Église chrétienne palmarienne des Carmélites de la Sainte-Face
- Sinéad O'Connor (1966-2023), vers 1999 dans une "église irlandaise orthodoxe, catholique et apostolique"
Notes et références
- ↑ Jean-François Mayer, « Livre: le phénomène des évêques indépendants », sur Religioscope, (consulté le )
- Paul Poupard (dir.), Dictionnaire des religions, Presses universitaires de France, (ISBN 2-13-037978-8, 978-2-13-037978-2 et 2-13-038907-4, OCLC 10588473), « Vieux-catholiques », p. 1771-2
- ↑ E. E. Beauregard et P. J. Hayes, « LIBERAL CATHOLIC CHURCH », dans New Catholic Encyclopedia, vol. 8: Jud-Lyo, Gale, , 2nd éd., 539-40 p. (lire en ligne)
- ↑ Giovanni Marcotullio, « La "Chiesa Cattolica Ecumenica di Cristo"… e altre storie », sur Aleteia.org,
Voir aussi
Articles connexes
- Évêque errant
- Armée de Marie
- Nouveau mouvement religieux
- Sédéprivationnisme, sédévacantisme
- Église vieille-catholique
- Catholiques allemands (1844)
- Willibrord Society (en) (1908)
- Église catholique libérale (1916)
- Église gallicane, tradition apostolique de Gazinet (1916)
- Église chrétienne palmarienne des Carmélites de la Sainte-Face (1978)
- En orthodoxie : orthodoxes vieux-croyants, orthodoxes vieux-calendaristes
- Chrétienté, histoire du christianisme
- Confessions du christianisme, christianisme non confessionnel ou non dénominationnel
Bibliographie
- Bernard Vignot (préf. Jean Vernette), Les Églises parallèles, Paris/Montréal, Éditions du Cerf, coll. « Bref », , 126 p. (ISBN 2-204-04294-3 et 2-7621-1781-X, ISSN 0986-4849, lire en ligne)
- Frédéric Luz, Le soufre & l'encens : Enquête sur les Eglises parallèles et les évêques dissidents, Paris, Claire Vigne, coll. « La Place Royale », , 319 p. (ISBN 2-84193-021-1, BNF 36687158)
- Bernard Vignot (préf. Michel Santier), Le phénomène des églises parallèles, Paris, Les Editions du Cerf, , 129 p. (ISBN 978-2-204-08801-5, ISSN 0299-2833)
- Jean-François Mayer, « Livre: le phénomène des évêques indépendants », sur Religioscope, (consulté le )
- Jean-François Mayer, « Quand le pape n’est plus à Rome : antipapes et sédévacantistes », sur Orbis.info @ Notes de Jean-François Mayer, (consulté le )
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