Alimentation du sportif

L'alimentation du sportif concerne la nutrition spécifique à la pratique d'un sport. Elle se décline traditionnellement en trois phases : avant le sport, pendant l'activité sportive et après l'effort (récupération).

Régime alimentaire du sportif

L'alimentation des sportifs de haut niveau est souvent étroitement surveillée, en particulier dans certaines disciplines comme la gymnastique rythmique[1]. Le risque le plus important de déséquilibre alimentaire est au moment de la retraite, quand les sportifs sont soudain libres de leur alimentation. Il est aussi commun qu'ils reviennent d'une pause de fin de saison en ayant pris plusieurs kilos, qu'ils doivent perdre le plus rapidement possible quitte à subir des régimes drastiques[2]. L'hydratation est également essentielle[3].

La question des compléments alimentaires reste complexe : certaines personnes au sein des fédérations les voient comme du dopage, d'autres comme un élément d'une alimentation saine[4]. Certains de ces substituts s'avèrent être dopants, sans que le sportif le sache, ce qui mène à des scandales réguliers[5].

Les sportifs accumulent des connaissances médicales profanes variées, comme l'utilisation correcte du chaud ou du froid, la prise d'antalgiques et d'anti-inflammatoires, l'automassage et la réalisation de bandages parfois complexes. Ils disposent également d'un vocabulaire leur permettant l'identification et la description de leurs symptômes. Ils utilisent cependant ces connaissances en dehors d'un cadre médical légitime, associant connaissances pointues et remèdes de grand-mère et superstitions[6]. Le rapport avec les médecins peut être tendu, notamment parce que les sportifs cherchant un suivi pour des douleurs sans gravité sont parfois considérés comme moins motivés ou cherchant une excuse[7] ou parce que les arrêts prescrits sont vus comme des punitions[8].

Adaptation de l’alimentation selon le type de sport

Les besoins nutritionnels varient considérablement selon le type de sport pratiqué[9]. Cette distinction repose notamment sur la filière énergétique dominante sollicitée par l'effort : aérobie, anaérobie lactique ou anaérobie alactique.

Sports d'endurance

Les sports d’endurance (course à pied longue distance, cyclisme, natation, ski de fond…) sollicitent principalement la filière aérobie[10], qui utilise les glucides et les lipides comme sources d’énergie. Dans ce contexte, une alimentation riche en osides (sucres complexes) est essentielle pour maintenir les réserves de glycogène musculaire. L’hydratation joue également un rôle central : une perte de 2% du poids du corps lié aux pertes sudorales entraînerait une diminution de performance d’environ 20%[11].

Aliments énergétiques

Boissons

La boisson énergétique, aussi appelée boisson sportive, boisson de l'effort ou boisson isotonique, a pour but principal de compenser les pertes hydriques et d'apporter l'énergie nécessaire à un effort. Le goût est un facteur important, il ne doit pas être trop sucré ni acide, et avoir un goût agréable.

Il y a une différence entre boisson énergétique et boisson énergisante : la boisson énergétique répond à la réglementation des produits diététiques de l'effort et est destinée à répondre au besoin d'un effort musculaire intense, alors que la boisson énergisante (du type Red Bull, Monster Energy) ne fait qu'apporter des molécules destinées à augmenter la vigilance mais n'est pas recommandée lors d'un effort de type sportif[12].

Gâteaux

Avec les progrès réalisés en matière de formulation, les biscuits énergétiques se digèrent facilement. Ils sont riches en glucides, maltodextrines et matières grasses.

Barres

Distribution de barres et de gels énergétiques au départ du Tour de France à Montpellier (2013).

Les barres énergétiques apportent des glucides, certains minéraux et vitamines[13]. Il ne faut pas les confondre avec les barres protidiques qui apportent majoritairement des protéines et ne sont pas conseillées pendant l'effort[14].

Il y en a pour tous les goûts, céréales, pâtes de fruit, barres hyperprotéinées, toutes visant des objectifs différents. Les barres de fruit sont majoritairement composées de lipides. Ceux en pâtes d'amandes sont très riches en lipides et les deux sont composées de matières grasses qui les rendent plus efficaces sur les longues distances (supérieur à 3 heures). Les barres hyperprotéinées sont intéressantes pour les périodes de développement musculaire et d'entrainement.

Gels

Souvent utilisés par les sportifs, les gels énergétiques n'apportent principalement que des glucides avec très peu de vitamines et/ou minéraux. Leur apport massif de glucides peut provoquer des désagréments gastriques.

Les sodas de type cola sont de véritables concentrés énergétiques, couramment utilisés pour maintenir le glycogène au cours de l'effort. Leur consommation doit souvent être dosée à l'eau pure.

