Abbaye de Geras

Abbaye de Geras
Image illustrative de l’article Abbaye de Geras
L'abbaye de Géras vue du sud-ouest.
Présentation
Nom local Stift Geras
Culte Catholicisme
Type Abbaye
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux Remaniement au XVIIIe siècle
Architecte Josef Munggenast
Style dominant Architecture baroque
Site web www.stiftgeras.at
Géographie
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Région Basse-Autriche
Ville Geras
Coordonnées 48° 47′ 54″ nord, 15° 40′ 24″ est
Géolocalisation sur la carte : Basse-Autriche
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Abbaye de Geras
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Abbaye de Geras

L'abbaye de Geras (Stift Geras en allemand) ou abbaye de la Nativité de la Sainte-Vierge de Geras, est un monastère prémontré situé à Geras, dans le district de Horn en Basse-Autriche. Depuis 1783, elle possède également les bâtiments de l'ancienne abbaye de Pernegg, située à proximité.

Histoire

L'abbaye est fondée en 1153 comme abbaye-fille de l'abbaye de Seelau par Ekbert et Ulrich de Pernegg et peuplée par des chanoines venus de Seelau[1]. Elle forme un monastère double avec le couvent de Pernegg, situé dix kilomètres plus loin. Le monastère de Geras est en partie construit sur un ancien cimetière slave. Son nom dérive lui aussi du slave, Jerus (Jérusalem).

Après l'extinction de la lignée des comtes de Pernegg, l'abbaye devient un monastère seigneurial de Passau. Jusqu'à la création du diocèse de Saint-Pölten sous l'empereur Joseph II, elle se situait sur le territoire du diocèse de Passau. Pendant la majeure partie de son histoire, elle appartient au cercle de Bohême de l'ordre des Prémontrés.

Lors de la dernière guerre entre le roi Ottokar II Přemysl et Rodolphe Ier de Habsbourg (1278), l'abbaye est pillée et détruite, et se retrouve complètement ruinée. Entre 1419 et 1436, les Hussites traversèrent Geras à plusieurs reprises, et en , les Hongrois occupent Geras et Pernegg, ainsi que Zwettl et Allentsteig.

Le , le roi Ferdinand Ier accorde à l'abbaye de Geras des armoiries qui représentent un écu à damier sans numéro, vert et rouge.

Durant la Réforme, le monastère n'est plus que nominalement catholique et traverse une crise. Finalement, l'abbaye et la ville de Geras sont pillées à plusieurs reprises pendant la guerre de Trente Ans et incendiées par les troupes d'Ernst von Mansfeld en 1620. En 1625, quelques chanoines reviennent aux ruines depuis l'abbaye de Strahov à Prague et, sous l'abbé Benoît Lachen (également orthographié Lacken ou Laachen), venu de Westphalie, entreprènent la reconstruction.

Déjà sous l'abbé Peter II Herkart et surtout sous l'abbé Johannes Westhaus, considéré comme le second fondateur, non seulement le monastère est reconstruit, mais la zone environnante dépeuplée est également repeuplée, même pendant la guerre.

Le « nouveau bâtiment » (construit entre 1736 et 1740) du monastère, dont la façade principale donne sur la ville.

Au début du XVIIIe siècle, l'église abbatiale est ravagée par un incendie. Du mobilier d'origine, il ne subsiste qu'un confessionnal datant de l'époque de Johannes Westhaus. Sous l'abbé Nikolaus Zandt, qui fait venir dans la région du Waldviertel, entre 1730 et 1746, des artistes tels que l'architecte Josef Munggenast et le peintre de fresques Paul Troger. Ceux-ci remanient la basilique romane dans le style baroque, et donnent à l'église abbatiale son aspect actuel. Les dégâts sont réparés et des agrandissements ainsi que des réaménagements sont entrepris.

La guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) traverse également Geras en 1742.

Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, l'abbaye compte plus de cinquante chanoines. Cette période de prospérité prend fin sous l'empereur Joseph II, qui dissolut l'abbaye de Pernegg, limite le nombre de chanoines à Geras (numerus clausus), transfère les paroisses de Pernegg à l'abbaye de Geras et ordonne la création de plusieurs nouvelles paroisses. L'abbaye de Geras survit ainsi aux réformes de Joseph II et aux fermetures de monastères de 1783.

Depuis le milieu du XIXe siècle, l'abbaye de Geras devient également propriétaire des bâtiments de l'ancienne abbaye de Pernegg.

La période de domination seigneuriale de l'abbaye de Geras prend fin en 1848. La guerre austro-prussienne de 1866 affecte le monastère. La confiscation par les nationaux-socialistes, la Seconde Guerre mondiale et l'occupation russe s'ensuivent ; tous ces événements pèsent lourdement sur l'abbaye de Geras.

En 1953, l'abbaye de Geras est élevée au rang de basilique mineure. Elle est toujours en activité de nos jours et accueille fréquemment des récitals de musique classique.

De 1990 à 1994, les bâtiments et les jardins de l'abbaye fait l'objet d'importantes rénovations.

À sa fondation, le complexe était relativement vaste, mais il compte aujourd'hui parmi les plus petites abbayes d'Autriche. Depuis de nombreuses années, Geras accueille des stages artistiques de grande envergure qui ont profondément marqué les artistes contemporains. Depuis 1995, l'abbaye de Geras gère un centre de jeûne et de séminaires dans l'ancien monastère de Pernegg, dissous en 1783.

Par ailleurs, l'abbaye de Geras exploite depuis le Moyen Âge une pisciculture dans les eaux environnantes, et des étangs y ont été aménagés dès cette époque. On y trouve également l'une des plus anciennes marmites à poissons encore en usage.

