Ali Aref Bourhan

Ali Aref Bourhan
علي عارف برهان
Illustration.
Ali Aref Bourhan en 1971.
Fonctions
Vice-président du Conseil de gouvernement de la côte française des Afars et des Issas

(5 ans et 11 mois)
Prédécesseur Ahmed Dini
Successeur Mohamed Kamil Mohamed
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Tadjourah (région Afar de Djibouti, Somalie française)
Date de décès
Lieu de décès Djibouti
Nature du décès Maladie
Sépulture Djibouti (Djibouti)
Nationalité Djiboutienne
Conjoint Filsane Mohamed Miguil
Enfants 1
Profession Fonctionnaire

Image illustrative de l’article Ali Aref Bourhan
Premiers ministres de Djibouti

Ali Aref Bourhan, né à Tadjourah (Somalie française) en 1934 et mort le [1],[2], est un homme politique du territoire français des Afars et des Issas, devenu la république de Djibouti.

Biographie

Issu d'une famille de notables afars (son arrière-grand-père est « pacha de Zeila » [3], son grand-père est le premier « chef du village » de Djibouti en 1888[4], et son père chef de quartier), Ali Aref Bourhan tient un rôle politique de premier plan dans le territoire entre 1957 et 1976.

Carrière politique

Ali Aref Bourhan commence sa vie politique au sein du Club de la jeunesse dankalie. À sa création, en , il en est le vice-président. Élu à l'Assemblée territoriale en , puis en , il devient Premier ministre du territoire en , remplaçant Ahmed Dini. Il est également ministre des Travaux publics et du Port, contrôlant la principale activité du territoire. En 1963, il impulse l'accord d'Arta qui tente d'unifier les communautés sous la souveraineté française.

Avec l'Union démocratique afar (UDA), il gagne les élections territoriales en 1963. Après les « événements » d', il quitte le gouvernement (remplacé par Mohamed Kamil Mohamed). Il appelle à voter pour le maintien du territoire sous souveraineté française lors du référendum de . Il devient vice-président du Conseil de gouvernement en . En , Ali Aref gagne les élections territoriales. Son parti, Union dans l’ensemble français, remporte l'ensemble des circonscriptions lors des élections de , avec le soutien de l'administration.

Lié aux milieux gaullistes[5], il appelle à voter Jacques Chaban-Delmas au premier tour de l'élection présidentielle de 1974. Le candidat gaulliste obtient 71 % des voix au TFAI. Malgré l'appel d'Ali Aref en faveur de Valéry Giscard d'Estaing pour le second tour, l'élection entraîne sa chute[6]. En , il crée l'Union nationale pour l'indépendance (UNI). Il démissionne le (remplacé par Abdallah Mohamed Kamil), et n'est pas associé aux négociations qui précèdent l'indépendance du territoire en .

Après l'indépendance, Ali Aref se lance dans les affaires. Il dirige en particulier un hôtel, le Plein Ciel[7].

Ali Aref Bourhan et la violence

Ali Aref Bourhan a soutenu la politique de coercition imposée à la population de Djibouti entre 1966 et 1977 pour tenter de maintenir le territoire sous souveraineté française. Il a aussi été victime de violences, et a en particulier fait l'objet de plusieurs tentatives d'assassinat. En , les militants nationalistes somalis Omar Osman Rabeh, et Omar Elmi Kaireh sont condamnés à mort à la suite d'un attentat. Malgré les pressions d'Ali Aref, leurs peines sont commuées en prison à perpétuité et ils sont finalement échangés contre l'ambassadeur de France en Somalie en 1975.

Ali Aref Bourhan est emprisonné en , à la suite de l'affaire dite du « cimetière d'Ambouli ». Jugé et condamné en , il est « gracié » en .

Vie privée

Ali Aref Bourhan se fiance le à Carcassonne avec Régine Soulé, institutrice à Pibrac. Ils divorcent en 1980. Ali Aref s'est remarié le avec Filsane Mohamed Miguil une gestionnaire administrative commerciale djiboutienne. Ali Aref Bourhan a un fils, Karim Aref Bourhan né le à Djibouti.

Notes et références

  1. « La Nation s’incline devant la mémoire de feu Ali Aref Bourhan », (consulté le )
  2. (en) « Ali Aref Bourhan, who led Djibouti under French rule, dies at 91 », sur Hiiraan Online (consulté le )
  3. Fontrier (Marc) [2003], Abou-Bakr Ibrahim, Pacha de Zeyla - Marchand d’esclaves, Paris, Aresae, L’Harmattan, 275 p.
  4. Imbert-Vier (Simon) [2010], « Eléments dans les archives françaises sur les débuts d’une ville coloniale, Djibouti (1888-1892) », Pount, n° 4, p. 89-101
  5. Dubois (Colette) [2002]
  6. Gascon (Alain) [2005]
  7. site de la Chambre de commerce.

Bibliographie

  • Tholomier (Robert) [1977], À Djibouti, avec les Afars et les Issas, Cagnes-sur-mer, auto-édité (sous le pseudonyme de Robert Saint-Véran), 272 p.
  • Laudouze (André) [1982], Djibouti : nation carrefour, Paris, Karthala
  • Oberlé (Philippe), Hugot (Pierre) [1985], Histoire de Djibouti - Des origines à la république, Paris, Dakar, Présence africaine, (rééd. 1996), 346 p.
  • Mohamed Aden [1999], Sombloloho Djibouti - La Chute du président Ali Aref (1975-1976), Paris-Montréal, L’Harmattan, 224 p.
  • Dubois (Colette) [2002], «Jacques Foccart et Ali Aref. Un mariage d'intérêt ?», Cahiers du Centre de recherches historiques, n° 30, octobre, p. 35-49 - ccrh.revues.org>
  • Gascon (Alain) [2005], « Djibouti : Singapour sur mer Rouge. Un confetti d’Empire futur dragon africain », Outre-Terre, n° 11, février, p. 451-466

Article de presse

  • « La Somalie exprime ses regrets », New York Times, , p. 10.

Liens externes

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