Évremond de Bérard

Évremond de Bérard
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Évremond de Bérard est un peintre de l'école française, d'origine varoise, né à Sainte-Anne (Guadeloupe) le et mort à Paris 7e le [1].

Il fut un élève de François-Édouard Picot (1843-1847) et fut attaché à la Station navale de l'Océan Indien. Voyageur infatigable, il était un illustrateur du Tour du monde, de L'Illustration, du Magasin pittoresque...

Membre de la Société impériale de zoologie et de la Société de géographie, il assiste à l'inauguration du canal de Suez. Il laisse une œuvre très importante de dessins et peintures sur l'Inde, l'Égypte, Madagascar, Zanzibar, les Antilles, le Brésil, le Sénégal, etc. et également de très nombreux ouvrages de bateaux et des îles.

Famille

La famille de Bérard[Note 1], anciennement Bérard[10], est une famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Provence[8],[9] où le nom est représenté à Draguignan dès le XVe siècle. Sa filiation est suivie jusqu'à Jehan Bérard, dit « le Jeune », né vers 1500, cité dans l'acte de baptême de son fils Anthoine le 15 janvier 1540 à Draguignan[11]. Elle a pour tradition[11] et prétend[5] venir de la famille de Bérard de Montalet-Alais en Languedoc. Une branche fixée à Flayosc a donné Jean-François Bérard (1750-1807), avocat en parlement, notaire et maire de Flayosc (1792-1805). Elle se fixe à la Guadeloupe en 1816 avec Jean-Joseph-Vespasien de Bérard, père d'Evremond de Bérard, qui demanda vainement à joindre à son nom celui de : de Montalet-Saint-Pierre[4]. Elle possédait à Sainte-Anne (Guadeloupe) les domaine et habitation sucrière Bérard-Belcourt. Une autre branche établie à Saint-Domingue où elle possédait des plantations a fourni au XIXe siècle une série de magistrats de haut mérite[12] et a donné Jean-François Bérard (1730-1795), capitaine des milices, Hippolyte Bérard des Glajeux, avocat général, et Anatole Bérard des Glajeux (1833-1912), conseiller à la Cour de cassation[13].

Biographie

Évremond Auguste Léopold de Bérard, né le à Sainte-Anne en Guadeloupe, est le fils de Jean-Joseph-Vespasien de Bérard, aide de camp colonial du gouverneur de la Guadeloupe et vice-président du conseil colonial, et de Laure Gabrielle Lemercier de Maisoncelle de Richemont[14].

Dès 1843, il est admis à suivre les cours d’Édouard Picot avec lequel il se perfectionne pendant quatre ans.

En 1848, il est nommé dessinateur attaché à la station navale de l’Océan Indien. La même année, il entreprend un voyage de trois ans qui l'amène à séjourner à La Réunion, l’Île Maurice, l'Inde, les Comores, Madagascar, le Sénégal et le Brésil notamment.

En 1850, il épouse à l’île de La Réunion Celeste-Caroline Selhausen, fille de Pierre-Adolphe Selhausen, lieutenant d’infanterie et économe du Lycée de Saint-Denis. L'année suivant naît à Paris son fils Adolphe, Joseph, Anne, Gabriel. En 1852, à l’occasion de la soixante-quinzième exposition du Salon des artistes, il présente deux tableaux à Paris. Il retourne ensuite à Sainte-Anne dans la propriété de la famille à Belcourt.

Une habitation sucrière en Guadeloupe, dessinée par Bérard vers 1852.

De 1852 jusqu'en 1857, il exécute une trentaine de toiles, de nombreuses aquarelles et dessins sur la Guadeloupe et la Martinique, en particulier des tableaux destinés à la nouvelle église paroissiale de Pointe-à-Pitre. Il séjourne à Marie-Galante, Saint-Thomas, Trinité, Guyenne, Panama, La Jamaïque, Cuba, et Les Bermudes. À cette même époque, il réalise deux tableaux en pied des Maréchaux Jourdan et Bugeaud, duc d’Isly destinés à l’Hôtel de la Préfecture de la Haute-Vienne, à Limoges. En 1858, deux lithographies d'Évremond de Bérard et Jules Worms, d'après des croquis de Mlle Nélie Jacquemart, paraissent dans le journal L'Illustration[15] dans la double page centrale, pour illustrer l'article sur « Les funérailles de la reine d'Oule »[16].

