Émile Masson (1922-1940)

Émile Masson
Description de cette image, également commentée ci-après
Exécution d'Emile Masson à Amiens
Naissance
Décès (à 21 ans)
Amiens
Nationalité France Français
Profession
marin-pêcheur
Autres activités
Premier fusillé par les Allemands pour actes de sabotage

Émile Masson, né le à Boulogne-sur-Mer, mort le à Amiens[1], est un résistant français pendant la Seconde Guerre mondiale, fusillé par les Allemands.

Biographie

Émile Masson, marin-pêcheur[Note 1] à Saint-Valery-sur-Somme, était le fils de Joseph, Louis Masson, marin, et de Madeleine Louise Siabas, ménagère. En août 1940, avec son ami Lucien Brusque, ils vinrent en aide à Serge de Moussac (créateur du réseau Narvik) après son évasion du Crotoy en se réfugiant dans la chapelle de Pinchefalise, avec la complicité de l’abbé Leroux[2].

Le 22 octobre 1940, Émile Masson, Lucien Brusque et son jeune frère, Marcel coupèrent des lignes téléphoniques qui servaient à l'armée allemande, au lieu-dit : le Bois Cavin. Cela constituait pour la Allemands, un crime de guerre passible de la peine de mort. Arrêtés par la gendarmerie française, écroués à la prison d'Abbeville puis transférés à celle d'Amiens, les trois jeunes hommes furent déférés devant le tribunal militaire allemand, le 12 novembre 1940. Émile Masson et Lucien Brusque furent condamnés à mort « pour avoir agi comme franc-tireur et pour avoir commis des actes de violence et de sabotage de câbles téléphoniques au préjudice de l’armée Allemande » et fusillés dans les fossés de la citadelle d'Amiens, aussitôt après l'énoncé du verdict[3] à 10h[4],[5],[6]. Marcel Brusque, âgé de 15 ans et demi, eut la vie sauve en raison de son jeune âge. Il fut condamné à quatre ans d'emprisonnement[7]. Aucun d'entre eux ne faisaient partie d'un réseau de résistance. Ce furent les deux premiers fusillés de Picardie[8].

Pour que leur exécution servit d'exemple à la population, elle fut annoncée par voie d’affiches[9] où les condamnés étaient qualifiés de « francs-tireurs »[10].

Un soldat allemand, sur place prit une photo des exécutés et la fit développer chez un photographe amiénois, Pierre Caron, qui parvint à en transmettre un tirage à la Résistance. Cette photo est parvenue en Angleterre, elle fut publiée dans la presse britannique, américaine et suédoise[7].

Hommage posthume

Pour approfondir

Bibliographie

  • (en) François G. Dreyfus, Unrecognized Resistance: The Franco-American Experience in World War Two, 2004, p. 34
  • Jean Anglade, Un cœur étranger, Presses de la Cité, 2010
  • Gérald Maisse, Occupation et résistance dans la Somme, 1940-1944, F. Paillart, 2005, p. 110

Filmographie

Liens internes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. ↑ Ou batelier, selon les sources.

Références

  1. ↑ Albert Oriol-Maloire, Ces jeunes dans la guerre, 1939-1945 : ils ont résisté et lutté pour la liberté, p. 58, éd. Martelle, 1997, (ISBN 2878900634)
  2. ↑ https://fusilles-40-44.maitron.fr/masson-emile-valentin-joseph/
  3. ↑ Jean Bezaut, Les exécutions capitales durant le IIIe Reich, p. 46, éd.Nuit et Brouillard, 2000
  4. ↑ Archives départementales de la Somme
  5. ↑ Hoover Institution on War, Revolution, and Peace, Colloque sur la "nébuleuse du dévouement, p.77, éd. Editions de Paris, 2002, (ISBN 2851620436)
  6. ↑ Alain Vincenot, La France résistante : histoires des héros ordinaires, p.276, éd. Syrtes, 2004, (ISBN 2845450893)
  7. Gérald Maisse, Occupation et résistance dans la Somme, 1940-1944, F. Paillart, 2005, p. 110
  8. ↑ Nadine-Josette Chaline, Amiens, 1900-2000 : un siècle de vie, éd. des Falaises, 2003, (ISBN 2848110104)
  9. ↑ Charles-Louis Foulon, Victoire à l’Ouest, 1944-1945 : la fin de l’Europe nazie, la libération de la France, éd. Ouest-France, 1993, (ISBN 2737311063)
  10. ↑ Rémy, Une Épopée de la Résistance : En France, en Belgique et au Grand-duché de Luxembourg, vol. 1, p. 140, éd. Grange Batelière, 1976
  11. ↑ « Hommage aux Fusillés d'Amiens et natifs de la ville (4) », sur Centerblog, (consulté le ).
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