Académie du Concert de Lyon

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L’Académie du Concert de Lyon est une société musicale fondée en 1713 dans la ville de Lyon, et active jusqu'en 1773. Elle joua un rôle important dans la vie musicale lyonnaise du XVIIIe siècle, en constituant l’une des bibliothèques musicales les plus importantes du royaume et en organisant des concerts réguliers composés d’un répertoire essentiellement français.
En 2013, un ensemble instrumental reprend le nom d’Académie du Concert de Lyon. Spécialisé dans l’interprétation historiquement informée de la musique baroque, mais sans lien institutionnel direct avec l’organisation historique, il se propose de faire revivre l’esprit du Concert lyonnais.
Organisation
L’Académie du Concert fut fondée en 1713 à Lyon, sous le nom d’Académie des Beaux-Arts[1],[2], par deux figures locales : Nicolas-Antoine Bergiron de Briou du Fort-Michon (1690-1768), musicien et compositeur âgé de vingt-deux ans, et Jean-Pierre Christin (1683-1755), scientifique, musicien (joueur de viole de gambe) et fils de négociant, âgé de trente ans à peine.
Conçue comme une société savante et artistique, l’Académie réunissait des amateurs éclairés et quelques musiciens professionnels bénévoles, animés par un goût commun pour la musique. Elle organisait des séances musicales[3], proposant un large éventail d’œuvres : motets à grand chœur, symphonies, cantates, oratorios, divertissements et arrangements d’œuvres lyriques.
À ses débuts, l’Académie des Beaux-Arts fonctionnait de manière informelle et entretenait des liens étroits avec l’Académie des Sciences et Belles-Lettres de Lyon, fondée en 1700. Elle adopta dès une devise – Et voce et arte – et un sceau, composé d’un caducée croisé d’une lyre, elle-même surmontée d’une couronne de lauriers.
En 1714, l’institution fut placée sous la protection du maréchal-duc de Villeroy, alors gouverneur de Lyon. Elle reçut des lettres patentes et des statuts officiels en 1724[4], ce qui en fit une société reconnue, proposant des concerts hebdomadaires à ses membres. Avec 185 académiciens enregistrés, elle atteignit une ampleur sans équivalent dans le royaume.

À l’origine composée de musiciens amateurs, l’Académie évolua vers une professionnalisation de son orchestre et de son chœur. Elle se dota d’un bâtiment dédié, l’Hôtel du Concert, situé sur la place des Cordeliers. Celui-ci abritait également une bibliothèque musicale, constituée dès 1713 afin de lui fournir un répertoire adapté à ses concerts réguliers.
Les premiers «bibliothécaires officiels» furent les fondateurs eux-mêmes, Christin et Bergiron, qui devinrent «bibliothécaires perpétuels» en 1746, se partageant respectivement affaires administratives et gestion de la bibliothèque.
À partir de 1736, l’Académie élargit son champ d’activité en organisant des «réunions de réflexion sur la musique», prenant alors le nom d’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts. Lyon devint ainsi la première ville de France à accueillir une académie de musique de ce type, qui servira de modèle à d'autres institutions.
En 1741, confrontée à des difficultés financières, le consulat de Lyon racheta à l'Académie ses biens mobiliers et immobiliers. Elle en garda néanmoins l’usufruit. Au décès de Christin en 1755, Bergiron assura seul la direction de l'institution jusqu’à sa propre disparition en 1768. Il fut ensuite remplacé successivement par Boulet, puis Éguillon de La Chaux. L'Académie fut dissoute en 1773.
Malgré les obstacles financiers, l’Académie des Beaux-Arts sut maintenir une activité musicale soutenue pendant soixante ans, constituant ainsi une institution exceptionnelle par sa longévité et son rayonnement dans le paysage musical français du XVIIIe siècle.
Le fonds ancien
La bibliothèque musicale de l’Académie du Concert, élaborée dès les premières années, était exclusivement consacrée à la musique, conçue avant tout pour fournir un répertoire immédiatement exécutable par les musiciens de l’Académie[5].
La majorité des partitions conservées aujourd'hui sont complètes et accompagnées d’un jeu de parties séparées, indispensable pour l’exécution en concert. Ces parties de remplissage (notamment de haute-contre et de taille) absentes des éditions imprimées de l’époque, sont vraisemblablement de la main même de Bergiron, voire parfois de sa composition. Celui-ci enrichissait continuellement le fonds en copiant lui-même de nombreuses partitions. La collection comprenait des centaines de volumes de musique vocale et instrumentale, profane et sacrée, principalement d’auteurs français.
Dès 1747, l’Almanach lyonnais mentionnait que la bibliothèque était en libre accès et ouverte aux visiteurs étrangers, accueillis « avec un soin tout particulier ». La collection continua d’être évoquée dans la presse locale même après la dissolution de l’Académie en 1773, signe de sa notoriété persistante. Dans ses actes officiels, le consulat de Lyon se félicita de posséder « la plus grande bibliothèque musicale du royaume ».
