Agriculture de l'URSS

L'agriculture de l'URSS était principalement collectivisée, avec quelques parcelles de terres privées. Elle est généralement considérée comme l'un des secteurs les moins efficaces de l'économie de l'URSS. Un certain nombre de taxes sur la nourriture (prodrazverstka, prodnalog...) furent introduites au début de l'Union soviétique, afin de favoriser la collectivisation et la lutte contre les koulaks. Cette collectivisation a pour conséquence les famines soviétiques de 1931-1933, et notamment l'Holodomor. Un système de fermes collectives, kolkhoze ou sovkhoze, est mis en place, visant à une meilleure productivité et à plus d'équité, mais échouant sur ces deux points. Sous Nikita Khrouchtchev, Leonid Brejnev et Mikhail Gorbachev, un certain nombre de campagnes, comme celle des « terres vierges » ont été entreprises afin de pallier les insuffisances chroniques de l'agriculture soviétique avec des résultats souvent en décà des attentes[1].

Histoire

Pendant le « communisme de guerre » (1918-1921)

Le communisme de guerre a eu lieu pendant la guerre civile russe et consiste, en ce qui concerne l'agriculture, à la réquisition de ce qui dépasse le minimum vital des paysans, ainsi que le rationnement et la centralisation de la nourriture.

Pendant la NEP (1921-1929)

Au sortir de la Première Guerre mondiale et de la guerre civile, l'Union soviétique risque la famine. Lénine décide d'introduire une relative libéralisation à partir du Xe congrès à Mars 1921, et demande aux paysans de fournir une part brute de leur production, le reste des surplus pouvant être revendu. Cette mesure permet l'augmentation de la production agricole à des niveaux supérieurs à ceux d'avant la révolution.

Économiquement, la nouvelle politique économique ou NEP lancée en 1921 par Lénine, est une véritable période de récupération dans un pays désorganisé par 3 ans de guerre civile et aussi pour la société civile. Elle passe par un rétablissement partiel de l'économie de marché tout en maintenant le monopole de l’État soviétique sur le secteur bancaire, le commerce extérieur, les ressources minières et l'octroi de concessions à des entrepreneurs privés. Les entreprises de moins de 21 ouvriers sont dénationalisés et permet à l'agriculture et à l'industrie de retrouver leur niveau d'avant guerre[2],[1].

Elle est pensée par régime soviétique qui s'est heurté à la résistance des masses paysannes comme une politique de développement commun et partagé entre monde agricole et ouvrier, après les 4 ans de guerre civile et les réquisitions peu efficaces (Prodrazviorstka) et vécue par la population paysanne notamment de 1919 à 1921 et ayant abouti à de nombreux heurts et une véritable guerre paysanne contre le régime. De plus la famine a ravagé les régions autour de la volga doublée de plusieurs épidémies de typhus, choléra et variole occasionnant de 2 à 5 millions de morts supplémentaires [2].

Lénine, rendu prudent et réaliste par l'exercice du pouvoir, insistait notamment sur le fait de ne pas recourir à une politique brutale pour amener la population paysanne vers le socialisme estimant que la transformation de la mentalité paysanne prendrait des générations rejoignant ainsi la position de ces propres opposants en 1917 considérant qu'il fallait du temps[2].

Les cartes de rationnement instaurées après la première guerre civile sont supprimées en 1922 signe du rétablissement de la situation[2].

Premier tracteur, tableau de Vladimir Krikhatsky.

En 1927, le niveau de la production industrielle et paysanne retrouve celui de 1913. Toutefois, en 1926, la quantité de céréales est inférieure de 50% de celle de 1913, alors qu'en 1911, l'empire russe exportait 11 millions de tonnes de céréales[2].

Le ravitaillement des villes est perturbé par la disparition des grands propriétaires fonciers et des paysans aisés (koulaks) détenteurs avant guerre de 70 % des surplus agricoles commerciablisables[2].

Repliée sur elle même dans un mode archaïque, la société paysanne dans les campagnes de l'URSS, rendue doublement plus méfiante par l'expérience de la guerre civile et des réquisitions forcées, adopte une poitique d'autoconsommation des surplus refusant les prix bas proposés par les coopératives étatiques tout en évitant tout signe d'enrichissement contraire à l'idéologie du régime soviétique et susceptible d'attirer son attention[2].

