Élection présidentielle costaricienne de 2026

Élection présidentielle costaricienne de 2026
Corps électoral et résultats
Inscrits 3 731 788
Votants 2 583 185
 
69,22 % en augmentation 9,3
Votes exprimés 2 561 343
Votes blancs 9 018
Votes nuls 12 824
Laura Fernández Delgado – PPSO
Voix 1 243 141
48,53 %
 
Álvaro Ramos Chaves – PLN
Voix 861 879
33,65 %
 
Président de la République
Sortant Élue
Rodrigo Chaves Robles
PPSD
Laura Fernández Delgado
PPSO

L'élection présidentielle costaricienne de 2026 a lieu le afin d'élire le président de la république du Costa Rica et ses deux vice-présidents pour un mandat de quatre ans. Des élections législatives sont organisées simultanément.

Contexte

Rodrigo Chaves Robles.

La dernière élection présidentielle en 2022 voit la victoire de l'homme d'affaires Rodrigo Chaves Robles, marquant un tournant politique majeur, celui-ci s'étant présenté en dehors des partis traditionnels et en opposition au système institutionnel classique[1],[2].

Sous son administration, malgré des indicateurs macroéconomiques favorables — notamment une croissance économique soutenue, des exportations record, une baisse du chômage et de la pauvreté, ainsi qu'un recul de l'inflation — Chaves entretient des relations tendues avec les autres pouvoirs de l'État, en particulier avec le Tribunal suprême électoral[3],[4]. Le , ce dernier demande à l'Assemblée législative la levée de l'immunité présidentielle afin de permettre des poursuites à l'encontre de Chaves pour quinze plaintes liées à une supposée « belligérance politique », c'est-à-dire l'utilisation de sa fonction pour favoriser un parti lors des élections[5]. En , l'Assemblée législative rejette cette demande[6]. Le président fait également l'objet d'accusations de corruption examinées par la Cour suprême[7].

Parallèlement, le Costa Rica connaît une hausse sans précédent de la violence liée au trafic de drogue et au crime organisé, altérant l'image historique du pays en tant que démocratie pacifique. Cette dégradation de la situation sécuritaire devient la principale préoccupation de la population et domine le débat public. En 2024, la Constitution costaricienne est modifiée afin d'autoriser l'extradition de trafiquants de drogue et de terroristes nationaux recherchés par des autorités étrangères[4],[8].

Rodrigo Chaves Robles conserve un niveau de popularité historiquement élevé, bien qu'entre et son taux d'approbation passe de 63 % à 58 %, tandis que son taux de désapprobation atteint 28 %, soit une hausse de huit points, selon le Centre de recherche et d'études politiques de l'université du Costa Rica (CIEP)[9],[10]. Il n'est cependant pas rééligible lors du scrutin de 2026, la Constitution interdisant deux mandats présidentiels consécutifs et n'autorisant un ancien président à se représenter qu'après un délai de huit ans suivant la fin de son mandat[11].

Système électoral

Le président de la République est élu pour un mandat de quatre ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, sous une forme légèrement modifiée. Pour être élu, un candidat doit être arrivé en tête au premier tour avec plus de 40 % des voix. À défaut, les deux candidats arrivés en tête s'affrontent lors d'un second tour, et celui qui recueille le plus de suffrages est déclaré vainqueur. Chaque candidat à la présidence se présente avec deux colistiers pour la vice-présidence, ses derniers remplacent le président en cas d'empêchement, selon l'ordre de leur nomination. Le scrutin est organisé le premier dimanche du mois de février[12]. Jusqu'en 2005, un président élu ne pouvait se porter candidat à une nouvelle élection. Depuis, cela est possible après un intervalle d'une durée de deux mandats complets, soit huit ans[13].

Pour être éligible, il faut être de nationalité costaricienne de naissance, « être de l'état laïque » — non membre d'un clergé — et enfin être âgé de plus de trente ans. Ne sont pas éligibles les membres du gouvernement encore en fonction douze mois avant le scrutin, ni avoir exercé au cours de la même période les fonctions de magistrats réguliers de la Cour suprême de justice, magistrats réguliers et suppléants du Tribunal électoral suprême, directeur de l'état civil, directeurs ou gestionnaires des institutions autonomes, contrôleur et contrôleur général adjoint de la République, ni enfin avoir de lien « par le sang ou par alliance, ascendant, descendant ou frère de la personne qui occupe la présidence de la République au moment de l’élection, ou de la personne qui l’a occupée à tout moment au cours des six mois précédant cette date »[13].

Campagne

Le Tribunal suprême électoral lance officiellement la campagne électorale le [14].

La campagne de Laura Fernández Delgado est principalement articulée autour des questions de sécurité, dans un contexte de préoccupations croissantes des électeurs face à l'augmentation des violences liées au trafic de drogue[15],[16]. Depuis 2023, le taux d'homicides au Costa Rica a augmenté de plus de 50 % par rapport à la période précédant l'entrée en fonction de Rodrigo Chaves Robles en 2022[16]. Fernández déclare vouloir s'inspirer de la politique du président salvadorien Nayib Bukele, notamment en achevant la construction d'une méga-prison calquée sur le modèle du Centre de confinement du terrorisme (CECOT) mis en place au Salvador[15],[16],[17]. Elle annonce également son intention de décréter l'état d'urgence dans les zones contrôlées par des gangs[15].

