Élection présidentielle barbadienne de 2025

Élection présidentielle barbadienne de 2025
Jeffrey Bostic – BLP
Président
Sortante Élu
Sandra Mason
Indépendante
Jeffrey Bostic
BLP

L’élection présidentielle barbadienne de 2025 a lieu au scrutin indirect le afin d'élire le président de la Barbade.

Il s'agit de la deuxième élection présidentielle dans l'histoire du pays, après le vote de l'abolition de la monarchie barbadienne et de l'instauration de la république cinq ans auparavant. Cette dernière avait coïncidé avec l'entrée en fonction de l'ancienne gouverneur général Dame Sandra Mason en tant que première présidente, après son élection à la quasi-unanimité en octobre 2021.

Soutenu par le gouvernement et l'opposition, Jeffrey Bostic est élu sans opposition. Ancien militaire de carrière reconverti dans la politique, il opère ainsi la première passation de pouvoir entre deux présidents barbadiens élus.

Contexte

Sandra Mason en 2024.

Jusqu'alors gouverneur général, Dame Sandra Mason est élue à la quasi-unanimité lors de l'élection présidentielle organisée le . Elle devient ainsi la première présidente de l'histoire de la Barbade, son entrée en fonction le coïncidant avec le passage à un régime républicain. La forme parlementaire du régime politique étant conservée, la nouvelle chef de l'État continue d'assumer des fonctions essentiellement honorifiques, tout comme dans son rôle précédent de gouverneur général[1].

L'élection présidentielle de 2021 était la première organisée à la Barbade, le pays étant jusqu'alors un royaume du Commonwealth, un État pleinement indépendant ayant conservé la reine Élisabeth II comme chef de l'État symbolique et honorifique[2]. Fort de son écrasante victoire aux élections législatives de 2018 qui voient le Parti travailliste remporter la totalité des 30 sièges de l'Assemblée, le gouvernement de la Première ministre Mia Mottley entreprend en effet courant 2020 de doter la Barbade d'une nouvelle Constitution et de passer à un système républicain[3],[4], jugeant le système reposant sur un « monarque étranger » dont les Barbadiens sont exclus du mode de sélection aussi « anachronique » que l'absence de droit de vote des femmes avant 1944[5],[6].

Malgré sa nomination commune par la Première ministre Mia Mottley et le chef de l'opposition Joseph Atherley, Dame Sandra Mason voit sa candidature opposée par le sénateur Caswell Franklyn. En accord avec la Constitution, les deux chambres du Parlement se réunissent et votent séparément[7]. Dame Sandra Mason est élue première présidente de la Barbade par 18 voix sur 19 au Sénat, et l'ensemble des 27 voix à l'Assemblée[8],[9],[10], un résultat dont se félicite Mia Mottley qui qualifie le scrutin de preuve de l'unité du pays, la majorité des deux tiers ayant été largement atteinte dans les deux chambres[11],[12].

La prise de fonction de Dame Sandra Mason intervient en même temps que le passage à la république le , jour de la fête nationale marquant le 55e anniversaire de l'indépendance du pays[13],[14].

Système électoral

Le président de la Barbade est élu au scrutin indirect et secret par un collège électoral composé des membres du Parlement, soit les 21 membres du Sénat et les 30 membres de l'Assemblée. Est élu pour un mandat de quatre ans, renouvelable une seule fois, le candidat qui recueille la majorité qualifiée des deux tiers des suffrages dans chacune des chambres du Parlement[15].

La Constitution prévoit la possibilité pour le Premier ministre et le chef de l'opposition de s'accorder sur la nomination d'un candidat commun. Auquel cas, le Parlement est réuni et le candidat commun est déclaré élu à l'unanimité si aucun membre n'y fait objection[15].

Si une objection est soulevée, ou s'il n'y a pas de candidature commune, il est procédé à une élection en un seul tour où la majorité des deux tiers des suffrages exprimés dans chacune des chambres est requise pour l'emporter. Peuvent alors se présenter les candidats soutenus par le Premier ministre et/ou le chef de l'opposition, ou bien au moins dix membres du Parlement[15].

Résultats

Jeffrey Bostic en 2021.

La Première ministre Mia Mottley et le chef de l’opposition Ralph Thorne s'accordent le sur la nomination conjointe de Jeffrey Bostic[16]. Les deux dirigeants politiques mettent alors l'accent sur cette nomination conjointe d'un « candidat de consensus respecté » comme la manifestation de l'unité du pays[17].

Ancien militaire de carrière surnommé « Le Colonel », à la tête du Barbados Regiment et directeur des opérations au RSS des forces de défense de la Barbade, Jeffrey Bostic prend sa retraite en 2006[18]. Reconverti en politique, il est élu en 2013 sous la bannière du Parti travailliste (BLP) de Mia Mottley. Nommé ministre de la Santé dans son gouvernement en 2018, il gère notamment les conséquences de la pandémie de Covid-19. Il est alors reconnu pour sa personnalité calme et l'efficacité de son action lors de la pandémie, qui lui vaut l'appréciation de la population et des partenaires internationaux. Il quitte le gouvernement en [19],[20],[21],[22],[23],[24],[25]. Jeffrey Bostic reçoit l'ordre de la liberté de la Barbade le suivant pour son action contre la pandémie[26].

