Adriaan Bijleveld

Adriaan Bijleveld
Adrien Byleveld
Nom de naissance Adriaan Caspers Bijleveld
Naissance
La Haye
Décès (à 64 ans)
Bois-le-Duc
Origine Drapeau des Pays-Bas à cette époque Provinces-Unies
Allégeance Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Arme Artillerie
Unité Korps Rijdende Artillerie (nl)
Grade Général-major
Années de service
Conflits Guerres napoléoniennes
Guerre de la Septième Coalition
Guerre belgo-néerlandaise
Faits d'armes Bataille de Friedland
Bataille des Quatre Bras
Bataille de Waterloo
blocus de Maastricht (nl)
Distinctions Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur
Chevalier de l'Ordre militaire de Guillaume
Chevalier de l'Ordre du Lion néerlandais
Hommages Monument à Genappe (Belgique)
Famille Casparus Bijleveld (nl)
Daniel Jan Bijleveld (nl)

Adriaan Bijleveld (parfois francisé Adrien Byleveld) né le à La Haye (Provinces-Unies) et mort le à Bois-le-Duc (Pays-Bas), est un militaire néerlandais particulièrement connu pour sa participation aux guerres napoléoniennes puis à la campagne de Belgique et aux célèbres batailles des Quatre bras et de Waterloo.

Biographie

Origines et vie privée

Adriaan Caspers Bijleveld est le fils Casparus Bijleveld (nl), avocat et politicien néerlandais et d'Elisabeth Maria van Swieten, mariés le à Leiden[1]. Il nait dans la république des Provinces-Unies, à La Haye le et est le frère ainé de Daniel Jan Bijleveld (nl), né le . Il a également une soeur cadette, Elizabeth Maria Theodora Bijleveld, née en 1801[2].

Il se marie le avec Abdia Aletta Cornelia Bowier (1799-1880) avec laquelle il a une fille, Elisabeth, qui nait le à Bois-le-Duc[3].

Guerres napoléoniennes

Il commence sa carrière militaire à l'époque de la République batave, en intégrant l'école d'artillerie de Zutphen le en tant qu'élève officier[4]. Le , il est nommé sous-lieutenant au sein de la 1re compagnie d'artillerie à cheval commandée par le capitaine David Esaias Bode, alors en garnison à La Haye. Il y reste jusqu'en 1805, quand la compagnie embarque sur les navires de la marine néerlandaise basée au Helder dès le afin de participer au projet français d'invasion du Royaume-Uni (1803-1805). L'opération étant avortée, ils débarquent peu après pour se rendre en Prusse et participer à la campagne de 1805. La compagnie quitte Utrecht le et prend part à l'encerclement de l'armée autrichienne de Karl Mack à la bataille d'Ulm. Bijleveld y commande la section d'obusiers de la batterie et participe au bombardement de la ville le , à la suite duquel Mack capitule. Après la victoire, la compagnie est renvoyée à La Haye où elle arrive le . Le , Napoléon Ier décide de dissoudre la République batave et de la remplacer par le royaume de Hollande, dont il nomme son troisième frère, Louis Bonaparte, comme souverain.

Le , la 1re compagnie d'artillerie à cheval est intégrée à l’Armée du Nord, elle-même rattachée au 8e corps d’armée du maréchal Édouard Mortier. Le 1806, Bijleveld est promu premier lieutenant. Il prend part à la guerre de la Quatrième Coalition et notamment à la campagne de Poméranie suédoise en 1807 et à la bataille de Stralsund. Il participe également au siège de Dantzig puis à la bataille de Friedland le , où le corps de Mortier forme l’aile gauche de l’armée française. L’artillerie à cheval néerlandaise est positionnée devant le village d'Heinrichsdorf. Après avoir tiré toute la journée jusqu’à 18 h et épuisé toutes ses munitions, la batterie est retirée de la ligne. Bijleveld s’y distingue par la précision du tir de sa section d’obusiers.