Le fonds de l’Académie demeure aujourd’hui encore l’un des plus importants corpus régionaux de grands motets et de fragments d’œuvres lyriques conservés en France.
Le système de classification de la bibliothèque était d’une remarquable précision. Il se répartissait en dix-neuf catégories, chacune faisant l’objet d’un catalogue spécifique. Ces derniers sont conservés dans les archives lyonnaises, ce qui permet aux chercheurs d'avoir une connaissance détaillée du répertoire de l’Académie, ce malgré le fait que seulement un tiers des volumes originaux ait survécu[6].
Nicolas-Antoine Bergiron de Briou du Fort-Michon
Nicolas-Antoine Bergiron de Briou du Fort-Michon, né à Lyon le est un juriste, musicien, musicien et compositeur français[a]. Figure importante mais méconnue de la vie musicale lyonnaise au XVIIIe siècle, il fut notamment l’un des fondateurs du Concert Lyonnais, auquel il consacra une grande partie de sa vie.
Fils d’Antoine Bergiron, avocat au Parlement de Paris et proche de la cour de Louis XIV, Nicolas-Antoine grandit dans un milieu cultivé et influent. Son père vantait dès l’adolescence les capacités intellectuelles de son fils, doté d’un esprit vif, d’une mémoire remarquable et d’un goût affirmé pour les lettres et la musique[b].
Il étudia le droit, d'abord à Lyon avec l'unique professeur Jean-Baptiste d'Antoine[7], avant de séjourner dans la capitale dès l'âge de dix-neuf ans, où il cultiva surtout sa passion musicale. Il fut admis à la société parisienne des Mélophilètes[c],[d], placée sous la protection du prince de Conti, cercle musical privé[8] qui organisait des concerts hebdomadaires chez le président Lubert[9]. Ses contemporains soulignaient «la qualité de son jeu instrumental, la clarté de sa voix et la précision de son chant».
En 1713, de retour à Lyon, Bergiron fonda avec son ami Jean-Pierre Christin l’«Académie des Beaux-Arts», bientôt connue sous le nom d’«Académie du Concert». Il en devint maître de musique pendant six ans, tenant sûrement parfois la partie soliste de haute-contre, tout en contribuant activement à la création et à l’enrichissement de sa bibliothèque musicale.
En 1729, il fit publier un recueil de cinq cantates françaises à voix seule[10], éditées sous le nom de « Briou », et annoncées l’année suivante dans le Mercure de France. L’article salua les talents de ce « musicien amateur » qui « a conduit les Concerts pendant six années entières avec autant de succès que s’il étoit musicien de profession ». Plusieurs de ses œuvres nous sont parvenues, notamment Le Supplice de Cupidon, copié par Christin, et un Impromptu[11] dédié au maréchal de Villeroy.
Entre 1739 et 1744, il dirigea également l’Académie Royale de Musique de Lyon (Opéra de Lyon), redonnant à l’institution un nouveau souffle. Sous son impulsion, les représentations lyriques reprirent, la programmation s’étoffa, la salle fut rénovée, et de nouveaux musiciens furent recrutés.
Bergiron se remaria avec Françoise Courtois le .
Estimé par des figures majeures comme Jean-Philippe Rameau ou Nicolas Bernier, Bergiron entretint également des relations avec André Campra, Valette de Montigny, Mondonville, François Estienne, ainsi que des membres de la famille Leclair. Son influence dépassa le cadre lyonnais pour s’étendre à l’ensemble du paysage musical français de son temps. Nicolas-Antoine Bergiron mourut à Belleville-sur-Saône le [e].
Le répertoire
Le répertoire du Concert mêlait musiques française, latine[f] et italienne, dans des formes allant de la musique de chambre aux grandes symphonies. La collection musicale ainsi constituée était le reflet exceptionnel de la sensibilité au goût de son temps et de la passion de Bergiron.
Même si le détail des représentations de l’époque reste difficile à établir, le catalogue de la bibliothèque permet de formuler de solides hypothèses. Les premières œuvres acquises furent le ballet Les Fêtes Vénitiennes de Campra, suivie de Phaéton et Atys de Lully, Acis et Galathée, Les Amours déguisés de Bourgeois, le Ballet des Saisons de Colasse et Louis Lully, Une Musette de Suresnes, ou encore La Sérénade de Campra.
Ces œuvres, comme c’était l’usage, étaient généralement données « en extraits », comme le montrent les partitions de Scylla et Glaucus de Leclair l’aîné, ou du Triomphe de l’Harmonie de François-Lupien Grenet (1700 – 1753)[12]. Elles côtoyaient de nombreuses cantates, véritables opéras miniatures, qui permettaient de mobiliser à la fois l’orchestre, les chœurs, et de nombreux solistes.
