Abu al-Hassan al-Kharaqani

Abu al-Hassan al-Kharaqani
Biographie
Naissance

Qaleh Now-e Kharaqan (en) ou califat abbasside
Décès

Qaleh Now-e Kharaqan (en) ou Semnan
Sépulture
Abu al-Hassan Kharaqani Mausoleum (en)
Activité
Vue de la sépulture.

Abu al-Hassan Ali ibn Ahmad ibn Ja’far ibn Salmān Kharaqāni ou Shaikh Abul-Hassan Kharaqāni [ou Kherqāni] (en persan : شیخ ابوالحسن خرقانی), en turc : Harakani), est l'un des maîtres les plus créatifs du soufisme iranien. Il est né en 352 de l'hégire (963 A.D.) à Kharaqân (Khorassan, nord-est de l'Iran actuel). Il est mort en 425 de l'hégire (1033 A.D.) dans la même localité.

Bien qu'illettré, Kharaqâni a pourtant été vénéré par les plus grands maîtres soufis de son époque, par exemple Abû Saïd ibn Abû l-Khaïr, Abū l-Qāsim al-Qushayrī, Abdallâh Ansârî... Plusieurs de ses logia (ou « dits ») ont été réunis par différents auteurs, en particulier par Farid ud-Din 'Attâr.

Biographie

Al-Kharaqāni vient du village de Kharaqān, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bâstam, dans le Khorassan[1]. Peu de choses de sa vie sont connues. Selon les sources, il était sans doute d'origine très simple : adolescent, il soignait le bétail pour ses parents, et au moment où il perçut l'appel vers la voie mystique, il aurait été conducteur d'ânes. Mais bientôt, un appel vers la voie mystique vint à lui[2]. Mais sa vie durant, il est resté proche des paysans de sa région. Il semble avoir très peu voyagé. Il n'y a pas d'élément sur un parcours d'études, et il revendiquait lui-même être un ummî (illettré), comme Mahomet. Il ne savait pas prononcer correctement les formules en arabe les plus courantes, et certains de ses dits portent des traces d'un dialecte local[2].

Pensée

Dans la mystique iranienne et musulmane, son rang est incontestablement parmi les soufis les plus inventifs, les plus créatifs. Apparemment, la confrérie qui a déclaré ses liens avec Kharaqâni en premier lieu est celle des Naqshbandi.

Farid ud-Din 'Attâr de Nishâpur lui consacre un long chapitre dans son livre Tazkirat ul-Awliyâ', « Le mémorial des Saints »[3],[4]. Kharaqâni parlait persan, et tout ce qui nous est parvenu de ses enseignements a été transmis en persan, dans le dialecte du Khorassân.

En persan, écrits concernant Kharaqâni ainsi que l'ensemble de ses sentences et aphorismes sont réunis dans un ouvrage rédigé par Mohammad Rezâ Shafi'i Kadkani, professeur à l'université de Téhéran, et intitulé Écrits sur la mer, concernant l'héritage mystique de Kharaqâni (en persan : نوشته بر دریا، از میراث عرفانی خرقانی)[5].

Un poème de Kharaqâni : (en persan : بر همه چیزی کتابت بود مگر بر آب / و اگر گذر کنی بر دریا / از خون خویش / بر آب کتابت کن / تا آن کز پی تو درآید / داند که / عاشقان و / مستان و / سوختگان رفته اند, L'on peut écrire sur toutes les surfaces, sauf sur la surface de l'eau. / Si tu passes par la mer, écris avec ton sang, sur l'eau ; / pour que celui qui vient après toi sache que / les amoureux (du Créateur), les enivrés et les consumés (par le désir vers Lui) / sont passés (par là).)

Notes et références

  1. ↑ Landolt 2018
  2. de Bruijn 1997, p. 1057
  3. ↑ Tortel 1998, p. 7. Ce chapitre n'est pas repris dans la traduction en français d'Abel Parvet de Courteille (1890), rééditée sous le titre Le mémorial des saints, Paris, Seuil, coll. « Points Sagesses », 1976 (ISBN 978-2-020-04468-4)
  4. ↑ L'authenticité de l'attribution à 'Attar a été discutée. Selon Tortel 1998, p. 251-259, cette attribution est fondée.
  5. ↑ Téhéran, Éditions Sokhan, 1384 (2005).

Voir aussi

Bibliographie

Traductions

  • Abû'l-Hasan Kharaqânî (Présentation, traduction du persan et notes par Christiane Tortel), Paroles d'un soufi, Paris, Seuil, coll. « Points Sagesses » (no Sa138), , 281 p. (ISBN 978-2-020-33028-2)

Études

  • Christiane Tortel, « Présentation, notes et annexes », dans Abû'l-Hasan Kharaqânî, Paroles d'un soufi, Seuil,

Liens externes

  • icône décorative Portail des religions et des croyances
  • icône décorative Portail de l'islam