Élections législatives grecques de 1928
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| Élections législatives grecques de 1928 | ||||||||||||||
| 250 sièges du Parlement grec (Majorité absolue : 126 sièges) | ||||||||||||||
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| Type d’élection | Élection législative | |||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
| Population | 6 204 684 | |||||||||||||
| Votants | 1 021 434 | |||||||||||||
| Votes exprimés | 1 017 281 | |||||||||||||
| Votes blancs | 4 153 | |||||||||||||
| Parti libéral – Elefthérios Venizélos | ||||||||||||||
| Voix | 477 502 | |||||||||||||
| 38,07 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 178 | |||||||||||||
| Parti du Peuple – Panagís Tsaldáris | ||||||||||||||
| Voix | 243 543 | |||||||||||||
| 23,49 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 19 | |||||||||||||
| Parti des travailleurs agricoles – Aléxandros Papanastasíou | ||||||||||||||
| Voix | 68 278 | |||||||||||||
| 6,71 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 20 | |||||||||||||
| Parti national radical – Geórgios Kondýlis | ||||||||||||||
| Voix | 27 603 | |||||||||||||
| 2,71 % | ||||||||||||||
| Sièges obtenus | 9 | |||||||||||||
| Représentation de l'assemblée | ||||||||||||||
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| Premier ministre de Grèce | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Elefthérios Venizélos Parti libéral |
Elefthérios Venizélos Parti des Libéraux (Parti libéral, Parti des travailleurs agricoles, Parti national radical et Parti démocrate conservateur) | |||||||||||||
Les élections législatives grecques de 1928 ont lieu au scrutin uninominal majoritaire à un tour afin de renouveler les 250 sièges de la chambre basse du Parlement, la Chambre des Députés. Elles sont tiennent le 19 août 1928, organisées par le gouvernement intérimaire d'Elefthérios Venizélos dans un contexte d'instabilité gouvernementales. Les élections précédentes de 1926 n'avaient donné la majorité à aucun parti politique et conduit à la composition du gouvernement d'union nationale présidé par Alexandre Zaïmis : le retrait du soutien des conservateurs au printemps 1928 avaient précipité sa chute et provoqué la tenue de nouvelles élections. Elles voient la victoire du Parti libéral de Venizélos et de ses alliés qui ensemble remportent 226 des 250 sièges, la majorité absolue.
Le scrutin de 1928 est dominé par deux questions centrales au cours de la campagne électorale : la politique étrangère et la réconciliation avec la Turquie de Mustafa Kemal, prôné par les Libéraux et Venizélos, et l'intégration des réfugiés hellénophones d'Asie Mineure dans l'économie grecque[1].
Contexte
Deux ans plus tôt, les élections de 1926 n'avaient pas fait émerger de majorité claire : le Parti libéral, mené par Geórgios Kaphantáris, avait obtenu une majorité relative (102 sièges sur 286) et son principal concurrent, le Parti du Peuple de Panagís Tsaldáris était arrivé en deuxième place mais largement distancé (60 sièges). Le reste des voix était éparpillé entre les communistes du Front uni des travailleurs, des paysans et des réfugiés (10 députés), la gauche agrarienne du Parti des travailleurs agricoles d'Aléxandros Papanastasíou (17 sièges) et du Parti agraire de Grèce (4 sièges), la droite corporatiste de Ioánnis Metaxás (51 sièges) et des partis plus petits comme le Parti libéral des réfugiés de l'ancien Premier Ministre Themistoklís Sofoúlis (4 sièges), l'Union politique juive (2 sièges) et le Parti provincial (2 sièges)[2].
Un gouvernement d'union nationale fut formé entre décembre 1926 et juillet 1928 : trois cabinets présidés par Alexandre Zaïmis se succédèrent mais le désaccord autour des statuts de la Banque de Grèce nouvellement créée provoqua le départ du Parti du Peuple du gouvernement qui, n'ayant plus de majorité stable à la Chambre, dut démissionner. Zaïmis remit sa démission au président de la République Pávlos Koundouriótis le 2 juillet 1928 qui nomma Venizélos chef du gouvernement chargé d'expédier les affaires courantes, en attendant la convocation de nouvelles élections pour le mois d'août suivant.
Revenu d'exil en 1927, Venizélos remplaça Kaphantáris reprit la tête du Parti libéral.
Campagne électorale
Le 23 juillet 1928, la campagne électorale débuta par un discours de Venizélos à Thessalonique. Il y formula les nouvelles orientations de sa politique étrangère : la réconciliation avec la Turquie et le renforcement des relations entre la Grèce et l'Italie, en passant sous silence la question de l'occupation du Dodécanèse et de Rhodes par les Italiens, ainsi que le rattachement de Chypre et l'Épire du Nord à la Grèce.
