Affaire Nirim
L'affaire Nimrim est un viol collectif commis durant la soirée du 12 au , veille du Shabbat, par une vingtaine de militaires de Tsahal sur une adolescente bédouine palestinienne, qu'ils enlèvent après avoir tué son compagnon. À l'issue, la victime est exécutée par ses agresseurs et enterrée. L'identité de la jeune femme reste inconnue[1],[2].
Faits
En , une unité militaire de Tsahal stationnée à l'avant-poste Nirim, dans le Néguev, au lieu actuel du kibboutz Nir Yitzhak, intercepte un homme arabe, le tue, et capture une jeune fille bédouine qui l'accompagne. Son nom et son âge restent inconnus, mais elle était probablement adolescente[1]. Ramenée au camp, elle est violée par trois soldats après avoir été forcée à se doucher sous les yeux des militaires[1] et avoir eu les cheveux coupés[3]. Durant la fête organisée, un vote est alors décidé pour déterminer si la jeune femme devait être employée en cuisine ou si elle devait être violée[3] : la plupart des quelque 20 soldats présents votent en scandant : « Nous voulons baiser »[1],[4]. Le commandant organise alors un roulement pour que ses hommes violent collectivement la jeune fille pendant les trois jours suivants[1]. Après le viol collectif, la jeune femme est laissée inconsciente et dès le lendemain elle est emmenée dans les dunes, exécutée puis enterrée[1]. Le chef du détachement se voit ordonner de rédiger un rapport[1]. En 2003, le quotidien Haaretz révèle les faits sur la base du rapport[1],[4].
Procès
La plupart des militaires de l'avant-poste sont jugés secrètement, certains affirmant qu'ils n'avaient fait qu'obéir aux ordres de leur commandant. Le chef est acquitté du viol, mais reconnu coupable de meurtre et condamné à 15 ans de prison. Les juges comparent sa volonté déclarée « d'assassiner de sang-froid même des femmes et des enfants » aux « méthodes d'Hitler en France »[1].
Dix-neuf autres soldats sont condamnés à des peines légères allant d'un à trois ans, principalement pour « négligence dans la prévention d'un crime »[1]. Seul l'un des soldats est condamné pour viol à deux ans et demi de prison[4].
Plusieurs années plus tard, les membres d'un kibboutz situé près de Nirim remarquent que le vent avait déterré une petite main[1].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Nirim affair » (voir la liste des auteurs).
- (en) Chris McGreal, « Israel learns of a hidden shame in its early years », The Guardian, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) « 'I Saw Fit to Remove Her From the World' », Haaretz, (lire en ligne, consulté le ).
- (he) Aviv Lavie, « הוחלט וקויים - רחצוה, גזזו שערותיה, אנסוה והרגוה (מתוך יומנו של דוד בן גוריון, 22.8.49) », Haaretz [lien archivé], (lire en ligne, consulté le ).
- (en) « RE-EXPOSED: A horrific story of Israeli rape and murder in 1949 », Al Arabiya News, (lire en ligne, consulté le ).
Articles connexes
- Un détail mineur, roman d'Adania Shibli inspiré par l'affaire.
Liens externes
- (de) « Vergewaltigungen durch Soldaten », sur le site Cafe Tel Aviv, (consulté le ).
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