L'hiver 1927-1928 s'accompagne par la baisse de la collecte avec 4,5 millions de tonnes de céréales contre 6,8 millions de tonnes l'année précédente. Staline, qui a concentré dans ses mains l'essentiel du pouvoir de l'appareil d'Etat communiste depuis 1924, considère que la NEP est dans une impasse et que le monde paysan va devoir subvenir aux besoins de l'industrialisation du pays, entourés de pays capitalistes[2].

Il reçoit l'opposition de l'économiste de formation Boukharine qui dénonce dans la Pravda les risques d'une exploitation militaro-féodale de la paysannerie[2].

La collecte de céréales de 1928-1928 est encore inférieure à la précédente et aboutit une génération de tensions dans la société avec l'apparition de pénuries. Les cartes de rationnement sont rétablies. La pouvoir stalinien considère que les capitalistes ruraux veulent miner le mouvement soviétique et qu'il faut procéder à la collectivisation accélérée qui est voté par le congrès soviétique en avril- avec un objectif de 20% de collectivisation[2].

La collectivisation 1930-1935

En 1928, avec le premier plan quinquennal, le pouvoir soviétique remet en chantier la collectivisation soviétique de l'agriculture qui avait été suspendue entre 1921 et 1927, durant la mise en œuvre de la Nouvelle politique économique (NEP). Cette collectivisation réorganise la production agricole en instaurant le kolkhoze comme unité de base avec les fermes d'État (sovkhozes).

Elle implique l'expropriation du monde paysan et notamment des plus « riches » d'entre eux, les koulaks. Les kolkhozes étaient des entreprises agricoles détenues et gérées par un ensemble de paysans propriétaires des outils de production, mais non du sol, propriété de l'État. La terre était mise à disposition perpétuelle des kolkhoziens. Les paysans cultivaient en commun la terre, vendaient la production à l'État et se partageaient les profits.

Les sovkhozes étaient des grandes entreprises agricoles d'État. Les travailleurs y étaient des ouvriers agricoles. Dans les kolkhozes et les sovkhozes, il y avait une pratique pour échanger les champs individuels avec les champs collectifs. Il y avait un nombre extrêmement petit de fermes individuelles restantes (khutor, хутор), situés dans des zones rurales isolées dans les pays baltes, l'Ukraine, la Sibérie et les régions cosaques.

La politique de collectivisation passe par la création de 4 000 sovkhozes et 250 000 kolkhozes chargés de fournir les récoltes agricoles nécessaire à la modernisation à marche forcée décidée par Staline à partir du . Elles doivent fournir pour 1932 d'après les prévisions du plan, 43% du blé commercialisable pour obtenir les machines outils nécessaires à l'industrialisation[1].

La collectivisation forcée, qui est loin de concerner une minorité de « paysans aisés » ou « koulaks » mais que l'historien russe V.P. Danilov décrit sous le terme de raskrestianivanie (« dé-paysannisation »), mais en fait l'ensemble du monde paysan, déclenche des résistances paysannes importantes avec près de 14 000 manifestations, émeutes et insurrections pour la seule année 1930[3].

De nombreux paysans s'opposèrent donc à la collectivisation forcée et y répondirent par des actes de sabotage, par la baisse de leur productivité, où par des incendies de culture, le versement des charrues dans les rivières ou par l'abattage des animaux de trait. Il y eut aussi quelques cas de destruction de biens et des attaques contre des fonctionnaires et des membres des collectifs[4].

En effet, pour le monde paysan qui représente alors 80% de la population, la collectivisation se traduit plus profondément par un retour au servage pourtant aboli en Russie en 1861, et également et plus gravement encore, par la perte du plus grand bénéfice de la révolution de 1917, à savoir la détention de la terre par ceux qui l'exploitent[4].

Le phénomène de la répression de la dékoulakisation qui vise bientôt de manière arbitraire tout paysan s'opposant à la collectivisation, s'accompagne par la création de l'administration principale des camps de travaux ou goulag doublée d'une surveillance accrue et acérée des dissidents et opposants politiques de l'empire soviétique. Ce dispositif reprend la pratique de l'empire russe de la relégation en zones reculées baptisées colonies spéciales. Les familles déportées dans des conditions effroyables (10 % de mortalité durant le trajet) doivent survivre dans les steppes par leurs propres moyens sous contrôle de la police politique[1].