Les programmes, organisés en « divertissements de fragments modernes assemblés », se terminaient généralement par un motet à grand chœur, comme l’imposaient les statuts de l’Académie. Celui-ci occupait une place centrale dans son répertoire. Bien que le texte fût en latin, la musique s’inspirait largement du style de l’opéra français. Le modèle en était les œuvres de Michel-Richard de Lalande, dont l’Académie possédait jusqu’à quarante-trois copies.
Les dix premières années de l’Académie furent particulièrement riches en créations et événements[13]. En 1714, un Impromptu musical, mis en musique par Bergiron, fut donné en l’honneur du maréchal de Neufville de Villeroy lors de sa visite. Son fils, François-Paul de Villeroy, archevêque de Lyon[14], participa également activement aux concerts, dirigeant certaines de ses propres œuvres, comme le motet Notus in Judeae[15].
L’Académie fut le principal lieu d’exécution du motet à Lyon au XVIIIe siècle. Ce genre s’illustrait tout particulièrement lors de célébrations publiques comme le « Salut du », aussi appelé « Vœu pour la santé du roi »[16], où un motet à grand chœur était commandé chaque année pour la cérémonie[17]. Celle-ci fut officialisée par un acte consulaire daté du , en présence du prévôt Pierre Cholier et des échevins.
Jean-Philippe Rameau[18], qui séjourna dans la ville entre 1713 et 1715 en tant qu’organiste des Jacobins de Lyon[g], prit probablement part aux activités du Concert. Ses motets Deus noster refugium et Quam dilecta, justement composés à cette époque, pourraient avoir été destinés à l’Académie lyonnaise[19].
Composition de l'orchestre
L’orchestre de l’Académie du Concert se caractérisait par une certaine hétérogénéité. Les effectifs de l'orchestre fluctuèrent selon les périodes : entre 25 musiciens (1732) et 32 (1729). Sa composition reposait principalement sur un ensemble à cordes:
- Les «dessus de violons», divisés entre «violons d’accompagnement et violons des symphonies ou des chœurs», constituaient environ un tiers de l’effectif, avec dix à onze exécutants.

- Les «basses», organisées selon une nomenclature similaire, formaient le second groupe important, avec huit «basses d’accompagnement» pour quatre «basses de symphonie». La distinction entre ces appellations reste incertaine, mais elle pourrait désigner une répartition entre clavecins, violoncelles, basses de violon, violes de gambe et violones.
Parmi les musiciens notables figurait Pierre Donzelague l’aîné, facteur de clavecins lyonnais, classé au sein des «basses de symphonie» ; il jouait probablement un de ses instruments, peut-être celui aujourd’hui conservé au Musée des Tissus de Lyon.
Les basses étaient complétées par une contrebasse et deux ou trois bassons. Les parties intermédiaires étaient assurées par trois musiciens jouant à la «haute-contre» ou à la «taille de violon». Trois autres musiciens alternaient entre flûte et hautbois, conformément aux pratiques de l’époque.
Professionnalisation et évolution
À partir de 1736, l’Académie du Concert connut une profonde transformation. Désormais renforcée par des chanteurs et instrumentistes professionnels, elle vit les amateurs s’effacer progressivement de l’exécution musicale. Dès 1732, les instrumentistes de l’Opéra et du Concert étaient en grande partie communs. L’Académie devint une formation réputée, tandis que les amateurs, désormais simples spectateurs, se tournèrent vers d'autres activités prévues par les statuts, comme les conférences sur les Beaux-Arts.
C’est dans ce contexte que l’on trouve la trace du violoniste Jean-Marie Leclair le cadet (dit Leclair le second), qui fut engagé simultanément à l’Opéra et à l’Académie[20]. Frère cadet du célèbre Jean-Marie Leclair l’aîné, il était salué dès 1741 par une délibération consulaire soulignant son excellence :
« [...] son talent à jouer du violon, avec une perfection qui lui attire journellement des applaudissements, ne laisse rien à désirer au public [...]. »
Leclair le second se vit alors gratifié d’une augmentation de pension de 200 livres par an, à condition de ne pas quitter Lyon et de continuer à servir les deux institutions. Il occupa le poste de violon solo du Concert jusqu’à sa mort. Leur père, Antoine Leclair, maître passementier, était également «joueur de basse de violon et maître à danser», et faisait lui aussi partie de l’orchestre du Concert[21].
En 1757, le chœur était constitué de dix chanteuses et dix chanteurs, dont six se produisaient également à l’Opéra. L’orchestre comprenait alors neuf violons, deux hautbois ou flûtes, un cor de chasse, quatre violoncelles, un clavecin et quatre instruments non identifiés.
