Ada Flatman

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Ada Susan Flatman ,née en et morte en , est une suffragette britannique ayant travaillé au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Biographie
Naissance
Ada Susan Flatman nait dans le Suffolk en 1876. Elle vit dans les mêmes chambres du Twentieth Century Club de Notting Hill que sa collègue militante Jessie Stephenson. Elle est indépendante financièrement et s'intéresse aux droits des femmes[1].
Activisme
Flatman est envoyée à la prison de Holloway, après avoir participé au raid sur les Chambres du Parlement en 1908, mené par Marion Wallace Dunlop, Ada Wright et Katherine Douglas Smith, et à une deuxième vague menée par Una Dugdale[1].
L'année suivante, elle est employée par la Women's Social and Political Union (WSPU) pour organiser leurs activités à Liverpool[1],[2] succédant à Mary Phillips. Flatman aménage un logement modeste pour Constance Lytton lorsqu'elle vient à Liverpool déguisée en femme ouvrière, dans le but de se faire arrêter pour activisme suffragette afin de créer une publicité appropriée[1].

À Liverpool, elle travaille avec Alice Stewart Ker, mais c'est Flatman à qui Emmeline Pethick fait confiance lorsque Liverpool demande l'autorisation d'ouvrir une boutique WSPU[3]. La boutique, créée pour elle par Patricia Woodlock, connait un grand succès et permet de récolter des fonds importants pour la cause[4],[5]. Flatman organise par la suite la campagne de communication autour de la libération de Woodlock, qui avait purgé sa peine à Holloway. Un exemplaire de 1909 de Votes for Women représentait « Patricia » sous les traits d'un cuirassé.
En mai 1909, Flatman se rend à Bristol où la politicienne anti-suffragette Augustine Birrell doit prononcer un discours à l'hôtel Royal devant la Chambre de commerce locale[6]. Flatman prend une chambre à l'hôtel la veille de l'événement et parvient à échapper aux détectives chargés de la suivre. Après le discours, profitant du moment où un garde se détourne pour parler à quelqu'un, Flatman parvient à franchir une barrière de trois mètres. Elle fait irruption dans la salle en criant : « Donnez le droit de vote aux femmes qui paient des impôts ! ».
Au cours de son action, elle lance dans la foule des centaines de tracts aux couleurs emblématiques des suffragettes, le vert, le violet et le blanc exhortant les hommes libéraux à soutenir leur cause. Suite à cet éclat, elle est immédiatement expulsée de l'événement[7].
En août 1909, Flatman participe à une campagne estivale sur l'île de Man et faillit être jetée d'une jetée lors d'une agression par des anti-suffragistes[8]. En décembre 1909, elle fait partie d'un groupe de suffragettes réunies au Royal Albert Hall pour protester contre la position de David Lloyd George sur le droit de vote des femmes. Dans un article du London Evening Standard de l'époque, la militante pour le suffrage féminin Frances Ede décrit comment des stewards ont traîné Flatman hors de son siège et l'ont expulsée « avec une violence tout à fait inutile »[9].
En juillet 1910, Flatman est une oratrice clé sur l'une des tribunes du rassemblement de 10 000 femmes à Hyde Park, à Londres[10]. Flatman a soudainement démissionné de son poste de coordinatrice de la section de Liverpool en 1910, en raison d'un désaccord sur la manière de mener campagne. Alice Morrissey lui a succédé en tant qu'organisatrice bénévole de la section, jusqu'à la nomination d'un autre membre du personnel[11].
L'année suivante, Flatman devient secrétaire honoraire de la WSPU à Cheltenham. Peu après sa nomination, elle organise la venue d'Emmeline Pankhurst, d'Evelyn Sharp et de Constance Lytton pour des conférences à Cheltenham[12]. Ces conférences rencontrent un vif succès et sont largement couvertes par la presse locale et régionale, notamment par la déclaration de Lytton selon laquelle les droits des femmes en Grande-Bretagne étaient « encore à l'âge de pierre »[13]. Flatman commença également à organiser des réunions locales à domicile[14].
Lors du recensement de 1911, Flatman organise une « super fête nocturne » à son domicile de Bedford Lodge, sur College Road, dans le Gloucestershire, afin qu'un groupe de suffragettes puisse échapper au recensement[15]. Lorsque le ministre du gouvernement libéral , Charles Hobhouse, prend la parole au Shire Hall de Gloucester, Flatman tente en vain de l'interroger sur le suffrage féminin, mais elle est expulsée[16].