Le , il est nommé capitaine et est engagé dans la campagne d'Allemagne et d'Autriche en 1809. Il participe notamment à la bataille de Stralsund le . En août, la compagnie reçoit l'ordre de retourner en garnison à Amsterdam et est dissoute le . La deuxième compagnie est alors renommée « compagnie numéro 1 » et placée sous le commandement du capitaine Christiaan Everhard Johan Hogerwaard. Elle arrive trop tard pour participer à la défense du territoire lors de l'expédition de Walcheren de fin décembre et est laissée en garnison sur l’île de Beveland-du-Nord jusqu’au , avant d'être transférée dans la province du Brabant-Septentrional.

Le , le royaume de Hollande est incorporé au Premier Empire français et l’artillerie à cheval néerlandaise forme le 7e régiment d’artillerie à cheval. Adriaan Bijleveld y est transféré à l’état-major de l’inspecteur général de l’artillerie à partir du et promu capitaine de 1re classe le . Le ,il reçoit l’ordre de se rendre en Espagne afin de prendre le commandement de l’ancienne batterie néerlandaise d’artillerie à cheval no 3, après le décès de son commandant pendant la guerre d'indépendance espagnole. Il arrive à Guadix le , après un voyage particulièrement long et difficile vu le contexte de l'époque. Sa compagnie est entre-temps devenue la 7e compagnie du 4e régiment d’artillerie à cheval.

Avec les préparatifs de la campagne de Russie, Napoléon déplace ses troupes et Bijleveld reçoit l’ordre de remonter vers le nord pour combler les vides laissés dans les rangs. Laissant ses canons derrière elle, la compagnie marche jusqu’à Valladolid, où elle arrive le . Elle y reste jusqu'en février 1813, quand elle reçoit l'ordre de marcher vers Bayonne puis vers Vérone, en Italie, où se trouve le dépôt du régiment. Toutefois, arrivé à Valence le , Bijleveld est redirigé vers Metz afin de compléter ses effectifs avec de jeunes conscrits du 6e régiment d’artillerie à cheval. Une fois l'incorporation effectuée, le , la compagnie est envoyée rejoindre la Grande Armée en difficulté en Allemagne. Elle arrive à Dresde le et est affectée au 2e corps de cavalerie du général Horace Sébastiani. Le , Bijleveld est nommé chevalier de l'ordre de la Légion d’honneur[5]. Le , la batterie de Bijleveld est l’une de celles chargées de couvrir la retraite de l’armée française vaincue à la bataille de la Katzbach. Débordé par une charge de cavalerie russe, Bijleveld reçoit des coups de lance à la main gauche et à l’épaule avant d’être fait prisonnier.

Il demeure en captivité à Breslau jusqu’au , date à laquelle il est libéré et rejoint l’armée néerlandaise. En effet, avec les défaites successives de Napoléon lors de la guerre de la Sixième Coalition, la principauté souveraine des Pays-Bas unis est proclamée le après la retraite des troupes françaises du territoire des anciennes Provinces-Unies. Le , Adriaan Bijleveld est nommé commandant de compagnie dans l’artillerie à cheval avec le grade de capitaine et arrive à La Haye le . Après la première abdication de Napoléon Ier le , il reçoit l’ordre de se rendre à Bois-le-Duc avec quatre compagnies d’artillerie à cheval et huit canons le . C’est à partir de celles-ci qu'est formée la 2e compagnie qui est déplacée à Berg-op-Zoom le . Le , le congrès de Vienne crée officiellement le royaume uni des Pays-Bas, mariant de force la Belgique et les Pays-Bas actuels, avec Guillaume d'Orange-Nassau pour premier souverain et premier grand-duc de Luxembourg.

Cent-Jours

Lors de l'épisode des Cent-Jours, qui marque le retour de Napoléon Ier sur le continent après son exil sur l'île d'Elbe, Adriaan Bijleveld est alors âgé de 28 ans et a le grade de capitaine d'artillerie. Il prend part aux combats de la guerre de la Septième Coalition contre ses anciens compagnosn d'armes français, dans l'armée alliée dont font partie les forces armées du royaume uni des Pays-Bas. En effet, le , Napoléon débarque dans le sud de la France, à Vallauris, et commence la reconquête de son ancien empire.