En 1765, le nombre de pensionnaires atteignit trente-six, dont six femmes. On comptait quatorze choristes et vingt-deux instrumentistes. Les rémunérations étant très inégales, certains musiciens complétaient leurs revenus par des cours particuliers donnés dans le cadre de l’Académie.
Direction musicale
Le poste de «maître de musique» s’avérait relativement instable : en soixante ans, l’Académie connut dix directeurs différents. Parmi eux, des figures de renom comme François-Lupien Grenet (1700-1753), compositeur représenté à la Cour et venu de Paris[12], ou François Estienne[22]. D’autres directeurs étaient issus du milieu lyonnais, tels Bergiron, Jacques David, les frères Legoux ou encore Lobreau.
Difficultés financières
L’arrivée massive de musiciens professionnels contribua au déclin de l’engagement des amateurs, qui jouaient autrefois un rôle important dans l’exécution des concerts[23]. Ce changement de nature de l'institution, passant d’une société amateure à un organisme semi-professionnel, amena à une forme de désaffection de ses membres fondateurs. En parallèle, l’augmentation des charges inhérentes aux salaires des musiciens pensionnés devint un poids non négligeable pour l’Académie[24]. Son équilibre économique s'en trouva considérablement affecté au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle[25].
Lieux des concerts

En 1724, l’Académie des Beaux-Arts de Lyon fit ériger sa propre salle de concert, communément appelée « Hôtel du Concert » ou « Maison du Concert »[h]. Ce bâtiment, aujourd’hui disparu, fut l’un des premiers espaces spécifiquement consacrés à la musique dans la ville. Situé au nord de la presqu’île lyonnaise, dans le quartier des Cordeliers, à proximité de l’Académie royale de musique (l’opéra), il s’inscrivait dans un centre urbain alors très actif sur le plan culturel.
Le projet architectural fut confié à Federico Pietrasanta (v. 1656 – v. 1730), un architecte milanais peu connu, probablement choisi par un réseau de relations. Bien que rien n'ait étayé sa présence sur place, ses plans détaillés en italien, traduits dans un français approximatif, furent retenus par le consulat lyonnais.

La ville, après avoir obtenu l’accord des Cordeliers et consulté le voisinage, céda à l’Académie une parcelle de terrain de 115 pieds en bordure du Rhône. Le bâtiment devait être construit selon un cahier des charges indiquant des dimensions précises et ne pouvait être affecté à des usages religieux ou profanes. En cas de dissolution de l’Académie, il reviendrait à la ville, moyennant la somme de 25 000 livres[i].
Pour les grandes œuvres religieuses, notamment les motets, la salle de l’Hôtel du Concert n’était pas toujours utilisée. Les églises paroissiales étant exclues en raison de l’interdiction diocésaine de la polyphonie, plusieurs églises de couvents furent envisagées : les Feuillants (jugée trop petite), les Jacobins, la collégiale Saint-Nizier, la chapelle de l’Hôtel-Dieu, ou encore celle de l’hôpital de la Charité. Finalement, c’est la chapelle de la Trinité du Grand Collège des Jésuites qui fut choisie, en raison de ses qualités acoustiques et de ses affinités institutionnelles avec l’Académie. Elle est encore utilisée aujourd’hui comme salle de concert.

L'Hôtel du Concert
L’Hôtel du Concert[26] s’étendait entre le Rhône et l’ancienne place des Cordeliers, avec une façade donnant sur cette dernière. Il était encadré par deux ruelles latérales, la rue Stella et la rue Claudia, aujourd’hui disparues[j]. L’arrière de l’édifice ouvrait sur un espace nommé « Place du Concert », menant au port des Cordeliers (actuel pont Lafayette). L’orientation est-ouest du bâtiment favorisait une mise en scène visuelle, avec une perspective centrée sur la façade, encadrée par l’église Saint-Bonaventure et la rue Buisson.

La salle, conçue pour accueillir à la fois orchestre et auditoire, était divisée en deux parties : un tiers réservé à l’orchestre et les deux autres tiers aux spectateurs, répartis sur deux niveaux. Deux balcons latéraux s’étendaient sur toute la longueur de la salle, tandis qu’une tribune occupait le fond opposé à l’estrade. L’orchestre était séparé du public par une balustrade et disposé en gradins de bois démontables à partir de 1752. Vingt pupitres fixes en chêne, éclairés par des chandeliers, étaient complétés par seize pupitres mobiles.
L’aménagement intérieur comportait des sofas, quelques chaises fixes, et environ deux cents chaises entreposées. Le mobilier était recouvert de toile verte, assortie à la couleur des éléments peints de la salle. L’éclairage était assuré par sept lustres en cristal de Bohême et de nombreuses girandoles fixées sur les piliers. Deux cheminées chauffaient l’espace réservé au public.