Recherche et éducation

La nutrition sportive fait l’objet de nombreuses recherches menées notamment en France, à travers des institutions spécialisées comme l’Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport (IRMES)[15], créé en 2006 et rattaché à l’INSEP, l’INSERM, l’AP-HP et l’Université Paris–Descartes, qui conduit et diffuse des travaux en physiologie, épidémiologie et formation dans le domaine du sport de haut niveau. Par ailleurs, la plateforme HIPE (Health Improvement through Physical Exercise), portée par Aix-Marseille Université en collaboration avec le CNRS et la Fédération Française de Football, combine recherche en métabolisme, neuro-musculaire, hydratation, nutrition et technologies avancées pour optimiser la performance et la récupération des athlètes[16].

Il existe certaines structures d’enseignement supérieur et de formation professionnelle spécialisée en nutrition appliquée au sport, du niveau post-baccalauréat au master. Parmi elles, l’École de diététique et nutrition humaine (EDNH) propose des programmes spécialisés dans l’alimentation des sportifs, qu’ils soient professionnels ou amateurs[17],[18].

L’éducation en nutrition sportive est aussi développée à travers des formations universitaires publiques, notamment des masters en sciences du sport et en nutrition, dispensés dans plusieurs universités françaises et européennes, telles que l’Université de Lyon, l’Université de Strasbourg, ou l’Université de Barcelone. Ces cursus associent enseignements théoriques, stages pratiques, et projets de recherche pour former des professionnels capables d’accompagner les sportifs dans leur alimentation.

Au niveau international, des organisations telles que l’International Society of Sports Nutrition (ISSN) publient régulièrement des revues de littérature et des consensus scientifiques, qui orientent les pratiques nutritionnelles des sportifs[19]. De plus, la Société Européenne de Nutrition Clinique et Métabolisme (ESPEN) (en) diffuse des recommandations spécifiques sur l’alimentation et la supplémentation chez les athlètes[20].

Notes et références

  1. Mathilde Julla-Marcy, Fabrice Burlot et Fanny Le Mancq, « Socialisations temporelles dans le sport de haut niveau: De la maîtrise du chronomètre à la maîtrise du temps », Temporalités, no 25,‎ (ISSN 1777-9006 et 2102-5878, DOI 10.4000/temporalites.3713, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  2. « Retraite des sportifs professionnels : du régime draconien à la liberté totale, une après-carrière pas toujours facile à digérer », sur Franceinfo, (consulté le )
  3. Laura K Purcell, « La nutrition sportive des jeunes athlètes », Paediatrics & Child Health, vol. 18, no 4,‎ , p. 203–205 (ISSN 1205-7088, PMCID 3805624, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  4. Fleuriel 2013, p. 25-35.
  5. (en) Vanya Rangelov Kozhuharov, Kalin Ivanov et Stanislava Ivanova, « Dietary Supplements as Source of Unintentional Doping », BioMed Research International, vol. 2022,‎ , p. 1–18 (ISSN 2314-6141 et 2314-6133, PMID 35496041, PMCID PMC9054437, DOI 10.1155/2022/8387271, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  6. Baptiste Viaud et Bruno Papin, « Temps sportif, santé du champion et logique de l'urgence: », Staps, vol. n°96-97, no 2,‎ , p. 9–27 (ISSN 0247-106X, DOI 10.3917/sta.096.0009, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  7. Baptiste Viaud, « « Elle ne vaut pas un caramel ! »: La place des verdicts médicaux dans l’estimation de la « valeur sportive » », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 209, no 4,‎ , p. 56 (ISSN 0335-5322 et 1955-2564, DOI 10.3917/arss.209.0056, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  8. Jean-Christophe Rolland, « Santé et sport de haut niveau ? », Cahiers de l'INSEP, vol. 31, no 1,‎ , p. 69–72 (DOI 10.3406/insep.2001.1616, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  9. « Anaérobie, aérobie : les filières énergétiques pendant le sport », sur Nutri&Co (consulté le )
  10. Nick Burt, « Qu'est-ce que l'endurance aérobie ? », (consulté le )
  11. « Pratique sportive et fortes chaleurs » (consulté le )
  12. Céline Deluzarche, « Boisson énergétique et boisson énergisante : quelle différence ? », Futura-Sciences,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Barres énergétiques: utiles ou futiles?, sur La Presse, 23 novembre 2016
  14. Les barres énergétiques : réelle efficacité ?, sur L’Équipe, 11 octobre 2016.
  15. « Institut de Recherche bioMédicale et d’Epidémiologie du Sport (IRMES) », sur sports.gouv.fr (consulté le )
  16. « Mieux comprendre les effets du réchauffement climatique sur les performances sportives », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. « Sport et alimentation : un duo stratégique pour la Toulousaine Audrey », sur ladepeche.fr (consulté le )
  18. « Poursuivre ses études avec un Master en nutrition » (consulté le )
  19. (en) « Journal of the International Society of Sports Nutrition », sur Taylor & Francis (consulté le )
  20. (en) Luboš Sobotka, « Nutrition in sports », dans Simon P. Allison, Alastair Forbes, Rémy F. Meier, Stéphane M. Schneider, Peter B. Soeters, Zeno Stanga, Andre Van Gossum, Basics in clinical nutrition, Galén, , 676 p. (ISBN 978-80-7492-427-9), p. 635-655

Bibliographie

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