Élections législatives argentines de 2025

Élections législatives argentines de 2025
127 des 257 sièges à la Chambre des députés
(majorité absolue : 129 sièges)
24 des 72 sièges au Sénat
(majorité absolue : 37 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 35 981 358
Votants 24 234 657
 
67,92 % en diminution 7,6
Votes exprimés 22 977 871
Blancs et nuls 1 262 932
La liberté avance
Voix 9 341 798
40,65 %
 
en augmentation 12,8
Députés élus 64 en augmentation 55
Sénateurs élus 13 en augmentation 7
Force de la patrie
Voix 7 741 775
33,63 %
 
en diminution 4,9
Députés élus 47 en diminution 11
Sénateurs élus 9 en diminution 4
Provinces Unies (en)
Voix 1 888 012
8,23 %
 
Députés élus 8 en augmentation 8
Sénateurs élus 0 en stagnation
Président de la Chambre des députés
Sortant
Martín Menem
LLA

Les élections législatives argentines de 2025 ont lieu le afin d'élire 127 des 257 députés à la Chambre des députés, ainsi que 24 des 72 sénateurs du Sénat.

Il s'agit d'élections dites « de mi-mandat », car organisées à la moitié du mandat du président Javier Milei.

Le scrutin est une large victoire pour le parti présidentiel, La liberté avance (LLD), qui provoque la surprise en arrivant en tête avec plus de 40 % des voix, malgré des sondages d'opinions le donnant en baisse derrière le parti péroniste Force de la patrie (FP) dans les dernières semaines de la campagne. Cette victoire, qui triple sa base parlementaire, devrait ainsi permettre à Javier Milei de poursuivre son programme de réformes économiques ultralibérales.

Contexte

Élection de Javier Milei

Javier Milei

Les élections législatives d'octobre 2023 interviennent en même temps qu'une élections présidentielle, qui voit la victoire au second tour de Javier Milei , candidat de La liberté avance (LLD), face au péroniste Sergio Massa de la coalition Union pour la patrie (UP)[1],[2],[3].

L'économiste fait alors campagne sur un programme antisystème et libertarien poussé jusqu'à l'anarcho-capitalisme, qu'il émaille de phrases chocs suivant un style volontairement provocateur, insultant ou même vulgaire. Ponctuant fréquemment ses discours par un « Vive la liberté, putain ! », il propose de réduire les dépenses publiques selon le principe minarchiste, de « dynamiter » la banque centrale, de dollariser l'économie en mettant fin au peso — qualifié d’excrément et de déchet ne servant même pas à fabriquer de l'engrais —, de rompre les relations avec le premier partenaire commercial de l'Argentine, la Chine, parce qu'elle est communiste, de criminaliser l'avortement ainsi que d'autoriser le port d'armes et la vente d'organes[4],[5],[6],[7]. Il symbolise sa volonté de tout déréglementer au sein de l’État par son slogan de le trancher « à la tronçonneuse », outil qu'il apporte dans ses meetings de campagne[5].

La victoire de Javier Milei est largement attribuée à la situation économique du pays en proie à des crises répétées depuis plusieurs décennies — dont trois défaut de paiement depuis 2000 — qui voit la population faire face à une très forte inflation, un effondrement de son pouvoir d'achat et une montée du taux de pauvreté, une nouvelle fois aggravés par la récente crise mondiale. L’ascension fulgurante de cet économiste mathématicien, qui devient député puis président en moins d'un an et demi, est attribuée à sa compréhension de la rupture entre la population et la classe politique argentine, la hausse constante des prix et de la fiscalité et de l'insécurité rythmant les affaires de corruption à répétition. La proposition d'une refonte radicale de la structure de l’État pour n'en conserver que le strict minimum régalien aurait ainsi séduit une population lassée d'un modèle interventionniste ayant échoué à tenir ses promesses[8],[9],[10].