En 1859, il est admis comme membre à la Société Impériale Zoologique d’Acclimatation. Par la suite, en 1861, il expose à nouveau deux toiles sur le Gange et l’Hooghly au salon des artistes au Palais des Champs-Élysées. L'année suivante, il réalise une copie d’un tableau du Titien se trouvant au Louvre, Le Couronnement d’épines, pour l’église de Pithiviers. En 1865 et 1866, le Ministère de l’Empereur Napoléon III lui commande deux tableaux exposés au salon et destinés aux musées de Bergues et Carpentras. Il présente au salon de 1866 un tableau intitulé Halte au milieu du jour à Coromandel (Inde).

En 1869, il est invité à l’inauguration du canal de Suez par l'Impératrice Eugénie de Montijo et, il profite de ce voyage pour réaliser de nombreux tableaux, aquarelles et dessins. En 1870, il est élu à la Société de Géographie. Dans les trois années qui suivent, il peint les quatre panneaux muraux de la galerie de Minéralogie du Muséum national d'histoire naturelle à Paris, voyage en Auvergne et présente un tableau au salon de 1872, Digue et Pyramide de Sakkarah (Égypte).

Connaissant des difficultés financières, Évremond de Bérard est contraint en 1865 de remettre, à titre de gage, six de ses tableaux sur toile à négociant. Par la suite, en 1877, il est chargé d’une mission en Inde pour faire des recherches d’histoire naturelle, particulièrement sur la botanique, l'anthropologie et à la reproduction des végétaux. Entre 1878 et 1879, il séjourne dans les régions du Nord de l’Inde (actuel Pakistan et Cachemire) dont il ramène de nombreuses aquarelles et dessins, bien qu'il ait été malade.

En 1880, il présente deux derniers dessins sur l’Inde au salon des artistes de Paris. Finalement, le , il décède, victime du paludisme, et est enterré dans le caveau de famille au cimetière du Père-Lachaise (44e division)[17],[18].

Le une exposition est consacrée à Évremond de Bérard à Paris (Galerie 54) à l'occasion de la publication d'une bibliographie iconographique sur la vie et l'œuvre d'Évremond de Bérard[19]. L'ouvrage reçoit un accueil favorable de la critique[20].

Œuvres principales

  • La marche d’un Rajah dans l’Inde, 1852
  • Chasse au Tigre dans les plaines du Bengale, 1852[21].
  • La rade de Pointe-à-Pitre et le Petit Cul-de-Sac marin, entre 1852-1856, Musée Schœlcher, Pointe-à-Pitre.
  • La Place de la Victoire à Pointe-à-Pitre, entre 1852-1856, Musée Schœlcher, Pointe-à-Pitre.
  • Forêts de l’embouchure du Gange, le soir, 1861
  • Bords de l’Hoogly le matin (Bengale), 1861
  • Halte au milieu du jour près d’une pagode à Coromandel, 1866
  • Digue et pyramide de Sakarah (Égypte), 1872
  • Le matin (Indes orientales), aquarelle, 1880
  • Le soir (Indes orientales), aquarelle, 1880