Les bancs des musiciens, collectifs et fonctionnels, étaient garnis et équipés de dossiers et marchepieds, à la manière des bancs d’église. Une séparation physique semble avoir existé entre les chanteurs et instrumentistes, d’un côté, et les clavecins, de l’autre. Le pupitre du maître de musique occupait une position centrale et était encadré de chandeliers de fer.
Les instruments étaient principalement entreposés sous les gradins, dans une soupente aménagée en réduit avec des étagères fermées à clé. Certains espaces étaient spécifiquement réservés, notamment pour les instruments de Monsieur Leclair père. Un deuxième clavecin, fabriqué par Pierre Donzelague, figurait également à l’inventaire du mobilier.
Malgré son apparence soignée, la salle souffrait d’un manque de résonance évident. Ce problème suscita de nombreuses critiques, incitant les membres de l’Académie à entreprendre des travaux importants entre 1750 et 1752. Ces rénovations visèrent à la fois à améliorer l’acoustique et à transformer ponctuellement la salle en salle de bal.
Utilisations postérieures du bâtiment
Après la dissolution de l’Académie, l’Hôtel du Concert connut plusieurs affectations. Dès 1769, il accueillit l’Académie des sciences, qui y entreposa la bibliothèque et les collections de Pierre Adamoli. Le bâtiment hébergea ensuite une école de géométrie[k], des réunions de chirurgiens, des séances musicales ponctuelles, ainsi que des services administratifs (officiers du roi[l], assemblée provinciale).

En 1792, l’édifice fut vendu 115 000 livres et devint un immeuble de rapport, divisé en deux entités : la « maison Olivier », côté place des Cordeliers, et la « maison Jogand », donnant sur la place du Concert. Ces deux maisons abritaient des logements et des boutiques. En 1856, la ville de Lyon adopta le projet de destruction de l’Hôtel du Concert pour construire le Palais de la Bourse. La démolition fut achevée en 1858.
La Nouvelle Académie du Concert de Lyon

En 2013, un groupe d’amis issus du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon fonde un ensemble instrumental à effectif variable, spécialisé dans l’interprétation de la musique historiquement informée. Le groupe adopte le nom d'Académie du Concert de Lyon, en référence à l’institution fondée au début du XVIIIe siècle, sans lien direct avec celle-ci.
L’Association est formellement constituée en 2014. Elle est placée sous la direction artistique et musicale du hautboïste Frédéric Mourguiart. L'ensemble réunit des musiciens professionnels, des étudiants issus des plus grands conservatoires français et étrangers ainsi que quelques excellents amateurs. Il se consacre principalement à l'interprétation du répertoire baroque et classique, en mettant l'accent sur des œuvres peu jouées ou inédites.


Les programmes des concerts sont construits sur le modèle des « Divertissements » de l’ancienne Académie du Concert, mêlant pièces instrumentales et vocales autour de thématiques historiques ou littéraires. Ces concerts sont régulièrement présentés au Temple du Change ou au Temple Lanterne, mais également dans le cadre de festivals ou en partenariat avec des institutions culturelles.
L’ensemble mène également un travail de recherche et d’édition de partitions, en lien avec les collections anciennes des bibliothèques et notamment celle de Lyon. Depuis 2021, l’association bénéficie du soutien logistique de la Mairie du 3e arrondissement de Lyon, mais ne perçoit pas de subvention publique régulière.
Bibliographie
Ouvrages historiques et musicologiques
Charles Beaulieu – Histoire de Lyon depuis les Gaulois jusqu’à nos jours, 1837, Archive.org
Michel Brenet – Les Concerts en France sous l’Ancien Régime, 1900, Archive.org
Michel Le Vassor – Histoire générale de l’Europe sous le règne de Louis XIII,1757, Archive.org
Michel Noiray, La vie musicale à Lyon au XVIIIe siècle, Paris, Klincksieck, 1980
Léon Vallas – La Musique à l’Académie du Concert de Lyon au XVIIIe siècle,1908, Archive.org
Ouvrages spécialisés sur la musique baroque
Sylvie Bouissou, « Les concerts en province au siècle des Lumières », Revue de musicologie, vol. 85, no 2, 1999.
Jean Duron (dir.) – Regards sur la musique au temps de Louis XIII, 2007, MuseBaroque - Musique et Arts baroques
Jean Duron (dir.) – Regards sur la musique au temps de Louis XIV, 2007, MuseBaroque - Musique et Arts baroques
Jean Gribenski, Musique et société à Lyon au XVIIIe siècle, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1992.
