Ajisukitakahikone

Ajisukitakahikone
Illustration.
Famille
Père Ōkuninushi
Mère Takiribime
Fratrie Shitateruhime

Ajisukitakahikone (アヂスキタカヒコネ ou 味耜高彦根), ou encore Kamō no Ōmikami (迦毛之大御神 ou 賀茂大御神), est une divinité du shintoïsme, la religion autochtone du Japon. Descendant d'Ōkuninushi, dieu de la médecine et des affaires, il passe pour être un dieu de l'agriculture, de la foudre et des serpents. Il est vénéré au sanctuaire Futarasan, et sa demeure est, selon une croyance shintō, le mont Tarō, un volcan des monts Nikkō à Nikkō (préfecture de Tochigi). Les membres du clan Kamo de la province d'Izumo l'avaient adopté comme divinité protectrice.

Mythologie

Selon le Kojiki, recueil de mythes concernant l’origine des îles formant le Japon et des dieux du shintō, Ajisukitakahikone est le fils d'Ōkuninushi, un dieu du shintō, et de la princesse Tagori, originaire de la province de Tsukushi et qui aurait été engendrée par Susanoo, le frère d'Amaterasu, la déesse solaire tutélaire de l'archipel nippon[1],[2].

Dans le Kojiki et le Nihon shoki, il apparaît dans le chapitre concernant la conquête d'Ashihara no nakatsukuni. Son ami, Ame no Wakahiko, envoyé de Takamagahara, est tué car il n'a pas donné de nouvelles aux dieux du ciel. Ajisukitakahikone se rend à ses funérailles, mais de par sa ressemblance avec Ame no Wakahiko, le père de ce dernier, Amatsukunitama, pense que son fils est revenu à la vie et l'embrasse. Furieux d'avoir été confondu avec un mort impur, Ajisukitakahikone dégaine son épée, Kamudo no Tsurugi, frappe la hutte funéraire puis l'envoie voler d'un coup de pied. Suite à cela, sa sœur cadette et épouse d'Ame no Wakahiko, Takahime, révèle le nom de son frère dans une chanson.

Culte

Depuis des temps immémoriaux, les trois volcans des monts Nikkō, à Nikkō (préfecture de Tochigi) : les monts Nantai, Nyohō et Tarō, sont vénérés par la population locale pour les cours d'eau qui naissent de leurs pentes et alimentent en eau les rizières[3], chacun des trois édifices volcaniques étant considéré comme la résidence d'une divinité du shintō. La demeure d'Ajisukitakahikone serait le volcan Tarō, au sommet duquel se dresse un hokora, un sanctuaire miniature, auxiliaire du sanctuaire Futarasan situé dans le centre-ville de Nikkō. De même, au bord du cratère sommital du mont Nantai, le petit sanctuaire Tarōsan symbolise la connexion spirituelle qui unit le volcan au mont Nantai voisin[4],[5]. La divinité shintō est aussi adorée au sanctuaire Tosa de Kōchi (préfecture de Kōchi)[5].

Interprétation

Ajisukitakahikone est vénéré par le clan Kamo de Katsuragi, dans la province de Yamato, mais une théorie suggère que ce clan aurait migré d'Izumo vers Yamato[6],[7]. Le terme « suki » dans son nom fait référence à la bêche ; il s'agit d'une divinité agricole qui déifie cet outil. Selon le Kojikiden, « aji » est synonyme de « umashi » (beau) et « shiki » (qui remplace "suki" dans une variante de son nom) désigne le pavage. Une autre théorie soutient que « shiki » est un toponyme de la province de Yamato. Certains interprètent « Takahiko » comme l'équivalent masculin de « Takahime » et « ne » comme un surnom affectif signifiant « racine ». Le nom complet signifierait donc « enfant du soleil éclatant et de la splendide bêche »[6].

De plus, parce qu'il est décrit comme un ami d'Ame no Wakahiko, certains ont suggéré que le mythe d'Ajisukitakahikone dans le Kojiki et le Nihon Shoki symbolise la mort de l'esprit du riz lorsque le grain flétrit en automne, pour ne ressusciter qu'au printemps[8].

Notes et références

  1. (en) Kikunosuke Itō (trad. du japonais par Goro Kajimura), The Myths of Izumo : The Most Prosperous Province in Early Japan [« 出雲神話 »] [« Le Mythe d'Izumo. La province la plus prospère de la préhistoire du Japon »], Matsue, Hokosha,‎ (1re éd. 1973), 125 p. (ISBN 9784893230010 et 4893230018, OCLC 9632100).
  2. (en) Mori Mizue, « Ajisukitakahikone », dans Encyclopedia of Shinto, Tokyo, Université Kokugakuin, (lire en ligne).
  3. (ja) 日光二荒山神社, « 男体山登拝大祭|traduction titre=Nantaisan Tohai Taisai »,‎ (consulté le ).
  4. (en) Japan Travel Bureau, Inc., Must-See in Nikko [« Les Incontournables de Nikkō »], Tokyo, JTB, coll. « Japan in your Pocket » (no 6), , 4e éd. (1re éd. 1985), 191 p. (ISBN 4533005292), p. 143.
  5. Jean Herbert, Les Dieux nationaux du Japon, Éditions Albin Michel, (1re éd. 1965), 352 p. (ISBN 2226293833 et 9782226293831), p. 141, 160.
  6. (ja) 西宮一民 校注, 古事記, 新潮社〈新潮日本古典集成(新装版),‎ (ISBN 978-4-10-620801-0), p. 73, 379
  7. (ja) 宝賀寿男, 大己貴神とその神統譜『三輪氏 大物主神の祭祀者』, 青垣出版〈古代氏族の研究⑦〉,‎ (ISBN 978-4-434-20825-6), p. 59-61
  8. (ja) 三谷栄一, « 第四章 阿遅鉏高日子根神の性格─誉津別皇子の物語との関連において─ », dans 日本神話の基盤─風土記の神々と神話文学─, 塙書房,‎

Annexes

Bibliographie

  • Alain Rocher, Les 100 Légendes de la mythologie japonaise, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-7154-0839-5).

Articles connexes

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