Aloïs Wey
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Aloïs Wey, né le à Murg dans la commune de Quarten et mort le à Wittenbach, est un créateur d'art brut suisse.
Biographie
Ainé d'une famille de sept enfants, Aloïs Wey est élevé par sa grand-mère qui tenait un magasin de vaisselle. À sa mort, alors qu'il a neuf ans, il rejoint ses parents à Saint-Gall, et va à l'école primaire u il se fait remarquer par son ardeur au dessin et son goût pour l'arithmétique, la géographie et l'histoire suisse[1]. Il doit quitter l'école à 14 ans et devient couvreur, comme son père[2]. Il recevait la moitié d'un salaire qu'il donnait entièrement à sa mère. Ses parents se séparèrent car le père fréquentait les cafés tandis que la mère s'épuisait au travail. Aloïs reste chez sa mère et travaille chez un maître couvreur à Saint-Gall, puis dans une fabrique de la région jusqu'à la première guerre mondiales. A côté de son service militaire, il accepte tous les travaux qu'on lui offre: ouvrier, maçon, mineur, valet de ferme[3], avec une préférence pour l'installation des lignes électriques, puisque ce travail correspondait à sa devise: "plus c'est haut, plus la joie est grande"[4]. En 1919, il rejoint la Croix-Bleue suisse et lutte contre son alcoolisme[5].
En 1971, à 77 ans, Aloïs Wey est encore commis de cuisine au buffet de la gare de Zurich lorsqu'il prend sa retraite. Quelques années plus tard, en 1974, il est admis dans la maison de retraite Bürgerheim Kappelhof de Wittenbach. C'est là qu'à 80 ans, il commence à dessiner. Il dessine des palais de rêve, des bâtiments, des églises, représentés à plat, sans volume, qui se déploient d'un bout à l'autre de la feuille[6]. Ses architectures, richement décorées de portes cochères et des motifs géométriques, sont systématiquement surmontées d’une chaîne de montagnes en arrière-plan, en haut du dessin[3]. Ses premiers dessins, réalisés au crayon de couleur, représentent des architectures réalistes dans des teintes plutôt mates. Progressivement, les couleurs deviennent plus vives et ses représentations évoluent vers des bâtiments fantastiques[5]. Wey travaille comme un possédé en moyenne dix heures par jour, et achèvent un dessin en deux semaines[7]. "Je dessine des bâtiments parce que de telles constructions avec de beaux murs et des toits magnifiques. Chaque fois que j'ai entrepris un voyage, j'ai toujours admiré les vieilles portes des villes; c'est pourquoi j'adore inclure dans mes maisons des portes cochères". Il passe tout son temps à dessiner des palais hauts en couleur et rehaussés d'or et de cuivre[8].
A la question de savoir pourquoi il a commencé à dessiner à quatre-vingts ans seulement, Wey répond "J'ai toujours ressenti une grande joie à dessiner, mais à cause de mon travail, je n'en ai presque jamais eu l'occasion, mais dans cette maison de repos, personne ne fait quelque chose, ils ne lisent pas, au mieux ils vont au café. C'est pourquoi je me suis dit: il faut absolument que tu fasses quelque chose et je me suis mis à dessiner. Je le fais comme passe-temps, et cela me met toujours de bonne humeur"[9]. Aloïs Wey aimerait vivre dans l'un de ses immeubles confortables, cela lui donnerait ce dont il a dû se passer toute sa vie : un chez-soi[10].
Ses dessins sont présents dans de nombreuses collections publiques et privées; il est représenté dans les collections permanentes de la collection de l'art brut à Lausanne, du LaM Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut à Villeneuve d'Ascq, au Open Art Musuem de St-Gall, à l'Argauer Kunsthaus (Musée des Beaux-Arts d'Argovie ), au Musée d'art brut de Montpellier, et dans des collections privées :la collection ABCD-Bruno Decharme, la collection Eternod-Mermod à Lausanne, ou la collection de Korine et Max E. Ammann à Berne.
Expositions personnelles
- 1995: «Die Traumpaläste des Aloïs Wey», Museum im Lagerhaus, St. Gallen
- 1984: Galerie Numaga , Auvernier
- 1981: Kunstverein St. Gallen
- 1981: Kunsthaus Aarau
- 1979: Collection de l’Art Brut, Lausanne
- 1976: Ortsmuseum Wittenbach
Expositions collectives
- 2026 Collection de l'art brut, "l'art brut en Suisse, des origines de la collection à aujourd'hui, 1976-2026"
- 2025 Power Station of Art, Shangai, "A Walk on the Wild Side: Artworks from the Collection de l’Art Brut and Elsewhere", (catalogue)[11]
- 2020 Collection de l'art brut, Lausanne, "l'art brut s'encadre" (catalogue)
- 2019 Aargauer Kunsthaus, Aarau, «Collection de l'Art Brut –Kunst im Verborgenen»
- 2019 Galerie du Marché, Lausanne, "Architectures II"
- 2018 Le Commun, Genève, "K+M Ammann, collectionneurs de monde"
- 2015 Collection de l’art brut, Lausanne, “Architectures” (catalogue)
- 2015 Galerie du Marché, Lausanne, "Brut de Brut"
- 2015 «Die Sammlung Mina und Josef John». St. Gallen, Museum im Lagerhaus
- 2014 Musée de l'abbaye Sainte-Croix (Masc), "collectionneur de monde", (catalogue)[12]
- 2014 Galerie du marché, Lausanne, "Architectures"
- 2012 LaM Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut, "collectionneur de mondes, oeuvres d’art brut de la collection de Korine et Max E. Ammann", (catalogue)[13].