Le résultat de cette collectivisation forcée et des bouleversements qu'elle provoque dans le monde paysan et dans les capacités de production alliés aux aléas climatiques de ces années sont les famines soviétiques de 1931-1933 dont le nombre total de victimes oscillent entre 6[5],[6],[7] et 8[8],[9],[10],[11] millions de personnes. Pendant ce temps, le gouvernement (exerçant le monopole du commerce extérieur qu'il avait institué au début des années 1920) exportait quelque quatre millions de tonnes de céréales pour payer les importations massives de machines, y compris les tracteurs[12].

En Ukraine, l'Holodomor (ou la Grande Famine) conséquence directe de la politique d'industrialisation de Joseph Staline et de punition de la paysannerie et du nationalisme ukrainien qui résiste à la collectivisation agricole lancée en 1929 et au projet d'une URSS centralisée et autoritaire, renforcée en 1932 par la loi des epis, fait 4 à 5 millions de morts en 1933, chiffres et faits qui sont dissimulés par une habile propagande[2],[4],[1].

En parallèle, un exode rural massif de 12 millions de personnes sur un monde payan qui regroupe 80% de la population en URSS est enregistré de 1930 à 1933[4].

La planification et le travail agricole en 1932 se sont déroulés dans des conditions bien pires qu'en 1931, avec de graves pénuries et des famines dans de nombreuses régions.

En parallèle, l'élevage subit un « désastre » à cause des pertes du processus de collectivisation, des mauvaises récoltes qui ont réduit le fourrage, de la mauvaise gestion dans les fermes collectives et enfin de la famine elle-même, les paysans abattant les animaux pour survivre.

La pire région de la crise du bétail fut le Kazakhstan, où les politiques de collectivisation soviétique visaient initialement à installer dans les villages la population majoritairement nomade. Face à une famine fulgurante dans la région, à la fuite vers la Chine et la mort de plus d'un tiers de la population, le régime de 1933 assouplit ses politiques, mais les effets de la famine ne furent pas surmontés pendant des années[12]. Le passage du pastoralisme à la sédentarisation forcée entraine une chute du bétail passé de 4 300 000 à 470 000 bêtes[1].

Les résultats désastreux pour le pouvoir obligent ce dernier à ne pas publier les résultats du recensement de 1937 et les conséquences, véritable traumatisme, se répercuteront jusqu'à la fin de l'URSS[1].

Après avoir contraint et traumatisé durablement le monde paysan par l'arme terrible et atroce de la famine, notamment en Ukraine avec l'Holodomor, ce qui sera révèlé durant les années 1980 avec la Glasnost, le pouvoir soviétique accorde deux concessions en 1934[4].

D'une part, les prélèvements d'État sur les produits agricoles et d'élevage sont fixés annuellement comme un impôt annuel (34% en 1934, 38% en 1935)[4].

D'autre part, les kolkhoziens sont autorisés à détenir un lopin de terre inférieur à un demi-hectare dont les produits peuvent être vendus. Cette mesure, loin de satisfaire le monde paysan, place ce dernier en principe à l'abri d'un risque de nouvelle famine[4].

En revanche, ces nouvelles mesures portent en leur sein les germes de l'inefficacité du système de la collectivisation et de crise à long terme dont le système agricole de l'URSS ne put jamais surmonter et qui aboutit à son effondrement et celui de l'empire soviétique en 1991[4].

La campagne des terres vierges

En 1954, Nikita Khrouchtchev décide de mettre en culture 42 millions d'hectares de steppes notamment dans le nord du Kazakhstan afin de lutter contre la sous-alimentation de la population dans le cadre d'un programme décidé en 1953 qui vise à rattraper la production laitière et bovine américaine en 7 ans[1].

Si au début la production agricole augmente, l'érosion des sols et les conditions climatiques diminuent les rendements, et l'expérience est considérée comme un échec à partir de 1959. Pour René Dumont, les experts soviétiques se sont trompés et une bonne partie de ces terres n'est pas appropriée à la culture céréalière intensive. Il critique également le dogmatisme du régime qui refuse de se remettre en cause[13].