Bénédicte Hertz – Le Grand motet dans les pratiques musicales lyonnaises de 1713 à 1773, 2010, CMBV
Bénédicte Hertz – Collectionner la Musique, 2020, CESR
Bénédicte Hertz, Bergiron de Briou du Fort-Michon copiste de Lalande et de Rameau, Revue de musicologie, no 106 (1), 2020, p. 5-44 (HAL hal-02888675).
Kai Köpp – La Pratique d’orchestre historique, 2019, Ed. Symétrie
Ressources institutionnelles et archives
Bibliothèque Municipale de Lyon – Trois siècles d’opéra à Lyon, 1982, Open Library
Affiches de Lyon, Le gazetier universel
Archives de la Ville de Lyon, Fonds numérisés
Almanachs de Lyon au XVIIIe siècle, Enssib
Le Mercure de France, gazetier-universel,gazettes18e.fr
Louis David, L'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, 1700-2000 : Trois siècles d'histoire lyonnaise, Éditions Lyonnaises d'Art et d'Histoire, 2000, gallica
Notes et références
- ↑ «L'Académie des Beaux-Arts, dès 1713, fut formée par des amateurs de la poésie, de la musique et des beaux-arts qui tinrent des assemblées et des conférences. Ils composaient des paroles, les examinaient, les mettaient en musique, et les exécutaient eux-mêmes. Il subsiste un cahier, imprimé en 1714, des paroles et de la musique d'un divertissement que cette compagnie donna à M. le Maréchal de Villeroy». Série de pièces aux Archives départementales, D. 448.
- ↑ Art . XVI. — L'Académie s'assemblera deux jours de chaque semaine, l'un pour les CONFÉRENCES qui auront pour objet les BEAUX-ARTS, et l'autre pour le CONCERT. Le jour des Conférences sera fixé au Samedi à trois heures, et celui du Concert au Mercredi à quatre heures et demie, depuis le commencement du mois de Novembre jusqu'à la fin d'Avril ; et à cinq heures depuis le commencement du mois de Mai, jusqu'à la fin d'Octobre. Lorsque le Mercredi se trouvera être un jour de Fête, le Concert sera remis au lendemain, ou à un autre jour indiqué par les Officiers. A l'égard des conférences, elles se tiendront toujours le Samedi. Statuts de l'Académie, Léon Vallas (1908), p.54-58.
- ↑ Les concerts de l’académie semblent précédés d’une, voire de deux répétitions. Les musiciens, également engagés souvent à l’opéra, devaient prévoir les répétitions en journée, laissant les soirées libres pour les représentations.
- ↑ Statuts et règlements de l’Académie des Beaux-Arts établie à Lyon par Lettres patentes du Roy, Lyon : André Laurens, 1724, BML, Fonds Coste, 115 954. Lettres patentes, p. 3–6. articles XVI.
- ↑ « La Bibliothèque de Musique du Concert peut passer pour la plus belle & la plus précieuse du Royaume. Elle est composée d’une très-grande quantité de Motets à grand Chœur, des meilleurs Auteurs, tels que Lalande, Bernier, Campra, &c. recueillis avec soin : Il y en a aussi qui ont été composés par les meilleurs Maîtres d’Italie. Un très-grand nombre d’Opéra, dont tous ceux de Lulli, qui y sont complets, & d’autres de bons Auteurs, avec plusieurs Divertissemens, y forment un assemblage intéressant de Pièces Françoises à grand Chœur. On y trouve encore des Concerto à grande Symphonie. Outre ces Pièces qui servent à remplir les Concerts généraux, cette Bibliothèque en renferme beaucoup d’autres qui sont propres aux Concerts particuliers, telles que des Livres de Cantates, Sonnates à violon seul, duo & trio ; & des Motets dans tous les genres à une, deux, trois & quatre voix, avec & sans Symphonie ; même des Oratorio en Latin & en Italien, genre de Musique particulièrement en usage en Italie. Le Sieur Coignet, Garde de la Bibliothèque, ruë Tupin», Almanach astronomique et historique de la ville de Lyon, 1747, rubrique «Bibliothèque du Concert».
- ↑ Vente de la collection de Bergiron à sa mort: «On sait que c'est une collection faite pendant bien des années et à grands frais par cet amateur (…). Lyon lui doit l'établissement de l'Académie des Beaux-Arts ; et la bibliothèque de musique de cette Société, copiée en partie de sa main, est un monument de son goût et de son amour pour sa patrie. Un grand avantage qui se trouve dans cette bibliothèque de musique, c'est que toutes les partitions ont leurs parties de remplissage, ce qui ne se trouve pas dans les partitions gravées. Cette vente se fera au domicile de feu de M. Bergiron...» Petites Affiches du 27 avril 1768.