Déménagement aux États-Unis
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, les principales organisations suffragistes conviennent de suspendre leurs manifestations jusqu'à la fin du conflit. De nombreuses militantes s'y opposent ; Flatman, qui vivait à Bristol[10] était de celles-ci et rejoint le Women's Emergency Corps, fondé par Evelina Haverfield[10]. Elle décide de poursuivre son combat aux États-Unis et émigre en 1915 pour travailler au journal d'Alice Paul, The Suffragist [17], dont elle devient directrice commerciale et publicitaire [18].
En 1916, Flatman se trouve à Chicago où elle travaille comme organisatrice de terrain pour la convention du Parti des femmes[19]. Le New York Herald rapporte qu'elle avait lancé seule la campagne d'affichage, vêtue de la tête aux pieds de violet, la couleur emblématique du mouvement suffragiste. L'article précise également que Flatman dirige des équipes d'affichage anti- Wilson dans tous les États ayant adopté le droit de vote des femmes, avec pour objectif d'en coller un million[20].
Mort
Après la guerre, Flatman souhaite poursuivre son combat pour le suffrage féminin, mais les organisations américaines et sud-africaines refusent son aide[17]. Le suffrage féminin est pleinement obtenu aux États-Unis en 1920 et au Royaume-Uni en 1928. Flatman retourne en Angleterre dans les années 1930 et milita pour la paix[10]. Elle meurt à Eastbourne, dans le Sussex, en 1952[17].
Héritage
Flatman soutient le travail d'Edith How-Martyn dans la documentation du mouvement au sein de la Suffragette Fellowship[21]. Elle a légué 25 £ dans son testament (sur une succession de 250 £) à la Suffragette Fellowship[22].
Les souvenirs de Flatman sont enregistrés par la BBC[23]. Elle a également conservé un album de ses aventures de suffragette, aujourd'hui conservé au Musée de Londres[24], et a également fait don d'un pain de petit-déjeuner qu'elle avait rapporté de la prison de Holloway et conservé comme relique de la cause[25].
Notes et références
Notes
Références
- (en) Diane Atkinson, Rise Up Women!: The Remarkable Lives of the Suffragettes, Bloomsbury Publishing Plc, (ISBN 978-1-4088-4405-2, lire en ligne)
- ↑ Myall, « “only be ye strong and very courageous”: the militant suffragism of lady constance lytton », Women's History Review, vol. 7, no 1, , p. 61–84 (ISSN 0961-2025, DOI 10.1080/09612029800200165, lire en ligne
)
- ↑ (en) Marij van Helmond, Votes for Women: The Events on Merseyside 1870-1928, National Museums & Galleries on Merseyside, (ISBN 978-0-906367-45-2, lire en ligne)
- ↑ (en) « Ada Flatman », sur Spartacus Educational (consulté le )
- ↑ (en) Elizabeth Crawford, The Women's Suffrage Movement in Britain and Ireland: A Regional Survey, Routledge, , 18 p. (ISBN 978-1-136-01062-0, lire en ligne)
- ↑ « Breaking a barricade », Votes for Women, , p. 22 (lire en ligne)
- ↑ (en) June Hannam, Feminism, Routledge, , 110–111 p. (ISBN 978-1-317-86108-9, lire en ligne)
- ↑ (en) Marjolein't Hart et Dennis Bos, International Review of Social History, Supplement 15, Cambridge University Press, , 267 p. (ISBN 978-0-521-72214-8), « Humour and Social Protest »
- ↑ « War on Suffragists: evidence of brutality by stewards », London Evening Standard, , p. 8 (lire en ligne, consulté le )
- Diane Atkinson, Rise up, women! : the remarkable lives of the suffragettes, London, Bloomsbury, , 98, 115, 191, 212, 536 (ISBN 9781408844045, OCLC 1016848621, lire en ligne)
- ↑ Cowman, Krista, 1964–, Mrs. Brown is a man and a brother : women in Merseyside's political organisations, 1890–1920, Liverpool, Liverpool University Press, (ISBN 978-1-84631-360-8, OCLC 276174298)
- ↑ (en) Jill Liddington, Vanishing for the vote: Suffrage, citizenship and the battle for the census, Manchester University Press, (ISBN 978-1-84779-888-6, lire en ligne)
- ↑ (en) Transactions of the Historic Society of Lancashire and Cheshire, Historic Society of Lancashire and Cheshire, , 191 p. (lire en ligne)
- ↑ « Mrs Pankhurst in Cheltenham », The Cheltenham Examiner, , p. 4 (lire en ligne)
- ↑ « Miss Susan Ada Flatman », Women's Suffrage Resources (consulté le )
- ↑ Benson, « Women's Suffrage activism in Cheltenham » [archive du ], GlosDocs: Gloucestershire Local History Association (consulté le )
- (en) « Ada Flatman », Spartacus Educational (consulté le )
- ↑ « Search results from Women of Protest: Photographs from the Records of the National Woman's Party », Library of Congress (consulté le )
- ↑ « New Party proposed by women », The Chickasha Daily Express, , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Arm with paste to fight Wilson », The New York Tribune, , p. 5 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Free museum in London », Museum of London (consulté le )
- ↑ (en) Elizabeth Crawford, The Women's Suffrage Movement: A Reference Guide 1866–1928, London, UCL Press, , 221–223 p. (ISBN 184142031X)
- ↑ « BBC - Archive - Suffragettes - A Talk by Ada Flatman » [archive du ], www.bbc.co.uk (consulté le )
- ↑ (en) « Shades of Militancy: the forgotten Suffragettes », Museum of London (consulté le )
- ↑ Kean, « Public history and popular memory: issues in the commemoration of the British militant suffrage campaign », Women's History Review, vol. 14, nos 3-4, , p. 581–602 (ISSN 0961-2025, DOI 10.1080/09612020500200440, lire en ligne
)
Liens externes
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