Ablactation
L'ablactation désigne l’arrêt de la lactation chez la femme, soit immédiatement après l’accouchement (post-partum), soit plus tard lors du sevrage de l’enfant.
Ce terme recouvre deux situations :
- L’inhibition de la lactation dans les jours suivant l’accouchement, en l’absence de mise au sein ou en cas de contre-indication médicale à l’allaitement maternel.
- Le sevrage, qui correspond à l’arrêt progressif de l’allaitement, qu’il soit décidé par la mère ou initié par l’enfant.
Induction
L’ablactation peut être provoquée par des médicaments inhibant la prolactine, hormone impliquée dans la production de lait. Les substances les plus couramment utilisées sont la bromocriptine et la cabergoline[1].
Recommandations
Depuis 2015, en France et dans l’Union européenne, l’usage de la bromocriptine pour inhiber la lactation est limité aux situations médicalement justifiées : décès du nouveau-né, infection par le VIH chez la mère, ou contre-indication absolue à l’allaitement[2]. L’usage de la cabergoline dans ce contexte doit également rester exceptionnel[3].
Alternatives
Dans la majorité des cas, l’absence de mise au sein suffit à interrompre la lactation en une à deux semaines. Certaines méthodes peuvent accompagner ce processus :
- Port d’un soutien-gorge de contention
- Prise d’antalgiques en cas d’engorgement mammaire
Mécanismes hormonaux
La lactation est déclenchée par la chute de la progestérone après la délivrance du placenta, ce qui permet à la prolactine d’agir sur les glandes mammaires. L’ocytocine, sécrétée par la neurohypophyse, facilite l’éjection du lait en réponse à la succion. L’arrêt de l’allaitement entraîne une diminution de la prolactine et une production locale de cytokines, provoquant la régression du tissu mammaire[4].
Perspectives biomédicales
Des recherches récentes ont mis en évidence l’intérêt des organoïdes pour modéliser les tissus reproductifs humains, notamment le placenta et l’endomètre. Ces structures permettent d’étudier les interactions entre les cellules trophoblastiques et les cellules NK utérines, qui jouent un rôle dans la régulation hormonale et immunitaire de la lactation[5].
Notes et références
- ↑ Vidal - Classification ATC : Inhibiteurs de la prolactine, consulté le 30 septembre 2025
- ↑ ANSM - Réévaluation du rapport bénéfice/risque de la bromocriptine, consulté le 30 septembre 2025
- ↑ Prescrire - Inhibition de la lactation en France, consulté le 30 septembre 2025
- ↑ Nature - Hormonal regulation of mammary gland development and lactation, consulté le 30 septembre 2025
- ↑ Nature - Mini placentas and ovaries revealing the basics of women’s health, consulté le 30 septembre 2025
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