Bataille des Quatre-Bras

Le prince Guillaume d'Orange avec les troupes néerlandaises lors de la bataille des Quatre-Bras.

Le , Bijleveld reçoit l’ordre de rejoindre provisoirement la 2e division néerlandaise d'Henri de Perponcher Sedlnitsky au sein de l’« armée mobile des Pays-Bas ». Le , il arrive près des Quatre-Bras de Baisy-Thy, dans la province du Brabant-Méridional (actuellement dans la commune de Genappe, en Belgique). Il commande la 2e compagnie du Korps Rijdende Artillerie (nl) (corps d’artillerie à cheval). Le , la batterie compte 4 officiers, 100 hommes et 104 chevaux. Elle est armée de six canons de 6 livres et de deux obusiers de 24 livres. Le détachement du train d'artillerie, quant à lui compte 2 officiers, 110 hommes et 182 chevaux. Ils sont rattachés à la 2e brigade commandée par le prince Bernard de Saxe-Weimar-Eisenach qui engage le combat dès le à Frasnes-lez-Gosselies. Bijleveld y place ses canons « en parc » derrière les avant-postes tenus par le 2e bataillon du 2e régiment de Nassau commandé par le major Philipp von Normann[6]. Lorsque les premiers tirs sont entendus en provenance de Charleroi, le capitaine Bijleveld fait atteler ses pièces. Vers 18 h 30, des lanciers français tentent de surprendre les avant-postes de Nassau, mais sont repérés. Bijleveld se replie sur une hauteur au nord de Frasnes et déploie sa batterie, les deux obusiers commandés par le premier lieutenant Wasseroth de Vincy étant placés directement sur la chaussée, avec trois canons de chaque côté. Le bataillon de Nassau se déploie, quant à lui, en ligne de part et d’autre de la batterie, tandis que deux compagnies demeurent à l’intérieur de Frasnes.

Peu avant 20 h, les Français débouchent de Frasnes pour lancer une attaque frontale, mais sont repoussés dans le village avec de nombreuses pertes. Malgré cela, leur action leur permet de déborder la position des Alliés, qui décident de se replier vers une nouvelle position à mi-chemin du carrefour. Bijleveld fait alors déployer quatre canons sur la route au sud de la ferme de Gemioncourt, dont une pièce placée à l’avant-poste sur cette route, deux canons sur la route de Namur, ainsi que deux canons et le train d’artillerie directement au carrefour.

Au matin du , les troupes néerlandaises sont en ordre de bataille à environ deux mille pas au sud du carrefour. La batterie est couverte par une compagnie du 27e bataillon de chasseurs. La bataille des Quatre Bras débute à proprement parlé et quelques escarmouches mineures ont lieu dans ce secteur durant la matinée. Cependant, vers 14 h, le maréchal Michel Ney lance une attaque majeure : les Français déploient deux batteries (quatorze canons) au nord de Frasnes, concentrant leur feu sur la batterie de Bijleveld et lui infligeant de lourdes pertes, détruisant notamment l’avant-train de l’obusier. En conséquence, le capitaine replie ses quatre pièces restantes vers une nouvelle position entre Gemioncourt et les Quatre-Bras, où les pièces restantes de la batterie à pied le rejoignent plus tard. L’artillerie française tourne alors toute son attention vers la batterie à pied du capitaine Emmanuel-Joseph Stevenart, qui trouve la mort dans l'attaque. Le commandant de l’artillerie de la 2e division néerlandaise, le major Cornelis van Opstal, est grièvement blessé et transfère son commandement à Bijleveld. Les batteries néerlandaises sont chargées par plusieurs escadrons du 6e régiment de chasseurs à cheval et subissent de lourdes pertes, mais restent opérationnelles en utilisant les chevaux des canonniers montés pour reformer les attelages et se préparer à la suite des combats, l'issue de la bataille n'ayant pas été décisive, ni pour un camp ni pour l'autre.

Bataille de Waterloo

Monument à Adriaan Bijleveld à Genappe.

