Abou Abdallah al-Qaim
| Sultan du Maroc | |
|---|---|
| jusqu'en | |
| Prince de Tagmadart |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | Afoughal, tribu des Haha |
| Nom de naissance |
Mohamed ben Mohamed ben Abderahman Al-Saadi Al-Hassani |
| Activité | |
| Père |
Mohamed ben Abderahman as-Sa'di |
| Fratrie |
Cheikh Abdel-Malek Al-Saadi |
| Enfants |
| Religion |
Islam |
|---|
Abû `Abd Allah Muhammad al-Mahdî al-Qâ'im bi-'Amr Allah[1] surnommé al-Qâ'im bi-'Amr Allah (celui qui applique la volonté de Dieu) et al-Mahdî (le Mahdi) est à l'origine de la dynastie saadienne du Maroc. Il est né vers 1460 et décédé en 1517.
Biographie
Origine
Il serait d'origine arabe et prétend au titre de Chérif en tant que descendant du prophète Mahomet et de son petit-fils Hassan ben `Alî, fils aîné d'Ali et Zahra. Cette parenté prestigieuse qui était admise par tous à l'époque, a été mise en cause par les détracteurs des Saadiens au XVIIe siècle ; il se pourrait alors qu'ils descendent non pas de Mahomet mais de sa nourrice Halima de la tribu des Banî Sa`d d'où viendrait le nom Saadiens donné à la dynastie[2],[3],[4]. Les chérifs alaouites, rivaux et successeurs des Saadiens sur le trône marocain, contestent par la suite l’authenticité de cette ascendance prophétique, affirmant qu’ils descendent de la famille de la nourrice du Prophète et non de sa lignée directe[4].
Formation et légitimation familiale
Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥmān exerce d’abord comme faqīh, enseignant le Coran aux enfants en tant que muʿallim kuttāb. Il se distingue rapidement par son zèle dans l’application du principe de « commander le bien et interdire le mal ». Les sources lui attribuent également une connaissance des sciences occultes et de la divination magique. Il commence à prêcher publiquement et met en avant ses deux fils, Aḥmad al-Aʿraj et Muḥammad al-Shaykh[4].
Il accomplit ensuite le pèlerinage à La Mecque et, durant son voyage, son activisme religieux provoque des conflits avec les autorités locales. Il est expulsé de plusieurs lieux, dans des épisodes que les sources rapprochent des récits hagiographiques attribués à Ibn Tūmart. À son retour, il affirme qu’un saint homme rencontré à La Mecque lui a prédit un avenir exceptionnel pour ses deux fils. Les sources contemporaines commencent alors à employer à son sujet le terme de mahdī. Il adopte le titre explicitement messianique al-Qāʾim bi-Amr Allāh, appellation utilisée auparavant par le Mahdī des Fatimides[4].
Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥmān ne se limite pas à une prédication en faveur de ses fils, mais agit activement pour établir leur autorité religieuse. En 1506, il les envoie accomplir le pèlerinage à La Mecque. En 1508, il les envoie à Fès, où ils suivent l’enseignement d’une madrasa et reçoivent une solide formation religieuse et juridique auprès de savants réputés[4].
Affirmation politique
Vers 1509-1510, les chefs Jazoula prêtent serment et le proclament à la tête de leur confédération. Abou Abdallah endosse alors le titre d'al-qâ'im bi-amr Allâh (« Celui qui s'élève sur l'ordre de Dieu »). Avec le soutien de la population du Souss, du Drâa et du Haha, ainsi que les premiers soldats, il s'engage dans la lutte contre le Maroc portugais. Ses deux fils participent à la soumission des différents territoires du sud du pays[5]. Il parvient à reprendre Massa aux Portugais en 1516[3].
À sa mort en 1517, Ahmed al-Araj lui succède et fait de Taroudant la capitale du pouvoir émergent[5]. L'Émirat se trouve alors à cheval sur les deux versants du Haut Atlas[5].
Dans la culture
Dans son roman Léon l'Africain, Amin Maalouf fait référence à un personnage inspiré de Abou Abdallah al-Qaim nommé Hassan "le furet". Ce dernier rencontre le héros au cours de sa jeunesse à Fès et empruntera ensuite le même chemin que Abou Abdallah al-Qaim[6].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Abu Abdallah al-Qaim » (voir la liste des auteurs).
- ↑ arabe : abū ʿabd allāh muḥammad al-mahdī al-qāʾim bi-ʾamr allāh, أبو عبد الله محمد المهدي القائم بأمر الله
- ↑ Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, éd. Payot, Paris, 1994, (ISBN 978-2-228-88789-2), p. 573
- Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne), p. 184-185.
- Mercedes García-Arenal, Messianism and puritanical reform: Mahdīs of the Muslim West, Brill, coll. « The medieval and early modern Iberian world », (ISBN 978-90-04-15051-5), p. 254-256
- Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne), p. 149.
- ↑ Amin Maalouf, Léon l'africain, Editions Jean-Claude Lattès,
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- (ar) السعديون (القائمة الكاملة) Les Saadiens
Bibliographie
- Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord, des origines à 1830, éd. originale 1931, rééd. Payot, Paris, 1994, (ISBN 978-2-228-88789-2)
- Janine et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Ed. P.U.F., (ISBN 978-2-13-054536-1), p. 715, article Saadiens
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