Étienne Marcel (opéra)

Étienne Marcel est un opéra en 4 actes et 6 tableaux de Camille Saint-Saëns sur un livret de Louis Gallet, créé à Lyon le au Grand-Théâtre de Lyon.
Rôles
- Étienne Marcel, prévôt des marchands (baryton)
- Robert de Loris, écuyer du Dauphin (ténor)
- Eustache (baryton)
- Robert de Clermont, maréchal de Normandie (basse)
- Jehan Maillard (basse)
- Pierre, jeune seigneur, ami de Robert (ténor)
- L'Hôtelier (ténor)
- Béatrix, fille d'Étienne Marcel (soprano) : Reine Mézeray
- Le Dauphin Charles (contralto)
- Marguerite, mère de Béatrix
- Un héraut (ténor)
- Un artisan (baryton)
- Denis, serviteur d'Étienne Marcel (ténor)
- Un soldat (ténor)
Synopsis
L'action se passe à Paris en 1358.
Acte I
Dans une taverne près des Halles, Eustache chante de malicieux couplets sur un page amoureux de la femme du sénéchal qu'il sert. À part, Robert de Loris avoue à son confident qu'il aime Béatrix, fille du prévôt des marchands Étienne Marcel, considéré comme un « ennemi ». Une querelle éclate : l'hôtelier accuse les gentilshommes de le payer avec de la fausse monnaie ; la foule prend parti pour l'hôtelier et clame « Sus aux gens du Dauphin ! » Arrive Béatrix, courtisée par des soldats, qui demande de l'aide à Robert pour se débarrasser de ces prétendants ; Robert est reconnu pour écuyer du Dauphin, et congédie les soldats. Arrive Étienne Marcel, qui remercie Robert d'avoir aidé sa fille, mais a le pressentiment de l'amour entre les deux jeunes gens. Béatrix se retire, puis Robert.
Marcel, Eustache, des bourgeois et des artisans semblent liés par une conjuration. Mais leurs conciliabules sont interrompus par la foule : on annonce qu'un homme va être mené en place de Grève. Colère des bourgeois et artisans. Les échevins et les clercs demandent à Étienne Marcel de retirer le pouvoir des mains de l'entourage du Dauphin. Étienne Marcel prend la tête d'une sédition, mais est averti par Jehan Maillard : « Sers notre liberté mais sans trahir le roi ! » La foule se dirige vers le palais.
Acte II
Premier tableau
Au palais. De loin les bruits de la foule parviennent aux oreilles du Dauphin Charles qui s'en inquiète. Alors que ce dernier chante le malheur qui l'accable d'être confiné à la cour, surgissent des gens armés. Des archers annoncent qu'une foule, avec à sa tête Étienne Marcel, est aux portes du palais. Robert de Clermont ordonne qu'on arrête les séditieux, mais le Dauphin ordonne qu'on ouvre les portes – trop tard : la foule les brise. Étienne Marcel s'adresse au Dauphin : « Ceux qui sont avec moi ne sont point contre vous / Mais contre ceux-là seuls qui perdent la patrie. » Il considère Robert de Clermont, maréchal de Normandie, comme un traître, et la foule réclame sa mise à mort. Étienne Marcel demande au Dauphin de chasser ses conseillers et de se laisser guider par le peuple de Paris. Le Dauphin refuse. La foule saisit Robert de Clermont et le tue. Robert de Loris s'apprête à frapper Étienne Marcel de son épée, mais Eustache l'arrête ; Robert est menacé par la foule, c'est cette fois Étienne Marcel qui s'interpose pour lui sauver la vie. Le Dauphin, mortifié, accepter de porter les couleurs de Paris.
Deuxième tableau
Chez Étienne Marcel. Marguerite et Béatrix attendent le maître de maison. Quand Étienne Marcel arrive, sa femme prophétise : « la justice divine / Maudit celui par qui le sang fut répandu ! » Au nom de Robert de Loris prononcé par Étienne Marcel, Béatrix frémit. Il fait croire à sa fille que Robert est mort afin de sonder sa réaction, confirmant ainsi ce qu'il soupçonnait : Béatrix aime Robert. Étienne Marcel promet de tuer Robert, malgré les prières de Béatrix et Marguerite.
Restée seule, Béatrix chante un air regrettant son amour impossible (« Ô beaux rêves évanouis »). Arrive Robert, à qui Béatrix fait comprendre la situation. Il l'enjoint à fuir avec lui, annonce que le Dauphin va fuir. Alors qu'après avoir refusé de le suivre, Béatrix s'apprête à partir avec Robert, une rumeur de la foule annonce l'arrivée imminente d'Étienne Marcel. Ce dernier arrive avec plusieurs bourgeois armés, se bat à l'épée avec Robert qui toutefois parvient in extremis à fuir par la fenêtre.
