Aenetus virescens

Aenetus virescens est une espèce de papillons de nuit, de la famille des Hepialidae. Il est endémique de l'Île du Nord, en Nouvelle-Zélande. C'est le plus grand papillon de Nouvelle-Zélande, avec une envergure pouvant atteindre 150 mm. Il passe entre cinq et six ans sous forme de chenille dans des troncs d'arbres. Il passe ensuite 48 heures sous forme de papillon avant de mourir.

Taxonomie

Un Aenetus virescens femelle
Un Aenetus virescens mâle
Male puriri moth, wings at rest
Aenetus virescens mâle avec les ailes refermées

Cette espèce a été décrite pour la première fois en 1843 par Edward Doubleday dans l'ouvrage Travels in New Zealand de Ernst Dieffenbach[1]. Elle avait alors été nommée Hepialis virescens[2]. George Hudson a ensuite présenté et illustré cette espèce sous ce nom dans son livre The Butterflies and Moths of New Zealand.[3]

Description

Aenetus virescens est facilement identifiable à sa grande taille, à la coloration vive de ses ailes antérieures et aux importants dégâts causés aux arbres hôtes après leurs passages[4]. Les adultes présentent un dimorphisme sexuel important avec une envergure moyenne de 10 cm pour les mâles et 15 cm pour les femelles[4], il s'agit du plus grand insecte ailé endémique de Nouvelle-Zélande[5],[6]. Les ailes antérieures présentent généralement une gamme de verts vifs, avec des motifs brunâtres chez les femelles et des motifs blanchâtres chez les mâles. Les ailes postérieures sont rosées[4]. Il existe aussi des variations de couleur au sein de l'espèce : certains individus présentant des ailes bleu-vert, jaune, rouge ou peuvent même être albinos[5],[4].

Écologie et comportement

Ce espèce vit en forêt. Autrefois, les mâles s'attaquaient fréquemment aux sources lumineuses dans les zones habitées : les premiers colons ont rapporté d'immenses essaims de papillons « envahissant les pièces, suffisamment nombreux pour éteindre les lampes allumées ». Le phénomène est devenu moins fréquent avec le déboisement[5],[6].

Plantes hôtes

Anetus virescens vit dans de nombreuses espèces d'arbres forestiers. Parmi elles, des plantes natives de Nouvelle-Zélande comme le Vitex_lucens (en) ou le Carpodetus_serratus (en), mais également des espèces introduites par les Européens tels que le cerisier[4],[5],[6].

Cycle de vie

Aenetus virescens peut vivre sous forme de larve jusqu'à six ans[5]. Les papillons deviennent adultes de septembre à novembre et ne vivent que quelques nuits au maximum. Les adultes sont dépourvus de pièces buccales et ne peuvent donc pas se nourrir : ils dépendent donc uniquement des réserves alimentaires de faite à l'état de larves[6].

Aenetus virescens sculpté, exposé dans la collection d'arthropodes de Nouvelle-Zélande à Auckland.

Les femelles pondent environ 2 000 œufs au cours de leur vie adulte. Les œufs sont déposés aléatoirement sur le sol forestier[7]. Initialement blancs ou jaunâtres, ils noircissent après environ deux semaines, avant d'éclore[6]. Les larves vivent d'abord sous le bois mort, près du sol, où elles se nourrissent de polypores[6]. Après approximativement un an, elles pénètrent dans un arbre hôte et creusent un tunnel dans le tronc et les branches. Ce tunnel, en forme de sept, mesure plus ou moins 13 mm de diamètre. Il pénètre dans l'arbre sur une longueur de 4 à 5 cm, puis descend verticalement sur une quinzaine de centimètres. Le tunnel s'élargit progressivement, au fur et à mesure que la larve grandit et mue[6]. Celle-ci se protège et se camoufle par une toile de soie et de copeaux de bois[7].

Illustration des stades de vie d'un Aenetus virescens (1a-1c) tirée de « An elementary manual of New Zealand entomology; being an introduction to the study of our native insects » par George Vernon Hudson (1892).

La larve sort de son tunnel la nuit pour se nourrir des tissus calleux entourant l'entrée du terrier, toile de soie dont la couleur se confond souvent avec celles de l'écorce[6],[5]. Elle atteint une longueur d'environ 10 cm avant de se nymphoser[5], puis passe 4 à 5 mois sous forme de chrysalide avant d'éclore sur une durée d'une à deux heures[6],[5],[8].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Pūriri moth » (voir la liste des auteurs).
  1. Edward Doubleday, Travels in New Zealand with contributions to the geography, geology, botany, and natural history of that country, vol. 2, J. Murray, , 284 p. (DOI 10.5962/bhl.title.25939, lire en ligne), « Lepidoptera »
  2. « Hepialus virescens Doubleday, 1843 », www.nzor.org.nz, Landcare Research New Zealand Ltd (consulté le )
  3. G. V. Hudson, The Butterflies and Moths of New Zealand, Wellington, Ferguson & Osborn Ltd., , 357–359 p. (lire en ligne)
  4. (en) Martin, « Puriri moth - Aenetus virescens. Interesting Insects and other Invertebrates. » Accès libre, New Zealand Arthropod Factsheet Series Number 13, sur Manaaki Whenua - Groupe de recherche pour l'aménagement du territoire, 2010, revue en 2018 (ISSN 1179-643X, consulté le )
  5. David Miller et Annette K. Walker, Common insects in New Zealand, Wellington [N.Z.], Rev., (ISBN 0589014803, OCLC 12748887)
  6. Grehan et Winstanley, « The puriri moth - a large, colourful insect », Forest and Bird, vol. 13,‎ , p. 28–32
  7. Robert J. B. Hoare, A photographic guide to moths & butterflies of New Zealand, Auckland, New Holland Publishers (NZ) Ltd, , 15 p. (ISBN 9781869663995, OCLC 891672034)
  8. Blundell, Kay, « 'World first' as camera catches moth emerging », The Dominion Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
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