Œuf de Colomb

Représentation de l'anecdote d'après William Hogarth.

L'expression « C'est l'œuf de Colomb » est utilisée pour qualifier une chose qu’on n’a pu faire et qu’on trouve facile après coup[1].

Elle provient d'une anecdote. Lors d'un repas en présence du navigateur Christophe Colomb, un invité aurait voulu minimiser l'importance de la découverte de la nouvelle route supposée vers les Indes en disant : « Il suffisait d'y penser ». Pour répondre à cette provocation, l'explorateur aurait proposé un défi à ses convives. Il leur aurait demandé de faire tenir debout un œuf dur dans sa coquille. Personne n'y aurait réussi, sauf Christophe Colomb, qui aurait écrasé simplement l'extrémité de l'œuf et se serait écrié : « Il suffisait d'y penser ! »

Dès le XVIe siècle, Piero da Filicaia fait référence à cette anecdote dans son ouvrage I giuochi mathematici (les jeux mathématiques)[2].

Alphonse de Lamartine situe l'anecdote après le premier voyage de Colomb[3] ; Jules Verne, après le second[4].

Selon Voltaire, « ce conte est rapporté du Brunelleschi [...] longtemps avant que Colombo existât »[5] ; c'est aussi l'avis de Roselly de Lorgues[6] qui qualifie l'anecdote de « conte stupide » d'une « énorme invraisemblance »[7].

La philosophie de Emmanuel Kant fait référence à cette anecdote dans le paragraphe 43 de la Critique de la faculté de juger.

Références

  1. Pierre-Marie Quitard, Dictionnaire des proverbes (Quitard), (lire sur Wikisource), p. 248
  2. (it) Luca Palmarini et Roman Sosnowski, « Ma l’uovo era veramente di Colombo? », Cuadernos de Filología Italiana, vol. 26,‎ , p. 167–180 (ISSN 1988-2394, DOI 10.5209/cfit.60872, lire en ligne, consulté le )
  3. Christophe Colomb, Genève, 1942, p. 99.
  4. Christophe Colomb, Paris, Hetzel, 1886, p. 85.
  5. Essai sur les mœurs, ch. CXLV.
  6. Comte Roselly de Lorgues, Christophe Colomb: histoire de sa vie et de ses voyages, Didier et cie., (lire en ligne), p. 406-408
  7. Christophe Colomb: Histoire de sa vie et de ses voyages d'après les documents authentiques tirés d'Espagne et d'Italie, Paris, Didier, 1856, t. I, p. 14.

Articles connexes

Liens externes

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