Acamas fils d'Anténor

Acamas
Table iliaque du Capitole (Ier siècle av. J.-C.) sur laquelle figure le meurtre d'Acamas par Mérion (treizième scène).
Biographie
Famille
Anténorides (en)
Père
Mère
Fratrie

Dans la mythologie grecque, Acamas (en grec ancien Ἀκάμας / Akámas) est un guerrier troyen, fils d'Anténor et de Théano. Il mène, avec son frère Archéloque et Énée, les Dardaniens pendant la guerre de Troie. Il s'illustre lors de l'attaque du camp achéen avant d'être tué par Mérion.

Étymologie

En grec ancien, Acamas se nomme Ἀκάμας / Akámas (au génitif Ἀκάμαντος / Akámantos)[1]. Ce nom est dérivé du verbe κάμνω / kámnō (« se fatiguer »), avec un sens passif, précédé du préfixe privatif ἀ- / a- : d'origine grecque, il signifie « infatigable »[2],[3],[4].

L'adjectif ἀκάμας / akámas est utilisé plusieurs fois dans l'Iliade comme épithète du Soleil et du dieu fleuve Sperchios[3]. Le nom est quant à lui porté par plusieurs individus identifiés par l'épigraphie[3].

Mythe

Acamas est le fils d'Anténor, prince troyen, et de Théano, prêtresse d'Athéna[3].

Il apparait dans le Catalogue des Troyens, dans le deuxième chant de l'Iliade : il mène les combattants dardaniens en compagnie de son frère Archéloque et d'Énée[3]. Il figure également dans la liste donnée par le Pseudo-Apollodore[5]. « Semblable aux dieux », il est un des chefs vers lesquels les guerriers troyens convergent au chant XI et mène au chant suivant une partie de l'armée avec Archéloque et Énée lors de l'attaque du camp achéen[3].

Acamas s'illustre au chant XIV : alors qu'Ajax, fils de Télamon, tue Archéloque et que Promaque (d) essaye de se saisir de son corps, Acamas venge son frère en frappant le second et apostrophe les combattants grecs[3] :

« Vous ! archers argiens, insatiables de vantardises,
nous ne serons plus seuls à connaître labeur et souffrance
très longtemps ; vous aussi, vous succomberez au désastre.
Voyez comment Promachos, dompté par la lance, sommeille,
pour que ne reste pas impunie la mort de mon frère
trop longtemps. Voilà pourquoi chaque homme désire
laisser chez soi un frère de sang, rempart des souffrances. »
À ces cris, la douleur accabla la foule achéenne.

— Homère, Iliade, XIV, 478-486[6].

Acamas esquive ensuite l'attaque de Pénélée, mais meurt sous les coups de Mérion au seizième chant, alors qu'il tente de remonter sur son char[3]. Quintus de Smyrne attribue plutôt son meurtre à Philoctète[5].

D'après les Nostoi de Lysimaque d'Alexandrie (de) cités par Jean Tzétzès, certains Anténorides (en) dont Acamas auraient survécu à la guerre de Troie et, après avoir voyagé avec Ménélas, se seraient installés en Libye chez le roi Amnax (d) avant de s'établir à proximité de Cyrène[5].

Représentation

La table iliaque du Capitole (Ier siècle av. J.-C.) figure dans la scène représentant le chant XIII de l'Iliade le meurtre d'Acamas, à genoux, par Mérion : il s'agirait plutôt d'Adamas (en), bien que l'iconographie ne corresponde pas tout à fait à la description qui est faite du meurtre dans l'épopée[7],[8].

Notes et références

  1. ↑ Gérard Gréco et al., « Ἀκάμας », sur Bailly,‎ (consulté le ).
  2. ↑ (de) Hans von Kamptz, Homerische Personennamen. Sprachwissenschaftliche und historische Klassifikation, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, , 388 p. (lire en ligne), p. 166.
  3. Wathelet 1988, p. 242.
  4. ↑ Pellizer 2013, p. 4.
  5. Wathelet 1988, p. 243.
  6. ↑ Homère (trad. du grec ancien par Philippe Brunet), L'Iliade, Paris, éditions du Seuil, coll. « Points », , 708 p. (ISBN 978-2-7578-2570-9), p. 400.
  7. ↑ Wathelet 1988, p. 244.
  8. ↑ (de) Angelika Schöne, « Meriones », dans Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae, vol. VI, Zurich, Munich et Düsseldorf, Artemis Verlag, (ISBN 3-7608-8751-1, lire en ligne), p. 555 et pl. 307.

Voir aussi

Sources antiques

Bibliographie

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