Al-Khalasah

| Nom local |
(ar) الخلصة |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Sous-district | |
| Altitude |
225 m |
| Coordonnées |
31° 05′ 50″ N, 34° 39′ 09″ E |
| Dissolution |
|---|
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Al-Khalasah (en arabe : الخلصة al-Khalasah ; en hébreu : אל-ח'אלצה al-Khalatsah) était un village palestinien situé dans le désert du Néguev, à 23 kilomètres au sud de Beer-Sheva[1].
La localité était située sur l'emplacement de l'antique (Haluza ou Elusa), un centre administratif fondé par les Nabatéens, et abandonné vers le XVe siècle. Au XIXe siècle, des archéologues font le lien entre les vestiges et les mentions scripturaires d'Elusa. Des bédouins s'y installent au début du XXe siècle
En 1948 al-Khalasah a été conquise par Israël au cours de la guerre israélo-arabe. Comme pour des centaines de villages palestiniens, ses habitants se sont alors exilés au cours du nettoyage ethnique de la Palestine ou Nakba.
Géographie
Le village était construit sur de faibles éminences dépourvues de végétation et dominant de vastes étendues de territoire vers le nord, l‘est et l’ouest, au confluent des wadis Al-Ausaja et al-Khalasa[1].
Histoire
Antiquité
Al-Khalasa a été fondée par les Nabatéens au début du IVe siècle av. J.-C.sous le nom de « al-Khalus » ou Haluza[2], comme étape sur la route caravanière de Pétra à Gaza.
Le savant grec Claude Ptolémée la cite comme une ville d'Édom située à l'ouest du Jourdain. Après la conquête romaine, al-Khalus est renommé « Elusa » et devient pendant le Bas-Empire romain, l'un des principaux centres de la province d'Arabie. C'est la ville natale de Zénobios, un rhéteur renommé d'Antioche[2].
Elusa est l'une des premières localités du Néguev à avoir une population chrétienne significative[réf. nécessaire]. Païens et chrétiens vivent côte à côte. Selon saint Jérôme, Hilarion de Gaza visite la ville au début du IVe siècle et boit du vin local[1]. Les évêques d’Elusa participent au concile d'Éphèse en 431 et à celui de Chalcédoine en 451. Des pierres tombales trouvées dans le cimetière local indiquent qu'il y eut des païens à Elusa jusqu'au début du Ve siècle. À cette période, la cité est un des centres administratifs de la Palestinia Tertia (en)[3],[1]. La carte de Madaba, qui cartographie le Proche-Orient, mentionne Elusa[1].
Période musulmane
Après la conquête musulmane du Levant, la localité prend le nom de al-Khalasa. Elle conserve son importance en tant que centre administratif pendant les débuts du califat arabe jusqu'à la fin du VIIe siècle
Le géographe syrien du XIIIe siècle Al-Dimashqi la décrit comme l'une des principales localités du désert du Naqab[4]. Le géographe égyptien du XIVe siècle, al-Maqrizi indique que c'est l'une des principales « villes » du sud du désert de la Palestine. Cependant, avec le déclin progressif des routes commerciales du Néguev, al-Khalasa finit par tomber dans l'oubli[5].
Redécouverte du site sous l’Empire ottoman
Le site est abandonné pendant plusieurs siècles. Au cours du XIXe siècle, les Ottomans récupèrent très largement les matériaux du village pour construire Gaza, ce qui explique qu'il reste peu de choses aujourd'hui[6],[7].
Ces transports de pierres vers Gaza entraînent aussi le déplacement de nombreuses inscriptions lapidaires provenant de l'ancienne Khalasa. Elles ont finalement été retrouvées par des archéologues dans la bande de Gaza, mais cette dispersion des vestiges de la cité antique a réduit l'intérêt du site pour les archéologues[7],[8].
En 1841, le bibliste Edward Robinson fait le lien entre Al-Khalasa et l'Elusa de l'Antiquité[9]. Plus tard, en 1905, l’École biblique de Jérusalem étudie les vestiges archéologiques d’al-Khalasa tandis qu'une mission britannique établit le plan de l’ensemble du site archéologique en 1914[1].
