Accademia di San Luca

Accademia di San Luca
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Siège
Pays
Coordonnées
41° 54′ 06″ N, 12° 29′ 01″ E
Langue de travail
Organisation
Effectif
4 employés ()
Organisme affilié
Biblioteca dell'Accademia nazionale di San Luca (d)
Site web
Carte
Saint Luc peignant la Vierge

L'académie de Saint-Luc (en italien : Accademia di San Luca) est une institution artistique italienne fondée à Rome en 1577. Devenue réellement active en 1593 sous Federico Zuccari, son premier directeur (ou « prince », en italien principe), elle est nommée ainsi en référence à saint Luc, tenu pour être l’auteur du premier portrait de la Vierge Marie.

Elle a pour mission de promouvoir les arts visuels et l’architecture, d’honorer le mérite des artistes et de favoriser la recherche et la diffusion du patrimoine artistique italien.

Située aujourd’hui au Palazzo Carpegna, près de la fontaine de Trévi, l’Académie réunit des peintres, sculpteurs, architectes et chercheurs, répartis dans trois classes principales — peinture, sculpture et architecture — auxquelles s’ajoutent celles des Cultori et des Benemeriti.

Histoire

Origines

Les origines de l’Académie remontent à l’Universitas picturae, miniaturae et illuminationis, une ancienne corporation de peintres, miniaturistes et enlumineurs de Rome. Les premiers statuts de cette institution, datés de 1478, sont aujourd’hui conservés dans les archives historiques de l’Académie[1].

Au cours de la seconde moitié du XVIᵉ siècle, le peintre Girolamo Muziano fut chargé de rassembler peintres et sculpteurs reconnus afin de créer une institution capable de distinguer le travail des artistes de celui des artisans. Le pape Grégoire XIII autorisa officiellement la fondation de l’Académie le , en l’associant à une congrégation religieuse placée sous le patronage de saint Luc, considéré comme le protecteur des peintres.

L’Académie demeura initialement sous le contrôle du Saint-Siège et bénéficia du patronage papal. En 1588, le pape Sixte V lui concéda l’église Sainte-Martine in tribus foris, située près du Forum romain, ainsi que les bâtiments attenants destinés à accueillir à la fois l’Académie et la congrégation des artistes.

L’ère de Federico Zuccari

Le développement institutionnel de l’Académie s’affirma véritablement sous la direction de Federico Zuccari, qui en devint le premier Prince (directeur) en 1593. Zuccari donna à l’Académie une structure plus cohérente, fondée sur les principes du disegno, considérés comme le socle commun de la peinture, de la sculpture et de l’architecture.

Les premiers statuts officiels furent approuvés en 1607 et révisés à plusieurs reprises au fil des siècles, jusqu’à la version adoptée en 1959, encore en vigueur au début du XXIᵉ siècle. Une Académie du nu (Accademia del nudo) fut également créée, proposant un enseignement pratique fondé sur le dessin d’après modèle vivant, première étape de la formation des jeunes artistes[1].

Développement et rayonnement

Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, l’Académie reçut de nombreux privilèges pontificaux et adopta un nouvel emblème : un triangle équilatéral symbolisant l’égalité entre les trois arts, accompagné de la devise Aequa Potestas. En 1754, le pape Benoît XIV institua officiellement une Accademia del Nudo, école de dessin d’après modèle vivant, placée sous la direction de l’Académie[1].

Plusieurs concours prestigieux virent le jour, tels que le Concorso Clementino (1702) et le Concorso Balestra (1768), destinés à encourager la formation et la reconnaissance des jeunes artistes[1].

XIXe siècle

Sous le gouvernement napoléonien, un décret de Napoléon Ier en 1810 reconnut à l’Académie la fonction d’enseignement officiel des arts à Rome, rôle confirmé après la Restauration. Les cours furent ensuite transférés à l’Université de la Sapienza en 1825, puis au Palais Camerale de la via Ripetta en 1845[1].

En 1872, l’institution prit le nom d’Académie royale de Saint-Luc (Accademia Reale di San Luca). Après la perte, en 1874, de sa responsabilité directe sur l’enseignement artistique, elle se consacra principalement à la promotion et à la conservation du patrimoine artistique. Le sculpteur Antonio Canova fut le dernier à porter le titre de Prince de l’Académie, remplacé par celui de président.

XXe siècle et époque contemporaine

À la suite de la démolition de ses anciens bâtiments situés près du Forum romain dans les années 1930, l’Académie fut transférée au Palazzo Carpegna, restauré et inauguré comme nouveau siège en 1934. En 1948, elle adopta le nom d’Académie nationale de Saint-Luc (Accademia Nazionale di San Luca). Ses statuts furent révisés à plusieurs reprises, la version actuellement en vigueur datant de 2005.