Contrairement aux élections précédentes, le Parti libéral s'associa à la gauche agrarienne du Parti des travailleurs agricoles et au Parti agraire de Grèce (« aile gauche ») et aux libéraux-conservateurs d'Andréas Michalakópoulos et Geórgios Kondýlis (« aile droite »). La faction anti vénizéliste partit divisée, représentée par le Parti du Peuple, le Parti des Libres-Penseurs et divers candidats royalistes indépendants. Le général Theódoros Pángalos, qui avait établi un régime autoritaire entre 1925 et 1926 et libéré de la prison d'Izzeddin le 13 juillet 1928 (le délai de sa détention provisoire était expiré), concourrut sous sa propre étiquette de l'Union nationale.
Résultats
Le scrutin de 1928 se tient au suffrage majoraitaire uninominal à un tour, abandonnant la proportionnelle utilisée lors des élections précédentes.

Après plusieurs scrutins indécis et favorables aux conservateurs, celui de 1928 marque une très nette victoire des Libéraux, au point que Venizélos confie dans une lettre à son épouse Hélène être devenu un « dictateur parlementaire » :
« Quand bien même tous les augures nous promettaient un éclatant triomphe démocratique, je conservais, pour ma part, la plus vive réserve. À la vérité, cette victoire est sans égale par son ampleur. Elle surpasse de loin celle que le peuple grec m'octroya en 1912 ; elle excède tout ce que la Grèce a connu jusqu'alors et je ne saurais trouver, dans les autres nations d'Europe, le souvenir d'un succès électoral d'une telle envergure. En substance, le peuple grec a fait de moi un dictateur parlementaire. »[3]
C'est une défaite pour les anti vénizélistes, dont la représentation à la Chambre passe de 60 à 19 sièges pour le Parti du Peuple, de 51 à 1 siège pour le Parti des Libres-Penseurs de Metaxás et 4 sièges pour les royalistes indépendants. L'Union nationale de Pángalos n'obtient que 0,19 % des voix et n'obtient aucun élu. Les communistes du Front uni des travailleurs et des paysans perdent tous leurs élus : ils recueillent 14 325 voix, soit 1, 41 % des suffrages[4].
Disposant des pleins pouvoirs législatifs, Venizélos lance un vaste programme d'investissements publics. Son gouvernement entreprend de grands travaux de drainage (notamment dans les plaines de Macédoine et de Thessalie) pour éradiquer la malaria et offrir des terres cultivables aux réfugiés d'Asie Mineure. Nommé ministre de l'Éducation et des Affaires Religieuses, Geórgios Papandréou modernise l'enseignement public et lance la construction de 3 000 nouvelles écoles. Sur le plan institutionnel, Venizélos met en place sur le modèle français le Conseil d'État. Mais le succès électoral de 1928 finit par se briser sur deux écueils majeurs : les investissements publics font augmenter la dette alors qu'éclate une bulle spéculative en 1929 (la Grande Dépression) tandis que l'autoritarisme politique de Venizélos provoque la rupture avec l'aile gauche de la coalition (la gauche agrarienne de Papanastasiou et Mylonas) et radicalise la droite conservatrice nostalgique de la monarchie[5],[6].
Références
- ↑ Constantin Tsoucalas (trad. Jean-Pierre Rospars), La Grèce, de l'indépendance aux colonels, Paris, Maspero, , 192 p.
- ↑ (en) Adamantios Polyzoides, « Greece Abandons Proportional Representation », The American Political Science Review, Cambridge, Cambridge University Press, vol. 23, no 2, , p. 459-461
- ↑ (el) Grigorios Dafnis, La Grèce entre les deux guerres 1923-1940 [« Η Ελλάς μεταξύ των δύο πολέμων 1923-1940 »], Athènes, Kaktos, , 896 p. (ISBN 978-9-6038-2882-2), p. 414
- ↑ (el) Nikos Economou (trad. du grec moderne), « Εκλογές-Δημοψηφίσματα Α.Πολιτικές συμπεριφορές στην περίοδο 1923-1936 », dans Nikos Economou, Histoire de l’hellénisme moderne 1770-2000 [« Ιστορία του Νέου Ελληνισμού 1770-2000 »], vol. 7 : De la République au régime de la Dictature du 4-Août, Athènes, Lettres Grecques, , p. 33-40
- ↑ (en) Paschalis Kitromilides, « Reconstructing Greece as a European State: Venizelos' Last Premiership, 1928–32 », dans Eleftherios Venizelos: the Trials of Statesmanship, Édimbourg, Edinburgh University Press, , p. 193 - 233
- ↑ (el) Maria Gouti, Le gouvernement d'Elefthérios Venizélos 1928-1932. Consensus et réactions. Le renversement et la presse [« Η κυβέρνηση Ελευθερίου Βενιζέλου 1928-1932. Συναίνεση και αντιδράσεις. Η ανατροπή και ο τύπος »], Athènes, Université nationale et capodistrienne d'Athènes,
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