Mandat britannique
De 1915 à 1918, les combats de la campagne du Sinaï et de la Palestine permettent au Royaume-Uni de faire la conquête de la Palestine. La région est administrée comme territoire conquis jusqu'en 1923 puis sous l'autorité d'un mandat de la Société des Nations.
Ce regain d'intérêt pour le village encourage la tribu bédouine des Azizma (en) à s'y installer. Ses membres y édifient un village qui suit un plan triangulaire entre deux oueds, comportant des maisons construites en adobe et en pierre, un puits fournit de l'eau potable. Une école primaire est créée dans le village en 1941 et on y trouve plusieurs boutiques. La plupart des habitants vivent de l'élevage et du commerce[5],[1].
En 1938, des fouilles archéologiques ont permis de dégager la ville antique, quelques inscriptions et des tombes[1]
Guerre de 1948
Pendant la guerre israélo-arabe de 1948, le village est défendu par l'armée égyptienne et des volontaires de milices locales. Les forces arabes sont défaites par la brigade HaNeguev durant l'opération Yoav, dans les derniers jours d'[10]. Selon l‘Encyclopédie interactive de la Question palestinienne, le village a aussi pu être conquis avant mai[1].
Période israélienne
De nouvelles fouilles ont lieu de 1973 à 1980 : le théâtre nabatéen, la plus grande église du Néguev et des bâtiments ecclésiastiques, des tours fortifiées et des habitations ont été dégagées[1].
Aucune ville israélienne n’a été construite à al-Khalasah : les terres sont utilisées comme terrain d’entraînement militaire[1]. Il subsiste quelques maisons, le puits est toujours utilisable. Les ruines d’une dizaine de maisons, intentionnellement détruites, étaient encore visibles en 1992, ainsi que les restes du cimetière ; d’autres maisons ont été détruites au bulldozer. Dans un autre secteur, une quinzaine de maisons sont à moitié détruites[1].
Annexes
Bibliographie complémentaire
- Ilan Pappé, Le Nettoyage ethnique de la Palestine, Paris : La Fabrique éditions, 2024 (2e édition en français). (ISBN 978-2-35872-280-3) ;
- Rosemary M. Esber, Under the Cover of War : The Zionist Expulsion of the Palestinians, Arabicus Books & Media LLC : 2000. (ISBN 978-0-98151313-3)
Articles connexes
- Liste des villes et villages arabes dépeuplés durant l'exode palestinien de 1948
- Haluza, le site antique.
Liens externes
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Al-Khalasa » (voir la liste des auteurs).
- « al-Khalasa — الخَلَصَة », Interactive Encyclopedia of the Palestine Question, consulté le 16 mai 2026.
- Avraham Negev (Ed.), Archaeological Encyclopedia of the Holy Land, Londres, Continuum International Publishing Group, 2003 [1972], 559 p. (ISBN 978-0-826-41527-1), p. 100. Les auteurs attribuent par erreur à Zenobius le nom de Libanius (un grand rhéteur qui fut peut-être son élève).
- ↑ Elusa - (al-Khalasa), Studium Biblicum Franciscanum - Jérusalem. 19/12/2000.
- ↑ Le Strange, 1890, p.30.
- Khalidi, 1992, p. 76.
- ↑ Elusa - (al-Khalasa), Studium Biblicum Franciscanum - Jerusalem. 2000-12-19.
- (en) « Haluza », sur dannythedigger.com (consulté le )
- ↑ Revue Biblique, 1906, p. 597.
- ↑ Robinson, 1841, I, p. 201-202, cité dans Khalidi, p. 75.
- ↑ Welcome to al-Khalasa, PalestineRemembered.com
Bibliographie
- Walid Khalidi, All That Remains: The Palestinian Villages Occupied and Depopulated by Israel in 1948, Washington D.C., Institute for Palestine Studies, (ISBN 0-88728-224-5, lire en ligne)
- Guy Le Strange, Palestine Under the Moslems: A Description of Syria and the Holy Land from A.D. 650 to 1500, Committee of the Palestine Exploration Fund, (lire en ligne)
- Edward Robinson et Eli Smith, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai and Arabia Petraea: A Journal of Travels in the year 1838, vol. 1, Boston, Crocker & Brewster, (lire en ligne)
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