Efficacité des fermes collectives

Pour Hedrick Smith dans The Russians (Les Russes, 1976), selon les statistiques soviétiques, un quart de la valeur agricole produite dans l'URSS provenait des lopins de terre individuels, qui représentaient 2 % des terres arables[14]. Dans les années 1980, 3 % des terres étaient privées, et comptaient pour plus d'un quart de la production[15].

En effet, les paysans négligent le système du kolkhoze qui leur a été imposé violemment par la force, au profit de leur terrain personnel d'une taille de 0,25 à 0,50 hectares qui leur est accordé en 1934. A la fin les années 1930, si les micro-terrains représentent 8 millions d'hectares, contre 165 millions au système collectiviste, ils assurent cependant 30% de la production des légumes, 40% de la laine et 60% de la viande et du lait[4].

Les parcelles de terre privées étaient une source de revenus importante pour les ménages. En 1977, 72 % de la viande consommée par les familles des kolkhozes, 76 % de leurs œufs et la majorité de leurs patates étaient produits sur leurs parcelles privées. Le surplus (nourriture ou bétail) était également une source de revenus importante, car il était vendu à la coopérative, au sovkhoze ou au kolkhoze. Il est possible que les statistiques sous-estiment la contribution totale des parcelles privées à l'agriculture soviétique[16]. les parcelles privées n'ont été entièrement interdites que durant la collectivisation[17].

L'Union soviétique investissait énormément dans l'agriculture[18], et les coûts de production étaient très élevés. Cependant, l'URSS devait importer des denrées alimentaires en provenance de l'Occident, et les pénuries étaient largement répandues, dans un pays qui possédait les meilleures terres agricoles et un ratio terre/population élevé[1],[18].

L'URSS est obligée d'importer 10 millions de tonnes de céréales en 1963, suite à des récoltes catastrophiques, conséquences directes de la collectivisation decidée et réalisée sous Staline des décénnies auparavant. De plus, le fonctionnement économique moins souple et dynamique ou le complexe militaro industriel soviétique accapare 20 % des ressources de la richesse intérieure sans retombées dans le domaine civil dans un contexte accru de guerre froide a accentué le sacrifice du secteur des services et de l'agriculture. Le bien être de la population a été sacrifié à la course aux armements[1].

À partir de 1972, avec des rendements de l'ordre de 15 quintaux / hectare, gravement déficitaire d'un point de vue agricole, soit 1/4 du rendement des productions agricoles occidentales, et 50% de celui des pays du Bloc de l'Est, l'URSS va devoir importer 25 millions de tonnes de 1972 à 1979,puis jusqu'à 40 millions de tonnes de céréales par an du Canada et des États-Unis en raison de graves déficiences de production du également au primat donné à l'idéologie politique au détriment de la rigueur scientifique en agriculture (comme le démontre le courant du Lyssenkisme). Le rationnement est réintroduit dans les centres urbains de taille moyenne, illustré par les longues files d'attente devant les magasins[19],[1].

Malgré une augmentation de mesures protectrices et d'investissements conséquents qui.ne remettent pas en cause le système idéologique de la collectivisation, le secteur agricole est le pan sinistré de l'économie soviétique[19].

L'URSS connaît à 8 reprises des récoltes agricoles catastrophiques en 1969, 1972, 1974, 1975, 1979, 1980, 1981 et 1984. Si les autorités soviétiques mettent l'accent sur les aléas climatiques, ce sont en réalité les conditions de conservation et de stockage dégradées entrainant une perte de 15 à 20% de la récolte et la rupture plus profonde du lien depuis la collectivisation entre exploitation des terres agricoles et propriété du travailleur agricole qui expliquent ces résultats[19].

Pour René Dumont qui a visité l'URSS en 1964, la principale cause du retard agricole soviétique est « le manque d’initiative, d’autonomie, de responsabilité et de liberté à chaque degré de l’exécution. »[13]. Comme le note l'historien Nicolas Werth, spécialiste de l'URSS, c'est la rupture fondamental du lien de l'homme à la terre qui explique en profondeur l'improductivité de l'agriculture soviétique durant l'histoire de l'URSS[19].