La passation de pouvoir intervient le [11]. Le nouveau président dispose cependant d'une étroite marge de manœuvre, car son programme se trouve en opposition aux partis traditionnels. Or, ces derniers disposent de la majorité à la Chambre des députés et au Sénat, la coalition La liberté avance étant arrivée en deuxième place aux élections législatives et sénatoriales organisées en même temps que le premier tour. Il bénéficie cependant du soutien d'une partie de la droite, réunie autour de l'ancien président Mauricio Macri[8],[12].

Politique économique

Le gouvernement Milei procède à une série massive de réformes, selon une politique de choc libérale visant à réduire le poids de l’État, privatisant ou coupant des services publics et dérégulant massivement l'économie. S'il provoque une chute de la consommation et une élévation temporaire de la pauvreté entre le premier et le second semestre 2024, le gouvernement parvient à réduire l'inflation et le déficit public. Bien que minoritaire au Parlement, il parvient à faire adopter la majorité de ses propositions grâce au soutien du parti Proposition républicaine et de certains partis provinciaux[13].

Ces mesures économiques sont amplement discutées, ces partisans mettant en avant la stabilisation macro-économique tandis que ses opposants mettent en lumière le coût social des réformes[14],[15],[16],[17],[18],[19]. L'inflation, point central du programme du gouvernement, est réduite d'un taux mensuel de 25 % en décembre 2023 à moins de 3 % en décembre 2024[20],[15], tandis que l'inflation annuelle est réduite de moitié[21]. Les mesures permettent notamment à l'Argentine d'enregistrer pour la première fois depuis 14 ans un excédent budgétaire[21], redonnant confiance aux marchés[22]. La récession entamée en décembre 2023 est de 2,2 % au premier trimestre 2024, mais le PIB finit par croître sur le troisième trimestre[23], laissant un recul annuel net de 3,5 % selon le FMI[16],[24].

Toutefois, ces mesures entraînent une chute de la consommation et une importante perte d'emplois publics et privés, faisant craindre l'absence d'un redémarrage de l'économie[15]. Surtout, le taux de pauvreté passe de 44,7 % à 55,5 % au premier semestre 2024, et la pauvreté extrême passe de 13,8 % à 19,4 %[25],[26],[27],[28]. L'Argentine enregistre également un excédent de sa balance commerciale du fait d'une forte baisse des importations et de la dévaluation de sa monnaie[29].

Après la hausse de la pauvreté au premier semestre 2024, la pauvreté recule à 38,1 % au second semestre 2024, tandis que l’extrême pauvreté recule à 8,2 %. Le gouvernement Milei se félicite en mars 2025 de cette baisse, qu'il considère comme un « effet direct de la lutte contre l'inflation » menée par le président. Après s'être élevée à 211 % en 2023 puis 117 % en 2024, l'inflation est en effet maintenue mensuellement sous les 3 % depuis octobre 2024, soit leur plus bas niveaux depuis 2020[30]. Selon l'économiste Juan Carluccio, la baisse du taux de pauvreté sous Milei tient ainsi surtout de son succès dans la lutte contre l'inflation, la baisse des dépenses publiques ayant fait chuter celle ci d'une taux de 25 % mensuel avant sa prise de fonction en décembre 2023, à 2,4 % pour le mois de février 2025[31].

De fait, le président Milei demeure alors très apprécié par la population avec près de 56 % d'opinions favorables[32],[33].

Scandales et baisse de popularité

Javier Milei avec Donald Trump en février 2025.

La popularité de Milei est cependant durement affecté par le scandale de la cryptomonnaie $Libra. Le 15 février 2025, Il publie en effet sur son compte X un message faisant la promotion de cette cryptomonnaie, présentée comme un projet privé destiné à stimuler l'économie argentine, avant de se rétracter quelques heures plus tard, expliquant ne pas avoir étudié suffisamment en détails le projet. En conséquence, le cours de cette cryptomonnaie augmente de 2000 % en quarante minutes avant de s'effondrer de 95 % vingt-quatre heures plus tard, provoquant la perte de 250 millions de dollars pour les investisseurs[34],[35],[36],[37].

