Abdellah Guennoun
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 80 ans) Tanger |
| Nom dans la langue maternelle |
عَبْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ الصَّمَدِ بْنِ التِّهَامِيِّ كَنُّون |
| Nom court |
عبد الله كنون |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
عبد الصمد كنون (d) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Membre de |
Al-Nubūgh al-Maghribī fī al-ʾAdab al-ʿArabī (d) |
Abdellah Guennoun (en arabe : عبد الله ڭنون), né le à Fès et mort le à Tanger, est un des plus grands érudits du XXe siècle au Maroc.
Biographie
Engagement politique et intellectuel
Abdellah Guennoun est théologien, responsable politique, historien, écrivain, poète, militant nationaliste et associatif, fondateur d'écoles, d'instituts d'études et de bibliothèques, membre des plus hautes instances marocaines et toujours distant du pouvoir. Il apprend à lire et à écrire à l'âge de 6 ans. Il reçoit les principes de base des sciences (théologique, sociales et humaines) auprès des érudits de Tanger.
Durant la période du protectorat et après l'indépendance, il voyage à travers le pays et fréquente assidûment les grandes figures intellectuelles et politiques marocaines, telles que le ministre et juriste Mohammed bin Al-Arabi Al-Alawi, le ministre intellectuel Al-Mukhtar Al-Susi et le Dr Taqi al-Din al-Hilali[1]. Son rayonnement intellectuel dépasse les frontières du Maroc : en 1957, il participe au troisième Congrès des écrivains arabes au Caire, où il prononce un discours remarqué intitulé « La critique et le nationalisme arabe » s'attaquant à la théorie du régionalisme littéraire. En 1962, il présente également des recherches linguistiques lors de la 28ème session de l'Académie de la langue arabe au Caire[1].
À l'indépendance du Maroc, il devient gouverneur de la ville de Tanger.
Œuvres et Contributions littéraires
An-Nubūgh al-Maghribī
Abdellah Guennoun fait paraître en 1937 une anthologie monumentale d'environ mille pages de la littérature marocaine, An-Nubūgh al-Maghribī fī al-Adab al-'Arabī (en) (Le Génie marocain dans la littérature arabe, en arabe : النبوغ المغربي في الأدب العربي). Cet ouvrage est considéré comme le premier ouvrage sur l'histoire de la littérature marocaine. L'auteur entreprend cette rédaction après avoir constaté l'absence quasi-totale du Maroc dans les manuels d'histoire de la littérature arabe et pour répondre à certains intellectuels (notamment andalous) qui niaient l'existence d'une littérature proprement marocaine[1].
Il rattache celle-ci à la tradition littéraire arabe et à une identité islamique, ce qui coïncide avec l'idée de l'identité marocaine promue par le mouvement nationaliste. Guennoun définit la littérature marocaine comme celle sous forme écrite et commençant à l'arrivée de l'islam et des Arabes (« les premiers conquérants ») en Afrique du nord (au VIIe siècle)[2]. L'ouvrage démontre que la littérature marocaine a ses propres spécificités (profondeur et force) tout en contribuant à l'édifice global de la littérature arabe.
Publié par Mohammed Daoud, le livre est censuré par les autorités coloniales françaises en raison de son contenu promouvant une identité nationale marocaine, sur une base arabo-islamique, alors que les autorités coloniales espagnoles font traduire An Nubūgh al-Maghribī en espagnol et Guennoun reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université complutense de Madrid[2]. En 1946, Allal El Fassi, un des principaux hommes politiques nationalistes marocains, félicite Guennoun pour son ouvrage[2].
Poésie
Abdellah Guennoun est également un poète prolifique. Son œuvre poétique est rassemblée dans trois recueils (diwans) principaux qui reflètent ses engagements et ses questionnements existentiels[1] :
- Lawhat Shi'riyya (Tableaux poétiques)
- Iqa'at Al-Humum (Rythmes des tourments)
- Sinwan wa ghayr sinwan (Jumeaux et non-jumeaux)
Recherches académiques et critiques
Outre son travail d'exégète et de juriste, il a concentré ses efforts sur les études historiques, islamiques et la vérification des manuscrits arabes. Dans son ouvrage Al-Asf wal-Rayhan, il aborde de nombreuses questions linguistiques et littéraires. Guennoun est réputé pour sa rigueur historique : il a par exemple corrigé le récit du voyageur Ibn Battûta concernant sa prétendue rencontre avec Ibn Taymiyya à Damas (prouvant que ce dernier était emprisonné à cette date), défendu l'origine berbère du savant Ibn Ajurrum, et réhabilité la poésie de Al-Yusi face à la critique moderne[1].
Héritage
Pour honorer sa mémoire et poursuivre son œuvre de diffusion du savoir, la Bibliothèque Abdellah Guennoun a été créée à Tanger. Ce projet a été activement soutenu par l'agence culturelle "Shiraa", dirigée par Khalid Machbal, et la bibliothèque a été notamment gérée par l'érudit Abdessamad El Achab[1].
Distinctions
Membre de l'Académie du royaume du Maroc[3].
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages
- (ar) Abdellah Guennoun, في اللغة والأدب - مقالات, Tanger, وكالة شراع (Série Shiraa, n°6), , 151 p.

Liens externes
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Si Abdallah GUENNOUN 1910-1989
Notes et références
- (ar) Abdellah Guennoun, في اللغة والأدب - مقالات للعلامة عبد الله كنون (Dans la langue et la littérature - Articles de l'érudit Abdellah Guennoun), Série Shiraa (كتاب الشهر 6 سلسلة شراع) (lire en ligne)
- (en) Gonzalo Fernández Parrilla et Eric Calderwood, « What Is Moroccan Literature? History of an Object in Motion », Journal of Arabic Literature, Brill, vol. 52, (DOI 10.1163/1570064x-12341421).
- ↑ « Les membres de l’Académie », sur Site officiel de l'Académie du Royaume du Maroc,
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