Abou Maïssara al-Iraqi

Abou Maïssara al-Iraqi
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Fonctions
Porte-parole
Conseil consultatif des moudjahidines en Irak
-
Porte-parole
Al-Qaïda en Irak
-
Porte-parole
Jama'at al-Tawhid wal-Jihad
janvier -
Biographie
Naissance
Décès

Samarra (ou environs)
Allégeances
Activité
Autres informations
Membre de
Jama'at al-Tawhid wal-Jihad (-)
Al-Qaïda en Irak (-)
Conseil consultatif des moudjahidines en Irak ()
État islamique d'Irak (en) (-)
Conflit
Maîtres
Subhi (en), Muharib al-Juburi (d)
Lieu de détention

Abou Maïssara al-Iraqi (arabe : أَبُو مَيْسَرَةَ الْعِرَاقِيّ), né en 1984 à Bagdad et tué le au nord-est de Samarra, est un djihadiste irakien, porte-parole de la Jama'at al-Tawhid wal-Jihad, d'Al-Qaïda en Irak et du Conseil consultatif des moudjahidines en Irak.

Identité

Selon sa biographie officielle — publiée par la fondation Al Furqan (ar), l'organe médiatique de l'État islamique — et selon le chercheur irakien Hicham al-Hachemi, spécialiste internationalement reconnu des mouvements djihadistes, il voit le jour en 1984 au sein d'une famille chiite de la tribu Al-Saadi, établie à Bagdad[1],[2]. D'après sa biographie officielle, il est né dans le quartier chiite de Kadhimiya (en)[1], tandis que, d'après Hicham al-Hachemi, il est originaire du quartier sunnite de Ghazaliya (en)[2]. À noter, toutefois, que selon sa biographie officielle, sa famille s'est installée dans un quartier sunnite après sa naissance[1].

Pour la force multinationale en Irak, dirigée par les États-Unis, il est « un Syrien parlant un dialecte irakien », utilisant la nisba Al-Halabi (« d'Alep ») au moment de son arrestation[3].

Jeunesse et formation religieuse

Sa conversion au sunnisme dans son enfance est documentée par Hicham al-Hachemi et sa biographie officielle, qui l'attribue à l'installation de sa famille à proximité d'une mosquée sunnite[1].

Selon sa biographie officielle, il s'investit très tôt dans l'apprentissage des sciences religieuses, suivant des cours de mémorisation du Coran et fréquentant le cheikh salafiste Subbhi al-Badri (en), auprès duquel il apprend les 40 hadiths d'An-Nawawi, la Mandhouma al-Bayqouniya, Nouzhat Nadhar, le Sahih al-Jami' de l'imam al-Boukhari et d'autres ouvrages. Influencé par l'école de pensée d'Ibn Hazm, il poursuit ses études auprès d'autres choyoukh, dont Mouharib Abdelatif al-Joubouri (ar), futur premier porte-parole de l'État islamique d'Irak[1].

Engagement militant

Impliqué dans des projets de création de cellules djihadistes à Bagdad, il est arrêté par les services de renseignement (en) de Saddam Hussein et n'est libéré que peu de temps avant l'invasion américaine de 2003[1].

À la chute de Bagdad, il rejoint les premiers noyaux de la Jama'at al-Tawhid wal-Jihad, organisation fondée par Abou Moussab al-Zarqaoui. Il est nommé adjoint au département médiatique et devient porte-parole du groupe[1], notamment sur les forums jihadistes en ligne (dont le plus connu est Muntada al-Ansar (en), où son nom apparaît pour la première fois en ). C'est lui qui se charge d'y diffuser les vidéos de décapitation d'otages, comme Nicholas Berg et Eugene Armstrong, et les communiqués de revendication du groupe, notamment celui du annonçant l'allégeance à Oussama ben Laden et à Al-Qaïda[4],[5],[6]. Pour contrer la censure, Abou Maïssara al-Iraqi a recours au service YouSendIt permettant de créer plusieurs liens pour un même fichier volumineux et de le rendre accessible à un nombre illimité de personnes, de manière anonyme et gratuite[4]. Selon le journaliste Michel Moutot, « c'est certainement sur lui que s'appuie Zarqaoui qui, ne lisant pas l'anglais, ne peut comprendre les articles de la presse occidentale (surtout américaine), dont des extraits émaillent certains de ses discours »[7].

La force multinationale en Irak affirme l'avoir capturé le , pendant la deuxième bataille de Falloujah, en possession d'une fausse carte d'identité professionnelle du ministère de l'Intérieur (en)[3]. Malgré cela, les communiqués d'Al-Qaïda en Irak publiés après cette date continuent d'être signés en son nom, notamment ceux revendiquant les attentats du 14 septembre 2005 à Bagdad et du 9 novembre 2005 à Amman[8],[9].

Après la formation du Conseil consultatif des moudjahidine par Al-Qaïda en Irak et cinq autres groupes salafistes djihadistes, le , c'est lui qui devient le porte-parole de la nouvelle organisation[10], dont les communiqués (y compris celui annonçant sa création[11]) sont parfois signés en son nom[12].

Le , les groupes du Conseil consultatif des moudjahidine fusionnent pour former l'État islamique d'Irak (EII)[13]. Son dirigeant, Abou Omar al-Baghdadi, supervise un assaut contre la prison de Badouch, qui aboutit à la libération d'Abou Maïssara al-Iraqi et de dizaines d'autres détenus, le [14],[15].