Bien qu'il ait rapidement supprimé sa publication et affirmé avoir agi de bonne foi sans intention de promotion, l'incident, surnommé Cryptogate, conduit à une enquête du Bureau anti-corruption (es) et à l'examen d'éventuelles charges de fraude par un juge fédéral[35],[37]. Cette affaire déclenche une crise politique en Argentine, l'opposition appelant à la destitution du président pour son implication dans ce scandale financier[35],[36],[6],[38],[39].

La liberté avance (LLA) est également affaibli par la révélation d'un scandale touchant sa tête de liste dans la province de la capitale Buenos Aires, José Luis Espert, qui est contraint de reconnaitre avoir touché 170 000 euros de la part d’un homme d’affaires emprisonné pour trafic de drogue lors de la campagne pour l"élection présidentielle de 2019. L'affaire amène Milei à le retirer de la liste présentée par le parti[40]. Lors des élections provinciales organisées début septembre 2025 dans la capitale, le LLA subit un revers en arrivant deuxième loin derrière l'Union pour la patrie, entretemps renommée Force de la patrie[41].

À l'approche des élections de mi-mandat, le président, qui fonde sa légitimité sur ses capacités à relever l'économie du pays, est particulièrement touché par la crainte par les marchés d'un défaut de paiement des obligations d’État argentines, des paiements de dettes du pays arrivant bientôt à échéance alors que les réserves de devises étrangères se réduisent face à un peso « structurellement faible ». Cette situation amène Milei à se tourner vers le président américain Donald Trump. Courant octobre 2025, les États-Unis accordent à l'Argentine une aide de 40 milliards de dollars, composée d'un échange de devises de 20 milliards avec le département du Trésor et une facilité de dette de 20 milliards de dollars. Cette somme importante est conditionnée à une réorientation de l'économie du pays en faveur des États-Unis et au détriment de la république populaire de Chine, deuxième partenaire commercial de l’Argentine et premier acheteur de ses exportations agricoles. Le gouvernement atermoie néanmoins, niant la demande de rupture des liens économiques avec la Chine, tout en cherchant à s'accommoder les gouverneurs des provinces, auxquelles la Constitution Argentine donne la propriété des gisements de minéraux, de pétrole et de gaz convoités par le président américains[40],[42],[43]. Ce soutien économique direct et inédit de l'administration Trump est perçue comme une ingérence étrangère car ayant publiquement pour objectif d'assurer la victoire à Milei[44].

Le président argentin affronte ainsi les élections de 2025 en position de faiblesse. L'obtention d'un tiers seulement des sièges est annoncée comme un « bon chiffre » à atteindre, car lui permettant de conserver son veto présidentiel sans que l'opposition puisse voter outre. La poursuite des réformes fiscales, de la flexibilisation du marché du travail et du système de protection sociale sont par conséquent en jeu pour le chef d’État, qui conserve une base électorale bien que confronté aux critiques croissantes parmi ses partisans sur son manque de conciliation et sa vulgarité[45],[46].

Système électoral

Palais du Congrès de la Nation argentine.

Le Congrès de la Nation argentine est un Parlement bicaméral doté d'une chambre basse, la Chambre des députés, et d'une chambre haute, le Sénat. La Chambre des députés est renouvelable par moitié. Ce sont donc la moitié des 257 sièges de députés qui sont mis en jeu lors de cette élection, arrondis à l'inférieur à 127 sièges. Le Sénat est quant à lui renouvelable par tiers. Ce sont donc un tiers des 72 sièges de sénateurs qui sont mis en jeu, soit 24 sièges[47],[48].