Organisation et mission

L’Académie a pour vocation de promouvoir les arts visuels et l’architecture, d’honorer les artistes et chercheurs qui s’y distinguent et de valoriser le patrimoine artistique italien à travers expositions, conférences, publications et activités de recherche.

Elle est structurée en trois classes principales — Peinture, Sculpture et Architecture — auxquelles s’ajoutent les classes des Cultori (spécialistes non praticiens) et des Benemeriti (personnalités méritantes). Les membres élus, italiens et étrangers, composent le Corps académique, reflet du caractère international de l’institution depuis ses origines[1].

Activités et prix

L’Académie organise régulièrement des expositions, colloques et programmes de recherche consacrés aux arts et à l’architecture, couvrant toutes les époques et origines géographiques. Elle attribue plusieurs bourses destinées aux jeunes artistes et chercheurs, ainsi que le Prix des Jeunes (Premio Giovani)[1].

Depuis 1950, le Prix national de peinture, sculpture et architecture, décerné par la Présidence de la République italienne sur proposition de l’Académie, récompense alternativement des artistes s’étant distingués dans l’une des trois disciplines[1].

Patrimoine

Le musée de l’Académie, installé au Palazzo Carpegna, conserve un vaste ensemble d’œuvres offertes par les académiciens depuis la fondation de l’institution. Il abrite également un important fonds documentaire et archivistique consacré à l’histoire de l’art et de l’architecture italiennes.

Directeurs

Principi dell'Accademia les plus distingués :

Membres distingués

(liste non exhaustive)

Notes et références

  1. (it) « Storia dell' Accademia », sur accademiasanluca.itstoria-dell-accademia (consulté le )
  2. Elena Fumagalli, « Biographies », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 632.
  3. Cène, Catalogue Sotheby's

Annexes

Bibliographie

  • Jean Arnaud, L'Académie de Saint-Luc à Rome : considérations historiques depuis son origine jusqu'à nos jours, Hermann Loescher & Cie, Rome, 1886, 423 p. (lire en ligne).
  • (en) Peter M. Lukehart (dir.), The Accademia Seminars. The Accademia di San Luca in Rome, c. 1590-1635, Yale, Yale University Press, , 430 p. (ISBN 9780300135916)
  • Olivier Michel, « III - Les peintres français et les concours de l'académie de Saint-Luc au XVIIe siècle », dans Vivre et peindre à Rome au XVIIIe siècle, Rome, Publications de l'École Française de Rome (no 217), (lire en ligne), p. 65-73

Bibliographie italienne

  • (it) Romano Alberti, Origine e progresso dell'Accademia del disegno, de Pittori, Scultori & Architetti di Roma recitati sotto il reggimento dell'Eccellente Sig. Cavagliero Federico Zuccari, & raccolti da Romano Alberti, Pavia, Pietro Bartoli,
  • (it) Emilia De Marco, « Lo studio del Nudo nell’Accademia Romana, da Clemente XII a Benedetto XIV », dans Kunibert Bering, Lambert Krahe 1712 – 1790. Maler, Sammler, Akademiegründer, Oberhausen, Athena, , 336 p. (ISBN 978-3-89896-531-6), p. 103-124
  • (it) Melchiorre Missirini, Memorie per servire alla storia della Romana Accademia di S. Luca fino alla morte di Antonio Canova compilate da Melchior Missirini, Roma, Nella Stamperia De Romanis,
  • (it) Nikolaus Pevsner, Le accademie d'arte. Introduzione di Antonio Pinelli, Torino, Einaudi, 1982; ed. orig.: cambridge 1940.
  • (it) Angela Cipriani et Enrico Valeriani, I disegni di figura nell'Archivio Storico dell'Accademia di San Luca, vol. 1 : Concorsi e Accademie del secolo XVII, Roma, Casa Editrice Quasar, , Vol. I
  • (it) Isabella Salvagni, « I ticinesi a Roma tra corporazione e accademia. Il caso dell'Accademia di San Luca (1550-1610) », Arte&Storia, Svizzeri a Roma nella storia, nell'arte, nella cultura, nell'economia dal Cinquecento ad oggi, Lugano, Edizioni Ticino Management, vol. 8, no 35,‎ , p. 74-86
  • (it) Cristiano Marchegiani,, « Meteore nei cieli d'Arcadia. Marchigiani e accademie d'arte nei secoli XVII e XVIII: studi e concorsi romani », Studia Picena. Rivista marchigiana di storia e cultura, Ancona,‎ lxxiii (2008), p. 169–259

Articles connexes

Liens externes

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