Adélaïde de Habsbourg-Lorraine
Titre
–
(5 ans, 9 mois et 28 jours)
| Prédécesseur | Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane |
|---|---|
| Successeur | Annexion au royaume d'Italie |
| Naissance |
Milan (Lombardie-Vénétie) |
|---|---|
| Décès |
(à 32 ans) Turin (Sardaigne) |
| Sépulture | Basilique de Superga |
| Père | Rainier d'Autriche |
| Mère | Élisabeth de Savoie-Carignan |
| Conjoint | Victor-Emmanuel II |
| Enfants |
Marie-Clotilde de Savoie Humbert Ier Amédée de Savoie Oddone de Savoie Maria Pia de Savoie |
Adélaïde de Habsbourg-Lorraine (née à Milan le , morte à Turin le ) est une archiduchesse d'Autriche, épouse de Victor-Emmanuel II de Savoie et reine de Sardaigne de 1849 à sa mort.
Biographie
Ascendance
Née Adelheid Franziska Marie Rainera Elisabeth Clotilde, elle est la fille de l'archiduc Rainier, vice-roi du royaume de Lombardie-Vénétie, et d'Élisabeth de Savoie-Carignan, sœur du roi de Sardaigne Charles-Albert.
Elle est couramment désignée comme Maria Adelaide en Italie et Adele dans son entourage familial[1].
Union et descendance
Elle épouse le à Stupinigi (Turin) son cousin Victor-Emmanuel II de Savoie et devient reine de Sardaigne en 1849.
De leur mariage sont nés :
- Princesse Marie-Clotilde (1843-1911) ;
- Prince Humbert, prince du Piémont (1849-1878) et roi d'Italie (1878-1900) ;
- Prince Amédée, duc d'Aoste (1845-1890), roi d'Espagne (1871-1873) ;
- Prince Oddone de Savoie, duc de Montferrat (Racconigi, - Gênes, ) ;
- Princesse Maria Pia ( - ) ;
- Prince Charles-Albert, duc de Chablais (Turin, - Stupinigi, ) ;
- Prince Victor-Emmanuel (Turin, - Turin, ) ;
- Prince Victor-Emmanuel, comte de Genevois (Turin, - Turin, ).

Vie officielle
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Elle critique auprès de Victor Emmanuel, dans des échanges épistolaires, la vision du monde de son oncle et beau-père qui pense encore pouvoir être aimé pour lui-même, et non considéré dans sa fonction : « Papa se fait des illusions, qui me sont incompréhensibles; ce qu’il rêvait au mois de mars, il le rêve de nouveau : l’amour des peuples, non en sa qualité de Roi, mais comme C. Albert; c’est inconcevable! (...) Il devrait n’avoir plus d’illusions pour ce nom de Charles-Albert qu’il croyait (et croit plus que jamais) adoré non seulement en Piémont, mais dans toute l’Italie »[2].
Après la défaite désastreuse de Novare en , son beau-père Charles-Albert renonce au trône en faveur de son fils aîné. Elle devint alors reine de Sardaigne[3].
En accord avec sa belle-mère Marie-Thérèse, elle s'efforce de modérer la politique anticléricale de son mari avec le gouvernement sarde[4].
Dernière souveraine du royaume de Sardaigne de 1849 à 1855, elle meurt au milieu de l'unification italienne sans pouvoir assister à la constitution du royaume d'Italie en 1861, dont elle aurait pu devenir la première reine sans sa mort prématurée.
Vie privée
Les traits de son caractère et sa formation conjuguent une spiritualité chrétienne fondée sur le sens de la résignation et un certain romantisme littéraire, formant une sorte de spiritualisme sentimental[2].
Elle transpose dans sa vie le comportement de l'épouse idéale modélisé par les manuels religieux catholiques de l'époque et pratique une anthropologie de la résignation, notamment dans les obligations d'une épouse chrétienne envers son époux. Elle ferme les yeux sur ses frasques et ses relations extraconjugales, notamment avec Rosina. Lorsque la famille royale vit l'été au château de Stupinigi où la reine a l’habitude de s’installer avec ses enfants pour fuir la chaleur de Turin, le roi, sans scrupule, y loge sa maîtresse et ses enfants à l’extrémité du parc, dans une petite maison, où il se rend souvent. Lors d’une de ses promenades, la reine rencontre un jour un des fils de Rosina. Elle s’arrête pour l’interroger, puis l’embrasse en silence sans cacher ses larmes. S'il se révèle infidèle, l'« épouse chrétienne » doit savoir pardonner et attendre son mari[1].
D'une santé fragile, elle est souvent malade et passe des jours entiers alitée. Elle est soignée par des saignées, selon les pratiques médicales de l'époque. Ses grossesses répétées dégradent son état de santé, alertant ses parents qui s'en inquiètent auprès de Victor-Emmanuel dès 1844, après son troisième accouchement, puis en 1847 après le cinquième[2].