- ↑ Jean-Baptiste d’Antoine était professeur en 1710 et il est mort étant encore pourvu de sa charge en 1720. Il a laissé un commentaire en deux volumes in-4° des règles de droit civil et du droit canon. Les deux manuscrits qu’a possédés la bibliothèque de la ville de Lyon sous les numéros 311 et 312, et qui ont pour titre : Compendium institutionum juris civilis, Institutiones juris civilis, ont été sans doute la première forme donnée à celui de ses ouvrages qu’il a publié en 1720. A sa mort, les prévôts des marchands et échevins appelèrent pour le remplacer Félix Faure, avocat en parlement, agrégé en l’université de Valence. Brouchoud, Recherches sur l'enseignement public du droit à Lyon ; Lyon, 1865.
- ↑ Dont Christin avait fait partie
- ↑ Louis de Lubert (1676-1740), Président à mortier au Parlement de Paris. - Musicien amateur (violon) et fondateur le 10 janvier 1722 d'un des premiers orchestres amateurs parisiens, l'Académie des Mélophilètes.
- ↑ Un exemplaire perdu de ce recueil de cantates existait dans la bibliothèque de l'Académie des Beaux-Arts. Le titre exact en était : " Cantates françoises à voix seule avec symphonie et sans symphonie mises en musique par M. Bergiron de Briou. Prix sept livres dix sols en blanc. Gravées par J. L'Hoste. Se vendent à Lion chez le Sr Thomas Marchand épicier à la grand rue Mercière près de St Antoine Et à Paris chez le Sr Boivin, md rue St Honoré à la Règle d'Or. Avec Privilège du Roy. ".
- ↑ «Impromptu divertissement en musique, pour Mgr le Maréchal duc de Villeroy, gouverneur de la Ville de Lyon, et des Provinces du Lyonnois, Forests, et Beaujollois, Protecteur et Chef de l'Académie des Beaux-Arts établie à Lyon. Chanté en sa présence dans la même Académie le Ier août 17 14. La musique est de la composition de M. Bergiron du Fort Michon, académicien ordinaire, et les paroles sont de M. Borde, académicien associé ». Lyon, André Laurens, seul imprimeur ordinaire de la Ville, mdccxiv. (in-4 de 1 1 p.)
- Maître de musique à l’Opéra, puis à l’Académie royale de musique de Lyon, outre des motets, il a composé pour le théâtre : Le Triomphe de l’amitié (1714), le Triomphe de l’harmonie (ballet héroïque donné à l’Opéra de Paris en 1737), Apollon berger d’Admète (1745).
- ↑ L'Académie organisait également des fêtes extraordinaires, comme celle offerte sur la Saône à la femme de l'intendant de la généralité en 1721. Les académiciens avaient frété une flottille composée de quatre gondoles, d'un brigantin et d'un grand bateau chargé de fleurs et de joueurs de violons, de flûtes et de hautbois (1). (1) Mercure, juillet 1721.
- ↑ Mercure, Septembre 1721, p. 197.
- ↑ Léon Vallas, Revue musicale de Lyon, Un archevêque de Lyon, compositeur et chef d’orchestre, NF Z 43-120-11, 1908. www.bm-lyon.fr.
- ↑ B. Hertz, Le grand motet dans les pratiques musicales lyonnaises (1713–1773), 2010. p.74.
- ↑ Musique Latine a Grand Chœur Sous l’ordre A, qui est dans la Bibliothèque du concert de l’académie des beaux-arts de la ville de Lion, 1754.
- ↑ Petites Affiches de Lyon, 27 avril 1768.
- ↑ Lettre de Rameau adressée à Christin, datée du 3 novembre 1740 et conservée à l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon : « pour vous assurer de ma reconnaissance sur le passé », ainsi que l’annonce parue dans les Affiches de Lyon du 27 avril 1768, parlant de Bergiron, que « Le grand Rameau, le père de la Musique Françoise, estima ses talents & les distingua toujours ».
- ↑ «Le sieur Leclerc a bien voulu s'engager pour premier violon dans L’orquestre de l'Opéra, en sorte que son talent à jouer du violon, avec une perfection qui lui attire journellement des applaudissements, ne laisse rien à désirer au public à cet égard ; un pareil talent est un objet considérable pour le soutien du Concert et de l'Opéra de cette ville, puisque, par ses soins, la symphonie est bien plus régulièrement exécutée dans l'un et dans l'autre ; d'ailleurs il forme journellement des jeunes gens de famille dans l'art de jouer du violon, de manière que l'on peut dire que les personnes de tout âge profitent de l'habileté du sieur Le Clerc.» Archives municipales BB. 306, f° 95-96.
- ↑ Antoine Leclair le père, d'abord maître passementier, était «symphoniste» dès 1730 (Reg. de la paroisse St. Nizier, mariage de son fils Pierre, également «symphoniste de cette ville», 30 janvier 1730) ; un état des pensionnaires du Concert en 1757 porte les noms de Leclair père et des frères Leclair (Jean-Marie le second et Pierre).
