Abdellah Ben Kerriou

Abdallah Ben Kerriou
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
عبد الله بن كريو
Nom de naissance
Abdallah Ben Kerriou
Nationalité
Algérienne
Formation
Savant religieux / formation traditionnelle (ʿulūm)
Activités
Période d'activité
fin XIXᵉ – début XXᵉ siècle
Langue d'écriture
arabe dialectal (melhoun)
Autres informations
Domaine
Poésie populaire / melhoun / chant saharien
Mouvement
Littérature populaire saharienne
Œuvres principales
« Gamr Elleïl » et autres poèmes populaires

Abdallah Ben Kerriou (en arabe : عبد الله بن كريو), né vers 1869 à Laghouat et mort en 1921, est un poète populaire algérien du Sahara central, reconnu pour sa contribution au répertoire du « Melhoun ». Son œuvre et sa figure ont donné lieu à des études, des hommages et des commémorations en Algérie[1],[2].

Biographie

Abdellah Ben Kerriou serait né à Laghouat dans une famille de lettrés; son père aurait exercé des fonctions de bachagha[1]. Il suivit une formation traditionnelle (sciences juridiques et religieuses) et acquit une solide culture générale — astronomie, alchimie et autres domaines — attestée par des biographies et études modernes[3]. Ben Kerriou est surtout connu pour ses poèmes d'amour adressés à une femme nommée Fatna, qui, selon la tradition locale et plusieurs études, auraient provoqué des tensions familiales et conduit à son exil intérieur (ou à une relégation imposée par les autorités coloniales) vers El-Goléa en 1899. Ses vers, d'abord transmis oralement, ont rapidement circulé dans tout le Sahara central et les Hauts-Plateaux[1].

Œuvre et style

Abdallah Ben Kerriou appartient à la tradition poético-musicale du sud algérien (chant saharien ou melhoun), où la poésie est étroitement liée au chant et à la musique populaire. Ses thèmes récurrents sont l'amour courtois / platonique, la nostalgie, l'exil et la description des paysages sahariens. Le poème «Gamr Elleïl» (La Pleine lune) est l'un des textes les plus célèbres attribués à Ben Kerriou et fut popularisé ensuite par des chanteurs tels que Khelifi Ahmed et d'autres interprètes du répertoire saharien[1],[4]. Plusieurs recueils et anthologies modernes ont édité et traduit ses poèmes, notamment des éditions bilingues et des études critiques qui replacent Ben Kerriou dans l'histoire de la poésie populaire algérienne[5],[6].

Transmission et adaptations

Les poèmes de Ben Kerriou ont traversé le XXᵉ siècle par la tradition orale puis par l'enregistrement : des chanteurs et troupes de Laghouat et du Sahara (Bachir Sarout, Hmida Belhadef, Youcef Bourezgue, Khelifi Ahmed, etc.) ont mis en musique ses vers, contribuant à leur diffusion au Maghreb et dans le monde arabe. Des enregistrements anciens (début XXᵉ siècle) et des interprétations contemporaines attestent de la vitalité du répertoire[1],[4].

Hommages et commémorations

Des commémorations nationales et locales ont été organisées pour honorer Abdallah Ben Kerriou, particulièrement lors du centenaire de sa mort : la Bibliothèque nationale d'Algérie a consacré une journée en hommage au poète et des manifestations culturelles ont eu lieu à Laghouat (maison de la culture, association «Al-Takhi Abdallah Ben Kerriou», expositions, spectacles)[7],[8].

Études et bibliographie

  • Boualem Bessaih (dir.), Abdallah Ben Kerriou : poète de Laghouat et du Sahara, édition bilingue, Publisud / Casbah etc. (édition moderne, 2003)[5],[2].
  • Articles et analyses dans des revues et numéros thématiques sur les musiques d'Algérie et le chant saharien[4],[6].

Héritage

Abdallah Ben Kerriou est considéré comme une figure majeure du melhoun saharien et de la poésie populaire algérienne. Sa production poétique, souvent centrée sur l'amour et la passion, a contribué à enrichir le répertoire chanté du Sahara central et des Hauts-Plateaux. Le renouveau des études et des éditions critiques au XXIᵉ siècle (rééditions, anthologies, colloques) a renforcé son statut comme poète patrimonial[1],[5].

Notes et références

  1. « Abdallah Ben Kerriou, l'amour, la poésie et l'exil », Liberté Algérie (consulté le )
  2. « Abdellah Ben Kerriou (1869-1921) — Poète de Laghouat et du Sahara (fiche éditeur) », Casbah Éditions (consulté le )
  3. « Abdallah Ben Kerriou, le poète alchimiste », LNR-DZ (La Nouvelle République ?) (consulté le )
  4. « Le « aiyai » : un chant de l'ouvert — Plaidoyer pour le bédouin (Abdelhafid Hamdi-Chérif) », Persée / Horizons Maghrébins (consulté le )
  5. « Abdallah Ben Kerriou : poète de Laghouat et du Sahara — Publisud (fiche) », Google Books / Publisud (consulté le )
  6. « Introduction aux littératures francophones — Le Maghreb (référence à Ben Kerriou) », OpenEdition / Presses de l'Université de Montréal (PUM) (consulté le )
  7. « La bibliothèque nationale célèbre le centenaire du décès du poète Abdallah Ben Kerriou », lexpression (consulté le )
  8. « Les hommes de Lettres lui ont rendu un vibrant hommage », Maghreb INFO (consulté le )
  • icône décorative Portail de l’Algérie
  • icône décorative Portail de la poésie