Vénérée dans le Piémont, la reine Adélaïde, archiduchesse d'Autriche, y est considérée comme une véritable sainte. Mais cette admirable princesse est aussi décrite comme la victime résignée de son amour conjugal « dont la vie ne fut qu'un martyre, une suite d'amertumes et de douleurs »[5].
Mort
Après une grossesse difficile et la naissance le de son huitième enfant, elle est atteinte d'une fièvre puerpérale. Sa belle-mère Marie-Thérèse de Toscane meurt le . Le jour de ses funérailles, le , l'état de Marie Adélaïde s'aggrave brusquement, elle est prise de convulsions[6]. Elle agonise pendant cinq jours et meurt le à l'âge de 32 ans[7].
Elle est enterrée dans la basilique de Superga.
Hommages
En 1861, un groupe en marbre dit des « Deux Reines », sculpté par Vincenzo Vela[8] la représentant avec sa belle-mère Marie-Thérèse est placé dans le sanctuaire de la Consolata à Turin[9],[10].
La petite rue jouxtant le sanctuaire de la Consolata à Turin lui est dédiée comme Via Maria Adelaide[11].
En 1895, l'Institut de rachitisme de Turin, transformé plus tard en hôpital, lui est dédié sous le nom d'Istituto ortopedico Regina Maria Adelaide[12].
Une exposition lui est consacrée en 2022 à Stupinigi pour marquer le bicentenaire de sa naissance[3].
Ascendance
Références
- (it) Pier Giorgio Camaiani, Il diavolo e la questione romana: saggi sulle mentalità dell’Ottocento, Bologne, Il Mulino, (lire en ligne), chap. 7 (« La donna, la morte e il giovane Vittorio Emanuel »)
- (it) Antonio Monti, La giovinezza di Vittorio Emanuele II (1820-1849), A. Mondadori, , p. 148, 151-152
- (it) Gabriella Bernardi, « Maria Adelaide, l'ultima regina di Sardegna : A duecento anni dalla nascita la studiosa Maura Aimar ricorda la "non regina d'Italia" », Rivista Savej, (lire en ligne)
- ↑ (it) « MARIA ADELAIDE di Asburgo-Lorena, regina di Sardegna - Enciclopedia », sur Treccani (consulté le )
- ↑ Henry d'Ideville, Victor-Emmanuel II : sa vie, sa mort, souvenirs personnels, Paris, V. Palmé, (lire en ligne), p. 9, 62
- ↑ (it) Domenico Carbone, Maria Adelaide regina di Sardegna : Discorso detto nella solenne premiazione delle alunne del Collegio Reale delle fanciulle, Milan, Giacomo Agnelli, (lire en ligne), p. 27-28
- ↑ (it) Gazzetta piemontese, « Communiqués du Docteur Riberi, médecin personnel la Reine Adélaïde », Gazzetta piemontese, 17-20 janvier 1855, p. 79, 81, 83 (lire en ligne)
- ↑ (it) Samantha De Martin, « Cento anni di Vincenzo Vela, l'artista patriota al servizio del Risorgimento », sur arte.it (consulté le ).
- ↑ (en-US) yitsadmin, « Consolata Sanctuary, Turin, Italy », sur Catholic Shrine Basilica, (consulté le )
- ↑ (it) Michelangelo Buonarroti, « La Scultura del giorno: le due regine d’Asburgo Lorena di Vincenzo Vela », sur Michelangelo Buonarroti è tornato, (consulté le )
- ↑ « Mappa di Via Maria Adelaide a Torino », sur www.tuttocitta.it (consulté le )
- ↑ (it) Marco Neirotti, « C'era una volta il Maria Adelaide », La Stampa, , p. 13 (lire en ligne)
Articles connexes
- Victor Emmanuel II
- Marie-Thérèse de Habsbourg-Toscane (1801-1855)
- Charles-Albert (roi de Sardaigne)
- Prince Oddone de Savoie
- Prince Humbert
- roi de Sardaigne
- Risorgimento
Bibliographie
- (it) Gabriella Bernardi, « Maria Adelaide, l'ultima regina di Sardegna : A duecento anni dalla nascita la studiosa Maura Aimar ricorda la "non regina d'Italia" », Rivista Savej, (lire en ligne).
- (it) Pier Giorgio Camaiani, Il diavolo e la questione romana: saggi sulle mentalità dell’Ottocento, Bologne, Il Mulino, (lire en ligne), chap. 7 (« La donna, la morte e il giovane Vittorio Emanuel »).
- (it) Domenico Carbone, Maria Adelaide regina di Sardegna : Discorso detto nella solenne premiazione delle alunne del Collegio Reale delle fanciulle, Milan, Giacomo Agnelli, (lire en ligne), p. 27-28.
- Henry d'Ideville, Victor-Emmanuel II : sa vie, sa mort, souvenirs personnels, Paris, V. Palmé, (lire en ligne), p. 9, 62.
- (it) Antonio Monti, La giovinezza di Vittorio Emanuele II (1820-1849), A. Mondadori, .
Liens externes
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