Afif Hendaoui

Afif Hendaoui
Illustration.
Portrait d'Afif Hendaoui.
Fonctions
Directeur de l'École nationale d'administration

(7 ans)
Ambassadeur de Tunisie en Suisse et auprès du Saint-Siège

(3 ans)
Ambassadeur de Tunisie en Autriche, Hongrie et Slovaquie
Représentant permanent de la Tunisie auprès des organisations internationales à Vienne

(2 ans)
Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Droits de l'homme, de la Communication et des Relations avec la Chambre des députés

(1 an)
Président Zine el-Abidine Ben Ali
Premier ministre Mohamed Ghannouchi
Gouvernement Ghannouchi I
Successeur Slaheddine Maaoui
Ambassadeur de Tunisie en Suède, Finlande et Islande

(4 ans)
Président de l'université de Tunis III

(5 ans)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tunis (Tunisie)
Date de décès (à 77 ans)
Sépulture Cimetière du Djellaz
Nationalité tunisienne
Profession Économiste
Universitaire
Diplomate

Afif Hendaoui (arabe : عفيف الهنداوي), né le à Tunis et mort le , est un économiste, universitaire et diplomate tunisien.

Professeur de l'enseignement supérieur, ancien recteur d'université, ministre délégué et ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, il marque la vie académique, diplomatique et politique de la Tunisie sur plus de trois décennies.

Biographie

Jeunesse et formation

Né le 16 juillet 1948 à Tunis, il est titulaire d'un doctorat en sciences économiques et d'un master en politique économique de l'université libre de Bruxelles[source insuffisante][1].

Carrière universitaire

Il commence sa carrière en 1982 comme maître de conférences et siège au conseil scientifique de l'Université de droit, de sciences politiques et économiques de Tunis (Tunis III) de 1983 à 1986[1]. Entre 1984 et 1989, il est maître de conférences et assistant scientifique à la faculté des sciences économiques et administratives de Tunis[1]. Il intègre le corps des professeurs de l'enseignement supérieur en 1989[2],[3],[4],[5].

Son approche de l'analyse économique est souvent qualifiée de néo-keynésienne, et s'inscrit plus largement dans la tradition de l'économie hétérodoxe. Il mobilise notamment les apports de David Ricardo, Léon Walras, John Maynard Keynes, Piero Sraffa et Joan Robinson[6],[7].

Il dirige le Centre d'études, de recherches et de publications de Tunis III de 1988 à 1991, succédant au professeur Yadh Ben Achour[3],[7], puis prend la présidence de cette université de 1991 à 1996[3]. À ce poste, il soutient le développement de l'Institut national du travail et des études sociales, alors dirigé par Hatem Kotrane[7]. Entre 1995 et 1996, il occupe également la vice-présidence de l'Union des universités de la Méditerranée[3].

Ses travaux portent, entre autres, sur le secteur informel en Tunisie et son impact sur les politiques de l'emploi et la lutte contre la pauvreté. Ces analyses contribuent à convaincre le ministre des Affaires sociales Mohamed Ennaceur de la nécessité de créer le Centre d'études sur les salaires, la sécurité sociale, l'emploi et la productivité, dirigé par l'économiste Hachemi Alaya, dont il fait partie aux côtés d'Abderrazak Zouari, Houssine Dimassi, Abderrahman Ben Zakour et Abdeljelil Bedoui, entre autres[7].

De retour en Tunisie après sa carrière diplomatique, il dirige l'École nationale d'administration de Tunis d' à [3],[4].

Parallèlement à ses fonctions, il est l'auteur de nombreux articles et travaux académiques portant sur la politique économique tunisienne, publiés notamment dans L'Économiste maghrébin[8], ainsi que co-auteur de l'ouvrage Keynes et Sraffa : recherche de passerelles publié aux éditions Cujas en 1998, avec Christian Bidard et Frédéric Poulon.

Fonctions ministérielles

Entre 1990 et 1991, il est consultant pour les relations économiques au ministère des Affaires étrangères[1].

Entre 2000 et 2001, Afif Hendaoui est ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Droits de l'homme, de la Communication et des Relations avec la Chambre des députés[3],[5],[9].