Sa candidature, seule en lice, n’étant pas contestée par un membre du Parlement, il est déclaré élu le et prête serment le suivant, succédant ainsi à Dame Sandra Mason comme deuxième président de la Barbade[17].

Critiques

À la suite de la désignation de Jeffrey Bostic, quelques critiques se font entendre en dépit de sa présentation consensuelle. Kemar Stuart, chef du Nouveau Parti national (NNP), estime ainsi que « cette nomination […] représente un biais naturel et un conflit d’intérêt étant donné son affiliation partisane avec le BLP » et déplore un « affaiblissement » de l’indépendance du chef de l’État. Évoquant le pouvoir constitutionnel du président de nommer sept sénateurs à sa discrétion, il avertit que le choix d’un président partisan pourrait mener à une forme de « régime à parti unique » voire à « une dictature déguisée ». Il réclame en outre l’élection du président au scrutin direct par tous les citoyens[27].

Pour certains analystes et commentateurs, le processus de nomination du président « a besoin de plus de clarté »[28] et le passage d’un président indépendant (comme la première titulaire Dame Sandra Mason) à un ancien élu d’un parti change symboliquement la nature de la fonction[29].

Notes et références

  1. ↑ (en) Jamaica Observer Limited, « Governor General Dame Sandra Mason to become first president of Barbados », sur Jamaica Observer (consulté le ).
  2. ↑ « La Barbade en voie de devenir une République », sur RCI, (consulté le ).
  3. ↑ (en) « Barbados to transition to a parliamentary Republic in November », sur Voice Online, voicenews, (consulté le ).
  4. ↑ Caroline Popovic, « Mia Mottley, première femme élue Premier Ministre de Barbade », sur Martinique la 1re, (consulté le ).
  5. ↑ (en) « Barbados to become a parliamentary republic by November 30 », sur Loop News (consulté le ).
  6. ↑ « La reine Elizabeth II perd son trône à la Barbade », sur BFMTV (consulté le ).
  7. ↑ « Barbados Today du 20 octobre 2021 », sur epaper.barbadostoday.bb (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Governor General Dame Sandra named first president-elect », sur Loop News (consulté le ).
  9. ↑ (en) Jamaica Observer Limited, « Governor General Sandra Mason to become Barbados's first president », sur jamaicaobserver.com (consulté le ).
  10. ↑ « Une présidente élue à la Barbade, devenue république », sur TV5 Monde, (consulté le ).
  11. ↑ (en) « PM says election of first President is a ‘springboard to unity’ – NationNews Barbados — nationnews.com », sur nationnews.com, (consulté le ).
  12. ↑ (en) « Dame Sandra Mason new president-elect », sur barbadosadvocate.com, (consulté le ).
  13. ↑ (en) « Barbados elects first ever president ahead of becoming republic », sur BBC News (consulté le ).
  14. ↑ (en) « Barbados inches towards a republic without Queen Elizabeth », sur amsterdamnews.com (consulté le ).
  15. « Révision constitutionnelle de 2021 » [PDF], sur barbadosparliament.com (consulté le ).
  16. ↑ (en) « Bostic nominated as Barbados’ second president », sur Nation Barbados, (consulté le ).
  17. (en) « New President of Barbados elected », sur Barbados Today, (consulté le ).
  18. ↑ (en) « Caribbean Elections Biography | Jeffrey Bostic », sur Caribbean Elections (consulté le ).
  19. ↑ « Lawmakers unite to confirm Jeffrey Bostic as second republican president ».
  20. ↑ (en) « Barbados selects its second president », sur www.guardian.co.tt (consulté le ).
  21. ↑ (en) « #BTEditorial - Our view of the Mottley Cabinet », sur Barbados Today, (consulté le ).
  22. ↑ (en) « Updates: COVID-19 press conference », sur Nation Barbados, (consulté le ).
  23. ↑ (en) « Bye-bye beloved Bostic – a man for all seasons », sur Barbados Today, (consulté le ).
  24. ↑ (en) « The Most Honourable Lt Col Jeffrey Bostic is 'well' | Loop Barbados », sur Loop News (consulté le ).
  25. ↑ (en) Nationnews Desk, « Bostic nominated as Barbados’ second president », sur nationnews.com, NationBarbados, (consulté le ).
  26. ↑ (en) « Honours and awards for more than 6000 people on National Heroes Day », sur Barbados Today, (consulté le ).
  27. ↑ (en) « NNP voices concern over nomination of Barbados' next president », sur Barbados Today, (consulté le ).
  28. ↑ (en) « Bostic a steady hand for the Presidency, though process needs clarity », sur Barbados Today, (consulté le ).
  29. ↑ (en) Jenique Belgrave, « Bostic’s presidential nomination signals rare political consensus – Wickham », sur Barbados Today, (consulté le ).
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