En 1989, un nouveau monastère est fondé à la cathédrale de Fritzlar en Allemagne. Il est dissous par l'abbé en 2010 suite à la découverte d'abus commis par un moine, ce qui rend sa fermeture nécessaire. Une autre fondation, « São Norberto », à Itinga-Bahia au Brésil, devient indépendante en 2009.

Actuellement, les chanoines de l'abbaye de Geras desservent 23 paroisses (dont certaines depuis la fondation de l'abbaye) : Blumau/Wild, Drosendorf, Eibenstein, Geras, Göpfritz/Wild, Harth, Japons, Kirchberg/Wild, Langau, Niklasberg, Nondorf/Wild, Oberhöflein, Pernegg, Pleissing, Sallapulka, Trabenreith, Walkenstein, Weikertschlag, Weitersfeld et Zissersdorf, situées à proximité immédiate, ainsi que d'autres paroisses du diocèse de Saint-Pölten et de l'archidiocèse de Berlin.

L'abbé actuel de l'abbaye est Norbert Mario Lesovský[2]. En , l'abbaye compte dix-sept chanoines prémontrés et treize membres laïcs[3].

Bâtiment abbatial

Parmi les trésors de l'abbaye figure la salle dite de marbre, située au-dessus du portail principal. Elle a été construite sous l'abbé Nikolaus Zandt. Le plafond est orné d'une magnifique fresque signée de Paul Troger, représentant le miracle de la multiplication des pains (1738), tandis que les murs sont en stuc de marbre de grande qualité. La fresque du plafond n'a jamais été nettoyée ni restaurée, ce qui n'altère en rien l'éclat de ses couleurs. On peut également admirer des peintures à l'huile de Troger au-dessus des deux cheminées qui comportent aussi de petits reliefs de Schletterer. L'une des rares signatures de Troger se trouve au bord du plafond.

Le Compendiata Notitia super Gerusium a Praelatis relicta mentionne également l'activité possible de Johann Jakob Zeiller à l'abbaye de Geras. Cette mention peut se rapporter aux peintures architecturales de la fresque de Troger, puisque Zeiller était alors le peintre d'architecture de Troger.

Fenêtres dans la salle de marbre.

La façade extérieure de l'entrée du monastère, au-dessus de laquelle se trouve la salle de marbre, a reçu sa décoration sculpturale de Jakob Christoph Schletterer, qui a créé – entre autres – un groupe de figures représentant les vertus divines (foi, amour et espérance) qui entoure le portail, ainsi que l'escalier cérémoniel.

Cinq palettes de couleurs historiques, provenant de différentes époques, ont été découvertes dans le grand escalier. La version baroque originale, qui ornait les murs, a été restaurée. La fresque « Le Triomphe de la sagesse et de la tempérance » de Paul Troger, qui s'y trouvait, a été presque entièrement détruite lors d'un effondrement survenu vers 1870 ; il n'en subsiste aujourd'hui que quelques vestiges.

La salle, ancien réfectoire d'été, fait partie du nouvel édifice construit entre 1736 et 1740, rénové à l'occasion de son 850e anniversaire d'après des plans anciens et des comparaisons avec d'autres bâtiments de Munggenast. La façade ouest de la collégiale et l'escalier d'apparat ont également été restaurés.

Parmi les autres trésors artistiques de l'abbaye figurent la bibliothèque ornée de fresques de Josef Winterhalder datant du début du XIXe siècle, la galerie des abbés et un cycle de 35 tableaux de grand format retraçant la vie du fondateur de l'ordre, Norbert de Xanten. On y trouve également de magnifiques grilles en fer forgé et une statue de Minerve (Pallas Athéna), déesse gréco-romaine de la sagesse, plus grande que nature, dans la niche au pied de l'escalier d'apparat. Enfin, plusieurs fresques ont été mises au jour, notamment dans la « Salle des Roses », et divers vestiges gothiques sont visibles.

La galerie des abbés a été commandée en 1731 par l'abbé Nikolaus Zandt à Johann Jakob Pischl, car il n'existait jusqu'alors aucune galerie complète. Les chanoines de l'abbaye servirent de modèles, chacun étant identifiable par un détail du tableau.

Albrecht Steiner von Felsburg (de), originaire de Vienne, s'inspira du dessin de Troger pour l'escalier de l'abbaye de Geras afin de réaliser une nouvelle version de la fresque de Troger ornant le dôme de la cathédrale de Brixen. Ce dessin représente Minerve entourée des vertus.

Abbaye de Pernegg

L'abbaye de Pernegg.

À Pernegg, à une dizaine de kilomètres de Geras, Ekbert et Ulrich de Pernegg, fondateurs de l'abbaye de Geras, fondèrent également l'abbaye de Pernegg, un couvent de prémontrées dépendant de l'abbaye de Seelau.

Pernegg devient une communauté de chanoines en 1584. Érigée en abbaye en 1700, elle est dissoute en 1783 suite aux réformes de l'empereur Joseph II. Au milieu du XIXe siècle, les lieux sont acquis par l'abbaye de Geras. Depuis 1995, ils servent de centre de retraite et de séminaire pour le monastère de Geras.


Notes et références

(de)/(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu des articles intitulés en allemand « Stift Geras » (voir la liste des auteurs) et en anglais « Geras Abbey » (voir la liste des auteurs).
  1. Seelau s'appelle désormais Želiv en République Tchèque
  2. (de) « Stift Geras: Norbert Mario Lesovský zum neuen Abt gewählt », ordensgemeinschaften.at, (consulté le ).
  3. (de) « Konvent – Stift Geras », .

Liens externes

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