Carrière diplomatique

Entre 1996 et 2006, Afif Hendaoui représente la Tunisie à l'étranger à travers trois missions successives. De 1996 à 2000, il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Suède, Finlande et Islande[2], avec résidence à Stockholm[3]. De 2001 à 2003, il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Autriche, Hongrie et Slovaquie, avec résidence à Vienne, et représentant permanent auprès des organisations internationales à Vienne (Office des Nations unies à Vienne)[3],[1]. À ce titre, il intervient notamment lors de la conférence de 2003 sur la facilitation de l'entrée en vigueur du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires, où il salue la coopération entre la Tunisie et la commission préparatoire de l'Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires, notamment dans l'installation de deux stations de surveillance sismique à Thala[10].

De 2003 à 2006, il est ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire auprès de la Suisse et du Saint-Siège[3],[11] ; il présente ses lettres de créance à Jean-Paul II le [12].

Pensée économique et engagements

Afif Hendaoui développe une approche pluridisciplinaire des questions économiques et sociales, mettant l'accent sur la nécessité pour l'État de ne pas se désengager des marchés du travail et de la lutte contre la pauvreté, même dans un contexte d'économie de marché[7]. Il reste, jusque dans ses dernières années, un commentateur régulier de la politique économique tunisienne dans les colonnes de L'Économiste maghrébin, où il aborde notamment les questions du partage de la valeur ajoutée, de la relance post-Covid, de la monétisation de la dette publique et des relations avec le Fonds monétaire international[13].

Vie privée

Afif Hendaoui est marié et père de deux enfants, Skander et Adel[1],[6].

Il meurt le à l'âge de 77 ans, ce qui suscite une vive émotion dans les milieux académiques et diplomatiques tunisiens[2],[4]. Il est enterré le lendemain au cimetière du Djellaz à Tunis[5],[14]. Une cérémonie de commémoration du quarantième jour de son décès est organisée à la faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis le [7].

Publications

  • Keynes et Sraffa : recherche de passerelles, Paris, Cujas, , 204 p. (ISBN 978-2254987085) (avec Christian Bidard et Frédéric Poulon).

Décorations et distinctions

Notes et références

  1. (en) « New Permanent Representative of Tunisia Presents Credentials », sur unis.unvienna.org, Organisation des Nations unies, (consulté le ).
  2. « Décès de Afif Hendaoui, figure de la diplomatie et de l'université tunisiennes », La Presse de Tunisie,‎ (ISSN 0330-9991, lire en ligne, consulté le ).
  3. « L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé », sur Leaders, (consulté le ).
  4. « Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement », sur Tuniscope, (consulté le ).
  5. « Disparition de Afif Hendaoui : la Tunisie perd un grand commis de l'État », Réalités,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Abderrazak Zouari, « Afif Hendaoui : compagnon de pensée et de route », sur Leaders, (consulté le ).
  7. Hatem Kotrane, « Hommage à Afif Hendaoui – homme de réforme et défenseur des libertés en des temps difficiles », sur Leaders, (consulté le ).
  8. « Afif Hendaoui », sur leconomistemaghrebin.com (consulté le ).
  9. Moktar Lamari, « Afif Hendaoui, ou la rigueur comme héritage », sur Kapitalis, (consulté le ).
  10. (en) « Delegates Call for Strong Final Declaration as Test-Ban-Treaty Debate Continues », sur Organisation du traité d'interdiction complète des essais nucléaires, (consulté le ).
  11. Hatem Ben Salem, « Afif Hendaoui, le diplomate distingué », sur Leaders, (consulté le ).
  12. Jean-Paul II, « Discours du pape Jean-Paul II à S.E. M. Afif Hendaoui, nouvel ambassadeur de la République tunisienne près le Saint-Siège à l'occasion de la présentation des lettres de créance », sur Vatican, (consulté le ).
  13. « Afif Hendaoui », sur leconomistemaghrebin.com (consulté le ).
  14. « Décès d'Afif Hendaoui, ancien ministre et ambassadeur de Tunisie », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).

Liens externes

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