Aide humanitaire pendant la guerre de Gaza

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Pendant la guerre de Gaza depuis 2023, l’aide humanitaire entre dans la bande de Gaza par voie aérienne, terrestre et maritime. Elle rencontre des limitations et des difficultés dans son action voire des blocages, lesquels conduisent à ce qui est appelé une famine dans la bande de Gaza.
Présentation
Au début de la guerre, d’importants problèmes apparaissent en matière d’aide humanitaire. Le blocus initial imposé par Israël à Gaza, immédiatement après les attaques du 7 octobre, empêche l'entrée de l'aide d'urgence pendant plusieurs semaines. Au fur et à mesure de la progression de la guerre, l’aide devient autorisée en quantités limitées. Un blocage délibéré de l'aide humanitaire est pointé par des organismes tels qu'Oxfam, l'Union européenne, le Royaume-Uni, ou les Nations unies[1]. Ces limitations contribuent à une grave crise humanitaire et à un risque de famine. Les frappes aériennes israéliennes et les restrictions continues à l’entrée de l’aide humanitaire entraînent des pénuries généralisées de nourriture et de fournitures. La distribution de l'aide à Gaza rencontre également des difficultés, la police refusant toute protection de convoi après la perte de huit policiers à Rafah lors de frappes aériennes[2].

Les agences d'aide humanitaire ont mis en garde contre les conséquences humanitaires désastreuses des restrictions de l'aide, en particulier après l'annonce de l'arrêt du financement de l'UNRWA par les principaux donateurs occidentaux. À cela s'ajoute l'adoption d'une loi par Israël interdisant à l'UNRWA de travailler dans ou avec l'État d'Israël[3].
Selon l'analyste palestinien Elhasan Bakr, le nombre de camions d'aide destinés à Gaza est estimé entre 500 et 600 par jour avant la guerre, malgré des projections de 1 000 à 1 500 camions nécessaires pour empêcher la famine. Israël n’atteindra aucun de ses objectifs fixés[4]. En , le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, nomme Sigrid Kaag, alors première vice-première ministre des Pays-Bas, au poste de coordinatrice principale de l’action humanitaire et de la reconstruction pour Gaza. En , les opérations humanitaires sont « proches de l’effondrement », pointe le Programme alimentaire mondial des Nations unies[5]. En , selon Janez Lenarcic, commissaire européen chargé de la gestion des crises, la majorité de la population de Gaza est « entièrement dépendante » de l’aide humanitaire[6]. En , les Nations unies constatent qu’Israël a bloqué arbitrairement 83 % de l’aide entrant à Gaza au cours de l’année précédente[7]. Selon l'UNICEF, au moins 479 travailleurs humanitaires ont été tués à Gaza pendant la guerre, un nombre inédit depuis la création des Nations unies en 1945[8],[9],[10].
Les convois humanitaires sont régulièrement en proie aux pillages par des gangs entre et [11]. Durant le mois d’, ce sont 40 % des camions d’aide internationale qui sont pillés, peu après leur entrée par le poste-frontière de Kerem Shalom. Ces pillages sont soutenus et encouragés par Tsahal. À deux reprises, les 8 et , des drones israéliens ciblent les escortes des convois, tout en épargnant les pillards, qui vont parfois jusqu'à tuer les chauffeurs[12].
Selon des responsables de la santé en , au moins 8 Palestiniens ont été tués et des dizaines d'autres blessés lors d'une fusillade près de points de distribution de nourriture soutenus par Israël et les États-Unis dans la bande de Gaza[13].
Le , à la suite du rapport de l'organisme indépendant IPC[14], l'Organisation des Nations unies déclare l'état de famine à Gaza, en « raison de l'obstruction systématique d'Israël » dans l'acheminement des vivres[15],[16]. Responsables de l'approvisionnement alimentaire dans les zones sous occupation militaire selon le droit international[15], le gouvernement israélien réfute cette accusation, parlant de « préjugés antisémites » et de « mensonges »[17],[18].
Entre le cessez-le-feu entre le Hamas et Israël, le , et le , 530 camions de l'organisation entrent à Gaza, livrant ainsi plus de 6 700 tonnes de nourriture, ce qui est, selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies pour le Moyen-Orient, suffisant « pour nourrir près d'un demi-million de personnes pendant deux semaines »[19].
Notes et références
- ↑ Larson, Nina. "Israel May Be Using Starvation As 'Weapon Of War': UN". Barron's. AFP News. Archived from the original on 21 March 2024. Retrieved 21 March 2024.
- ↑ Frankel, « Lawlessness is blocking aid distribution after Israel's 'tactical pause' in southern Gaza, UN says », PBS, Associated Press, (consulté le )
- ↑ « What is Unrwa and why has Israel banned it? », BBC News (consulté le )
- ↑ « 'We're not here to beg': Gaza residents' anger over steep rise in prices » [archive du ], aljazeera.com, Aljazeera (consulté le )
- ↑ Bethan McKernan, « Humanitarian operations 'near collapse' in Gaza, says World Food Programme », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Statement by the Commissioner for Crisis Management, Janez Lenarčič, on the urgent need for a ceasefire and humanitarian access in Gaza », European Commission (consulté le )
- ↑ Scialla, « Starving since the day he was born », Al Jazeera (consulté le )
- ↑ « 50,000 Gaza children require urgent treatment for malnutrition: UN », Al Jazeera (consulté le )
- ↑ « UNICEF chief calls for urgent security reset in Gaza amid 'new horrors' », UN News, United Nations, (consulté le )
- ↑ « Israël – Palestine : les enfants pris au piège d’un conflit sans fin », UNICEF
- ↑ Enzo Quenescourt, « A Gaza, le rôle trouble de Yasser Abu Shabab, chef de gang et pillard, accusé d’opérer avec l’aval de l’armée israélienne », sur Libération (consulté le )
- ↑ « « Je suis à peine de retour que me submerge déjà la tragédie de ce territoire assiégé » : l’historien Jean-Pierre Filiu raconte son séjour à Gaza », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) The Associated Press, « At least 8 dead in shooting near Israeli and U.S.-supported aid sites in Gaza », NPR, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) IPC, « Gaza Strip: Acute Food Insecurity Situation for 1 July - 15 August 2025 and Projection for 16 August - 30 September 2025 », (consulté le )
- « L’ONU déclare officiellement l’état de famine à Gaza, la première au Moyen-Orient », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Gaza : l'ONU déclare officiellement la famine, qui aurait « pu être évitée » sans « l'obstruction » d'Israël », sur RFI, (consulté le ).
- ↑ « Gaza : alors que l’ONU déclare l’état de famine, Israël dénonce l’orchestration d’une campagne antisémite », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Israël dément l'état de famine à Gaza et rejette le rapport des Nations unies », sur RFI, (consulté le )
- ↑ « Selon la Cour internationale de justice, Israël n’a pas prouvé ses accusations contre l’Unrwa », sur France 24, (consulté le )
Voir aussi
Article connexe
- Guerre de Gaza depuis 2023
- Blocus de la bande de Gaza depuis 2023
- Siège de Gaza
- Crise humanitaire à Gaza depuis 2023
- Famine dans la bande de Gaza
Liens externes
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