Acallam na Senórach

Acallam na Senórach (en irlandais moderne : Agallamh na Seanórach), dont le titre en anglais a été présenté de diverses manières comme Colloquy of the Ancients, Tales of the Elders of Ireland, The Dialogue of the Ancients of Ireland et que l'on peut traduire en français par Colloque des Anciens, Contes des Sages d'Irlande, Dialogue des Anciens d'Irlande) est un important récit prosimètre moyen irlandais datant approximativement de l'an 1200[1]. Il s'agit du texte le plus important du Cycle fenian (également connu sous le nom de cycle ossianique) et avec environ 8 000 lignes, il s'agit de l'œuvre la plus longue de la littérature irlandaise médiévale qui nous soit parvenue. Il contient de nombreux récits du Cycle fenian encadrés par une histoire dans laquelle les guerriers fianna ainsi que Caílte mac Rónáin ont survécu assez longtemps pour raconter ces histoires à saint Patrick. Cet ouvrage a été perçu comme une défense de l'establishment littéraire irlandais face à l'examen minutieux des réformateurs de l'Église aux XIIe siècle et XIIIe siècle.
Contenu
Se déroulant plusieurs centaines d'années après la mort de Fionn Mac Cumhaill, le récit-cadre suit deux héros irlandais âgés dans leur voyage à travers l'Irlande en compagnie d'un saint Patrick fraîchement arrivé[2],[3]. Les païens sont Caílte mac Rónáin, le neveu de Fionn, et Oisín, le fils de Fionn, tous deux membres de la célèbre bande de guerriers, les fianna[2]. Dans la majeure partie du récit, Caílte est l'informateur le plus important des deux, régalant Patrick d'histoires sur Finn et ses hommes et expliquant les noms de lieux qu'ils rencontrent à la manière des récits de dindsenchas. Nombre d'allusions présentes dans le texte font référence à Finn mac Cumaill.
Les histoires réitèrent la grandeur de Fionn ainsi que son époque révolue de héros, se concentrant souvent sur la rivalité entre la famille de Fionn et celle de son ennemi Goll mac Morna, qui menace la stabilité de l'île. D'autres récits relatent les relations des Fianna avec l'Autre Monde et les Tuatha Dé Danann, tandis que ceux impliquant Patrick soulignent souvent l'importance d'intégrer les valeurs et la culture de l'Irlande préchrétienne aux nouvelles voies de l'Église. Certains de ces récits individuels pourraient être antérieurs à leur inclusion dans Acallam na Senórach, bien que les auteurs les adaptent dans le souci de l'unité narrative[4]. Nombre des récits d'Acallam na Senórach sont transmis oralement, par le biais du folklore et des histoires traditionnelles.
Acallam na Senórach nous est parvenu grâce à cinq manuscrits tardifs. Trois datent du XVe siècle : Oxford, Bodleian Library, MS Laud Misc. 610; Oxford, Bodleian Library, MS Rawlinson B 487; et le Livre de Lismore.. Le quatrième est le manuscrit OFM-A4 de l'University College de Dublin (ce que Stokes appelle le manuscrit franciscain, anciennement conservé à Killiney), qui date du XVIe siècle[5]. Le cinquième témoin est une copie d'OFM-A4, à savoir Dublin, University College, OFM-A20(a).
Éditions et traductions
L'ouvrage est édité avec une traduction anglaise l'accompagnant intitulée Colloquy with the Ancients [«Colloque avec les Anciens»], réalisée par Standish Hayes O'Grady en 1892, en utilisant la version du Livre de Lismore comme texte de base.
Whitley Stokes imprime plus tard une édition d'Acallamh na Seanórach en Irische Texte IV, utilisant le Laud Misc. 610 comme base et s'inspirant de Rawlinson B. 487, Book of Lismore et OFM-A4. Stokes propose également une traduction partielle de l'œuvre pour compléter celle d'O'Grady, comblant ainsi les lacunes du Livre de Lismore.
La première traduction anglaise complète est celle d'Ann Dooley et Harry Roe, Tales of the Elders of Ireland [« Contes des anciens d'Irlande »] publiée par Oxford University Press en 1999[5]. La traduction fournit des informations sur la manière dont le récit offre de nombreuses références subtiles à la scène politive relative à l'époque du récit. Cette traduction informe également les lecteurs que saint Patrick est une allégorie de l'impact de la foi chrétienne sur la culture irlandaise. Maurice Harmon publie une autre traduction en 2009 intitulée The Dialogue of the Ancients of Ireland [« Le Dialogue des Anciens d'Irlande »][6].
Voici d'autres textes d'Acallam apparentés :
- Agallamh na Senórach, ou le « Reeves Agallamh » (RIA MS 24 P 5 (93)), seul exemplaire existant ayant appartenu à l’évêque Reeves, est « différent de tous ceux connus jusqu’alors » selon Douglas Hyde (1920)[7]. Il est édité par Nessa Ní Shéaghdha en 3 volumes entre 1942 et 1945. Il n'existe actuellement aucune traduction anglaise publiée.
- Acallam Bec, ou le « Petit Acallam ». Ce texte n'est conservé que dans le Livre de Lismore, datant du XVe siècle. Une édition partielle en a été réalisée par Douglas Hyde.
Adaptations
Le compositeur Tarik O'Regan adapte le récit en une pièce musicale d'une heure pour guitare solo et chœur, interprétée sous le titre Acallam na Senórach. L'œuvre est créée le à Dublin par le Chœur de Chambre National d'Irlande et Stewart French (guitare) sous la direction de Paul Hillier[8]. La comédie musicale se compose de deux parties comprenant un prologue, un épilogue et des interludes de guitare.
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Acallam na Senórach » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Ann Dooley, « The date and purpose of Acallam na senórach » [« La date et le but d’Acallam na senórach »], Éigse, , p. 97–126
- (en) Celtic Culture : A Historical Encyclopedia [« Culture celtique : une encyclopédie historique »], , 2128 p. (ISBN 9781851094400)
- ↑ (en) James MacKillop, A Dictionary of Celtic Mythology [« Un dictionnaire de la mythologie celtique »], , 496 p. (ISBN 9780198609674)
- ↑ (en) Geraldine Parsons, « Acallam Na Senórach as Prosimetrum », Proceedings of the Harvard Celtic Colloquium, 2004-2005, p. 86-100
- (en) Tales of the elders of Ireland [« Contes des anciens d'Irlande »],
- ↑ (en) The Dialogue of the Ancients of Ireland : A New Translation of Acallam na Senorach [« Le dialogue des anciens d'Irlande : une nouvelle traduction d'Acallam na Senorach »], , 200 p. (ISBN 978-1-904505-39-6)
- ↑ (en) Hyde Douglas, « The Reeves Manuscript of the Agallamh na Senorach. » [« Le manuscrit Reeves de l'Agallamh na Senorach. »], Revue celtique, , p. 289-295
- ↑ (en) Arminta Wallace, « Short, sharp reminders of our Irishness » [« Des rappels brefs et percutants de notre identité irlandaise »], The Irish Times,
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