Statistiques

Kolkhozes et sovkhozes

Année Nombre de kolkhozes Nombre de sovkhozes Taille moyenne d'un kolkhoze (hectares) Taille moyenne d'un sovkhoze (hectares) Part des kolkhozes Part des sovkhozes Part des ménages travaillant dans l'agriculture
1960 44 000 7 400 6 600 26 200 44 % 18 % 38 %
1965 36 300 11 700 6 100 24 600 41 % 24 % 35 %
1970 33 000 15 000 6 100 20 800 40 % 28 % 32 %
1975 28 500 18 100 6 400 18 900 37 %[1]. 31 % 32 %
1980 25 900 21 100 6 600 17 200 35 % 36 % 29 %
1985 26 200 22 700 6 500 16 100 36 % 36 % 28 %
1990 29 100 23 500 5 900 15 300 36 % 38 % 26 %

Sources : statistiques de l'URSS

Production agricole

Production agricole par année (en millions de tonnes)[20]
Année Céréales Coton (brut) Betterave sucrière
1913 92,3 0,42 11,3
1940 95,6 2,24 18,0
1945 47,3 1,16 5,5
1950 81,2 3,5 20,8
1960 125,5 4,29 57,7
1965 121,1 5,66 72,3
1970 186,8 6,89 78,3
1986 210,0 8,3 79,3

Au début des années 1960, l'URSS est le premier producteur de blé, loin devant l'Europe et les États-Unis, à l'aube d'une période où les récoltes céréalières vont considérablement progresser dans d'autres pays. Les cinq premiers producteurs de blé en 1960, en pourcentage de l'offre mondiale[21] :

URSS Europe États-Unis Chine Canada Argentine Autres
25% 16% 16% 9% 6% 3% 19%

Bétail

Produits d'élevage par année
Année Bovins (millions de têtes) Vaches (millions de têtes) Porcs (millions de têtes) Ovins (millions de têtes) Caprins (millions de têtes) Chevaux (millions de têtes) Viande (carcasse, millions de tonnes) Lait (millions de tonnes)
1916 58,4 28,8 23 89,7 6,6 38,2 5 29,4
1928 70,5 30,7 25,9 146,7
1933 38,3 19,5 12 50,2
1941 54,8 28 27,6 80 11,7 21,1 4,7 33,6
1946 47,6 22,9 10,6 58,5 11,5 10,7 2,6 26,4
1947 47 23 8,7 57,7 11,6 10,9
1948 50,1 23,8 9,7 63,3 13,5 11
1949 54,8 24,2 15,2 70,4 15,2 11,8
1950 58,1 24,6 22,2 77,6 16 12,7
1951 57,1 24,3 24,4 82,6 16,4 13,8 35,3
1952 58,8 24,9 27,1 90,5 17,1 14,7
1953 56,6 24,3 28,5 94,3 15,6 15,3
1954 55,8 25,2 33,3 99,8 15,7 15,3
1955 56,7 26,4 30,9 99 14 14,2
1956 58,8 27,7 34 103,3 12,9 13
1957 61,4 29 40,8 108,2 11,6 12,4
1958 66,8 31,4 44,3 120,2 9,9 11,9
1959 70,8 33,3 48,7 129,9 9,3 11,5
1960 74,2 33,9 53,4 136,1 7,9 11
1961 75,8 34,8 58,7 133 7,3 9,9 8,7 61,7
1962 82,1 36,3 66,7 137,5 7 9,4
1963 87 38 70 139,7 6,7 9,1
1964 85,4 38,3 40,9 133,9 5,6 8,5
1965 87,2 38,8 52,8 125,2 5,5 7,9
1966 93,4 40,1 59,6 129,8 5,5 8 10 72,6
1967 97,1 41,2 58 135,5 5,5 8
1968 97,2 41,6 50,9 138,4 5,6 8
1969 95,7 41,2 49 140,6 5,5 8
1970 95,2 40,5 56,1 130,7 5,1 7,5
1971 99,2 39,8 67,5 138 5,4 7,4 12,3 83
1972 102,4 40 71,4 139,9 5,4 7,3
1973 104 40,6 66,6 139,1 5,6 7,1
1974 106,3 41,4 70 142,6 5,9 6,8
1975 109,1 41,9 72,3 145,3 5,9 6,8
1976 111 41,9 57,9 141,4 5,7 6,4 91
1977 110,3 42 63,1 139,8 5,5 6
1978 112,7 42,6 70,5 141 5,6 5,8
1979 114,1 43 73,5 142,6 5,5 5,7
1980 115,1 43,3 73,9 143,6 5,8 5,6
1981 115,1 43,4 73,4 141,6 5,9 5,6 91
1982 115,9 43,7 73,3 142,4 6,1 5,6
1983 117,2 43,8 76,7 142,2 6,3 5,6
1984 119,6 43,9 78,7 145,3 6,5 5,7
1985 121 43,6 77,9 142,9 6,3 5,8
1986 120,9 42,9 77,8 140,8 6,5 5,8
1987 122,1 42,4 79,5 142,2 6,5 5,9 18,1 102,2
1988 120,6 42 77,4 140,8 6,5 5,9
1989 119,6 41,8 78,1 140,7 6,8 5,9 107
1990 118,4 41,7 79 138,4 7 5,9
1991 115,7 41,5 75,6 133,3 7,3 5,9

