Abderrahmane Es Saâdi
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Abderrahmane ben Abdallah ben Imrane ben Amir Es Saâdi (ou Saïdi), né le à Tombouctou[1] et mort sans doute aux environs de 1656 (dernière année référencée dans ses écrits), est un juriste, imam et historiographe ouest-africain.
Biographie
Il travaille comme notaire à Djenné tout en officiant comme suppléant de l'imam de la mosquée de Sankoré. À partir de 1627, il devient l'imam titulaire de ladite mosquée.
Vers 1637, Es Saâdi regagne Tombouctou, sa ville natale, où il est nommé imam. Plus tard il occupe la charge de kâteb, c'est-à-dire secrétaire de gouvernement. Ceci l'amène à jouer un rôle significatif dans les affaires politiques de son pays sous protectorat marocain. Il accumule des missions de médiation politique de grande importance entre les différents pouvoirs songhaïs locaux et l'administration coloniale marocaine : parcourant le vaste pays de la boucle du Djoliba, il acquiert ainsi une profonde connaissance des populations, mœurs, institutions et pratiques culturelles locales.
C'est imprégné de cette expérience du monde soudanien de l'époque, dans un contexte de domination étrangère, qu'Abderrahmane Es Saâdi entreprend vers 1655 de rédiger son Tarikh es-Soudan, une histoire du Soudan retraçant le passé de l'Empire songhaï, depuis ses origines mythiques jusqu'à l'occupation marocaine. Son analyse détaillée des circonstances de cette occupation et des conséquences qui en découlent reste un témoignage des plus précieux d'un Africain du XVIIe siècle sur l'Afrique subsaharienne de cette époque.
Abderrahmane Es Saâdi a pour maître le jurisconsulte Mohammed ben Mahmoud ben Abou Bakr, connu également sous le patronyme de Mohammed Baghayogo (ou Bakayoko). Ce savant originaire de Ouankoré serait venu s'établir à Tombouctou avec son frère, Ahmed, de retour d'un pèlerinage à La Mecque. Es Saâdi étudie une dizaine d'années auprès de Baghayogo, aussi bien en théologie islamique et en grammaire arabe qu'en tradition ou en poésie :
« Pour tout dire il fut mon professeur, mon maître, et personne ne m'a été aussi utile que lui, soit par lui-même, soit par ses livres (Dieu lui fasse miséricorde et lui accorde le paradis en récompense !). Il m'a délivré des diplômes de licence écrits de sa main sur les matières qu'il enseignait suivant sa méthode ou suivant celle d'autrui. Je lui ai communiqué un certain nombre de mes ouvrages ; il y a mis de sa main des annotations flatteuses pour moi ; il a même reproduit les résultats de certaines de mes recherches et je l'ai entendu en citer quelques-unes dans ses leçons, ce qui prouve son impartialité, sa modestie et son respect pour la vérité en toute circonstance[1]. »
Œuvre
- Abderrahmane Es Sa'di (trad. Octave Houdas), Tarikh es-Soudan, t. 2, Paris, Ernest Leroux, , 540 p. (lire en ligne)
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Manuscrits à la Bibliothèque nationale de France :
- Taʾriḫ al-Sūdān, traité d'histoire des Songhay et de Tombouctou (années 1790) (manuscrit arabe N° 6096)
- Taʾriḫ al-Sūdān, traité d'histoire des Songhay et de Tombouctou (manuscrit arabe N° 5256)
- Taʾriḫ al-Sūdān, traité d'histoire des Songhay et de Tombouctou (manuscrit arabe N° 5147)
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