Adélaïde de Saint-Germain

Adélaïde de Saint-Germain
Portrait de la comtesse de Montalivet, par Jacques Augustin.
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Propriétaire de

Anne Louise Françoise Adélaïde Starot de Saint-Germain, comtesse de Montalivet, née à Versailles le [1] et morte au château de Thauvenay le [2], est une dame du Palais de la cour de Napoléon Ier, épouse du ministre de l'Intérieur Jean-Pierre de Montalivet.

Biographie

Elle est la fille de Joseph Starot de Saint-Germain (1729-1794), fermier général, et de son épouse Catherine Éléonore Bénard (1740-1769), femme de chambre de Madame Adélaïde. Ayant perdu sa mère à sa naissance, elle est élevée par son père à Valence. Elle est demandée en mariage par son cousin germain Jean-Pierre Bachasson de Montalivet, mais M. de Saint-Germain refuse, ayant de plus grandes ambitions pour sa fille[3]. D'après les souvenirs de Napoléon Bonaparte, alors lieutenant d'artillerie à Valence, « Mesdemoiselles de Laurencin et Saint-Germain faisaient dans ce temps-là les beaux jours de Valence, et s’y partageaient tous les cœurs »[4]. Bonaparte aurait lui aussi envisagé d'épouser Adélaïde et aurait été refusé de la même manière que son ami Montalivet[5],[6],[note 1].

En 1794, M. de Saint-Germain est condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire et exécuté. Trois ans plus tard, Adélaïde épouse son cousin Montalivet à Valence, le [7]. Ils ont six enfants :

  1. Charles (1798-1807),
  2. Simon (1799-1829), second comte de Montalivet et pair de France,
  3. Camille (1801-1880), troisième comte de Montalivet, pair de France, ministre de l'Intérieur,
  4. Pierre (1803-1817),
  5. Joséphine (1806-1852), baronne de Tascher,
  6. Charles (1810-1832).

Alors que son mari est nommé préfet puis ministre par Napoléon Bonaparte devenu empereur, Adélaïde devient dame du palais de l'impératrice Joséphine de 1804 à 1810, puis de l'impératrice Marie-Louise de 1810 à 1814.

Après la chute de l'Empire, elle se retire avec son mari au château de Lagrange-Montalivet à Saint-Bouize, puis au château de Thauvenay voisin. Veuve en 1823, elle demeure occasionnellement rue Tronchet à Paris, où son fils Camille exerce les fonctions d'intendant de la liste civile de Louis-Philippe jusqu'en 1848[8]. Elle meurt à Thauvenay en 1850.

On compte parmi la descendance de son fils Camille le président de la République française Valéry Giscard d'Estaing (1926-2020).

Rumeurs de filiation royale

Une rumeur persistante fait d'Adélaïde de Saint-Germain une fille illégitime de Louis XV[6],[9],[10],[11]. Cette ascendance royale est contestée[12], en l'absence de toute source contemporaine faisant état de relations entre Louis XV et Catherine Éléonore Bénard, dont le mariage avec M. de Saint-Germain a été célébré onze mois avant la naissance de sa fille.

La première mention connue de cette filiation supposée se trouve dans les Mémoires d’une femme de qualité sur le Consulat et l’Empire, parues en 1830, qui mentionnent « ... Mademoiselle de Saint-Germain qui, elle aussi, était née, si on en croit une glorieuse médisance, au milieu des splendeurs de Versailles... ». L'auteur anonyme de ces mémoires serait Étienne-Léon de Lamothe-Langon (1786-1864), connu comme romancier, faussaire, auteur de mystifications historiques et de plusieurs Mémoires apocryphes[13]. Camille de Montalivet, dans la biographie de son père, présente sa mère comme fille de M. de Saint-Germain, sans aucune mention d'un doute sur sa paternité[3].

Notes

  1. ↑ Cette anecdote est peut-être une confusion avec une autre mentionnée dans le Mémorial : « Napoléon prit du goût pour mademoiselle du Colombier, qui n’y fut pas insensible : c’était leur première inclination à tous deux, et telle qu’elle pouvait être à leur âge et avec leur éducation. » Mlle de Saint-Germain est mentionnée quelques lignes plus loin, sans mention d'une inclination particulière de Napoléon.

Références

  1. ↑ Registre des baptêmes de la paroisse Saint-Louis de Versailles, cote 1112626, consultable en ligne (image 18/90)
  2. ↑ Arnaud Chaffanjon, Napoléon et l'univers impérial, Serg, (lire en ligne)
  3. Camille Bachasson de Montalivet, Notice sur le comte Jean-Pierre Bachasson de Montalivet, Paris 1867.
  4. ↑ Emmanuel de Las Cases, Le Mémorial de Sainte-Hélène, 27 au 31 août 1815.
  5. ↑ Roger Iappini, Napoléon jour après jour: De la naissance au 18 Brumaire , éditions Cheminements, 2009
  6. Michel de Decker, Napoléon – Les plus belles conquêtes de l'Empereur, Paris, Belfond, 2004 (ISBN 9782714439970).
  7. ↑ Archives départementales de la Drôme, microfilm 5 Mi 1/R42, p. 718/1074
  8. ↑ Comte de Montalivet, Fragments et souvenirs, tome 2, Paris 1900
  9. ↑ L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, 1898, page 557 ; volume 19, page 1057.,
  10. ↑ Jean-Claude Banc, Montalivet l'homme de confiance de Napoléon, Nouveau Monde Éditions, 2011, page 25.
  11. ↑ Henri Vrignault, Les enfants de Louis XV : descendance illégitime, Perrin, 1954, page 123 et 124.
  12. ↑ Joseph Valynseele et Christophe Brun, Les bâtards de Louis XV et leur descendance, éditions Perrin, 1992
  13. ↑ Jean Saint-Loup, Secrets de famille, Secrets de généalogie, Amazon, , 209 p., p.23-37

Annexes

Sources

  • Camille Bachasson de Montalivet, Notice sur le comte Jean-Pierre Bachasson de Montalivet, Paris 1867.
  • Jean-Claude Banc, Montalivet, l'homme de confiance de Napoléon, Nouveau Monde éditions / Fondation Napoléon, Paris 2011
  • Henri Vrignault, Les enfants de Louis XV : descendance illégitime, Perrin, 1954

Articles connexes

Liens externes

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