Le , Bijleveld détache un obusier auprès de la section d’artillerie à pied du sous-lieutenant Leopold Winssinger, positionnée au nord et sur le flanc de la ferme de la Papelotte. Avec les sept pièces restantes, il prend position en première ligne, sur l’aile droite de la 1re brigade du major-général Guillaume Frédéric de Bylandt et de la 2e division néerlandaise commandée par Henri de Perponcher Sedlnitsky qui couvre la route de Genappe. Leur position est alors très exposée et, vers midi, elle se replie derrière la crête. Bijleveld suit le mouvement, faisant tirer les canons à l’aide de cordes de halage. En raison du terrain difficile, l’une des cordes se rompt, ce qui oblige à abandonner une pièce. Ce canon sera récupéré plus tard dans la journée sous le feu ennemi par le premier lieutenant Wasseroth de Vincy et deux canonniers. Vers 20 h Napoléon et l'armée française sont en déroute et la bataille est gagnée.

Ayant subi de lourdes pertes durant les jours précédents, Bijleveld ramène sa batterie à Bruxelles le afin de récupérer, avant de rejoindre de nouveau la 2e division néerlandaise le du même mois.

Forces armées du royaume uni des Pays-Bas

Après la bataille de Waterloo, Adriaan Bijleveld est nommé chevalier de 4e classe de l’Ordre militaire de Guillaume le et promu major le . Il demeure dans les environs de Paris jusqu’au , date à laquelle il reçoit l’ordre de se rendre à Anvers, alors située dans le royaume uni des Pays-Bas, où il est affecté au 3e bataillon d’artillerie. Le , il est transféré à Delft puis en garnison à Dordrecht du de la même année jusqu’au . Il retourne ensuite dans l’artillerie à cheval à Bois-le-Duc. Le , il est promu lieutenant-colonel au sein du 3e bataillon d’artillerie de campagne, et est envoyé en garnison à Maastricht.

Lorsque la révolution belge éclate, il participe au blocus de Maastricht (nl) lors de la guerre belgo-néerlandaise. Il est alors sous les ordres du général Bernardus Johannes Cornelis Dibbets (nl) et combat les patriotes belges ainsi que la jeune armée belge qui tentent de prendre la forteresse de Maastricht lors de la campagne du Limbourg.

Pour ces faits d'arme, il est nommé chevalier de l'Ordre du Lion néerlandais par décret du roi Guillaume du [7].

Il est ensuite promu colonel le puis général-major le avant de prendre sa retraite le du même mois.

Distinctions

Hommages

« À la mémoire de la batterie d'artillerie à cheval néerlandaise sous le commandement du capitaine Adriaan Bijleveld M.W.O.[8] (1787-1852) qui, les 15 et 16 juin 1815, offrit une résistance acharnée aux unités de l'armée française commandées par le maréchal Ney.

Ter herinnering aan de batterij der nederlandse rijdende artillerie gecommandeerd door de kapitein Adriaan Bijleveld, M.W.O. (1787-1852), die op 15 en 16 juni 1815 krachtig weerstand bood aan de opmars van de franse legereenheden onder maarschalk Ney. »

Bibliographie

  • (nl) Abraham Jacob van der Aa, Biographisch woordenboek der Nederlanden, t. II, Haarlem, J.J. van Brederode, (lire en ligne), p. 1709-1710. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Notes et références

  1. (nl) « Bijleveld Casparus », sur Genealogie van Zoeterwoude (consulté le )
  2. (nl) « Bijleveld Elizabeth Maria Theodora », sur Genealogie van Zoeterwoude (consulté le )
  3. (nl) « Elisabeth Maria Bijleveld », sur openarchieven.nl (consulté le )
  4. (en) « Horse Artillery Officers of the Netherlands Serving from 1813 to 1815: Bijleveld, Adriaan », sur Napoleon Series (consulté le )
  5. « Fiche d'Adrien Byleveld (Légion d'Honneur) », sur Base Léonore (consulté le )
  6. Markus Gärtner, « L'infanterie du Duché de Nassau pendant la campagne de 1815 », sur napoleon-online.de
  7. (nl) « Bijleveld, Adriaan », sur Ridders Militaire Willems-Orde (consulté le )
  8. « Militaire Willems-Orde », abrévié « MWO »
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