Alfred Delp

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(à 37 ans) Prison de Plötzensee (Troisième Reich) |
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Maria Delp (d) |
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Compagnie de Jésus (à partir de ) |
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Alfred Friedrich Delp (en allemand : /ˈal.fʁeːt ˈdɛlp/[1] ), né le à Mannheim (Grand-duché de Bade) et mort (décapité) le à la prison de Berlin-Plötzensee, est un prêtre jésuite allemand et écrivain. Opposant actif mais pacifiste au régime national-socialiste, il fut exécuté.
Biographie
Alfred Delp naît quelques semaines avant le mariage de ses parents et est baptisé deux jours après sa naissance à l'église des Jésuites de Mannheim. Son père est protestant évangélique et sa mère catholique. Cependant, sa première éducation se fait dans la religion évangélique-luthérienne dans laquelle il est confirmé en 1921. Cependant, après une dispute avec le pasteur de la paroisse luthérienne, il fait sa première communion dans l'Église catholique. Le curé perçoit son intelligence et son penchant à l'étude et l'oriente à la Goetheschule de Dieburg. Sans doute grâce à une éducation mixte, il est ouvert au dialogue œcuménique entre confessions chrétiennes.
Membre du mouvement de jeunesse catholique Bund Neudeutschland (Association de la Nouvelle Allemagne) il termine son baccalauréat (Abitur), au premier rang de sa promotion. Il est admis peu après dans la Compagnie de Jésus et commence son noviciat en 1926. Sa formation spirituelle initiale terminée, et après des études de philosophie à l'École supérieure de philosophie de Munich (Scolasticat jésuite de Pullach), il est préfet des études et moniteur de sport dans le célèbre collège-internat jésuite autrichien de Feldkirch, le collège Stella matutina.
Il fut parmi les premiers du corps professoral du collège à s'installer au Collège Saint-Blaise en Forêt-Noire que les Jésuites ouvraient en 1934, pour y déménager le collège autrichien menacé de fermeture par les autorités. Il est accompagné du directeur, le Père Otto Faller (1889-1971), du Père Alois Grimm (1888-1944), futur martyr du nazisme, et de 300 élèves.
Alfred Delp poursuit ensuite ses études de théologie à Fauquemont (Pays-Bas) et à la Faculté de philosophie et de théologie de Sankt Georgen à Francfort. Il est ordonné prêtre à Munich en 1937.
Ministère
Déjà en 1935 Alfred Delp avait publié un ouvrage intitulé Une existence tragique, promouvant un humanisme basé sur l'amour de Dieu, et passant en revue les théories philosophiques de Martin Heidegger.
Il aurait voulu poursuivre en philosophie à l'université de Munich, mais on lui refuse l'admission à cause de son opposition au régime. Il fait partie de l'équipe éditoriale d'une publication jésuite, Stimmen der Zeit (Voix du temps), jusqu'à ce que la censure officielle interrompe sa publication en 1941. Il est aussi recteur de l'église Saint-Georges, faisant partie de la paroisse du Saint-Sang à Munich dans le quartier de Bogenhausen. Il prêche dans les deux églises et aide aussi secrètement des Juifs à passer en Suisse.
Résistance
L'opposition au régime nazi des jésuites allemands fut ravivée par l'arrestation d'un certain nombre d'entre eux et leur envoi en camp. La confiscation des biens des congrégations et la fermeture d'écoles catholiques et de couvents prestigieux, avec de plus, pour Alfred Delp, la suspension de Stimmen der Zeit, furent des éléments déclencheurs. Le P. Augustin Rösch, supérieur des jésuites à Munich, entre alors en résistance, achevant de convaincre le jeune prêtre. Il l'introduit au Cercle de Kreisau et le Père Delp participe dès lors aux réunions autour du comte Helmuth von Moltke, afin de préparer des cadres pour l'après-nazisme. Alfred Delp y expose la doctrine sociale de l'Église et présente certains des membres à des personnalités catholiques, comme l'évêque de Berlin, Mgr Preysing.
Emprisonnement et exécution
Après l'échec de la tentative de coup d'État du 20 juillet 1944, Delp est arrêté le ainsi que, quelques semaines plus tard, son confrère à la paroisse, l'abbé Wehrle. C'est après la messe du matin à St. Georg dans le quartier de Bogenhausen à Munich, l'église fille de Heilig Blut (de)[2], quoi qu’il n’ait pas participé aux préparatifs de l’attentat. Lors du procès devant le Volksgerichtshof présidé par Roland Freisler, il est condamné à mort pour haute trahison. Le tribunal abandonne l'accusation de complicité dans l’attentat. Son implication dans le Cercle de Kreisau, son travail de prêtre jésuite et son idéologie chrétienne et sociale suffisent pour faire de lui une victime de la justice nazie.
Pendant son incarcération, la Gestapo lui offre « de le libérer s’il quittait son ordre », mais il refuse. Il célèbre secrètement la messe dans sa cellule, écrit des réflexions et méditations sur le temps de l'Avent, la signification de Noël et d'autres sujets spirituels qu'il parvient à faire sortir de prison grâce à Marianne Hapig et Marianne Pünder (de) qui le soutiennent durant sa détention et avec lesquelles il échange de nombreuses lettres[3]. Le père Franz von Tattenbach (de), jésuite, lui rend visite le jour de l'Immaculée Conception, le , pour recevoir sa profession solennelle définitive comme religieux de la Compagnie de Jésus. Le , il écrit dans sa lettre d’adieu :
« Combien de temps attendrai-je ici, serai-je tué et quand, je ne sais pas. D’ici jusqu'à la potence de Plötzensee il n’y a que dix minutes en voiture. On n’apprend que peu de temps auparavant que le jour est venu et que c’est en fait immédiatement. Pas de tristesse. Dieu m'aide de façon si merveilleuse et si visible jusqu'à maintenant. Je n'ai pas encore peur. Ça peut venir. Peut-être Dieu veut-il que cette attente soit l’ultime épreuve de la confiance. C'est bon pour moi. Je m'efforcerai de tomber dans la terre nourricière comme une semence fertile pour vous tous et pour ce pays et ce peuple que je voulais servir et aider »
— Alfred Delp, Berlin Plötzensee, le 2 février 1945
La sentence est exécutée le même jour à la prison de Plötzensee et ses cendres sont dispersées dans le réseau d'assainissement de Berlin. Sur le chemin qui le conduit vers la potence, il dit à l’aumônier de la prison : « Dans quelques instants, j'en saurai plus que vous. »
Ouvrages
- Alfred Delp (préf. Michel Rondet), Honneur et liberté du chrétien, Paris, Éditions de l'Orante, , 214 p.
Bibliographie
- Barbara Koehn, La Résistance allemande contre Hitler, Paris, PUF 2003
- Gilbert Merlio, Les Résistances allemandes à Hitler, Paris, Tallandier 2003
Articles connexes
Liens externes
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Notes et références
- ↑ Prononciation en allemand standard retranscrite selon la norme API.
- ↑ « Vor 60 Jahren wurde Alfred Delp hingerichtet », sur Katholischer Nachrichtendienst,
- ↑ « Gedenkstätte Deutscher Widerstand - Biografie », sur www.gdw-berlin.de (consulté le )
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