Galerie

Notes et références

Notes

  1. ↑ Gustave Chaix d'Est-Ange écrit que d'après André Borel d'Hauterive[2] et d'autres historiens du XIXe siècle (Claude Drigon, marquis de Magny)[3], cette famille provençale de Bérard serait une branche cadette de la famille de Bérard de Montalet en Cévennes issue de Jean, fils de Louis de Bérard, seigneur de Montalet, qui « serait venu plus tard se fixer en Provence, aurait épousé Étiennette de Beauregard, en aurait eu trois fils, Guillaume, Jean et Philippe Bérard, et aurait été l'auteur d'une famille de Bérard qui s'est perpétuée en Provence »[4]. Il indique que d'après les auteurs anciens dont La Chesnaye des Bois, la descendance de Jean, fixée dans les Cévennes, n'aurait pas tardé à s'éteindre[4] et ajoute que cette famille n'est pas mentionnée dans les anciens nobiliaires de Provence et ne figure ni au nombre de celles qui furent maintenues nobles lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV, ni au nombre de celles qui firent enregistrer leur blason à l'Armorial général de 1696, ni au nombre de celles qui prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse[4]. Selon Philippe du Puy de Clinchamps (Charondas) cette famille est une famille de fausse noblesse[5]. Selon René Borricand[6] et Dominique de La Barre de Raillicourt[7], elle est une branche cadette de la famille de Bérard de Montalet établie en Provence au XVe siècle avec Jean, fils de Louis de Bérard, et ses trois fils. Pierre-Marie Dioudonnat écrit que cette famille connue sous le nom Bérard de Montalet Saint-Pierre, « serait peut-être un lointain rameau cadet de la famille de Bérard de Montalet-Alais » éteinte en 1901[8],[9].

Références

  1. ↑ Archives de Paris, acte de décès n°210 dressé le 26/01/1881, vue 28 / 33
  2. ↑ André Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1847, page 332 et 1848 page 180.
  3. ↑ Claude Drigon, marquis de Magny, Livre d'or de la noblesse de France, volume 4, secrétariat du Collège héraldique, 1847, page 32.
  4. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle., tome III, 1904, page 365.
  5. Charondas, À quel titre?, les Cahiers nobles, 1970.
  6. ↑ René Borricand, Nobiliaire de Provence, Ed. René Borricand, 1974, tome 1.
  7. ↑ Dominique de La Barre de Raillicourt, La Noblesse française titrée par l'usage, t. II (1974) et À ce titre (réponse au libelle de Charondas (1974)
  8. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Sedopols, 1994, page 90.
  9. Pierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire français, Sedopols, 2002, p. 72-73.
  10. ↑ Certains membres de cette famille portent la particule à partir du XVIIe siècle (Puymège).
  11. L. Delcer de Puymège, Les Vieux noms de France, Les Vieux noms de la France méridionale et centrale, p. 117-118, Paris, La Vieille France, 1939.
  12. ↑ Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle., tome III, 1904, page 365.
  13. ↑ Georges Ladevie, Bérard Magnan Thenet, , p. 2-63
  14. ↑ Archives nationales d’Outre-mer, registre d’état-civil de Saint-Anne, Guadeloupe le 30 juin 1824 : Acte de naissance de Évremond Auguste Léopold de Bérard, fils de Jean Joseph Vespasien de Bérard, aide de camp colonial du gouverneur de la Guadeloupe et de Laure Gabrielle Lemercier de Maisoncelle de Richemont.
  15. ↑ Jean-Pierre Babelon, « Nélie Jacquemart-André, une grande collectionneuse et un grand mécène (conférence, cycle les grandes voix) », sur École nationale des chartes, (consulté le ).
  16. ↑ « L'illustration 1858 no 780 du 6 février 1858 : Les funérailles de la reine d'oule : 10 beaux dessins sur double page centrale, belle composition de MM. Evremont de Bérard et J. Worms, d'après les croquis de Mlle Nélie Jacquemart », sur labibliothequedusouvenir.com (consulté le ).
  17. ↑ Registre journalier d'inhumation, 28 janvier 1881, n°518, page 23
  18. ↑ Registre journalier d'inhumation, 1er avril 1893, n°2763, page 19
  19. ↑ Gabriel de Bérard, Evremond de Bérard - Peintre voyageur, Chopin, (ISBN 2357203544)
  20. ↑ François Sureau, « L'ancien Orient de notre âme », La Croix,‎ (lire en ligne)
  21. ↑ Commande du ministère de l'Intérieur.

Articles connexes

Liens externes

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