Résultats

Résultats nationaux[18]
Candidats Partis Premier tour
Voix %
  Laura Fernández Delgado PPSO 1 243 141 48,53
  Álvaro Ramos Chaves PLN 861 879  33,65
  Claudia Dobles Camargo PAC 125 714  4,91
  Ariel Robles FA 96 384  3,76
  Juan Carlos Hidalgo PUSC 68 188  2,66
  Fabricio Alvarado PNR 56 159  2,19
  José Aguilar Berrocal PA 45 893  1,79
  Natalia Díaz Quintana UP 21 492  0,84
  Eliécer Feinzaig Mintz PLP 8 648  0,34
  Luz Mary Alpízar Loaiza PPSD 6 552  0,26
  Fernando Zamora PNG 5 516  0,22
  Ana Virginia Calzada CDS 5 408  0,21
  Luis Amador Jiménez PIN 3 873  0,15
  David Hernández Brenes PT 2 456  0,10
  Wálter Hernández Juárez JSC 2 183  0,09
  Boris Molina PUCD 1 917  0,07
  Claudio Alpízar Otoya PENAC 1 826  0,07
  Marco Rodríguez PEL 1 415  0,06
  Douglas Caamaño Quirós CR1 1 365  0,05
  Ronny Castillo ACRM 1 334  0,05
Votes valides 2 561 343  99,15
Votes blancs 9 018  0,35
Votes nuls 12 824  0,50
Total 2 583 185 100
Abstention 1 148 603  30,78
Inscrits / participation 3 731 788  69,22

Analyse et conséquences

Selon les résultats provisoires portant sur 94 % des bulletins de vote dépouillés, la candidate du parti conservateur, Laura Fernández Delgado, remporte l'élection présidentielle avec 48,3% des suffrages exprimés[19]. Lors des élections législatives, sa formation du Parti du peuple souverain remporte une majorité absolue avec 31 des 57 sièges à l'Assemblée législative, le parlement monocaméral du pays[20].

Notes et références

  1. ↑ (es) Daniel Lozano, « Se impone el outsider Rodrigo Chaves pese a su escándalo de acoso sexual », sur El Mundo, (consulté le ).
  2. ↑ (en) Will Grant, « Costa Rica elects political newcomer Chaves as president », sur bbc.com, BBC News, (consulté le ).
  3. ↑ (es) Douglas Marín, « Costa Rica: Una economía en crecimiento con el reto de encontrar la sostenibilidad fiscal », sur efe.com, EFE, (consulté le ).
  4. (es) Alvaro Murillo, « Costa Rica's ruling party heads for victory in February elections, poll shows », sur reuters.com, (consulté le ).
  5. ↑ (es) « Costa Rica: TSE pide al Congreso retirar fuero a presidente », sur dw.com, (consulté le ).
  6. ↑ (es) « Costa Rica: Congreso rechaza quitar inmunidad al presidente », sur dw.com, (consulté le ).
  7. ↑ (en) « Costa Rica's top court seeks to strip President Chaves’ immunity over corruption case », sur apnews.com, (consulté le ).
  8. ↑ (en) « Climate of Insecurity: A Rise in Crime Threatens Costa Rican Stability », sur GlobalPost, (consulté le ).
  9. ↑ (es) Allan Arroyo, « Popularidad de Chaves a prueba de denuncias e inseguridad: analistas lo atribuyen a su discurso y constante conflicto », sur observador.cr, El observador, (consulté le ).
  10. ↑ (es) Carlos Mora, « Popularidad de Chaves cayó entre octubre y enero, según CIEP-UCR », sur crhoy.com, (consulté le ).
  11. ↑ (es) « ¿Cómo funciona la reelección presidencial en Costa Rica? Aquí se lo explicamos », sur monumental.co.cr, (consulté le ).
  12. ↑ (en) « IFES Election Guide », sur electionguide.org (consulté le ).
  13. (es) « Constitution politique de la République du Costa Rica » [html], sur Système costaricien d'information juridique, (consulté le ).
  14. ↑ (es) Brandon Vidas, « TSE convoca oficialmente a las Elecciones Nacionales 2026 », sur telediario.cr, (consulté le ).
  15. (en) Vanessa Buschschlüter, « Candidate tough on crime wins Costa Rica presidential election », sur bbc.com, (consulté le ).
  16. (en) Emiliano Rodríguez Mega et David Bolaños, « Laura Fernández Wins Costa Rican Presidency », sur nytimes.com, The New York Times, (ISSN 0362-4331, consulté le ).
  17. ↑ (en) Laura Sharman, Djenane Villanueva et Max Saltman, « Right-wing populist Laura Fernández claims victory in Costa Rica's elections. Here's what to know », sur edition.cnn.com, CNN, (consulté le ).
  18. ↑ « TSE declara oficialmente electa a Laura Fernández Delgado como Presidenta de la República », sur tse.go.cr, (consulté le ).
  19. ↑ Alexander Martinez et Maria Isabel Sanchez, « Costa Rica: large victoire de la candidate de droite Laura Fernandez à la présidentielle », TV5 Monde (avec AFP),‎ (lire en ligne [html])
  20. ↑ Sandrine Morel, « Laura Fernández élue présidente du Costa Rica, une victoire éclatante du “bukélisme” », Courrier international,‎ (lire en ligne Accès limité [html])
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