Albert Constant Vulliez

Albert Vulliez
Biographie
Naissance
Décès
(à 79 ans)
Clamart
Nom de naissance
Albert Constant Vulliez
Nationalité
Formation
École navale (jusqu'en )
Activités
Traducteur, militaire, officier de marine, officier, écrivain
Conjoint
Wanda Vulliez (d)
Autres informations
A travaillé pour
Marine nationale (-)
Membre de
Grade militaire
Conflits
Distinctions

Albert Constant Vulliez () est un officier de marine français, résistant des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et auteur d’ouvrages consacrés à l’histoire navale et militaire du XXe siècle.

Capitaine de vaisseau de la Marine nationale, il s’est illustré par ses travaux sur la Seconde Guerre mondiale – en particulier les grandes batailles navales, la guerre du Pacifique et le sabordage de la flotte française en 1942 – devenant un écrivain prolifique dans le domaine de l’histoire maritime.

Biographie

Né à Toulon en 1897, Albert Vulliez s’engage à l'École navale. En , il est nommé aspirant après avoir réussi l'examen[1]. Il rejoint ensuite la Marine nationale comme timonier (manœuvrier). Il gravit les échelons jusqu’au corps des officiers. Il fait carrière entre les deux guerres et est promu capitaine de corvette en 1935.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il sert à l’état-major de la Marine à Lorient en 1939[2], puis prend le commandement du contre-torpilleur Bouclier et escorte ensuite des convois autorisés par l’armistice de 1940[3]. Promu capitaine de frégate en 1942, il passe les derniers mois précédant le sabordage de la flotte de Toulon () au cabinet du secrétaire d’État à la Marine.

Après l’invasion de la zone libre par l’Allemagne fin 1942, Vulliez quitte la Marine d’Armistice et s’engage dans la Résistance intérieure française. Durant cinq mois, il sert au sein des FFI sur le front des Alpes en 1944, participant notamment aux opérations de libération dans le sud-est de la France. Durant la Seconde Guerre mondiale, il tient une chronique dans Le Journal où il étudie la guerre maritime[4].

Après la Libération, il est réintégré dans la Marine nationale par la commission Sablé (chargée de reclasser les anciens officiers de Vichy ayant rejoint la Résistance) et est affecté au Service historique de la Marine.

En 1946, le commandant Vulliez représente la Marine française lors du procès de Nuremberg. Il quitte finalement la Marine en 1948 avec le grade de capitaine de vaisseau pour se consacrer pleinement à l’écriture. Le , il rejoint la réserve de marine en sa qualité de capitaine de frégate[5].

En 1954, il est membre de l'Association des écrivains de la mer et de l’outre-mer[6].

En 1956, il est toutefois rappelé brièvement sous les drapeaux pour une mission particulière, avant de prendre sa retraite définitive. Il meurt en 1976 à Clamart.

Rôle dans le procès de Nuremberg

En 1946, Albert Vulliez assiste au procès de Nuremberg en tant qu’officier observateur, rattaché à l’équipe de documentation française. Il suit particulièrement les audiences consacrées aux crimes économiques des dirigeants nazis et prend de nombreuses notes et transcriptions dactylographiées. Ces documents personnels, parallèles aux archives officielles, témoignent de la place de la Marine française dans l’analyse de la guerre et l’épuration économique de l’Allemagne.

Résistance

Pendant l’Occupation, Albert Vulliez participe activement à la Résistance. Après le sabordage de la flotte française à Toulon en , il met son expérience d’officier au service de réseaux de renseignement liés aux forces navales. En 1944, sous le pseudonyme de « commandant Bernard », il opère avec les FFI dans les Alpes, encadrant des maquis et assurant la liaison avec les forces débarquées en Provence. Son engagement résistant lui vaut d’être réintégré honorablement dans la Marine nationale.

Œuvres

Albert Vulliez est l’auteur de nombreux ouvrages historiques consacrés à la marine et aux conflits du XXᵉ siècle :

  • Victoria Cross – Trois héros de la marine anglaise (1949)[7]
  • Analyse des conférences navales du Führer, Grandes Éditions françaises, 1949, 139 pages[8]
  • Brest au combat, 1939-1944 (1950), parfois réédité sous le titre L’enfer de Brest
  • La tragique destinée du Scharnhorst (1952, avec Jacques Mordal), traduit en anglais en 1958 sous le titre Battleship Scharnhorst[9]
  • Aéronavale (1915-1954) (1955)[10]
  • Le Porte-avions (1955)
  • Tonnerre sur le Pacifique : de Pearl Harbor à Hiroshima (1941-1945) (1966)
  • Mers el-Kébir : la rade au destin tourmenté (1967, réédité en 1975)
  • Les 20 derniers jours de la Flotte : le sabordage de la Flotte de Toulon en 1942 (1963)
  • Le Mystère de l’Olterra (années 1960)
  • L’Affaire du Laconia (années 1960)

Certains ouvrages furent traduits (anglais, espagnol, vietnamien) ou adaptés, comme Destroyers au combat (1959, collection Marabout Junior).

Vie personnelle

Albert Vulliez était marié à Wanda Laparra-Vulliez, journaliste, écrivaine et traductrice. Après la mort de son mari, elle publie Vichy, la fin d’une époque (Éditions France-Empire, 1986), consacré au régime de Vichy, qui prolonge leurs réflexions historiques communes[11].

Récompenses et distinctions

En , il devient officier d'académie pour les services rendus à la sciences à Toulon[12]. En , il est promu officier de l’Instruction publique[13].

En 1951, il reçoit le Prix de l'Académie de marine pour son ouvrage Brest au combat[14].

Archives

Un fonds Albert Vulliez est conservé au Service historique de la Défense (département Marine, château de Vincennes), couvrant la période 1912-1950 (cote MV GG2 84). Il contient notamment une Chronique de l’aéronavale (1–, 6 pages) ainsi que diverses notes et documents relatifs à l’aéronautique navale et à la société Latécoère.

Notes et références

  1. « École Navale », Journal des débats politiques et littéraires,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  2. « Dans la marine - Mutations », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  3. « Albert Constant VULLIEZ (1897 - 1976) », sur parcoursdeviesdanslaroyale.fr (consulté le )
  4. « Revues de la presse - Stratégies », L'Action française,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  5. « Décret du 14 avril 1949 portant nomination dans le réserve de l’armée de mer », Journal officiel de la République française,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  6. « La société des écrivains de la mer et d’outre mer », Cahiers Pierre Loti,‎ (lire en ligne)
  7. Edmond Delage, « Victoria Cross », sur Revue de la Défense Nationale n° 077, (consulté le ), p. 126
  8. Edmond Delage, « Analyse des conférences navales du Führer », sur Revue de la Défense Nationale n° 068, (consulté le ), p. 367
  9. Albert Vulliez et Jacques Mordal, « Battleship Scharnhorst », Naval War College Review, vol. 12, no 5,‎ (ISSN 0028-1484, lire en ligne, consulté le )
  10. R. Bt., « Aéronavale », sur Revue de la Défense Nationale n° 137, (consulté le ), p. 818
  11. Laparra-Vulliez 1997, p. 8.
  12. « Officiers d’académie », Journal officiel de la République française,‎ , p. 62 (lire en ligne)
  13. « Marine - Officier de l’instruction publique », Journal officiel de la République française,‎ , p. 43 (lire en ligne)
  14. « Les hommes du jour - Le commandant Vulliez », L'Aurore,‎ , p. 10 (lire en ligne)

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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