Bibliographie

  • (ru) V. Danilov, R. Manning, L. Viola [...], Tragediia sovetskoi derevni : kollektivizatsiia i raskulachivanie : dokumenty i materialy v 5 tomakh, 1927-1939, 5 volumes parus aux éditions Rosspen entre 1999 et 2007[3].

Notes et références

  1. Sabine Dullin, L'ironie du destin : une histoire des russes et de leur empire (1853-1991)., Paris, Pavot rivages, , 299 p.
  2. Nicolas Werth, Histoire de l'Union Soviétique de Lénine à Staline (1917-1933), Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-7154-0876-0)
  3. Nicolas Werth, Les historiens russes face au passé soviétique, ihtp.hypotheses.org, 19 novembre 2015
  4. Nicolas WERTH, Les grandes famines soviétiques, Paris, Presses Universitaires de France, , 128 p. (ISBN 978-2-13-080000-2)
  5. C'est l'estimation de Nicolas Werth dans son Histoire de l'Union soviétique. De l'Empire russe à la Communauté des États indépendants (1900-1991), PUF, coll. « Thémis Histoire », Paris, 5e édition refondue, 2001, p.  243.
  6. Jean Radvanyi, La Nouvelle Russie, Armand Colin, « Collection U », 3e édition mise à jour, 2004, p. 58.
  7. Alain Blum, Naître, vivre et mourir en URSS, Payot, Paris, 2004, p. 102.
  8. 3,328 millions en Ukraine selon l'historien ukrainien Stanislav Kulchitsky, 2,5 millions en Russie et 1,7 à 2 millions au Kazakhstan selon les informations recueillies par la chercheuse russe Valentina Jiromsakaïa « La famine en URSS en 1932-1933 », Infographie de RIA Novosti.
  9. Robert Conquest parle de 7 millions de morts, Sanglantes moissons : la collectivisation des terres en URSS, Paris, 1995.
  10. Georges Sokoloff parle de 7 millions de morts, La démesure russe, Paris, 2009, p. 225.
  11. La Commission internationale d'enquête sur la famine de 1932-1933 faite en 1984 par Congrès Mondial Ukrainien a estimé le nombre de morts à au moins 4,5 millions en Ukraine et à 3 millions ailleurs en URSS.
  12. Mark Tauger, The Years of Hunger: Soviet Agriculture, 1931-1933, eh.net, novembre 2004
  13. François Honti, « Le système agricole soviétique », Le Monde diplomatique, (consulté le ).
  14. (en) Hedrick Smith, The Russians, Crown, (ISBN 0-8129-0521-0), p. 201
  15. (en) « Soviet Union - Policy and administration », Nations Encyclopedia (taustanaan USA:n kongressin kirjaston tutkimusaineisto),
  16. (en) Alec Nove, The Soviet Economy: An Introduction, New York, Peraeger, , p. 116–188
  17. (en) Paul R. Gregory et Robert C. Stuart, Soviet Economic Structure and Performance, New York, Harper Collins, , p. 294–1955 et 114
  18. (en) Michael Ellman, « Soviet Agricultural Policy », Economic & Political Weekly,‎ (lire en ligne)
  19. Nicolas WERTH, Histoire de l'Union Soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-7154-0576-9)
  20. (ru) А. П. Корелин 1. Экономическая конъюнктура в стране. 1913_2
  21. "Évolution du marché mondial du blé au cours des cinquante dernières années", Université de Gembloux, février 2012 [1]

Voir aussi

Articles connexes

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