Le , Abou Maïssara al-Iraqi est tué lors d'un raid anglo-américain contre un centre de propagande de l'EII, au nord-est de Samarra. Cinq de ses camarades d'armes sont également tués au cours de l'opération et dix autres capturés[3]. Sa biographie officielle précise qu'il est parti « après avoir été touché par des éclats d'une grenade lancée par les ennemis d'Allah »[1]. Son décès est officiellement annoncé le par la force multinationale en Irak[3], et confirmé le par Abou Omar al-Baghdadi[16].

Héritage

Le rôle d'Abou Maïssara al-Iraqi comme pionnier de la propagande djihadiste en ligne est reconnu par ses pairs[1], mais aussi par des observateurs extérieurs[4],[7]. La kounya d'Abou Maïssara al-Chami, fondateur de Dabiq, est un hommage à la sienne[17],[18],[19].

Références

  1. (en) Kyle Orton, « Profile: First Spokesman of the Islamic State Movement », sur Kyle Orton's Blog, (consulté le )
  2. « هشام الهاشمي Husham Alhashimi sur X: "@ali_albasserawi اسمه مهند ... », sur X,‎ (consulté le )
  3. (en) « Multi-National Force - Iraq - UPDATE: Coalition forces positively identify terrorist killed in recent raid » [archive du ], Multi-National Force – Iraq,
  4. (ar) « السلطات الأميركية تلاحق أبو ميسرة العراقي صاحب أشرطة ذبح الرهائن على الانترنت » [« Les autorités américaines traquent Abou Maïssara al-Iraqi, l'homme derrière les vidéos de décapitation d'otages sur Internet »], sur Donia Al-Watan (ar),‎ (consulté le )
  5. ↑ (ar) « قتل أحد الرهينتين الأمريكيين وعرض شريط فيديو لعملية الذبح » [« L'un des otages américains a été tué et une vidéo de la décapitation a été diffusée. »], Al-Arabiya,‎ (consulté le )
  6. ↑ (ar) Oumar Alansari, « الزرقاوي يعلن "بيعته" لابن لادن على السمع والطاعة » [« Al-Zarqaoui annonce son « serment d'allégeance » à Ben Laden dans l'écoute et l'obéissance »], Al-Arabiya,‎ (consulté le )
  7. « Abou Moussab al-Zarqaoui.com (ANALYSE) par Michel MOUTOT », AFP, (consulté le )
  8. ↑ (ar) « القاعدة تتبنى تفجيرات بغداد وتتوعد بتوسيعها لمدن أخرى » [« Al-Qaïda revendique les attentats de Bagdad et menace de les étendre à d'autres villes »], Al Jazeera,‎ (consulté le )
  9. ↑ « Les attentats d'Amman commis par des Irakiens », Le Nouvel Observateur, (consulté le )
  10. ↑ (ar) « قتل الزرقاوي.. “هـديـة بــثـمـن” إلى المالكي » [« Tuer Zarqaoui... un « cadeau inestimable » pour Maliki »], Swissinfo,‎ (consulté le ) : « وقد اختير “أبو ميسرة العراقي” ناطقًا باسم الهيئة الإعلامية لمجلس شورى المجاهدين »
  11. ↑ (en) Mahan Abedin, « Mujahideen Shura Council in Iraq: Fact or Fiction? », Terrorism Focus, Fondation Jamestown, vol. 3, no 12,‎ (lire en ligne)
  12. ↑ (ar) « العراق والإسلام السياسي ٢٦ الجماعات السنية المسلحة » [« L'Irak et l'islam politique 26 groupes armés sunnites »], sur video-agencyia.iq,‎ (consulté le )
  13. ↑ (ar) « شورى المجاهدين يعلن دولة إسلامية بالعراق والهيئة تستنكر » [« Le Conseil consultatif des moudjahidine déclare un État islamique en Irak et l'Association le condamne »], Al-Jazeera,‎ (consulté le )
  14. ↑ (ar) « قصة "الهروب الكبير" من سجن بادوش » [« L'histoire de « la grande évasion » de la prison de Badouch »], Buratha News Agency,‎ (consulté le )
  15. ↑ (ar) Sadiq al-Iraqi, « العراق: هروب الناطق باسم "القاعدة" من سجن بادوش مع نجلي برزان ووطبان » [« Irak : Évasion du porte-parole d'Al-Qaïda de la prison de Badouch avec les fils de Barzan et Watban »], Al Riyadh (en),‎ (consulté le )
  16. ↑ (ar) « قتلى بهجمات في العراق والبغدادي يقرّ بمقتل أبي ميسرة » [« Morts dans des attaques en Irak et al-Baghdadi reconnaît la mort d'Abou Maïssara »], Al Jazeera,‎ (consulté le )
  17. ↑ (ar) Hani Nasira (en), « مقتل «منجنيق داعش» و«أمير» الشام » [« L'assassinat de la « catapulte de Daech » et de « l'émir » du Levant »], Asharq al-Awsat,‎ (consulté le )
  18. ↑ (ar) Abdelghani Mazouz, « رحيل العدناني.. الخلافة الآفلة » [« Le départ d'Al-Adnani... le califat en déclin »], Al Jazeera,‎ (consulté le )
  19. ↑ (ar) « مقتل المسؤول الإعلامي لـ«داعش» في سوريا » [« Un responsable médiatique de « Daech » tué en Syrie »], Alghad TV (ar),‎ (consulté le )
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