Le droit de vote s'acquiert à 16 ans, et est obligatoire pour tous les citoyens âgés de 18 à 70 ans, à quelques exceptions près — maladie, éloignement des bureaux de vote. L'abstention est sanctionnée par une amende d'un montant variant entre 50 et 500 pesos argentins, et par l'interdiction d'occuper des fonctions ou des emplois publics pendant trois ans[47].

Les élections de 2025 sont les premières à mettre en oeuvre le bulletin de vote unique institué par la réforme électorale de juin 2022. Au lieu d'utiliser un bulletin d'une liste unique parmi de nombreuses piles de bulletins parfois uniquement fournis par les partis concernés, les électeurs cochent désormais la liste de leur choix sur un bulletin unique comportant toutes les listes en compétition dans leur circonscription[49].

Chambre des députés

La Chambre des députés est dotée de 257 sièges pourvus pour un mandat de quatre ans renouvelés par moitié tous les deux ans. Le système électoral mis en œuvre est celui du scrutin proportionnel plurinominal à la plus forte moyenne, selon la méthode D'Hondt dans 24 circonscriptions électorales plurinominales correspondantes aux vingt-trois provinces de l'Argentine plus la capitale Buenos Aires. Le nombre de sièges par circonscription varie selon leur population. Un seuil électoral de 3 % des suffrages exprimés au niveau national est requis pour que les listes de candidats puissent se voir attribuer des sièges[47],[50].

Sénat

Le Sénat est quant à lui doté de 72 sièges pourvus pour un mandat de six ans, renouvelables par tiers tous les deux ans dans les mêmes circonscriptions que les députés, selon une version modifiée du scrutin majoritaire de liste à un tour. Dans ces vingt-quatre circonscriptions de trois sièges chacune, deux sièges sont attribués à la liste arrivant en tête, et le troisième à celle arrivée deuxième. Le Sénat étant renouvelé par tiers, le scrutin n'a lieu que dans un tiers des circonscriptions[48],[50].

Circonscriptions concernées

Nombre de députés à pourvoir par province
En bleu, les provinces renouvelant leurs 3 sénateurs.

Sièges en lice par partis

Chambre des députés

Coalition Sièges sortants
Total En lice %
Force de la patrie[a]
98  /  257
46  /  127
47 %
La liberté avance
37  /  257
8  /  127
22 %
Proposition républicaine
35  /  257
21  /  127
60 %
Coalition fédérale (es)
14  /  257
6  /  127
43 %
Union civique radicale
14  /  257
11  /  127
79 %
Democracia Para Siempre
12  /  257
9  /  127
75 %
Innovation fédérale (es)
8  /  257
3  /  127
37 %
Coalición Cívica
6  /  257
4  /  127
60 %
Liga del Interior - ELI
6  /  257
3  /  127
50 %
Front de gauche et des travailleurs-Unité
5  /  257
4  /  127
80 %
Coherencia
4  /  257
0  /  127
0 %
Independencia
3  /  257
2  /  127
67 %
Futuro y Libertad
2  /  257
1  /  127
50 %
Pour Santa Cruz
2  /  257
1  /  127
50 %
Production et travail
2  /  257
1  /  127
50 %
Movimiento de Integración y Desarrollo
2  /  257
0  /  127
0 %
CREO
1  /  257
1  /  127
100 %
Defendamos Córdoba
1  /  257
1  /  127
100 %
Defendamos Santa Fe
1  /  257
1  /  127
100 %
Neuquén People's Movement (en)
1  /  257
1  /  127
100 %
Republicanos Unidos
1  /  257
1  /  127
100 %
Somos Fueguinos
1  /  257
1  /  127
100 %
Unidos
1  /  257
1  /  127
100 %

Sénat

Coalition Sièges sortants
Total En lice %
Force de la patrie[a]
34  /  72
15  /  24
44 %
Union civique radicale
13  /  72
4  /  24
31 %
Proposition républicaine
7  /  72
2  /  24
29 %
La liberté avance
6  /  72
0  /  24
0 %
Provinces Unies (en)
5  /  72
2  /  24
40 %
Innovation fédérale (es)
3  /  72
1  /  24
33 %
Pour Santa Cruz
2  /  72
0  /  24
0 %
Por la Justicia Social
1  /  72
0  /  24
0 %
Libertad, Trabajo y Progreso
1  /  72
0  /  24
0 %

Sondages

Intentions de vote depuis les précédentes élections.