- ↑ François Estienne est né à Aix-en-Provence en 1674. D’abord enfant de chœur de la cathédrale où il reçoit une formation de qualité dispensé par le maître de musique Guillaume Poitevin (1645-1706) qui institua à Aix une véritable « école », formant deux générations de musiciens d’Église d’exception (André Campra ou Jean Gilles comptent au nombre de ses élèves les plus célèbres). Estienne ensuite une belle carrière de maître de musique à Arles, Marseille, puis Avignon. Il arrive à Lyon dans les années 1719-1720 et s’assure une position nouvelle et stable auprès des deux académies de musique présentes : l’Académie des Jacobins (v. 1718-1727) et la célèbre Académie des beaux-arts (1713-1773). Il prend ainsi la suite de Paul de Villesavoye comme maître de musique de l’Académie des beaux-arts. Ses motets eurent encore un beau succès après sa mort en 1755, dans les cathédrales provençales et peut-être même au Concert spirituel parisien. B. Hertz, Collection Chœur et Orchestre, CAH.363
- ↑ « Depuis nombre d’années, le Concert a cessé (il y a près de vingt ans) ; on a tenté plusieurs fois de le rétablir mais toujours vainement ; les amateurs deviennent plus difficiles, ne sont ni assez riches ni assez nombreux pour en faire les fonds et le nouveau plan dont s’occupe le Consulat et que le public ignore, échouera toujours contre le double écueil que présentent le changement de goût et l’insuffisance des moyens. » Lettre de Mrs les Procureurs Syndics à M. le Contrôleur Général, 16 octobre 1787, manuscrit, ADR, Commission intermédiaire, correspondance no 1, 9 C 7.
- ↑ B. Hertz, Le grand motet dans les pratiques musicales lyonnaises (1713–1773), 2010. p.32 et p.40
- ↑ Le 23 décembre 1772, les Affiches annoncent : «Les billets de l'abonnement pour l'année prochaine se délivreront ce soir. On prévient les citoyens que le peu d'abonnements qu'il y a eu cette année, et les dépenses que le Concert a été obligé de faire pour se soutenir jusqu'à présent, empêchent de le promettre pour l'année entière. Les abonnements ne seront que pour les six mois d'hiver, à commencer du Ier janvier 1773. En conséquence, le prix en a été diminué et fixé à 36 livres par personne, à 48 livres pour mari et femme, et à 72 livres pour les familles. Les danses auront lieu pendant le Carnaval, et les demoiselles seront reçues, comme par le passé, sans abonnements. On espère que MM. les abonnés voudront bien agréer cette précaution que les circonstances ont rendue indispensable.»
- ↑ B. Hertz, Le grand motet dans les pratiques musicales lyonnaises (1713–1773), 2010. p.51-60.
- ↑ " Nicolas Antoine, fils de Monsieur Antoine Bergiron, adjoint au Parlement de Paris et de Dame Renée Françoy, sa femme, né hier, au quartier des Feuillans, a esté baptisé par moy curé soussigné, ce treize décembre mil six cent quatre-vingt-dix, et ont été parrain Sr Nicolas Bergiron, bourgeois de Lyon, et marraine dame Anne des Brosses, femme de Léonard Bathéon, ancien échevin de Lyon...". Registres paroissiaux de St-Pierre et St-Saturnin, année 1690, page 275.
- ↑ Archives départementales, E. 125 p. 39.
- ↑ Histoire manuscrite de l'Académie par Louis Bollioud-Mermet (Mss du Palais des Arts, n° 270), et Mémoire lu par Pernetti à la Société Royale de Lyon le 16 mai 1755 (id.n° 124).
- ↑ Sur le Concert de Mélophiletes, v. Michel Brenet : Les Concerts en France sous l'ancien régime, p. 165.
- ↑ •La date exacte de la mort de Bergiron reste introuvable, elle n’est mentionnée ni dans les registres paroissiaux de Lyon, ni dans ceux de St Lager, Odenas, Dracé, etc.
- ↑ Musique Latine a Grand Chœur Sous l’ordre A, qui est dans la Bibliothèque du concert de l’académie des beaux-arts de la ville de Lion, 1754.
- ↑ Léon Vallas, La Musique à Lyon au XVIIIe siècle, P. 25
- ↑ (Plan Hotel du Concert) Archives municipales, Inventaire Chappe, XX, 345 et suiv. : Liasse de cinq pièces comprenant les plans de Pietra Santa et leur explication en italien et en français.
- ↑ Délibération consulaire du 11 juillet 1727 (Arch. mun. BB. 291, f° 105.)
- ↑ Archives municipales, registres des Actes consulaires, BB. 287, f° 69-72.
- ↑ Petites affiches du 19 avril 1759.
- ↑ Arch. mun. BB. 348, f° 100.
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