Acte III
Devant Notre-Dame, la foule se réjouit : c'est le jour de la Saint-Jean. Jehan Maillard se désole d'une telle liesse alors que les Anglais risquent de marcher sur Paris, de conserve avec le roi de Navarre, pour « voler le trône de France ». Maillard se dispute verbalement avec Eustache, qu'il accuse de trahison : il dit l'avoir vu se diriger cette nuit vers Saint-Denis, aux mains du roi de Navarre. De fait, Eustache, seul, affirme dans un monologue que « Charle est fort… mais le roi de Navarre est habile : / C'est pour lui que bientôt [les] portes s'ouvriront. » Passent Étienne Marcel et les échevins qui vont prier à Notre-Dame.
Béatrix a reçu une lettre lui donnant rendez-vous sur le parvis. Elle y croise un mendiant, qui n'est autre que Robert déguisé. Ce dernier affirme qu'il peut « épargner le supplice » à Étienne Marcel, considéré désormais comme un rebelle. Elle ne répond rien et quitte la scène. Robert s'apprête à faire de même, mais est arrêté par Eustache qui le reconnaît : la foule est d'abord persuadée d'avoir affaire à un espion. Sortant de la cathédrale, Étienne Marcel se réjouit de pouvoir se venger de Robert : le Dauphin, clame-t-il, « a trahi ses serments » et « menace Paris » ; il ordonne que Robert soit mené au palais. Maillard l'interrompt, qui interroge la foule : a-t-on des preuves que Robert est un traître, un espion ? Aux questions qu'il pose, la foule répond par la négative. Maillard ordonne de laisser partir Robert ; Étienne Marcel s'y oppose, prétend être le seul à commander, mais la foule s'oppose à lui et fait libérer Robert.
Étienne Marcel se désole d'avoir perdu son pouvoir. Eustache tente de le convaincre de se rallier au roi de Navarre et de livrer Paris à ce dernier en laissant ouverte, la nuit venue, la porte de la bastille Saint-Denis. Refus catégorique d'Étienne Marcel.
Acte IV
Premier tableau.
Nuit, à la bastille Saint-Denis. Maillard donne ordre aux soldats de veiller avec soin. Eustache survient, conduisant « un homme en cape sombre, le chaperon rabattu sur le visage » : il a promis que l'homme parlerait ce soir même au prévôt, dans l'espoir que malgré ses refus Étienne Marcel viendrait. Le voici justement, qui entre dans la maison où est entré auparavant « l'envoyé du Navarrais ». Robert a suivi Étienne Marcel et espère le fléchir. Il l'aperçoit sortant de la maison avec l'homme et suppose un « complot ».
Se parlant à lui-même, Étienne Marcel l'annonce : il va livrer Paris, ne fût-ce que par vengeance contre le peuple qui s'est détourné de lui. Arrive une sentinelle, qui appelle d'autres soldats. Ils reconnaissent Étienne Marcel, lequel exige les clefs. Ils refusent et annoncent obéir désormais à Jehan Maillard. Le prévôt quitte la scène. Quand il revient, Robert le suit et l'interpelle, l'exhortant, au nom de Béatrix, à ne pas devenir « traître à la patrie » et à demander la clémence du Dauphin. Il appelle Béatrix et Marguerite qui toutes deux entrent en scène et tentent de fléchir Étienne Marcel. Robert offre à Étienne Marcel un sauf-conduit pour fuir, il refuse : « En pareille entreprise / Quand on a fait le premier pas, / On triomphe ou l'on meurt… on ne recule pas ! » Sachant qu'il va au devant de la mort, il confie sa femme et sa fille à Robert, et sort de scène.
Béatrix, Marguerite et Robert observent et commentent ce qui se passe hors scène : le peuple a poursuivi Étienne Marcel, « Maillard l'a frappé… » Les confrères de Notre-Dame entrent, portant le corps sans vie d'Étienne Marcel. Jehan Maillard annonce le triomphe du Dauphin. La scène finale voit ce dernier entrer à cheval dans Paris, sous les acclamations.
Autres premières
- Paris : au théâtre du Château-d'Eau
- Rouen : au Théâtre des Arts de Rouen
- Monaco : au théâtre de Monte-Carlo
Liens externes
- Livret d'Etienne Marcel
- Première représentation à Lyon (dossier de création par Jean-Christophe Branger) : [1]
- Première représentation à Rouen : [2]
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