Résultats

À la Chambre

Résultats provisoires des législatives[51]
Partis ou coalitions Voix % Sièges
Élus Total +/-
La liberté avance (LLA) 9 341 798 40,59 64 93 en augmentation 55
Force de la patrie (FP) 7 741 775 33,64 47 99 en diminution 9
Provinces Unies (en) 1 596 993 6,94 8 20 en diminution 11
Front de gauche et des travailleurs (FIT-U) 897 063 3,90 3 4 en diminution 1
Innovation fédérale (es) (IF) 896 332 3,89 3 8 en stagnation
Autres partis 2 416 992 10,50 2 30 –
Votes valides 22 977 871 94,79
Votes invalides 597 938 2,47
Votes blancs 664 994 2,74
Total 24 234 657 100 127 257 en stagnation
Abstentions 11 746 701 32,65
Inscrits/Participation 35 981 358 67,35

Au Sénat

Résultats provisoires des sénatoriales[51](dépouillés à 99,07 %)
Partis ou coalitions Voix % Sièges
Élus Total +/-
La liberté avance (LLA) 2 221 163 42,01 13 20 en augmentation 7
Force de la patrie (FP) 1 918 234 36,28 9 28 en diminution 6
Innovation fédérale (es) 424 511 8,03 2 4 en augmentation 1
Front de gauche et des travailleurs (FIT-U) 174 941 3,31 0 0 en stagnation
Provinces Unies (en) 151 306 2,87 0 3 en diminution 2
Autres partis
Votes valides 5 286 932 94,99
Votes invalides 139 952 2,52
Votes blancs 138 775 2,49
Total 5 565 659 100 24 72 en stagnation
Abstentions
Inscrits/Participation 8 179 347 68,05

Analyse et conséquences

Résultats par circonscription à la chambre

À la surprise générale, le parti La liberté avance (LLA) de Javier Milei arrive largement en tête et triple son nombre de parlementaires. Avec plus de 40 % des suffrages, la formation présidentielle fait ainsi démentir les sondages qui la plaçaient en baisse et au coude à coude avec Force de la patrie (FP), qui réunit finalement près de 34 % des voix[52],[53],[46]. Il dépasse ainsi largement son objectif d'un « bon chiffre » d'un tiers des sièges au Parlement, dans ce qui était perçu comme un plébiscite sur le maintien ou non de sa politique[54],[55].

Au soir du scrutin, Milei salue dans son discours de victoire un « point de bascule » représentant selon lui la « confirmation du mandat reçu en 2023 ». Il promet de poursuivre sa politique afin « d’avancer sur la voie réformiste ». La victoire de son parti est un soulagement pour le président argentin, alors en position de dépendance d'un président américain l'ayant prévenu qu'il ne serait « pas si généreux » en cas de défaite[53],[46].

Milei aurait bénéficié de ses succès économiques, notamment sa lutte contre l'inflation et le rétablissement de l'équilibre budgétaire pour la première fois depuis 14 ans. Les conséquences sociales de sa politique, avec la perte de plus de 200 000 emplois et le retrait de l'État du financement des secteurs hospitaliers et de l’université publique, pèsent néanmoins sur sa capacité à poursuivre son programme d'austérité, sur fonds de doute des marchés et de menace de chute d'un peso encore considéré comme largement surévalué[46],[54].

Notes et références

Notes

  1. Parti membre de la coalition du même nom

Références

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