- 2011Amicalement brut, collection Eternod-Mermod. LaM – Lille Métropole Musée d'Art moderne, d'Art contemporain et d'Art brut, Lille-Villeneuve-d'Ascq, 2011 (Catalogue)
- 2011 Kunstmuseum des Kantons Thurgau, Kartause Ittingen, "collectioneur de mondes, oeuvres d’art brut de la collection de Korine et Max E. Ammann", (catalogue)[13].
- 2008 «3. Jubiläumsausstellung: Art Brut. Die Collection de l’Art Brut trifft das Museum im Lagerhaus / La Collection de l’Art Brut rencontre le Museum im Lagerhaus». St. Gallen, Museum im Lagerhaus
- 2004 «Bunt ist meine Lieblingsfarbe». Solothurn, Kunstmuseum Solothurn
- 2003 L'Espal, Le Mans, "Lisière",
- 2001 Waldemarsudde Museum, "Solitärer. Sarlingskonst fran Samling Eternod - Mermod," Stockholm, 2001. (catalogue)[14]
- 2000 Kunstmuseum Thurgau, "Mina und Josef John: Meine Freunde, die ungelernten Meister"
- 2000 Kunstmuseum Malmö, "Solitärer. Sarlingskonst fran Samling Eternod - Mermod", Malmö, 2000 (catalogue)[15]
- 1997 Musée de la Création Franche, "collection Eternod-Mermod", Bègles-Bordeaux,(catalogue)[16]
Bibliographie
- Anic Zanzi, Architectures d'art brut, éditions Thierry Magnier, 2015 (ISBN 9782364747821)
- Alfred Bader, Josef John und Simone Schaufelberger-Breguet, Alois Wey. Ed. Josef John, Wittenbach 1985.
- Guy Filippa, Cahier de l'art brut, fascicule 11, Lausanne 1982
- Gerd Presler: L’art brut: Kunst zwischen Genialität und Wahnsinn. – Köln: DuMont, 1981, (ISBN 3-7701-1307-1), S. 146.
Notes et références
- ↑ Guy Fillipa, Cahier de l'art brut 11, Lausanne, Collection de l'art brut, , 150 p., p. 40
- ↑ Alois Wey, sur abcd-artbrut.net
- Alois Wey, sur artbrut.ch
- ↑ (en) Geneviève Roulin, Eternity has no door of Escape, works from the Lausanne Eternod-Mermod Art Brut Collection, Lugano, Fondazione Galleria Gottardo, , 290 p., p. 252
- Alois Wey, sur museumimlagerhaus.ch
- ↑ Anic Zanzi, Architectures d'art brut, éditions Thierry Magnier, 2015
- ↑ Guy Filippa, Cahier de l'art brut 11, Lausanne, collection de l'art brut, Lausanne, , 150 p., p. 39
- ↑ Michel Thévoz, Pathologie du cadre, Paris, Les Editions de Minuit, , 154 p. (ISBN 978-2-7073-4639-1), p. 61
- ↑ (su) Geneviève Roulin, Solitärer, Sarlingskonst från Samling Eternod-Mermod, Lausanne, Malmö, Konstmuseum Malmö, , 11286 p. (ISBN 91-88040-55-0)
- ↑ (de) Gerd Presler, L'ART BRUT, Kunst zwischen Genialität und Wahnsinn, Cologne, DuMont, , 182 p. (ISBN 3-7701-1307-1), p. 146
- ↑ (en) « A Walk on the Wild Side: * Artworks from the Collection de l’Art Brut and Elsewhere », sur https://www.powerstationofart.com, (consulté le )
- ↑ « La fabuleuse collection de Max E. Amman », sur Ouest France, (consulté le )
- « exposition Collectionneur de mondes », sur LaM (consulté le )
- ↑ (sv) « Tidigare utställningar », sur https://waldemarsudde.se (consulté le )
- ↑ (sv) « Solitärer särlingskonst från samling Eternod-Mermod, Lausanne », sur stockholms stadsbibliotek
- ↑ Musée de la création franche, Bègles, « De l'Art brut à la création franche. Collection Philippe Eternod et Jean-David Mermod, Lausanne », sur Institut suisse pour l'étude de l'art (consulté le )
Liens externes
- « Aloïs Wey », sur SIKART Dictionnaire sur l'art en Suisse.
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